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Banques: le risque français est sous-estimé

Banques: le risque français est sous-estimé

HEC Lausanne a adapté pour l’Europe un modèle d’évaluation du risque systémique. Les établissements de l’Hexagone et de Grande-Bretagne sont les plus exposés en cas de nouveau krach. Ce modèle veut éviter l’influence de critères politiques

«Le G20 est biaisé politiquement. Il a critiqué les banques chinoises mais il n’a pas pointé du doigt les banques françaises lors de ses évaluations. Pourtant, selon notre modèle, les banques françaises sont plus risquées. Ce n’est pas parce qu’elles sont gérées pas des énarques que l’on peut dire que tout ira bien.» Michael Rockinger, professeur de ­finance à HEC Lausanne, veut précisément éviter que des facteurs politiques puissent influencer l’appréciation des risques dans le secteur bancaire. Dans ce but, le Centre pour la gestion des risques à Lausanne (CRML) a adapté pour l’Europe un modèle initialement développé par le professeur Robert Engle de l’Université de New York.

Infographie. Et si une nouvelle crise financière se produisait ces prochains mois?

Ce modèle veut constituer une alternative aux évaluations fournies par les agences de notation et les institutions pouvant être influencées par la politique, à l’exemple de la Banque des règlements internationaux. Les premiers résultats de ces recherches sont déjà disponibles. Les approfondissements pour l’Europe seront rendus publics prochainement, comme l’a appris Le Temps en exclusivité.

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14/01/2013 Publié par | A Chaud!!!!!, Agences de Notation, Allemagne, B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Behaviorisme et Finance Comportementale, Douce France, Europe, Gestion du risque, Titrisation, Produits Structurés, Fonds à formules...., Indicateur des Marchés, Le Temps, Les Tribulations de la Kleptocratie, Mon Banquier est Central, Normes Comptables et Règles Prudentielles, Une info importante qui peut en cacher une autre | Poster un commentaire

Or : une solution à la crise bancaire Par Eric Sprott et David Baker

Or : une solution à la crise bancaire Par  Eric Sprott et David Baker

Le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire est une entité unique en son genre et quelque peu mystérieuse qui est responsable d’émettre des lignes directrices bancaires à l’intention des plus importantes institutions financières du monde. Cet organisme fait partie de la Banque des règlements internationaux (BRI) et on l’appelle souvent la « Banque centrale » des banques centrales. Depuis l’effondrement du système financier il y a quatre ans, le Comité de Bâle travaille d’arrache-pied pour établir, à l’échelle internationale, de nouveaux règlements conçus pour minimiser le risque qu’un autre écroulement financier de taille se produise. Le plus récent « cadre » du Comité, comme il l’appelle, est l’Accord de Bâle III, qui impose des règles plus rigoureuses en matière de capital, lesquelles forceront toutes les banques à plus de tripler (soit de 2 % à 7 %) le montant de fonds propres de base qu’elles détiennent afin d’éviter d’avoir besoin de plans de sauvetage subventionnés par les contribuables à l’avenir. Cette hausse semble insignifiante et, selon une étude menée par le groupe de Bâle lui-même, les 100 plus importantes banques mondiales n’auront besoin que d’environ 370 milliards d’euros de réserves additionnelles pour satisfaire aux nouvelles règles d’ici 20191. Comme on estime que les banques espagnoles à elles seules ont aujourd’hui besoin de bien plus de 100 milliards d’euros simplement pour tenir leur ratio de capital en échec, il est difficile de croire qu’une somme de 370 milliards d’euros sera suffisante pour protéger les banques « trop imposantes pour faire faillite » contre d’autres crises éventuelles; toutefois, il s’agit là d’un pas dans la bonne direction2.

Les règles en matière de capital de l’Accord de Bâle III devaient initialement entrer en vigueur le 1er janvier 2013, mais les organismes de réglementation des banques américaines ont publié un communiqué de presse le 9 novembre dernier déclarant que celles-ci ne seraient pas en mesure de respecter cette échéance, citant comme raisons l’importante quantité de lettres (c’est-à-dire de plaintes) reçues des banques participantes et la « grande diversité d’opinions exprimées pendant la période de commentaires3 ». Il a aussi été question du fait que les banques régionales américaines hésitent à adopter la nouvelle réglementation, qu’elles perçoivent comme étant excessivement compliquée et susceptible d’avoir des effets dévastateurs sur leurs résultats. La Independant Community Bankers of America a demandé qu’on accorde une exemption à l’Accord de Bâle III à toutes les banques détenant un actif de moins de 50 milliards de dollars « afin d’éviter une forte concentration de banques de plus grande taille au sein de l’industrie, laquelle viendrait entraver l’octroi de crédits aux consommateurs et aux emprunteurs commerciaux, particulièrement dans les petites communautés4 ». Comme, à long terme, la période de mise en oeuvre de toutes les mesures de l’Accord de Bâle III s’étend jusqu’en 2019, les retards rencontrés ne sont peut-être pas dignes de mention, mais ils témoignent des divergences grandissantes entre le cartel des banques américaines et celui des banques européennes concernant le cadre de l’Accord de Bâle III.

