Mister Market and Doctor Conjoncture du Mercredi 22 Mai 2013 : Une "englande" est plus dangereuse qu’une bulle par Bruno Bertez
Mister Market and Doctor Conjoncture du Mercredi 22 Mai 2013 : Une "englande" est plus dangereuse qu’une bulle par Bruno Bertez


Derrière une englande, il y a une volonté d’un homme ou d’un groupe d’hommes. Nous sommes dans le volontarisme, l’intentionnel, donc ce qui fait que normalement sur les marchés, on peut en étant vigilant opérer, tout cela fait défaut.
Il n’y a pas de répartition statistique. Les signaux font défaut. Les analyses techniques ou historiques ne servent à rien si ce n’est à tromper plus de gens.
Cela est particulièrement vrai de l’analyse chartiste : On déclenche les stops, on fait franchir les seuils techniques, on casse les formations et les figures à la main, à coup de pieds dans le c.l.
Cela a été fait à petite échelle dans les années 1929, il est évident que cela est fait en grand, au niveau global sous la conduite de Bernanke.
Le vrai problème c’est le relais; Il faut soit trouver des gogos relais, soit accepter le destruction, c’est à dire la ruine partielle de la masse des épargnants/classes moyennes. Dans les années 30 la solution a été trouvée par les destructions de la guerre.
La distinction entre "bulle " et « englande « est donc fondamentale dans la période présente; Nous y reviendrons.
Dans la bulle c’est la psychologie des foules, son exubérance qui est en action; Dans l’englande , c’est le cynisme des maitres du monde.
On peut étudier la foule, les signaux de son humeur, de ses excès, mais on ne peut savoir ce qui se passe dans les réunions confidentielles des maitres du monde.
Pourquoi ont il accepté par exemple le risque énorme de la dévaluation/guerre monétaire japonaise?
Les classes moyennes et épargnants lambda n’ont qu’un atout: leur résistance, leur passivité face au chant des sirènes de la Lorelei de la hausse des marchés. Ils ne viennent pas, les complices des maitres du monde sont entre eux, les requins dévorent les autres requins blessés, ceux qui sont"short".

BRUNO BERTEZ Le Mercredi 22 Mai 2013
llustrations et mise en page by THE WOLF
EN BANDE SON:
Les Clefs pour comprendre du Mardi 14 Mai 2013 : Alerte rouge. Bernanke a parlé. Il a planté le panonceau DANGER. par Bruno Bertez
Les Clefs pour comprendre du Mardi 14 Mai 2013 : Alerte rouge. Bernanke a parlé. Il a planté le panonceau DANGER. par Bruno Bertez
Les historiens ne trouveront pas de mots assez durs pour qualifier le comportement et les choix des banquiers centraux.Malheureusement ces mots ne leur viendront que plus tard , bien plus tard quand le mal aura été fait .
Vendredi dernier, Bernanke a parlé, mais avant de vous dire ce qu’il a dit , il faut dresser le tableau logique , organique, schématique, de la situation. Le cadre dans lequel les paroles sont prononcées.
La presse , qui devrait etre en quelque sorte l’histoire au quotidien, portera une lourde responsabilité. La presse ou plus exactement les journalistes, puisque la presse cela n’existe pas, c’est une entité, une abstraction. Derrière les institutions il n’y a que des hommes.
Les oppositions politiques également, qui n’aurons pas su dénoncer, démystifier l’action des banquiers centraux comme l’une des actions les aventureuses, mégalomaniques, les plus cyniques jamais menées par des responsables de la conduite des affaires.
Les compétiteurs stratégiques des pays concernés , comme l’Allemagne, la Chine , la Russie sont des laches, eux qui ont compris depuis longtemps la dangerosité des politiques monétaires non conventionnelles pratiquées par les anglo -saxons et maintenant le Japon.
Il aura manqué un De Gaulle , un Rueff pour dénoncer ces manipulations monétaires crimininelles qui dressent les citoyens des différents pays et les peuples les uns contre les autres.

