Le Spectacle de la Société du Dimanche 12 Mai 2013: La subjectivité de Michel Sardou par Bruno Bertez
Le Spectacle de la Société du Dimanche 12 Mai 2013: La subjectivité de Michel Sardou par Bruno Bertez
Il nous dit dans le Figaro que s’il avait 25 ans, peut-être qu’il quitterait la France. Bien jusque-là, rien à dire, il parle en son nom. Et son nom, ce n’est pas rien car Sardou est une vedette et ce qu’il dit concerne son activité de vedette.
En revanche, il s’exprime sur le mariage gay, Il précise qu’il est hétéro -est-ce bien nécessaire- on ne le lui demande pas, et ajoute que le mariage homo ne lui enlève rien, donc il est pour.
A-t-il dans sa subjectivité et son ego débridé réfléchi à ce qu’il ose dire ? Le mariage homo ne pose pas problème aux hétéros sous prétexte qu’il leur enlèverait rien, ce serait une bien mauvaise raison de le condamner.Non le mariage homo pose un problème de conception de société et de rapport à la nature, au naturel. A-t-on le droit de renier et légiférer sur une organisation sociale fondée sur un ordre aussi naturel que l’accouplement homme/femme ? A-t-on le droit face aux générations futures de déculpabiliser solennellement ce qui jusqu’à hier, était considéré comme une perversion, sinon une déviance ? A-t-on le droit de poser que dans la sexualité, le culturel, le contingent, le relatif priment sur le naturel, l’instinct, les principes de reproduction de la société ?
Vous remarquerez que nous ne répondons pas, nous posons la question.
Second point Sardou pense comme une casserole. Le mariage homo ne soulève pas la question de savoir ce que cela va lui faire à lui, l’hétéro, non il pose la question de la constitution en tant que sujet des enfants qui vont naitre, être élevés dans ce cadre. Comment l’enfant va- t- il se constituer, sur quelles identifications, sur quels conflits, sur quelles rivalités. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Eduquer un enfant ce n’est seulement changer ses couches, c’est lui proposer des modèles, des identifications, des conflits. Bref c’est lui enseigner, pour sa constitution à lui, et ensuite pour sa capacité à avoir des désirs d’objet, c’est lui enseigner des différences. Comment cet enfant va-t-il accéder à ce qui est fondamental dans sa personnalité, la perception des différences. L’enfant va-t-il reproduire le syndrome de ses parents à savoir l’impossibilité de choisir un objet du sexe opposé. Va-t-il se développer en opposition à eux ou bien les imiter. Les pratiques et choix homos, en analyse aboutissent souvent à la découverte que ce qui est en cause c’est la peur du sexe opposé. Comment l’enfant va t il s’en débrouiller?
Au plan social, comment cet enfant va-t-il vivre sa différence d’avec ses copains d’école? Va- t- il le vivre bien ou sous les quolibets? Va- t- on en classe créer un délit de machisme pour ceux qui se moqueront de lui ?
Sardou comme tous les gens de son espèce pense faux et le pire est qu’on leur donne la parole, pour des raisons politiques. La question du mariage gay pose une question à laquelle on ne peut répondre : Qu’est-ce que cela va faire à ceux qui seront élevés dans ce cadre? Qu’est-ce que cela peut changer dans la société si cela se généralise?
Le problème homo que l’on pose à la société est un problème dans la tête des gays qu’ils projettent à l’extérieur. Ils se vivent, se sentent différents. Nous n’irons pas jusqu’à parler culpabilité. Cela les marque. Ils voudraient y échapper, et comme ils croient que leur problème est dans le regard des autres, dans le regard de la société, ils veulent changer la société! Hélas, l’œil intérieur ne change pas lui. Et il ne changera pas avant longtemps. Ce genre de chose est gravé dans l’inconscient, dans les structures de notre psyché et ce ne sont pas les changements dans les structures de la société qui y changeront grand chose.


BRUNO BERTEZ Le Dimanche 12 Mai 2013
llustrations et mise en page by THE WOLF
EN BANDE SON:
A Chaud du Samedi 11 Mai 2013 : Avertissement, Atlantico
A Chaud du Samedi 11 Mai 2013 : Avertissement, Atlantico
Atlantico , site ami publie une de nos analyse sur la situation Australienne:
Nous tenons à préciser qu’Atlantico publie les textes sans retouche, mais se conserve le droit de les titrer à sa convenance. Cette pratique est courante dans la presse. Dans le passé on précisait les titres et intertitres sont ceux de la rédaction et non ceux de l’auteur. Dans beaucoup de journaux les titres et intertitres sont faits par le secrétariat de rédaction.