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25/12/2012 Publié par | Mon Banquier est Central, Gold et Métaux Précieux, Etats-Unis, Pays Emergents, Europe, Chinamerica, Marché Obligataire, Commentaire de Marché, Normes Comptables et Règles Prudentielles, B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Regulation des Marchés | | Poster un commentaire

Dette argentine: un juge insensible au tango Par Jean-Pierre Béguelin

Dette argentine: un juge insensible au tango Par Jean-Pierre Béguelin

Un juge américain vient d’intimer à l’Argentine l’ordre de rembourser ses créanciers récalcitrants, une décision qui pourrait à la longue venir peser sur les placements en obligations émergentes

À New York, le juge fédéral Thomas Griesa vient d’ordonner à l’Argentine de rembourser mi-décembre 1,33 milliard de dollars à ses créanciers les plus récalcitrants. À 82 ans, ce digne magistrat a ainsi jeté un pavé qui risque de faire des remous dans le marigot des emprunts internationaux branlants, rempli en bonne partie d’ailleurs de papiers argentins aux trois-quarts effacés. C’est qu’au palmarès des mauvais débiteurs, l’Argentine brille de tout son éclat. En 1890 déjà, le défaut de Buenos Aires força la Banque d’Angleterre à sauver in extremis la banque Baring Brothers, ce monument de la City. Presque un siècle plus tard – je saute les épisodes intermédiaires – les grandes banques occidentales ont à leur tour senti le vent du boulet pour avoir trop prêté de pétrodollars, entre autre à l’Argentine. Vers 1980, ne disait-on pas que les crédits accordés au gouvernement de Buenos Aires ne quittaient pas la banque prêteuse car ils étaient immédiatement transférés sur les comptes de certains généraux et de leurs amis?

 

C’est que sur le plan international, les dirigeants argentins ne craignent pas grand-chose, leur pays pouvant assez bien vivre en quasi-autarcie grâce à sa production agricole abondante, à son pétrole et à une population bien éduquée. C’est d’ailleurs sans doute en grande partie pourquoi il est si mal géré, passant du protectionnisme le plus crasse sous le régime Perón à l’inflation débridée des généraux lorsque chaque réforme monétaire successive – on a passé du peso, au nouveau peso, à l’austral pour revenir au peso – échouait. En 1991 finalement, et sous la pression du FMI, un nouveau gouvernement choisi de rattacher – peg en anglais – sa monnaie au dollar en déclarant que, dorénavant et ad aeternam (!), un peso vaudrait un dollar US. Mais, comme c’est presque toujours le cas après la fixation d’une parité en vue de lutter contre l’inflation, les prix domestiques continuent assez longtemps de renchérir sur leur lancée précédente si bien qu’en termes réels le peso se retrouve rapidement et nettement surévalué. 

En Argentine, l’économie est ainsi de plus en plus déséquilibrée. Le déficit de la balance commerciale grandit d’autant plus rapidement que la devise américaine est très forte à la fin des années 1990; la banque centrale limitant sa création monétaire par manque de devises étrangères, l’économie domestique souffre, entraînant un déficit budgétaire grandissant que le gouvernement couvre en empruntant allégrement à l’extérieur. Il le fait d’ailleurs d’autant plus facilement que le peg perdure. Cette résistance rassure en effet des prêteurs externes qui n’ont alors plus l’impression de courir un risque de change en avançant des fonds à une Argentine prête, en outre, à payer un taux d’intérêt attractif. Même les banques italiennes en viennent à conseiller à leurs petits épargnants (!) d’acheter des obligations argentines à la place des italiennes dont le rendement s’est effondré avec l’introduction de l’euro. 

Avec le temps cependant, ce mécanisme devient de plus en plus précaire et susceptible, par fuite des capitaux, de se briser au moindre choc, ce qu’il fait quelques semaines après le 11 septembre 2001. Le gouvernement argentin doit abandonner le peg, dévaluer le peso et forcer ses ressortissants à convertir leurs avoirs à la nouvelle parité. Simultanément, il fait défaut pour quelque 100 milliards de dollars sur sa dette externe.

 L’économie argentine tombe alors dans une profonde crise et l’inflation rebondit. Peu après cependant, le nouveau gouvernement péroniste, débarrassé désormais du carcan monétaire qu’était le peg, se lance dans des politiques plutôt populistes qui rencontrent quelques succès grâce aussi à la forte montée des prix mondiaux du soja – Chine oblige – dont l’Argentine est un des principaux producteurs. Sur le plan externe en revanche, la situation est nettement plus compliquée d’autant que les officiels argentins traitent leurs créanciers avec une morgue digne des grands d’Espagne en leur disant qu’ils ne toucheront que 25% de leurs créances, à prendre ou à laisser. Des négociations s’engagent malgré tout avec un syndicat de détenteurs d’obligations et on se met finalement d’accord en 2005 puis à nouveau de 2009, sur un remboursement partiel rééchelonné. 

Mais tous les prêteurs n’acceptent pas cette solution.

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30/11/2012 Publié par | Argentine, Art de la guerre monétaire et économique, B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Changes et Devises, Commentaire de Marché, Cycle Economique et Financier, Etats-Unis, Gestion du risque, Titrisation, Produits Structurés, Fonds à formules...., Indicateur des Marchés, Inflation, inflation importée, monétarisation de la dette, Le Graphique du Jour, Le Temps, Marché Obligataire, Mon Banquier est Central, Pays Emergents, Suisse, Trappe à Dettes | | 2 Commentaires

Le sulfureux rapport de la BRI : Trop de finance tuerait la croissance

Le sulfureux rapport de la BRI : Trop de finance tuerait la croissance

 BRI. Trop de finance tuerait la croissance selon une étude qui fait la part belle aux a priori et qui n’a pas peur des raccourcis

La finance contribue certes à la croissance, mais son abus nuit gravement à l’économie, soudainement privée des meilleurs cerveaux et des idées les plus fortes en matière de prospérité économique, mettent en garde des experts de la Banque des règlements internationaux (BRI).

Dans des conclusions qu’ils qualifient eux-mêmes de «saisissantes», ces économistes la banque centrale des banques centrales, relève que «plus le secteur financier grandit, plus la croissance de l’économie ralentit».

Or, les économies avancées ont laissé grossir ce secteur financier (banques, fonds d’investissement…) bien au delà de la taille au-dessus de laquelle il devient nocif pour l’économie dite «réelle», soulignent ces experts, qui s’expriment en leur nom bien que leur rapport soit publié par la BRI.