La Reserve Fedérale américaine , la Bank of Japan , la Bank of Japan et quelques autres inondent le monde global de liquidités gratuites. Certains, comme Draghi vont mème, pour attiser le feu, jusqu’à dire qu’ils envisagent d’aller plus loin dans l’ignominie en instaurant les taux négatifs. On inonde la planète de liquidités gratuites, distribuées au système financier pour qu’il fasse monter le prix des actifs, pour qu’il supprime le prix du risque, pour qu’il entretienne ce que l’on appelle l’appétit pour le risque lequel n’est que le gout de la spéculation. On gère la crise financière par le jeu.
Cette politique injecte dans le circuit global près de 200 milliards de dollars par mois par le biais d’achats de titres qui portent un rendement. Cette politique est un retrait de rendement du système mondial et en mème temps une injection de monnaie à rendement nul. Si vous achetez quelque chose qui rapporte et que vous payez avec quelque chose qui ne rapporte rien , vous retirez du rendement du système, c’est l’évidence mème. Donc vous augmentez le pool des liquidités en quete de rendement au moment mème ou vous en retirez. Ce faisant , vous attisez la concurrence pour le peu de rendement qui reste. Tout se passe comme si vous augmentiez la soif tout en asséchant le puits, en confiquant l’eau.
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Ron Paul : Je crois qu’il va y avoir une crise économique et politique. L’économie, dans le monde, et pas seulement aux Etats-Unis, est bien plus faible que ce que l’on nous en dit. Je pense que le taux de chômage aux Etats-Unis dépasse les 20%. Je pense même qu’il y a vraiment de l’inflation avec le dollar. Bien sûr, l’inflation peut être définie comme l’augmentation de l’offre de monnaie et de crédits, et tout le monde sait qu’ils impriment 85 milliards de dollars par mois, cela peut être vu comme de l’inflation. (…) Je m’attends à ce qu’il y ait bien plus de chaos, et ce ne sera pas limité à l’Europe, ce sera un phénomène mondial auxquels les Etats-Unis n’échapperont pas. Il y a tant de distorsions flagrantes dans le monde, parce que nous avons désobéi aux lois économiques, et on ne peut pas faire ça, quoi que Ben Bernanke vous dise»
Jim Rogers « Le président actuel de la banque centrale [américaine] est un homme qui ne comprend pas l’économie, il ne comprend pas les finances, il ne comprend pas les devises, tout ce qu’il comprend, c’est l’impression d’argent. Toute sa carrière intellectuelle a été consacrée à l’étude de l’impression d’argent, et vous savez, on lui a confié les planches à billets. Et il a dit : « Je vais faire tourner les planches à billets aussi rapidement que je le peux ».
Ron Paul: «J’ai demandé à Ben Bernanke si l’or était de l’argent et il a répondu « non ».
Jim Rogers: «Je pensais qu’il mentait ou qu’il stupide, mais il était sous serment, donc je présume qu’il ne mentait pas ».
Jim Rogers: « Ils ne vont pas confisquer nos comptes bancaires, ils prendront nos comptes de retraite et nos « 401k » [système d’épargne retraite par capitalisation], ils diront « vous avez tous eu tellement de mal à gagner de l’argent pour le mettre sur vos 401k, donc ce que nous allons faire, nous allons vous épargner, et nous allons vous donner des obligations d’Etat à 30 ans garanties, et vous aurez 3% d’intérêt, et en échange, vous nous donnez les actifs qui se trouvent sur vos comptes de retraite.
Ron Paul: «Je n’en doute pas une minute [qu’ils confisqueront les comptes de retraite]. Ils feront ce qu’ils pensent nécessaire, ils utiliseront la force, ils utiliseront l’intimidation, ils utiliseront les armes parce que vous ne pouvez pas empêcher l’Etat, le soi-disant Etat de droit, de contrôler l’argent ».

Que se passe- il?
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Mister Market and Doctor and Doctor Conjoncture du Lundi 6 Mai 2013: Déflation ici, spéculation inflationniste là.
Mister Market and Doctor and Doctor Conjoncture du Lundi 6 Mai 2013: Déflation ici, spéculation inflationniste là.

Lacker Président de la FDR de Richmond vient de suggérer que la Fed sorte des MBS, les titres adossés à l’hypothécaire pour éviter de surstimuler le logement et de créer une autre bulle.
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" Il arrive un moment où je pense que la reprise que nous constatons sur le marché du logement signifie que nous devrions penser à réduire la part de notre portefeuille détenue en titres adossés à des créances immobilières", a dit le président de la Réserve fédérale de Richmond, Jeffrey Lacker.
Il a ajouté que ce désengagement devrait prendre environ deux ans et pourrait se faire en utilisant les remboursements de MBS pour acheter des obligations du Trésor américain, plutôt que de les réinvestir dans d’autres MBS, ou encore en réduisant le rythme d’achats de MBS (mortgage-backed securities)."
"Si nous ne le faisons pas, je pense qu’il y a un risque d’en faire trop et de stimuler de façon excessive le marché du logement, et nous avons vu le désastre que cela peut provoquer"
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La spéculation sur le logement aux Etats Unis prend des allures épiques, les offres ont à peine le temps d’être listées qu’elles sont raflées par des pools d’investisseurs. Plus de 60% des acquisitions sont faites au comptant tant ces pools débordent de liquidités.
L’an dernier les prix du logement ont monté de 10% dans l’ensemble du pays, mais dans les zones chaudes comme Las Vegas, ils se sont envolés de plus de 30%.