Le titre concerné qui fait comparaison avec la Grèce ne tient pas compte du fait que l’Australie peut imprimer sa propre monnaie . Elle ne peut faire faillite au sens d’un pays lié par l’euro. En revanche elle peut avoir à ravaler les dettes extérieures de son système. Tout comme la Grande Bretagne.
Salauds de riches?
Salauds de riches?
AVANT PROPOS DE BRUNO BERTEZ :
Je pense que le texte du professeur Windisch est important. Nous ne pouvons faire l’économie d’une réflexion sur la richesse des uns et la pauvreté des autres. Windisch trace de nombreuses pistes, nous tenterons de les explorer. La question de la richesse et des inégalités est à un carrefour, mieux à un croisement de multiples voies de recherche, la sociale ou plutôt sociologique, l’économique, la politique.
Par ailleurs elle est au centre de nombreuses mystifications, inversions et renversements. Pour ne donner qu’un exemple: le creusement des inégalités, conséquence de la financiarisation et de la dérive kleptocratique est conséquence de cette perversion du capitalisme et non pas cause. Ce qui est premier c’est le glissement vers le crédit facile lequel a produit la hernie financière.
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Ne pas être riche et néanmoins ne pas se sentir obligé de détester systématiquement les riches!
Il fut un temps où les riches faisaient l’objet de beaucoup d’admiration et de prévenance. Tempi passati ? Peut-être pas complètement même si le climat a totalement changé, en France notamment…
On peut se demander si avec le durcissement idéologique de certains responsables politiques du parti socialiste suisse on ne va pas dans le même sens que la France : initiatives contre des salaires perçus comme scandaleux, diminution de l’écart entre les salaires les plus éloignés, taxation et impôts supplémentaires des revenus les plus élevés, de l’héritage, etc.
Tout se passe comme si un climat anti-riches allait bon train, climat alimenté de manière souvent fort démagogique et intéressée électoralement par la gauche et ses extrêmes, soit une forme de populisme de gauche dont les chances sont meilleures en temps de difficultés économiques et de crise.
Ce climat prend ces derniers temps une attitude malsaine et extrême en France. Les effets contraires à ceux attendus se font déjà sentir ; ils pourraient devenir massifs.
Est-ce vraiment la solution que de pourchasser les riches partout où ils sont, même à l’étranger, et dans le monde entier ? N’est-ce pas aussi une façon commode de se défausser sur d’autres quand on est incapable de résoudre les problèmes essentiels et graves d’un pays, et surtout des couches les plus défavorisées, notamment celui du chômage, des jeunes en particulier ? Passons sur la formule connue : trop d’impôts tue l’impôt.
Le cumul de ces chasses : aux sorcières, aux riches, à une transparence obsessionnelle, à une surveillance généralisée, au point où tout le monde se sent traqué, va rendre la vie en société de plus en plus en difficile et générer des détestations et des haines multiples et réciproques.
Il ne s’agit en aucun cas de justifier la fraude, la soustraction fiscale ou le fait de ne pas déclarer des revenus ou de la fortune, mais de souligner à quel point l’ouverture de cette chasse peut entraîner un climat social et politique de plus en plus malsain et surtout contre-producutif pour l’ensemble d’une société.
D’où une question : que faire pour retrouver un climat moins malsain, et est-ce possible ? On oublie le fait que malgré le sentiment d’étouffer sous les impôts ou d’être carrément rançonnées, nombre de personnes fortunées sont d’accord de payer des impôts importants, même lorsqu’elles trouvent ces impôts excessifs mal utilisés ou de manière abusive.
Y a-t-il moyen de prélever des impôts tout en n’entraînant pas révolte, fuite au loin et tentatives de cacher une partie des revenus et fortunes ?
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Douce France: “Mur des cons” ou “Cons du mur” : cette vanité qui consiste à considérer que la Justice pourrait se satisfaire d’un simulacre d’impartialité
Douce France: “Mur des cons” ou “Cons du mur” : cette vanité qui consiste à considérer que la Justice pourrait se satisfaire d’un simulacre d’impartialité
Philippe Bilger n’est pas amusé par le "mur des cons" du Syndicat de la magistrature. Il s’inquiète des risques que cela représente pour la démocratie et l’égalité face à la Justice.