«La finance ponctionne littéralement les scientifiques spécialistes de l’espace au détriment de l’industrie des satellites», affirment-ils par exemple, expliquant que ce secteur attirent les meilleurs grâce à de fortes rémunérations. «Le résultat c’est que des gens qui auraient pu devenir scientifiques, qui dans une autre époque auraient rêvé de trouver un remède au cancer ou de voler vers Mars, rêvent aujourd’hui de devenir directeurs de fonds spéculatifs», déplore ce rapport.

Ces deux économistes de la BRI, Stephen Cecchetti et Enisse Kharroubi, sont partis de l’idée communément avancée que «la finance est bonne pour la croissance», base de la dérégulation financière massive entamée dans les années 80. Le problème, affirment-ils après avoir étudié l’histoire financière récente, c’est que le secteur financier, devenu obèse, est aussi devenu un «poids pour le reste de l’économie».

Deux conclusions «frappantes» ont été tirées par ces économistes:

Premièrement, «à un niveau raisonnable, la croissance du secteur financier apporte certes des gains de productivité».

Mais, «à partir d’un certain point, que les économies avancées ont dépassé depuis longtemps, plus de banques et de crédit sont associées à une croissance plus faible».

L’analyse démontre, selon ces économistes, que lorsque la masse des crédits dépasse le Produit intérieur brut, «elle devient un poids pour la croissance de la productivité». Ou bien, lorsque le secteur financier accapare plus de 3,5% de la force de travail total dans un pays, toute augmentation supplémentaire affecte négativement la croissance économique. Le seuil a même été calculé et fixé à 3,9%. Or, plusieurs pays sont bien au-delà, dont le Canada avec 5,5%, la Suisse (5,1%), l’Irlande (4,6%) et «dans une moindre mesure» les Etats-Unis avec 4,2%.

Pire, le seuil pourrait même être dans certains cas autour de 1,3%, largement dépassé par les 21 pays étudiés par ces experts (Australie, Autriche, Belgique, Royaume uni, Canada, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Irlande, Italie, Japon, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège, Portugal, Corée du Sud, Espagne, Suède, Suisse et Etats-Unis).

En Irlande, par exemple, le seuil de l’emploi dans le secteur de la finance est resté proche des 3,9% entre 1995 et 1999. mais après cette date, il a dépassé les 5%, ce qui signifie que s’il était resté au même niveau, la croissance de la productivité par personne employée aurait été supérieure de 0,4%, affirment ces économistes.

Ces derniers sont parvenus à une deuxième conclusion: «plus le secteur financier grandit, plus la croissance ralentit», comme ils ont pu le mesurer en Espagne ou en Irlande.

De 2005 à 2010, l’emploi dans les secteurs financiers espagnol et irlandais a augmenté respectivement de 1,4% et de 4,1% tandis que la productivité par personne employée diminuait dans le même temps de 1,4% et 2,7%.

«Nos estimations impliquent que si l’emploi dans le secteur financier était resté constant dans ces deux pays, cette diminution aurait été moins important de 1,4 point de pourcentage en Espagne et de 0,6 point en Espagne».

«La leçon à tirer, c’est que des secteurs financiers importants et à forte croissance peuvent être très dommageables pour le reste de l’économie», conclut les auteurs.

Le rapport est accessible à www.bis.org/publ/work381.htm

Source Agefi oct12

30/10/2012 Publié par | Agefi Suisse, Analyse d'un secteur économique particulier, Au coeur de la création de richesse : l'Entreprise, B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Emploi, formation, qualification, salaire, Idées Courtes, Idées Fausses, Mon Banquier est Central, Regulation des Marchés | 6 Commentaires

Zone Euro : Défiance de très grande ampleur, via Target2 l’Allemagne continue de financer l’Espagne et l’Italie

Zone Euro : Défiance de très grande ampleur, via Target2 l’Allemagne continue de financer l’Espagne et l’Italie

Les taux négatifs à court terme des obligations françaises démontrent que la méfiance (même entre banques) atteint des niveaux très inquiétants. 

Source Zerohedge

Comme à l’accoutumée, les signes d’amélioration économique de la semaine dernière ont été de courte durée. Bizarrement, la baisse du taux repo de la BCE a aggravé le fonctionnement des banques européennes. Dans notre hebdomadaire du 20 juin, nous expliquions comment le système de reverse repo (LTRO) de la BCE avait induit une pénurie dans les inventaires d’obligations et la contraction des prêts interbancaires (tant en espèces qu’en valeurs mobilières). Avec des taux d’intérêt à court terme encore plus bas, les banques ont tout simplement cessé leurs opérations sur le marché monétaire. Pourtant, ces fonds détournés des marchés monétaires sont toujours en quête de placement sécurisé – plus sûr en tous cas que les banques elles-mêmes! – et leur seul refuge est désormais les obligations gouvernementales à court terme. S’il fut aisé d’expliquer les taux négatifs à court terme des obligations d’état allemandes et suisses, il aura fallu la clôture des fonds du marché monétaire pour expliquer ceux des obligations à court terme du gouvernement français!

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15/07/2012 Publié par | Agefi Suisse, B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Behaviorisme et Finance Comportementale, Changes et Devises, Commentaire de Marché, Déflation, Douce France, Europe, Indicateur des Marchés, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, Le Graphique du Jour, Marché Obligataire, Mon Banquier est Central, Monétarisme, Normes Comptables et Règles Prudentielles | , , , , , | Un commentaire

Paul Krugman se trompe. Mais Ben Bernanke aussi par Andréas Hofert

Paul Krugman se trompe. Mais Ben Bernanke aussi par Andréas Hofert

Il serait temps d’admettre que la politique monétaire ne permet pas la relance concrète attendue de l’économie.