Les gros intervenants raflent le disponible et surpaient sur tout le monde, y compris les particuliers. Dans la région de Végas , Blackstone , Colony et American Home 4 Rent sont les rois du marché. On dit que ces nouveaux spéculateurs commencent à avoir des difficultés à imposer les hausses de loyer programmées.
Une autre inflation spéculative !
Le dernier chiffre des Margin debt , la dette qui finance les positions spéculatives sur le NYSE sont quasi au record absolu. Il s’en faut de moins de 2 milliards; on a atteint 379,5 milliards à fin mars contre 381,4 milliards , record absolu en juillet 2007. La dette sur marge a doublé depuis Mars 2008.
Le record de 2007 a été enregistré trois mois avant le krach.

La corrélation entre le niveau du S&P 500 et celle du niveau de la dette sur marge est exceptionnellement forte.

Les allusions de Bernanke à une éventuelle hausse du montant des QE au-delà des 85 milliards actuels n’a bien sûr pas calmé les joueurs.

BRUNO BERTEZ Le Lundi 6 Mai 2013
llustrations et mise en page by THE WOLF
L’Edito du-Dimanche-21-avril-2013: Le plan secret des maîtres du monde par Bruno Bertez
L’Edito du-Dimanche-21-avril-2013: Le plan secret des maîtres du monde par Bruno Bertez
Il a fallu longtemps, beaucoup de patience, pour implanter l’idée de la répression financière. C’est maintenant chose faite, tout le monde, y compris le grand public, comprend que la politique des Banques Centrales et des gouvernements est une politique de confiscation. Même les médias les plus bornés comprennent et expliquent à leurs lecteurs que les taux d’intérêt nominaux sont nuls, que les taux réel sont négatifs et, bref, qu’ils s’appauvrissent. Ces médias n’en sont pas encore à montrer que les hausse de taxes, de frais, de commissions, qui touchent toutes les formes de placements, vont dans la même direction: celle de la confiscation du capital. Cela viendra.


Avec cette prise de conscience, le phénomène discret d’entonnoir se précise et s’amplifie. Qu’est-ce que l’effet d’entonnoir? C’est la canalisation des flux financiers, de l’épargne, vers des réceptacles précis, balisés. Un entonnoir, cela collecte large et cela dirige plus étroit. Ce que l’on voit, maintenant que la répression financière est du domaine public, ce sont des incitations à abandonner les formes d’épargne qui ne rapportent rien et s’érodent au profit de formes qui ont un rendement positif apparent. C’est la fameuse quête du rendement, the « search for yield », la SFY, qui provoque un flux de sortie des placements sans risque vers les placements à risque, comme les actions à haut rendement, les sociétés immobilières à bons dividendes, les emprunts risqués, high yield, etc.Une digression s’impose. Dans la première phase de la crise de 2008, il y a eu récession financière, les rendements ont été mis à zéro, mais ce n’était pas dans les mêmes conditions ni pour le même objectif. Il s’agissait de faciliter les refinancements des banques en faillite, de drainer les capitaux au profit des Etats. Le grand entonnoir de début de crise avait pour fonction de diriger les flux au profit des gouvernements pour faciliter leur keynésianisme et leur action de soutien des banques.
Non seulement, il n’était pas conçu comme l’entonnoir actuel, mais il n’était pas perçu comme durable, permanent. Il s’agissait de diriger les flux vers le risk-off, les placements sans risques, ceux qui étaient garantis par les gouvernements. On peut dire que c’est par ce biais que l’on a créé le paradigme du risk-on, risk-off, si utile pendant un certain temps. Car il faut le savoir le RONROFF est une création purement intellectuelle géniale, une fois élaborée, théorisée, il a suffi de quelques semaines de construction de corrélations pour que le paradigme soit implanté et incontournable.
Ce que nous voulons souligner par la digression ci-dessus est que sous la même désignation, effet d’entonnoir ou « search for yield », il y a des réalités et surtout des objectifs différents.
Actuellement, la privation de rendement vise bien sûr encore à financer gratuitement les gouvernements, les banques, les agences publiques, à soutenir la valeur des créances irrécouvrables etc., mais on cherche aussi autre chose. Et cet autre chose commence à émerger dans les médias.
On cherche à reflater la bulle immobilière américaine. Nous avons décrit le phénomène. Il consiste à rafler le parc d’immobilier locatif, lequel offre un rendement de 4 à 5%, de le réhabiliter plus ou moins, de constituer un flux de revenus d’une certaine masse, de le titriser comme au bon vieux temps des années 2006, de le faire « rater » par une agence type Moody’s, puis de le vendre à un gogo-caisse de pension, avide de rendement. On établit une sorte de carry qui va dans le sens souhaité par les apprentis sorciers malhonnêtes des Banques Centrales. On refait les entourloupes de 2006. En plus cynique, plus dangereux.