C’est celui qui dit qui y est …
Le "mur des cons" du Syndicat de la magistrature remet en cause l’impartialité de la justice.
Ce matin, LCI me questionne sur le Mur des cons installé dans les locaux du Syndicat de la magistrature (SM), avec photographies d’un certain nombre de personnalités et légendes à l’appui. Décidé immédiatement à écrire un billet sur cette rafraîchissante initiative, j’apprends ensuite, grâce à une amie avocate, que j’y figure. Ce qui évidemment n’est pas de nature à me faire changer d’avis.
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Confisquer l’épargne pour sauver les banques?
Confisquer l’épargne pour sauver les banques?
Les récentes mesures confiscatoires envers les comptes bancaires chypriotes sont déjà derrière nous, ainsi va l’actualité. Et pourtant: impensable il y a encore peu de temps, les simples épargnants sont désormais perçus comme des candidats potentiels à l’impôt forcé. S’agit-il là d’une tendance nouvelle ou d’un simple accident de parcours?
Le point de départ de la crise chypriote est connu: plusieurs banques de l’île étaient devenues insolvables suite à de mauvais prêts à leurs cousines grecques. Mais, en soi, il n’y avait là rien de très nouveau car des faillites bancaires peuvent se produire partout, à commencer par la Suisse.

Souvenez-vous, l’image avait alors fait le tour du monde: des épargnants suisses faisant la queue devant leur banque. C’était en octobre 1991, la Caisse d’épargne de Thoune (CET) avait alors fermé ses portes et fait faillite. Au terme d’une longue liquidation, les déposants avaient récupéré 60% de leurs avoirs. Mais, contrairement à ce qui vient de se passer à Nicosie, les autres banques bernoises n’avaient évidemment pas été priées de passer à la caisse en vue de soutenir leur voisine d’infortune.
Pour revenir à Chypre, on ne gardera guère en mémoire la faillite d’une banque, mais bien la façon dont toutes les autorités concernées ont réagi à la crise. En bref, et en bafouant le principe de propriété privée, elles ont d’abord imposé une confiscation partielle des dépôts bancaires importants puis décidé la réintroduction du contrôle des changes entre un Etat membre de l’Union monétaire et les autres. En passant, on notera que cette seconde mesure va à l’encontre des règles d’une monnaie unique.
Face à de tels procédés, la réaction de la population européenne a été bien faible. «Chypre est si loin et de telles surprises ne sont pas pour nous!» fut sa seule réponse. L’ennui, c’est que le patron d’UniCredit, l’une des grandes banques italiennes, vient de s’engouffrer dans la brèche en affirmant qu’il était «acceptable de confisquer les comptes d’épargne pour sauver les banques pour autant qu’il s’agisse d’une solution européenne commune». Les fourmis du nord de l’Europe apprécieront.
Venant d’un dirigeant bancaire considéré comme crédible, une telle affirmation, qui a valeur de ballon d’essai, annonce-t-elle de nouvelles confiscations? Dans le doute, il y a fort à parier que les plus gros déposants de la zone euro auront déjà commencé à se réfugier vers des actifs tangibles ou à transférer leurs fonds vers l’Asie. Conséquence mécanique de ces milliards envolés, les banques européennes seront à la peine. La récente dégringolade de l’or ne serait alors que les prémices d’une crise qui ne demandera qu’à se propager à l’ensemble des marchés financiers.
Par François Gilliéron Consultant indépendant/Le Temps 22/4/2013
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/9b0d3c92-aaae-11e2-bcb1-70560e33ec49/Confisquer_l
Philippe Simonnot : Douce France: "Chômeurs ou esclaves ?"
Philippe Simonnot : Douce France: "Chômeurs ou esclaves ?"

France et Grande-Bretagne- Egan-Jones dégrade la note des 2 pays pour la cinquième fois en quatre ans.
France et Grande-Bretagne. Egan-Jones dégrade la note des 2 pays pour la cinquième fois en quatre ans.