Depuis la crise financière de 2007/2008, les économies développées font face à des environnements de faible croissance, de récessions voire de dépressions. Et les politiques tant monétaires que fiscales menées depuis cinq ans ont tenté de relancer ces économies ou tout au moins de les stabiliser. La réussite de ces politiques est rien moins qu’impressionnante. Les Etats-Unis affichent une croissance anémique et l’Europe entre à nouveau en récession. Ne faudrait-il donc pas à nouveau intervenir? Je n’en suis plus si sûr.

Selon une définition populaire, la folie consiste à faire la même chose à répétition et à s’attendre à ce que les résultats soient différents. Je ne prétends pas que la Réserve fédérale et son président, Ben Bernanke, sont fous. Mais, après presque quatre années de fonds fédéraux à taux zéro, deux programmes d’assouplissement quantitatif et l’opération Twist, prolongée au moins jusqu’à la fin 2012 – avec pour résultat le triplement du bilan de la Réserve fédérale – il serait temps d’admettre que la politique monétaire ne permet pas la relance concrète attendue de l’économie.

La Banque des règlements internationaux l’a exprimé ouvertement dans son dernier rapport annuel: «Une politique monétaire souple ne peut résoudre les problèmes sous-jacents de solvabilité ou structurels plus profonds. Certes, elle permet de gagner du temps, mais peut en faire gaspiller plus facilement, retardant le retour à une reprise durable. […] La politique monétaire ne peut pas se substituer aux mesures politiques à même d’aborder les causes profondes de la fragilité financière et de la faiblesse économique.»

En fait de nombreuses économies développées font face à ce que l’on appelle en jargon d’économiste une trappe à liquidités. Les taux d’intérêts sont certes proches de zéro mais n’incitent pas les ménages croulants sous les dettes à encore s’endetter davantage. De plus, l’aplanissement des courbes de taux grève la rentabilité de nombreux intermédiaires financiers, retardant l’assainissement de leurs bilans et ne les stimulant pas à prêter davantage au grand public.

C’est là qu’intervient Paul Krugman économiste nobélisé et éditorialiste au «New York Times». Dans son dernier ouvrage «End This Depression Now!» (Terminez cette dépression maintenant!), qui n’est pas encore paru en français, l’hyper-keynésien soutient la thèse suivante: étant donné que les taux d’intérêt sont si bas et que tous semblent disposés à prêter de l’argent au gouvernement à des conditions très avantageuses, les dépenses publiques constituent le meilleur moyen de stimuler l’économie. Voilà en termes simplifiés le conseil que nous donnerait John Maynard Keynes, le grand économiste britannique qui a figuré parmi les premiers à parler de trappe à liquidités.

Mais étant donné que le ratio déficit public-PIB américain atteignait l’année dernière le chiffre incroyable de 8,5% et qu’il devrait rester à ce niveau en 2012, il faut conclure que la politique budgétaire ne fournit pas non plus le coup de pouce souhaité à l’économie réelle.

Cependant, Paul Krugman soutient dans son livre que ces déficits immenses ne sont pas suffisants alors qu’ils sont à l’origine d’une dette publique stratosphérique de 15.000 milliards de dollars américains, soit plus de 100% du produit intérieur brut du pays.

Il n’est pas vraiment possible de démystifier ce raisonnement erroné. Paul Krugman pourra toujours affirmer que le dysfonctionnement des dépenses publiques est dû à leur insuffisance, quelle que soit la taille de ces dépenses. Jetez plus d’argent par la fenêtre, semble-t-il dire, mais pour combien de temps?

Après quatre années d’enlisement et de croissance anémique dans les pays développés, il serait pourtant temps d’admettre que le processus de guérison de sociétés surendettées est long et que celles-ci devront endurer des ajustements structurels douloureux. Jeter plus de liquidités et de dettes publiques sur ces économies, en se disant que ce qui nous a mis en difficulté en premier lieu nous permettra également d’en ressortir, est simplement faux.

Andréas Hofert  Chef économiste/UBS Wealth Management/Agefi

03/07/2012 Publié par | Agefi Suisse, B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Commentaire de Marché, Cycle Economique et Financier, Etats-Unis, Europe, Inflation, inflation importée, monétarisation de la dette, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Mon Banquier est Central, Trappe à Dettes | , , , , | Un commentaire

Avertissement de la BRI : La politique monétaire atteindrait ses limites

Avertissement de la BRI : La politique monétaire atteindrait ses limites

La politique monétaire atteindrait ses limites L’instance de régulation BRI dresse la liste des effets néfastes redoutés

 

Les liens

Jusqu’à quand? Et avec quelles conséquences? Dans son rapport annuel, publié dimanche en 7, la Banque des règlements internationaux (BRI) adresse un nouvel et sérieux avertissement: «Il y a des limites aux pouvoirs des banques centrales», dixit Stephen Cecchetti, responsable du département économique et monétaire au sein de l’instance de supervision des banques centrales.

Depuis 2008, les politiques monétaires accommodantes tiennent la finance et l’économie mondiale à bout de bras. Elles n’ont pas eu le choix, reconnaît la BRI, «puisque les gouvernements n’ont pas apporté de remède rapide et global». Mais «il faudra tôt ou tard réduire la pression sur elles», a insisté Stephen Cecchetti, lors d’une conférence téléphonique organisée depuis le siège de Bâle.

Dans un environnement de taux bas qui perdure déjà depuis 2009, les assouplissements monétaires «spéciaux» se poursuivent.  La Fed a décidé de prolonger son «operation twist» de six mois. En Europe, après la réactivation des achats d’obligations d’Etat et les deux opérations de refinancement bancaire (LTRO), une nouvelle baisse des taux en juillet devient un scénario probable. Pendant ce temps, la Bank of England et la Bank of Japan ont élargi leur programme de rachat d’actifs, et la Banque nationale suisse continue d’émettre du franc pour tenter de faire baisser sa valeur.