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Armes de création (monétaire) massive : les torrents d’injections de liquidités des banques centrales profitent-elles avant tout aux riches ? La réponse de Bruno Bertez, Entretien Atlantico
Armes de création (monétaire) massive : les torrents d’injections de liquidités des banques centrales profitent-elles avant tout aux riches ? La réponse de Bruno Bertez, Entretien Atlantico

A en croire Marc Faber, analyste financier, l’argent injecté dans l’économie resterait essentiellement dans le secteur des services financiers et profiterait avant tout aux plus aisés.
« Le problème, c’est que 92% de la richesse financière est détenue par 5% de la population », poursuit-il. La majorité des gens ne possède pas un gros portefeuille d’actions, et ils ne bénéficient pas de la hausse des marchés boursiers. Ils sont frappés par la hausse du coût de la vie et nous savons tous que les revenus réels médians des ménages n’ont fait que baisser sur les dernières années ». Marc Faber
Atlantico : Dans une interview accordée à Bloomberg, Marc Faber, analyste et investisseur, estimait que les liquidités injectées par les politiques monétaires expansionnistes "ne circul[aient] pas uniformément dans le système économique. Elles restent essentiellement dans le secteur des services financiers et ce sont en particulier les plus aisés et non les ouvriers qui ont accès à ces fonds". La création monétaire et les injections de liquidités profitent-elles avant tout aux riches ?
Bruno Bertez : Malgré tout le respect que nous devons à Marc Faber, il enfonce un peu les portes ouvertes. Depuis la menace de faillite de LTCM en 1998, la doctrine des autorités monétaires se résume à ceci : toute crise peut être résolue par l’effondrement des taux d’intérêt et la création de liquidités. C’est ce que l’on a fait pour LTCM et cela a provoqué la crise de surévaluation du Nasdaq. Quand la crise des télécommunications a éclaté, le remède a été employé une nouvelle fois. On a effondré les taux d’intérêt et noyé les économies sous les liquidités. Cela a provoqué l’emballement immobilier, la bulle hypothécaire et cela a débouché sur l’insolvabilité connue sous le nom de crise des subprimes. Quand la crise des subprimes est arrivée en 2008, comme on pouvait s’y attendre, c’est toujours le même traitement qui a été appliqué, taux d’intérêt zéro, création de liquidités sous toutes les formes possibles et imaginables.
Comme vous le devinez, cet argent bon marché provoque de nouvelles distorsions et gonfle de nouvelles bulles : bulle des fonds d’Etat, bulle des emprunts de toutes sortes, y compris des emprunts à risque, bulle de tous les actifs financiers et, plus récemment aux Etats-Unis, regonflement d’une bulle des prix du logement.
La doctrine des autorités monétaires est bien établie : on ne s’oppose pas aux excès, on tente de nettoyer après les dégâts, lorsqu’ils se produisent. L’argent qui est créé par les Banques centrales, distribué quasi gratuitement, trouve d’abord le chemin des banques, puis celui du shadow banking system, puis celui de la grande communauté spéculative mondiale, les hedge funds, puis il se déverse sur les marchés. On comprend aisément que les bénéficiaires de cette manne sont, par définition et par construction, les personnes qui sont les plus proches à la fois du pouvoir politique et de la finance. Grâce à cet argent quasi gratuit, toute une classe de personnes peut acheter des actifs, spéculer, faire monter le prix des véhicules d’investissement. Par définition, ce sont les très riches, voire les ultra-riches, qui peuvent bénéficier de cette mécanique. Il faut être riche, solvable, près du pouvoir financier et du pouvoir politique, pour avoir la possibilité d’emprunter des montants importants.
La mécanique normale de transmission des politiques monétaires reste bloquée. Les banques ont pour objectif de réduire leur exposition, de limiter la taille de leurs bilans afin d’économiser leurs fonds propres ou afin de se mettre en conformité avec les ratios de Bâle. La mécanique traditionnelle de transmission permettait la croissance des prêts aux particuliers, c’est cette mécanique qui reste grippée. Les seules transmissions possibles des politiques monétaires sont le financement bon marché des dépenses publiques, la spéculation sur les marchés d’actifs avec son fameux corollaire, l’effet de richesse.