. La petite agence Egan-Jones, célèbre pour avoir été la première à oser baisser la note des Etats-Unis en juillet 2011 mais presque autant pour avoir anticipé la chute d’Enron et de WorldCom bien avant ses consœurs, vient de détériorer le 27 fevrier 2013 le classement de la France. De BBB+, la république française vient de passer à BBB, une note qui indique que des conditions économiques défavorables sont susceptibles de conduire à un affaiblissement des capacités du débiteur à respecter ses engagements financiers. L’agence estime la probabilité de défaut sur 5 ans à 2%. Sur les émissions à court terme, la note passe de A-1 à A-2, une baisse qui reflète néanmoins une capacité satisfaisante à remplir ses obligations. C’est la cinquième fois que l’agence dégrade le rating de la France depuis 2009.

C’est bien le long terme qui préoccupe Egan-Jones qui juge que la «tendance est désastreuse et que le pire est encore à venir». L’agence observe qu’au cours des trois derniers exercices, la dette publique de la France a augmenté de 30,2%, passant de 1,32 milliards d’euros à 1,72 milliards alors que sur la même période, le PIB ne progressait que de 3,3% de 1,93 milliards d’euros en 2008 à 1,95 milliards en 2011. En conséquence, le rapport de dette au PIB est passé de 61,8% en 2008 à 86,0% en 2011 et se trouve actuellement proche de 95%. Sur la période étudiée (2008-2011), les revenus de l’état ont cru de 5,1% alors que ses dépenses augmentaient de 10,5%. La difficulté que rencontrent les politiques d’équilibrage est que la France cherche à accroitre encore ses recettes alors que son taux d’imposition est déjà l’un des plus élevés d’Europe. Autre indicateur en affaiblissement, le rapport entre réserves de change et dette décroit de 1,3% en 2009 à 1,2% en 2011.
Egan-Jones estime que, la croissance de l’UE ralentissant et le chômage français s’accroissant (il devrait passer à 10,7%), les pressions budgétaires augmenteront en conséquence. A 10,3% en 2012 – en nette accroissement par rapport aux 9,8% de 2011 -, le taux de chômage français est comparable à celui de l’Italie (10,6%) et très supérieur à celui de ses pairs (Allemagne – 6,9%, Belgique – 7,5%). D’après les comptes publiés par l’agence, les bénéfices sociaux qui s’élevaient à 480 milliards d’euros en 2009 ont grimpé à un montant (estimatif) de 575 milliards en 2012. L’agence s’attend à ce que la France soit contrainte à des ajustements majeurs au cours des deux prochaines années dans le but de stimuler la croissance et d’endiguer le chômage. Les tensions continues dans les pays du sud de l’Union jouent un rôle de catalyseurs négatifs et, les politiques de François Hollande sont, d’après l’agence, peu susceptibles de stimuler la croissance.
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Entretien Bruno Bertez/Atlantico sur ces sujets incontournables que l’affaire Cahuzac a pourtant réussi à jeter dans l’ombre
Entretien Bruno Bertez/Atlantico sur ces sujets incontournables que l’affaire Cahuzac a pourtant réussi à jeter dans l’ombre

1) Le revirement spectaculaire de politique monétaire du Japon entre dans sa phase 2
Atlantico: Et si la vraie info de la semaine sur Pierre Moscovici était sa rencontre avec le secrétaire d’État américain au Trésor, Jacob Lew ? Les deux hommes ont notamment évoqué la stratégie de la banque centrale du Japon qui consiste en une création monétaire colossale.
Bruno Bertez : La stratégie de la banque centrale du Japon doit être interprétée comme une stratégie conjointe des Etats-Unis et du Japon. Pour des raisons géopolitiques, les États-Unis s’inquiètent de l’affaiblissement japonais alors que les tensions régionales s’avivent et que les nationalismes s’exacerbent. Le renforcement de l’allié japonais passe par un affaiblissement du yen et une création monétaire colossale. C’est ce qui est tenté présentement. Cela va se faire sur le dos de l’Europe, de la Chine, de la Corée du sud, etc. Les risques de déstabilisation internationale sont très importants.
2) Le creusement du déficit du budget de l’État français
Le déficit du budget de l’État français continue de se creuser à 27,1 milliards d’euros à fin février. Par comparaison, il s’établissait à 24,2 milliards sur les deux premiers mois de 2012.