Partout, la «décision de prolonger la détente monétaire doit être soigneusement soupesée. Car les distorsions que cela provoque risquent de déstabiliser le système», prévient la banque centrale des banques centrales. «Il est évident qu’elles doivent songer à une stratégie de sortie», ajoute Stephen Cecchetti.

Les graines d’une autre crise

Le rapport décrit ainsi les distorsions qu’un monde inondé de liquidités risque de provoquer: «L’assainissement des bilans et le retour à une reprise autonome sont retardés […] car des conditions inhabituellement accommodantes masquent des problèmes sous-jacents et incitent moins à s’y attaquer de front.» Un constat qui vaut tant pour les Etats surendettés que pour les banques dont le bilan est garni d’actifs douteux ou dépréciés, lesdits «prêts improductifs».

Puis, il y a les effets plus indirects, qui font que, selon la BRI, l’assouplissement monétaire revêt désormais une envergure mondiale: les taux bas dans les pays développés dirigent les capitaux et les crédits vers les pays émergents, où les taux d’intérêt sont plus intéressants. Leur monnaie s’apprécie.

Du coup, leurs banques centrales respectives, refusant d’alimenter cette spirale, se montrent réticentes à relever les taux de référence pour juguler une surchauffe. La Banque centrale du Brésil a même réduit son taux de 400 points de base depuis août 2011. Son homologue indienne, de 50 points de base en avril et la Banque de Chine de 25 points, début juin. Toutes deux ont même relevé les exigences de réserves obligatoires des banques de leur pays. Ainsi, la BRI suppose «que la politique monétaire des pays émergents est trop souple». Cela alimente le crédit et le prix des actifs, jusqu’à créer les mêmes déséquilibres que ceux d’avant-crise financière dans les pays développés. Et une correction brutale de ces exagérations produirait des effets comparables à 2008, souligne le rapport, étant donné le poids croissant des émergents dans l’économie mondiale et dans les portefeuilles d’investissement.

Mais les responsables de la BRI craignent aussi pour les banques centrales elles-mêmes. Aujour­d’hui, «au vu des anticipations d’inflation, leur crédibilité est intacte, estiment-ils. Mais elle n’est pas acquise pour autant.» Si la situation actuelle perdure, les banques centrales pourraient être invitées à en faire encore davantage. A partir de là, la BRI imagine déjà le creusement d’un fossé entre les attentes placées en elles et leurs réelles capacités d’action.

Autonomie en danger

Et l’institution va encore plus loin. Selon elle, la nature de leurs outils a «brouillé la frontière entre politique monétaire et budgétaire». Et même si des pertes n’entravent pas leurs capacités opérationnelles, elles peuvent toutefois porter atteinte à leur autonomie. Surtout si elles ne peuvent plus poursuivre leurs objectifs sans recourir aux ressources financières de l’Etat.

Se trouve-t-on loin de ce scénario? Impossible à dire, répond Stephen Cecchetti, mais «les banques centrales sont déjà allées bien plus loin que ce qui était imaginable il y a cinq ans…».

Par Servan Peca/Le Temps juin12

01/07/2012 Publié par | Asie hors émergents, B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Behaviorisme et Finance Comportementale, Changes et Devises, Cycle Economique et Financier, Etats-Unis, Europe, Immobilier, Inflation, inflation importée, monétarisation de la dette, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, Le Graphique du Jour, Le Temps, Mon Banquier est Central, Pays Emergents, Reuters, Wall Street Journal in french | | Un commentaire

Zone Euro : L’intervention concertée de six banques centrales

L’intervention concertée de six banques centrales

L’objectif est de soulager les établissements bancaires en mal de devises étrangères. Particulièrement en dollars.

Les grandes banques centrales mondiales ont annoncé hier des mesures d’urgence pour venir au secours du système financier international, et soulager les banques européennes qui peinent à se procurer des dollars en pleine crise de la dette souveraine. Outre la BCE, les nouvelles mesures impliquent la Réserve fédérale américaine, la Banque du Canada, la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon, la et la Banque nationale suisse.

Source Financial Times 

source The Guardian

source Wall Street Journal

Ces actions coordonnées devraient leur permettre «d’étendre leur capacité à fournir des liquidités au système financier mondial», a déclaré la BCE dans un communiqué. In fine, «le but de ces actions est de soulager les tensions sur les marchés financiers et ainsi de minorer les effets de telles tensions sur la fourniture de crédit aux ménages et entreprises et d’aider ainsi à encourager l’activité économique», a-t-elle ajouté.

Dans le détail, l’accord entre les banques centrales doit permettre de fournir plus facilement des liquidités aux banques en mal de devises étrangères, et notamment de dollars.

La fourniture de dollars par la BCE et d’autres banques centrales, en accord avec la Fed, va être assouplie, et prolongée jusqu’au 1er février 2013. Ainsi, les dollars seront proposés à un taux réduit de 0,50% par rapport à aujourd’hui, grâce à un nouveau calcul de leur taux d’intérêt. Ces opérations concertées en dollars, déjà pratiquées pendant la crise financière de 2008-2009, ont repris en septembre face aux difficultés des banques de la zone euro à s’approvisionner en billets verts en pleine crise de la dette souveraine.

Mais elles n’ont rencontré presque aucun succès. La dernière opération menée par la BCE, dont le résultat a été annoncé mercredi, a attiré seulement deux établissements bancaires de la zone euro, au taux de 1,08%, pour un montant de 352 millions de dollars. A titre de comparaison, la dernière opération hebdomadaire de refinancement en euros pratiquée par la BCE pour les banques européennes qui n’osent plus se prêter entre elles a attiré près de 200 établissements pour un volume de 265 milliards d’euros.

Mais «le signal donné est plus important que le volume réel de l’action» si bien que l’annonce d’aujourd’hui devrait «calmer significativement la panique concernant les banques européennes et aider à empêcher un effondrement dévastateur du crédit», a déclaré Christian Schulz, de la banque Berenberg.