Toute la politique est conçue pour bénéficier au secteur financier. Afin que ceci soit acceptable socialement, on prétend que l’effet de richesse qui en résulte est favorable à la croissance et permet par conséquent de limiter le chômage. C’est un mensonge. Un dollar d’effet de richesse ne se traduit que par 0,02 dollar de demande. Chiffres fournis par les services de recherches économiques de la Fed elle-même.
On aurait pu imaginer en 2008 une politique monétaire différente avec des canaux de transmission différents afin de réduire le surendettement des acheteurs de logements et ainsi désendetter le consommateur américain. Cela n’a pas été fait.
Atlantico: Quels sont les effets de cette mauvaise circulation de la politique monétaire ? Favorise-t-elle la création de bulle sur les produits financiers au lieu de se traduire par une inflation dans l’économie réelle ? Cela signifie-t-il que les injections massives de liquidités menées depuis 2010 n’ont pas d’effets sur l’économie réelle ?
Bruno Bertez: Les effets de cette politique monétaire dissymétrique sont multiples, mais nous ne ferons que les évoquer.
D’abord, fabrication en séries de bulles d’actifs. On va de surévaluation en surévaluation, ce qui débouche sur des crises périodiques et de nouvelles phases de créations monétaires et taux zéro. C’est un cercle sans fin. Pour sortir des crises, on inflate le prix de telle ou telle catégorie d’actifs. Il vient un moment où la surévaluation devient évidente, tout le monde se rue vers la sortie. Le système se bloque. On injecte des liquidités et tout repart pour un nouveau tour de manège. La finance déconnectée de l’économie est comme un cercle qui serait devenu vicieux. Plus on le caresse, plus il devient vicieux.
Ensuite, le système est devenu fragile et instable. Il faut imaginer les capitaux un peu comme les passagers d’un paquebot. La communauté spéculative mondiale est moutonnière, elle recherche les mêmes actifs au même moment. Elle se place sur le même côté du bateau et le fait chavirer. Fragilité et instabilité sont les deux conséquences évidentes de ces injections massives de liquidités.
Enfin, les injections massives de liquidités à taux quasi nul faussent l’ensemble des mécanismes économiques de ce que l’on appelle l’allocation du capital. Allouer le capital, c’est le diriger là où il doit aller, là où il est le plus utile et le plus rentable dans une optique de long terme, le tout dans la stabilité. Il est évident qu’à partir du moment où c’est la communauté spéculative mondiale qui joue aux dés, l’allocation du capital ne peut être que délirante : recherche de profits à court terme, faciles. Le long terme est systématiquement négligé. Tous les calculs économiques sont faussés.
Il faut dire un mot des conséquences sociales, bien que l’on en parle très peu. Les politiques monétaires expansionnistes, l’argent facile en quelque sorte, profite aux ultra-riches. C’est la raison fondamentale de l’accroissement des inégalités constatée au cours des vingt dernières années. Le patrimoine des ultra-riches fait boule de neige. Pour rentabiliser les actifs financiers, il faut pressurer le facteur travail, augmenter la productivité, peser sur les salaires. L’écart ne cesse de s’aggraver.
Atlantico: Comment remédier à ce déséquilibre pour que la politique monétaire profite à l’économie réelle, les entreprises, l’emploi et la croissance et non au seul secteur financier ?
Il n’y a aucun moyen de remédier à ces déséquilibres. Quand le vin est tiré, il faut le boire. On a choisi d’aller dans la voie de la création monétaire, des injections de liquidités et de l’argent gratuit, le système est "accro". Si on rompait la chaîne du bonheur, la pyramide financière globale s’effondrerait dans un premier temps sous l’effet d’une crise de liquidités, dans un second temps, sous l’effet complémentaire d’une crise de solvabilité. Liquidités et solvabilité sont en fait deux phénomènes inséparables.
Théoriquement, on peut imaginer que d’autres utilisations des politiques monétaires sont possibles. C’est le point de vue défendu par l’Allemand Axel Weber, ancien patron de la Bundesbank. Il soutient que l’on a intérêt à nettoyer, à détruire, tout ce qui est pourri dans le système plutôt que de continuer à le pourrir en profondeur. Il soutient que ce que l’on fait maintenant est au détriment des générations futures. Il a encore défendu cette thèse la semaine dernière à la London School of Economics devant son opposant américain Lawrence Summers. Pour notre part, nous ne croyons plus à cette possibilité du retour en arrière. La communauté mondiale a brûlé ses vaisseaux.