Bruno Bertez : Le creusement du déficit de l’État était prévisible même s’il n’a pas été prévu. La politique engagée produit à la fois du chômage et du déficit. Les gouvernants croient aux effets positifs du keynésianisme. Lorsqu’ils augmentent les dépenses et les dettes. Mais ils n’ont pas une intelligence suffisante pour penser que lorsqu’on fait une réduction de la stimulation keynésienne, l’activité ralentit, les recettes faiblissent et les ratios de déficits augmentent. Ce qui est étonnant, c’est que cela puisse étonner qui que ce soit.
La réalité est qu’il faut faire semblant de l’ignorer afin de poursuivre, comme si de rien n’était, des politiques de Gribouille. Par ailleurs, le choix qui a été fait dans un premier temps d’augmenter les recettes sans toucher aux dépenses est un choix tout à fait inadapté à la situation présente. La baisse des dépenses, si elle avait été pratiquée, aurait eu un effet plus direct sur la réduction du déficit. En même temps, en réduisant les frais généraux de la Nation, elle aurait été porteuse d’avenir par le biais de l’amélioration de la compétitivité.
Il ne faut cependant pas faire une montagne de l’accroissement du déficit car cela ne se traduit pas par un renchérissement du coût des emprunts français. Les emprunts français restent corrélés aux emprunts des pays du nord, la corrélation n’a pas basculé vers les pays du sud.
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Claude Bébéar(Axa, Institut Montaigne) : « On crée un climat qui décourage les talents »
Claude Bébéar(Axa, Institut Montaigne) : « On crée un climat qui décourage les talents »
Entretien par Nicolas Barré et Henri Gibier/ Les Echos- Avril 2013
AVANT- PROPOS PAR BRUNO BERTEZ
Lisez, relisez ce texte, critiquez le, appréciez le.
Voici un bon texte de Bébéar. Très bon même.
Tout y est, tant au plan économique que financier.
Le diagnostic économique est imparable.
La critique de la financiarisation également et bien sûr, compte tenu de nos postions, nous buvons du petit lait.
Pourtant, il manque l’essentiel : L’analyse et la critique sont faites au nom de l’entreprise. Cette position fait passer à côté de l’essentiel : le problème social.
La France reconnait les entreprises, les cadres, l’énarchie et les énanistes, mais elle ignore les propriétaires.
Comme le Medef, Bébéar escamote les deux choses fondamentales qui incitent à l’effort et au risque : la propriété et la liberté.
L’absence d’unité du monde patronal vient de là, la propriété unirait les deux mondes de la grande et de la petite entreprise. Le refus, la pudeur des patrons à défendre la propriété est cause du glissement du système français. La propriété ce n’est pas noble, c’est injuste, vulgaire: nos élites reconnaissent les diplômes, surtout les leurs, elles ne reconnaissent pas les droits que confère la propriété.
Et c’est la même chose avec la liberté, donc la même chose avec le marché. Si on ne met pas en avant la liberté des choix et la confrontation de ces choix, on considère que le marché se trompe toujours, on fait appel à l’état, collabore avec lui, et donc on arrive au pseudo capitalisme à la française.
Pourtant bébéar est l’un des meilleurs.
Sa vision sociale est digne, honnête.
Son analyse du système est une erreur totale.
Il ne parvient pas à comprendre et faire comprendre que si les choses dérapent, par exemple par la financiarisation, c’est parce que l’on crée de la monnaie gratuite sans limite, parce qu’une classe klepto s’est formée, parce que précisément il n’ y a plus de marché, les prix essentiels sont faussés, à savoir ceux de l’argent et du risque.
Bébéar reste dans le cadre du CME, le capitalisme à la française, monopolistique d’état ; avec élite cooptative, pantouflage, et toute la suite des conséquences, connivence état /pseudo privé.
Cela n’ôte rien au mérite du texte et celui de Bébéar lui-même.
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Claude Bébéar(Axa, Institut Montaigne) : « On crée un climat qui décourage les talents »
Entretien par Nicolas Barré et Henri Gibier/ Les Echos- Avril 2013

> Quel regard portez-vous sur l’évolution du capitalisme français ?
> Il y a de moins en moins de capitalistes ! L’impôt sur la fortune a été dévastateur. Beaucoup de capitaux sont partis. La France a de très bons entrepreneurs et pas assez de capitaux. L’inculture économique des Français et de ceux qui nous gouvernent est impressionnante. La dernière campagne présidentielle a été catastrophique sur ce point, à droite comme à gauche. Ce fut un concours de démagogie.
> Et sur le patronat ?