C’est aussi un signe montrant que «la BCE est prête à faire quasiment tout pour protéger son secteur bancaire» mais ne disant pas si elle est prête à agir pour soulager directement les Etats confrontés à la crise de la dette, en rachetant leurs obligations massivement, a-t-il ajouté.

Selon Tom Levinson, de la banque ING, «c’est également une confirmation positive que les principales banques centrales communiquent de façon rapprochée». Cependant, «les sceptiques seront tentés de conclure que de telles mesures (…) sont prises en raison de l’absence de progrès significatifs pour résoudre la crise de la zone euro».

Autre annonce hier, les banques centrales vont désormais s’échanger des devises (accords de swap) autres que le dollar. La BCE pourra par exemple échanger des euros contre des yens avec la Banque du Japon, et fournir de la monnaie japonaise aux banques européennes qui en auraient besoin.

«Pour l’heure, il n’y a pas de besoin d’offrir des liquidités en devises autres que le dollar, mais les banques centrales jugent prudent de s’organiser pour que de telles opérations puissent être mises en place rapidement si le besoin s’en faisait sentir», prend soin de préciser la BCE. Par ailleurs, la BCE, la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon et la Banque nationale suisse vont continuer leurs opérations de fourniture de liquidités sur trois mois, jusqu’à nouvel ordre.

01/12/2011 Publié par | B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Changes et Devises, crédit crunch, Etats-Unis, Europe, Financial Times, Indicateur des Marchés, Le Graphique du Jour, Mon Banquier est Central, Regulation des Marchés, Wall Street Journal in french | Poster un commentaire

Qui détient la dette de la France ? Près de 180 milliards pour les banques étrangères

Qui détient la dette de la France ? Près de 180 milliards pour les banques étrangères

La dette publique de la France, émise sous forme d’obligations négociables, est majoritairement détenue par des créanciers étrangers. L’exposition des banques étrangères est proche de 180 milliards €, avec des banques non européennes très présentes.

Une bonne question qui amène une réponse très rapide : on ne peut pas connaître le détail exact de cette répartition. Il est ainsi impossible de savoir quelle est la part détenue par les banques françaises, les assureurs ou fonds.

C’est la loi (art. L. 228-2 du code de commerce, décret d’application n° 2002-803 du 3 mai 2002 publié au Journal officiel du 5 mai 2002, art. L. 212-4 du code monétaire et financier relatif à la nominativité obligatoire). Ceci est spécifique à la France, on peut avoir facilement le détail partout ailleurs. Il est quand même possible de savoir deux choses.

D’une part, la part de la dette négociable détenue par des investisseurs étrangers (non résidents français). Sur les 1 308 milliards € de dette émis par l’AFT pour le compte de l’Etat, 66 % est détenue à l’extérieur de la France. Ceci place la France parmi les pays où la part de la dette « externalisée » est la plus élevée.

D’autre part, l’on connaît l’exposition à la dette publique des banques mondiales à travers la statistique de la BRI. Fin juin 2011, les banques non françaises détenaient pour 176 milliards € d’obligations publiques françaises (13 % du total de la dette négociable). L’exposition des banques non européennes est importante, même si l’Europe porte les deux tiers du risque souverain.

Un élément qui fragilise la position de la France, ces investisseurs (surtout les banques) étant rentrés dans un mouvement de liquidation de leur position. Il est vraisemblable que ceci explique en grande partie la forte poussée des spreads de la France par rapport aux taux allemands sur les derniers jours.

SOURCE ET REMERCIEMENTS  GECODIA/Mercredi 16 Novembre 2011

http://www.gecodia.fr/Qui-detient-la-dette-de-la-France-Pres-de-180-milliards-pour-les-banques-etrangeres_a2505.html

30/11/2011 Publié par | B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Douce France, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, Le Graphique du Jour, Marché Obligataire, Trappe à Dettes | Poster un commentaire

L’exposition des banques françaises, allemandes et britanniques à la dette publique et privée des pays de la zone euro en proie à des difficultés budgétaires

L’exposition des banques françaises, allemandes et britanniques à la dette publique et privée des pays de la zone euro en proie à des difficultés budgétaires a partiellement baissé au deuxième trimestre, a indiqué mercredi la Banque des règlements internationaux (BRI).

Les 1.355,1 milliards de dollars de dette française détenus par les banques sous revue de la BRI sont détenus en grande partie par des établissements européens, qui ont augmenté leur exposition à la fin juin, selon les statistiques de la BRI.

Le niveau d’exposition définit le montant des titres de dette privée ou publique que les banques conservent dans leur bilan. L’évolution en pourcentage est calculée par rapport au trimestre précédent.

   BANQUES FRANCAISES (en mds USD)
         total   dont    secteur        banques            secteur privé
                         public                            non-bancaire
   ETATS-UNIS  593,1 (stable)   107            101,1                 385,1
   ITALIE      416,4 (+1,5%)    106,8          44,7                  265
   ESPAGNE     150,9 (+3,3%)    30,5           38,6                  81,8
   GRECE       55,8  (-2%)      10,7           1,6                   43,5
   IRLANDE     32    (+6,3%)    2,9            9,8                   19,3
   PORTUGAL    25,7  (-9,2%)    6,2            6,2                   13,3

   BANQUES ALLEMANDES
   ETATS-UNIS  558,6 (+11,2%)   21,6           161,5                  375,6
   FRANCE      223,3 (+8%)      31,4           116,1                  75,8
   ESPAGNE     177,5 (stable)   29,5           69,1                   78,9
   ITALIE      161,8 (-1,9%)    47,6           48,3                   65,8
   IRLANDE     110,5 (-5,1%)    3,5            21,5                   85,5
   PORTUGAL    35,9  (-7,7%)    9              12,6                   14,3
   GRECE       21,4  (-10%)     12,4           1,8                    7,1