Selon une étude qui vient d’être publiée par la Cnuced et l’EPFZ,les deux tiers des variations des prix des matières premières sont d’origine financière
Selon une étude qui vient d’être publiée par la Cnuced et l’EPFZ,les deux tiers des variations des prix des matières premières sont d’origine financière
Les deux tiers des variations des prix mondiaux des matières premières sont expliqués par des facteurs d’origine purement financière Selon une étude qui vient d’être publiée par la Cnuced et l’EPFZ, entre 60 et 70% des fluctuations de cours n’ont aucun lien avec les événements réels affectant la rareté – ou l’abondance – des produits de base. Le rôle de la spéculation et du «trading à haute fréquence» est clairement pointé du doigt.

La Cnuced ne lâche pas l’affaire. Un an après une première étude, deux chercheurs de l’agence des Nations unies basée à Genève – celle-ci a tenté, en vain, il y a trente ans, de mieux réguler le commerce des produits tropicaux – révèlent à nouveau l’influence de la finance sur les prix mondiaux du pétrole. Mais aussi sur ceux du sucre, du blé, du maïs, du soja. Nicolas Maystre et David Bicchetti se sont associés à Vladimir Filimonov et à Didier Sornette, de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Dirigeant l’Observatoire des crises financières, ce dernier est un spécialiste reconnu de la formation des cours sur les marchés boursiers et de leur «microstructure».
Résultats du filtrage, à l’aide de modèles mathématiques complexes, de milliards de transactions enregistrées par Thomson Reuters? Aujourd’hui, moins du tiers des variations de prix des matières premières à court terme peuvent être expliquées par des événements liés à l’économie «réelle». Comme les propos tenus par le ministre saoudien du Pétrole, ou les prévisions de récoltes dans le Midwest.
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Bulle immobilière acte II : les Américains n’ont-ils rien compris à la crise de 2008 ? par Wolf Richter
Bulle immobilière acte II : les Américains n’ont-ils rien compris à la crise de 2008 ? par Wolf Richter
Les investisseurs américains rachètent en masse les maisons vidées de leurs occupants expulsés pour les mettre sur le marché de la location. Les valeurs immobilières grimpent ainsi en flèche tandis que les loyers diminuent…
On prend les mêmes…
Cet article a préalablement été publié sur le blog de Testosterone Pit.