> Le patronat et les syndicats sont éclatés. Notre dialogue social fonctionne mal. C’est très difficile à gérer. Il faut revoir la représentation patronale et celle des syndicats. Nous n’arrivons pas à sortir du syndicalisme politisé issu de la guerre. Côté patronal, la division n’aide pas non plus. Cela permet aux pouvoirs publics de jouer les uns contre les autres, ce qui n’est pas sain. Il n’y a pas d’unité sur les grands sujets. Or il faudrait une expression commune. Le patronat doit être capable de parler d’une même voix sur les sujets les plus importants. Notre pays doit faire face à des défis considérables. La concurrence est mondiale. Notre compétitivité décroche. Or quel spectacle offrons-nous ? Vous avez d’une part le CAC 40 qui fait 80 % de son business à l’étranger et de l’autre des entreprises franco-françaises. On a l’impression de deux mondes qui s’ignorent. C’est très différent d’un pays comme l’Allemagne où les grands groupes se font un devoir de soutenir les PME du pays. Cet esprit d’unité n’est pas assez développé chez nous. D’où la force de l’Allemagne qui permet à ses PME de grandir. Cette dichotomie qui existe dans la représentation patronale explique en partie les difficultés de croissance de nos PME.
> Quel devrait être le message du patronat s’il était uni ?
> D’abord et avant tout un message de compétitivité. Nos entreprises font face à une concurrence mondiale de plus en plus redoutable provenant des pays développés mais aussi de Chine, du Brésil etc. Les charges qui pèsent sur elles ne leur permettent pas de lutter à armes égales avec leurs concurrents. Le message devrait être aussi simple que cela. Le grand souci en France aujourd’hui, ce n’est pas le niveau des salaires mais le poids de ces charges, de ces impôts et de ces taxes beaucoup plus élevés qu’ailleurs. Il y a un risque de décrochage, de marginalisation, de pertes définitives de positions. Nous avons calculé, à l’Institut Montaigne, qu’il serait nécessaire de faire un transfert de charges d’au moins 2,5 points de PIB pour alléger le fardeau des entreprises d’une cinquantaine de milliards d’euros. Je remarque que lorsque Louis Gallois avait entamé ses réflexions, il était dans cet ordre de grandeur. Il est malheureusement arrivé à un chiffre beaucoup plus bas. La France, à tort, a fait le choix de la consommation. Nous disons que les efforts doivent porter sur la production.
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Tartuffe, Saint patron des socialistes par Charles Gave
Tartuffe, Saint patron des socialistes par Charles Gave
Tout le monde se souvient du Tartuffe de Molière.
Donnant des leçons de morale à tout le monde, sur tous les sujets, »Cachez ce sein que je ne saurai voir« , il capture la confiance de celui qui l’avait hébergé (Orgon), et manœuvre pour que ce dernier lui donne tous ses biens, dépouillant ainsi toute sa famille. Seule une intervention du Roi, en fin de pièce, (à laquelle on ne croit guère) empêche l’horrible Tartuffe de jouir tranquillement des biens qu’ il avait volé.
Remplaçons Tartuffe par le Parti Socialiste et Orgon par la France et nous avons exactement le même scénario.

Notre nouveau Tartuffe, le Parti Socialiste entend s’accaparer tous les biens produits par les Français depuis la nuit des temps, alors qu’aucun de ses membres n’a jamais rien fait de ses dix doigts. Comme le Tartuffe, ils se servent de la « Morale »….pour voler les autres.La Morale est utilisée par nos socialistes comme un instrument de domination sur les autres et non pas comme quelque chose qui doit être vécu intérieurement.
Cette hypocrisie qui autorise une captation illégitime des biens que dans toutes les autres civilisations on a appelé « VOL » , voila qui toujours et partout a amené à un appauvrissement général, comme le décrit si bien Molière ( ou la parabole du Maitre et de la Vigne dans le nouveau Testament) et tel est le scenario qui se déroule sous nos yeux.