   BANQUES BRITANNIQUES
   ETATS-UNIS  1.124,4 (stable) 300,1          152,2                  672,1
   FRANCE      305,3   (+3,7%)  56,2           148,9                  100,2
   IRLANDE     140,9   (+3,1%)  3,7            16,9                   120,3
   ESPAGNE     100,9   (stable) 7,6            18                     75,3
   ITALIE      73,7    (+7%)    17,4           8,9                    47,4
   PORTUGAL    25,4    (-4,5%)  1,9            4                      20
   GRECE       12,6    (-14,3%) 3,3            1,1                    8,3
 

20/10/2011 Publié par | B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Marché Obligataire, Mon Banquier est Central, Trappe à Dettes | Poster un commentaire

Monétisation tous azimuts : La BCE agit davantage pour aider les banques à se refinancer

Monétisation tous azimuts :  La BCE agit davantage pour aider les banques à se refinancer

Pour son dernier discours en tant que président de la BCE, Jean-Claude Trichet a annoncé de nouvelles mesures pour venir en aide aux banques qui font face à des problèmes de financement Jean-Claude Trichet a prononcé son dernier discours en tant que président. Le taux d’intérêt directeur reste inchangé à 1,5%

source Wall Street Journal

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«Jean-Claude Trichet est resté fidèle à lui-même.» Si certains observateurs s’attendaient à voir le président de la Banque centrale européenne (BCE) baisser son taux d’intérêt directeur jeudi, Fabrizio Quirighetti, chef économiste à la banque Syz & Co, n’a pas été surpris par le maintien de ce dernier à 1,5%. Pour sa dernière conférence de presse en tant que président de l’institution monétaire, le Français de 69 ans n’a pas dérogé à la ligne de conduite qui fut la sienne pendant huit années passées à la tête de l’institution basée à Francfort. Malgré le spectre d’une nouvelle récession, il a continué à privilégier la stabilité des prix en zone euro.

«Ce n’est pas vraiment une surprise, a poursuivi Fabrizio Quirighetti. D’autant que les derniers chiffres provisoires font état d’une inflation qui accélère.» En effet, avec des prix qui ont augmenté de 3% en septembre, le seuil des 2% annuels visé par la BCE est dépassé.

Selon Fabrizio Quirighetti, les marchés s’attendent toutefois à voir son successeur, l’Italien Mario Draghi, baisser rapidement le loyer de l’argent. Peut-être même dès sa première session en tant que président, au mois de novembre. «Avec des taux à 1,5%, la BCE est l’une des seules grandes banques centrales à disposer encore d’une certaine marge de manœuvre pour faire face à la crise», a expliqué l’économiste genevois.

De son côté, s’il n’a pas estimé nécessaire de recourir à des «mesures standards» de politique monétaire avant de quitter son poste, Jean-Claude Trichet a cependant annoncé hier une série de dispositions visant à aider les banques européennes qui font face, depuis quelques mois déjà, à des problèmes de refinancement.

L’institution d’émission prévoit deux opérations à volume illimité pour une période d’environ un an. La première aura lieu en octobre et la seconde au mois de décembre. Ces instruments exceptionnels – plus utilisés depuis 2009 – viendront s’ajouter aux opérations régulières par le biais desquelles la BCE prête de l’argent chaque semaine aux établissements qui en ont besoin. «La BCE assurera toute la liquidité nécessaire aux banques», a répété Jean-Claude Trichet.

Par ailleurs, le grand argentier a indiqué que le programme de rachat d’obligations sécurisées appartenant aux banques serait relancé à partir du mois de novembre. Jusqu’à octobre 2012, la BCE va donc racheter pour 40 milliards d’euros de ces titres adossés, pour la plupart, à des biens immobiliers.

Si Jean-Claude Trichet s’est porté une dernière fois au chevet des banques européennes, il a appelé ces dernières à renforcer rapidement leurs bilans. A l’heure même où un démantèlement de la banque franco-belge Dexia se prépare, celui qui fut porté à la BCE par Jacques Chirac a averti que «les banques devraient se tourner vers les marchés pour se recapitaliser, mettre de côté leurs bénéfices et rémunérer leurs employés de manière modérée».

source Financial Times

source Wall Street Journal

Par Sébastien Dubas/le temps oct11

EN COMPLEMENT : BCE/ les dépôts des banques au jour le jour continuent de grimper

La somme d’argent déposée par les banques de la zone euro au jour le jour auprès de la BCE a atteint un nouveau record annuel dans la nuit de mercredi à jeudi, signe de la méfiance accrue entre les établissements.

Cette semaine, ces dépôts ont battu chaque jour leur record annuel, alors que les gouvernements européens commencent à se mobiliser pour éviter un effondrement du secteur bancaire. Mercredi soir encore, les banques ont préféré placer 221 milliards d’euros auprès de la Banque centrale, selon des chiffres publiés jeudi par l’institution de Francfort, qui les rémunère seulement au taux de 0,75%, plutôt que de se les prêter entre eux.

“La confiance entre les banques a à nouveau disparu, et elles ne se prêtent plus d’argent pour se refinancer, c’est une conséquence de la crise de la dette” en zone euro, a déclaré le chef de la Fédération bancaire allemande BdB à la radio publique Deutschlandfunk jeudi.

“Les acteurs du marché sont inquiets et se disent +je place plutôt mon argent à la BCE, c’est plus sûr+”, a-t-il poursuivi. Depuis l’aggravation cet été de la crise de la dette, les établissements financiers ne se font plus suffisamment confiance et préfèrent placer leur argent auprès de la BCE.

La semaine dernière, les montants ainsi placés au jour le jour auprès de la BCE évoluaient déjà à un niveau record, juste sous les 200 milliards d’euros. Les niveaux des dépôts restent toutefois pour l’instant en dessous des niveaux atteints durant la crise financière qui avait suivi la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, où ils ont pu frôler les 400 milliards d’euros.