Nous le voyons bien depuis plusieurs années : les saisies-ventes – il y en a eu plus de 5 millions depuis le pic de la bulle immobilière – sont devenues les terrains de chasse privilégiés des investisseurs qui poursuivent ainsi deux buts : s’accrocher à ces maisons jusqu’à ce que les injections massives d’argent de la Fed fasse grimper leur valeur ; et amortir les frais liés à la possession de ces maisons en les louant. Troisième objectif : collecter les frais de gestion. Des milliers de petits investisseurs ont accumulé de l’argent grâce à ce petit jeu. Tout comme les gros investisseurs.
Selon Bloomberg, Blackstone Group LP, la plus grande entreprise de capital d’investissement (Private Equity), a tiré 3,5 milliards de dollars du marché immobilier en engloutissant plus de 20 000 maisons vacantes ou saisies. Blackstone Group LP, toujours lui, vient de se voir octroyé par Deutsche Bank une nouvel ligne de crédit à hauteur de 2,1 milliards pour continuer de faire la même chose. Colony Capital LLC vient de son côté de lever 2,2 milliards de dollars pour travailler dans le même sens que Blackstone Group LP.
L’année dernière, les investisseurs institutionnels représentaient 19% de toutes les ventes à Las Vegas, 21% à Charlotte, 23% à Phoenix, et 30% à Miami. Cela a un impact. Selon le dernier rapport de Case-Shiller – une moyenne mobile pour les mois d’octobre, novembre et décembre – les valeurs immobilières ont grimpé de 9,9% à Atlanta, un bond encore plus important que pendant le pic de la crise de la bulle immobilière. Les chiffres ont bondi de 12,9% à Las Vegas et de 23% à Phoenix. Là, ça commence à chauffer. En février, les prix demandés ont grimpé de 14% à Atlanta, de 18% à Las Vegas et de 25% à Phoenix par rapport à l’année précédente. D’un autre point de vue : en janvier, le prix médian d’un pavillon familial à Phoenix a grimpé en flèche de 35%.
"Nous avons constaté que les prix évoluaient plus vite que ce à quoi les gens s’attendaient", a expliqué à Bloomberg Devin Peterson, un associé de Blackstone Immobilier. Malgré cela, ils "trouvent tout de même des occasions d’acheter". Ils ne seront peut-être pas capables de les louer très rapidement, mais ils préfèrent ne pas "manquer les quelques points d’appréciation du prix des maisons." La course a l’achat a commencé. Et la prochaine bulle immobilière est en train de gonfler.
Et c’est très bien. L’argent – que la Fed distribue à ses copains au rythme effréné de 85 millions de dollars par mois – a comme par magie trouvé des endroits pour en faire monter la valeur mobilière. Les transactions ont lieu, les papiers sont signés et les maisons changent de mains à mesure que les banques mettent le grappin dessus. Et les frais et les commissions changent de mains aussi. Cela fait grimper le PIB, et c’est ce que tout le monde veut.
Parvenir à louer ces maisons est une autre paire de manches. Le marché de l’immobilier est à somme nulle : lorsque vous emménagez dans un nouvel endroit, vous quittez dans le même temps votre ancien logement. Ainsi, ce dernier devient disponible. Et quelqu’un d’autre vient y habiter. Mieux : ces maisons saisies ont été retirées de la liste d’inventaire de la vente. Et elles ont été transférées sur la liste "à louer", où elles ne dérangent personne. A l’exception des propriétaires. Colony Capital, par exemple, a un taux d’occupation de 53% de ses 7 000 maisons.
D’un coup, le marché des pavillons familiaux en location s’est transformé en une "affaire de coude à coude". La pression sur les loyers est énorme. Année après année, les loyers n’ont augmenté que de 0,5% à Atlanta et ont diminué de 1,7% à Las Vegas. A Phoenix, le loyer médian par pied carré (environ 0,09 m²) a augmenté de 3% par rapport à l’année précédente en février 2011 et de 1,5% en février 2012. Mais en février 2013, il a baisé de 3%.
Une tendance confirmée à d’autres endroits. Sur la côte ouest de Phoenix, où les investisseurs ont concentré leurs achats, les loyers ont chuté de 100 dollars en moyenne l’année dernière (c’est-à-dire de 10% !) selon James Breitenstein, PDG de Landsmith qui s’est débarrassé de toutes ses propriétés à Phoenix.
Le moment ne pouvait pas être moins bien choisi. Le taux d’occupation des maisons est déjà bas – 53% pour Colony Capital. Mais les investisseurs achètent de plus en plus de propriétés et inondent le marché de la location avec. Pile au moment où le flux de personnes qui se sont faits expulser de chez eux s’amenuise. Avecla hausse des coûts et des revenus en baisse, la partie locative du modèle d’affaires s’effondre.
Alors que l’argentde la Fed essaie de trouverun endroit où aller, les prix risquent d’augmenter. La seule raison qui reste pour acheter serait un espoir singulier : une hausse des prix économiquementnon viable. La définition même d’un bulle économique. A un certain moment, à force de ne pas pouvoir se faire de l’argent sur les locations, les investisseurs vont tenter de se renflouer. Ensuite, le processus d’une bulle immobilière inspirée par la Fed recommencera.
En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/bulle-immobiliere-acte-ii-americains-ont-rien-compris-crise-2008-wolf-richter-677656.html#5FcpaVAA8RVzk5Fy.99
Philippe Béchade(Agora)/ BFM – Vendredi, c’était le jour de mes sorcières bien aimées- Des records du marché actions justifiés ?
Philippe Béchade(Agora)/ BFM - Vendredi, c’était le jour de mes sorcières bien aimées- Des records du marché actions justifiés ?
Les traders à haute fréquence menacent de faire sauter la bourse
Par Frédéric Lelièvre, chef de la rubrique Economie & Finance du «Temps» et François Pilet, chef de la rubrique Economie du «Matin Dimanche»
En une décennie, des financiers d’un nouveau genre ont pris le contrôle de la bourse. Les traders à haute fréquence achètent et vendent à la vitesse de la lumière. Ils jurent fluidifier les rouages de la finance. Ils menacent pourtant de gripper l’économie tout entière. Telle est la thèse d’un livre-enquête à paraître le 13 mars. Extrait.
EN LIENS: http://krachmachine.fr/?page_id=2
http://blogs.lecho.be/fairtrade/2013/03/la-faille-inqui%C3%A9tante-de-bats.html#ixzz2NgY56Udm (Et d’une manière générale l’excellent et incontournable Blog de Jennifer Nille Fair Trade spécialisé sur toutes les questions afférentes au Trading à Haute fréquence)