Comme Tartuffe, nos thuriféraires du « partage » (mot technique pour designer ce qui est en fait un vol) nous assurent qu’ils sont du bon coté de la Morale.Eux, ils sont « bons » leurs opposants sont « méchants ». (Voila une catégorie qui n’a RIEN à voir en Politique)
Eux, ils cherchent « le bien commun », tandis que leurs opposants ne cherchent qu’à s’enrichir personnellement. (voila une distinction qui n’a rien a voir avec l’économie)
La France, bonne fille (de l’Eglise Catholique, ou ce genre de discours a beaucoup sévi (NDLR ce qui est une remarque contre un certain clergé et non contre l’Eglise) ), convaincue de la pureté de leurs intentions leur a donc confié le Pouvoir politique, alors qu’ils exerçaient quasiment déjà tous les autres pouvoirs …
Hélas! Celui que la nouvelle Eglise avait mis en position de ruiner monsieur Orgon LEGALEMENT se découvre d’un seul coup être une crapule, sans aucune morale personnelle, qui ayant déjà dépouillé des gens dans un vie antérieure avait mis le produit de ses forfaits à l’abri des montagnes Helvètes. A moins qu’il ne s’agisse d’un lampiste, allez savoir avec ces grandes consciences…
Du coup, la grande confrérie des Tartuffes panique un bon coup et se met à crier « haro sur le baudet » qui a dévoilé le pot aux roses. (Un baudet qui dévoile le pot au roses, l’image est …hardie, mais rien ne me fait peur). Le danger pour tous nos Tartuffes est en fait que le voile ne se déchire et que les Français se rendent compte d’un seul coup et tous ensemble qu’ils sont gouvernés par des hypocrites malhonnêtes.
Le coup était déjà passé bien prés avec l’affaire ou les affaires DSK, mais voila qui commence à faire-un peu- désordre. Cahuzac+ DSK = Doute existentiel sur la qualité de nos élites, voila qui est dangereux.
Ils essayent donc d’expliquer qu’il s’agit là d’une faute « individuelle » , que cela n’a rien à voir avec eux que leurs intentions étaient et restent pures et qu’l ne faut pas oublier que le vrai ennemi n’est pas celui qui vole la richesse , mais celui qui la crée, la palme revenant à un article de Libération expliquant que le crime de monsieur Cahuzac trouvait sa source dans le Libéralisme ambiant…Las.
La France, comme chacun le sait a une Presse de qualité qui ne survivrait pas une seconde sans les subsides de l’Etat. D’ou la farouche indépendance dont elle fait preuve sans arrêt dans la recherche des vraies responsabilités.Mais est ce bien sur qu’il s’agit là d’un crime individuel?
Se pourrait-il que ce soit non pas la pratique du Socialisme par certains qui serait fautive, mais l’essence même de cette nouvelle religion qui soit pourrie?En toute honnêteté, je me contrefous de monsieur Cahuzac et de ses turpitudes. La réalité est que Socialisme , Tartufferie et Crime sont consubstantiels et qu’il ne peut pas en être autrement .
Revenons à la source de toute vraie corruption qui n’est jamais l’argent mais le Pouvoir. Le corrompu est TOUJOURS quelqu’un qui dispose d’un pouvoir POLITIQUE et qui se fait acheter. De nombreuses études ont été faites sur la corruption dans tous les pays du monde, des classements sont publiés chaque année, des think tanks se penchent sur ces problèmes en temps réel et les conclusions sont toujours les mêmes: ce qui crée la corruption, c’est l’accès sans contrôle par les détenteurs du pouvoir politique à de l’argent qu’ils n’ont pas gagné.
Mettez des hommes devant la possibilité de transformer de l’argent public dans de l’argent privé, et un certain nombre d’entre eux succomberont à la tentation. C’est ainsi , et cela se passera toujours ainsi. (Voir Zadig (si vous ne trouvez pas demandez à Monsieur Frédéric Lefebvre))En fait, dans tous les classements internationaux de la corruption, il existe une corrélation quasiment parfaite entre le poids de l’Etat dans l’économie et l’indice de corruption, et c’est bien normal , il ne peut pas en être autrement.
Et comme le poids de l’Etat ne cesse de monter dans notre économie (à cause des Socialistes, certes mais aussi hélas à cause d’une droite Française stupidement Etatiste), la France ne cesse de reculer dans tous ces classements pour se retrouver à des niveaux de pays assez peu réputés pour l’éthique de leur classe politique.Et le pire est que la population s’y habitue et trouve cela « normal ».