07/10/2011 Publié par | B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Financial Times, Inflation, inflation importée, monétarisation de la dette, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, Le Graphique du Jour, Le Temps, Marchés Financiers et Boursiers Actions, Mon Banquier est Central, Normes Comptables et Règles Prudentielles, Trappe à Dettes, Wall Street Journal in french | Poster un commentaire

Les banques Européennes pourraient avoir besoin de 4000 milliards de dollars, selon la BRI

Les banques Européennes  pourraient avoir besoin de 4000 milliards de dollars, selon la BRI

La recapitalisation de certaines banques européennes est ­désormais présentée comme inévitable. De plus, le spectre de l’assèchement de crédit a rejailli. Les banques européennes pourraient faire face à des besoins de liquidités à court terme d’au moins 4000 milliards de dollars, selon une étude de la Banque de règlements internationaux (BRI) rendue publique il y a une semaine mais passée inaperçue

chart of the day, the massive funding needs of europe, september 2011
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 Les banques doivent  donc diversifier leurs actifs obligataires pour éviter une trop forte exposition aux pays en difficulté, mais elles ne pourront pas totalement se prémunir des risques pesant sur les dettes d’Etat, ont estimé dans une étude des économistes de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui a son siège à Bâle.

 

source  Morningstar

 Le danger est particulièrement élevé pour les banques de pays qui sont eux-mêmes en difficultés budgétaires, car un abaissement de la notation d’un pays augmente le coût de financement pour ces banques et détériore leur accès au marché.

 Des banques grecques, irlandaises et portugaises ont ainsi vu augmenter “à des niveaux extrêmement élevés” les coûts pour les contrats de couverture contre le défaut de paiement (CDS, Credit Default Swap) et certaines ont même vu leurs actifs de clientèle diminuer, devenant du coup plus dépendantes des liquidités fournies par les banques centrales, selon toujours l’étude de la BRI 

Les obligations ont longtemps été perçues comme un placement plus sûr que les actions, même si les rendements sur les titres de dette d’Etats sont généralement plus faibles. Mais avec la crise des dette publiques dans la zone euro et aux Etats-Unis, les obligations souveraines sont devenues un danger pour les établissements financiers.

Selon les statistiques de la BRI, les banques françaises détenaient ainsi fin mars une exposition de 146,1 milliards de dollars à la dette espagnole, dont 32,6 milliards du secteur public.

Cumulative spillovers from high spread euro area sovereigns to the EU banking system - 300 bn euros

 Les établissements allemands sont également fortement exposés à la dette ibérique, avec une exposition totale de 177,9 milliards de dollars à la fin du premier trimestre, dont 29,4 milliards du secteur public espagnol. Les banques britanniques sont quant à elles particulièrement exposées à la dette irlandaise avec 136,6 milliards de dollars, dont seulement 4,6 milliards est issue du secteur public.

 Si l’exposition au secteur public paraît faible comparée au total de l’exposition, une faillite éventuelle d’un Etat aurait des répercussions sur l’ensemble d’un pays, notamment sur le secteur privé. Les banques seraient ainsi amenées à effectuer des amortissements sur les titres de dette privés.

 Pour les économistes de la BRI, les perspectives moroses de croissance et la hausse de l’endettement des Etats a renforcé les craintes quant aux risques que représentent les obligations d’Etat. Entre la fin 2007 et la fin 2010, les déficits budgétaires moyens dans la zone OCDE ont augmenté de 1% à 8% du produit intérieur brut (PIB) et la dette des Etats de 73% à 97% du PIB.

La BRI recommande la fin des avantages fiscaux à l’emprunt

Les gouvernements devraient envisager de supprimer les avantages fiscaux accordés aux ménages et aux entreprises pour l’emprunt, s’ils souhaitent abaisser le niveau de leur dette à des niveaux plus gérables, les politiques fiscales ont probablement joué un rôle dans le fait que "la dette est à un niveau aussi élevé".

 Les politiques favorables à l’endettement consistent en des remboursements à taux préférentiels pour les entreprises afin d’émettre des crédits ou en une exonération fiscale pour les remboursements des intérêts des crédits immobiliers.

Si un certain niveau d’endettement peut contribuer à relancer la croissance à travers les investissements des entreprises ou conférer une certaine stabilité en favorisant l’accession à la propriété, un endettement excessif peut avoir des effets négatifs.

 Une fois que la dette publique atteint 85% du Produit intérieur brut, toute hausse supplémentaire de l’endettement peut nuire à la croissance, estime la BRI. Les niveaux de dettes dans les grandes économies sont déjà actuellement à des niveaux où tout endettement supplémentaire a un effet négatif.

 "Au cours des 30 dernières années, le ratio de la dette par rapport au PIB (toutes dettes confondues), dans les économies développées a crû sans discontinuité, passant de 167% en 1980 à 314% aujourd’hui. En moyenne, la hausse est de plus de 5 points de pourcentage du PIB par an", selon le rapport.

 Si la dette publique dans l’Union européenne est au centre des préoccupations, ce ne sont pas seulement les gouvernements qui tirent l’endettement à la hausse mais également les ménages et les entreprises.

 Les pays occidentaux doivent "agir vite et de façon décisive face à ces problèmes d’avantages fiscaux" et maîtriser leur dette publique. 

"Plus ils tardent (à le faire), plus l’impact négatif sur la croissance sera grand, et plus il sera difficile de l’ajuster", note l’étude de la BRI.

 source le temps+agences sep11

24/09/2011 Publié par | B.R.I. (Banque des Règlements Internationaux), Behaviorisme et Finance Comportementale, crédit crunch, Europe, FMI, Indicateur des Marchés, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, Le Graphique du Jour, Le Temps, Marché Obligataire, Morningstar, Normes Comptables et Règles Prudentielles, Reuters, Trappe à Dettes | Un commentaire

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