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L’Edito du Dimanche 31 Mars 2013 : La guerre monétaire se déroule sur tous les fronts Par Bruno Bertez
L’Edito du Dimanche 31 Mars 2013 : La guerre monétaire se déroule sur tous les fronts Par Bruno Bertez
On parle beaucoup, ces derniers temps, de « currency wars ». On en parle à tort ou à travers, à propos de choses très différentes. Les « currency wars » sont, comme le nom l’indique, des actes de guerre dont la monnaie se trouve au centre. Des actes de guerre, agressions ou ripostes.
Ces agressions peuvent être multiples et surtout recouvrir des actes et des situations différentes. Notre hypothèse, depuis le début de la crise financière ouverte de 2008, est que nous sommes entrés dans une guerre froide monétaire.

La crise pose la question de savoir qui va trinquer, qui va payer en termes de nations, de groupes sociaux, d’ensemble économique. La croissance facile disparaît, la question de la destruction du capital et des dettes anciennes se pose ; la question du chômage devient aigue. La crise provoque des réaménagements et, dans ces réaménagements, certains seront gagnants, d’autres seront perdants.
C’est cette sorte de compétition stratégique de plus en plus agressive et de moins en moins coordonnée que recouvre l’expression de « currency wars ».

Les peuples ont beaucoup de difficultés à admettre que l’on vit dans un monde d’affrontements sans pitié réelle, camouflés par des discours angéliques. Au niveau global, c’est le règne de la force qui domine ; pourtant, tout est habillé du manteau ou du voile de la concertation. Il y a une sorte d’accord tacite entre les grandes nations pour faire comme si. On essaie, avec de plus en plus de difficultés il est vrai, de maintenir la fiction de l’harmonie universelle, tout le monde est beau, tout le monde est gentil.

Tout se passe comme s’il y avait un double phénomène pour expliquer cette situation paradoxale d’un monde d’affrontement sans pitié d’un côté, et d’un discours lénifiant adressé aux peuples, de l’autre. Les nations s’opposent les unes aux autres, mais, pour conserver prestige et crédibilité, les gouvernements évitent de mettre les conflits avec l’étranger sur la place publique. Voire les chefs gouvernements s’embrassent pour les caméras et étalent leur connivence.

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Après le LIBOR, l’ISDAFIX! Les banques ont pipé les dés par Myret Zaki
Les banques ont pipé les dés par Myret Zaki
On aime à entretenir le mythe que «les marchés sont efficients» et que la valorisation des actifs financiers reflète les seules forces du marché. La réalité, dont le scandale du Libor n’a révélé que la surface, est à l’opposé. Pratiquement aucun prix, aucun taux, n’est pas manipulé aujourd’hui. Les taux d’intérêt, les dérivés, les monnaies, les matières premières et la valeur de l’argent lui-même sont faussés par les banques.
Il y a d’abord eu le scandale du Libor, dans lequel 15 banques manipulaient depuis des années les taux interbancaires, qui influent à leur tour sur la valeur de quelque 500 000 milliards de dollars d’instruments financiers.
Mais ce scandale n’était que le début. A présent, on apprend que les swaps de taux d’intérêt, un marché de 380 000 milliards de dollars, déjà affecté par les manipulations du Libor, seraient directement manipulés par les mêmes banques compromises avec le Libor. Le plus grand courtier de swaps de taux, la firme londonienne ICAP, est sous enquête américaine pour avoir faussé les prix, avec ces 15 banques, de l’ISDAfix, l’indice de référence mondial de ces dérivés.
La manipulation des swaps de taux d’intérêt affecte, entre autres, le marché de 550 milliards de dollars des obligations adossées à l’immobilier commercial, et aussi la valeur des retraites des fonctionnaires américains, ainsi que toute la ribambelle d’investisseurs, banques, entreprises et gouvernements qui, de par le monde, utilisent des swaps pour gérer leur dette. Barclays, UBS, Bank of America, JPMorgan Chase et RBS, qui sont évoquées dans ces deux affaires, étaient aussi impliquées dans la manipulation du marché de la dette municipale aux Etats-Unis.
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04/05/2013 Publié par The Wolf | Bilan, Commentaire de Marché, Droit, propriété, propriété intellectuelle, Gestion du risque, Titrisation, Produits Structurés, Fonds à formules...., Immobilier, Indicateur des Marchés, Le Chiffre du Jour, Les Tribulations de la Kleptocratie, Marché Obligataire, Mon Banquier est Central, Regulation des Marchés, Wall Street Journal in french | bilan, Myret Zaki | Un commentaire