B A S I L D O N. Les lettres capitales, blanches, se dressent sur une petite butte tapissée d’herbe à l’entrée de cette ville en banlieue de Londres. «On dirait les mêmes lettres qu’à Hollywood, en moins grand», plaisante Tariq Rashid. Confortablement assis à l’arrière d’une grosse berline noire, il indique la route au chauffeur, un peu perdu malgré son GPS. Tariq Rashid, lui, a l’habitude. Cadre de NYSE Euronext, la bourse qui regroupe notamment celles de New York, Paris et Amsterdam, il vient ici tous les mois. Pour s’assurer que ses clients, les traders à haute fréquence, ne manquent de rien dans ce qu’il appelle le «centre européen de liquidité». La formule désigne en réalité le cœur même de la bourse où sont cotées Bouygues, LVMH ou Total.
Depuis longtemps, le Palais Brongniart, à Paris, ne sert plus qu’à des conférences. La corbeille a fermé en 1987. Désormais électroniques, les transactions boursières ont été se loger dans les ordinateurs de la bourse de Paris installés notamment à Aubervilliers, en banlieue nord. Fin 2010, ces serveurs sont regroupés en Angleterre, première place financière européenne. A Basildon, ils ont pris place dans un bâtiment réputé ultra-sécurisé et équipé des dernières technologies de communication. Là, dans une zone industrielle de cette cité de 200 000 habitants reconstruite après la Seconde Guerre mondiale, bat désormais le cœur du plus grand marché d’actions et de produits dérivés européen. Et dont le sang irrigue directement les machines surpuissantes des nouveaux vampires de la finance, les traders à haute fréquence.
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Les Graphiques du Jour: Après le Yen, la livre…un nouveau milliard pour Soros? Méga Jackpot et SUper super méga banco!!!
Les Graphiques du Jour: Après le Yen, la livre…un nouveau milliard pour Soros? Méga Jackpot et SUper super méga banco!!! (Actualisé au 14/3/2013)
Ha!Ha!Ha!!!!!



Source Zerohedge
A PROPOS par BRUNO BERTEZ: Ah les braves gens!!!
L’avantage avec les kleptos, c’est qu’ils sont prévisibles, pour les gens qui connaissent bien leur métier, pas pour des politiciens de préaux de cour d’école.
Au sortir du dernier G20 où Français et Allemands ont du boire le calice de la honte jusqu’à la lie, nous avons dit que le clan stratégique américain avait reçu un feu vert pour dévaluer, sans bien sur que cela soit qualifié de guerre des changes.
Nous avons expliqué que les Japonais étaient stratégiquement indispensables aux Américains pour contenir les ambitions de la Chine, alors que la compétition s’avive.

Nous avons expliqué que le prochain bénéficiaire d’un bon de sortie dévaluationniste serait la Grande Bretagne en raison de l’aggravation terrible de sa situation interne et de la fragilité de ses positions externes.

Nous avons anticipé que Soros allait ou était en train de racheter ses yens et de shorter la livre, ce dont nous avons eu confirmation.
La livre est baissière depuis début 2013 et elle vient de recevoir un grand renfort pour accélérer sa baisse. Dans le cadre de l’alliance entre les gouvernements anglo-saxons et les institutions financières globales, indépendantes n’est ce pas, Moody’s vient de dégrader la Grande Bretagne de AAA à Aa1.
Au lieu de s’en plaindre Osborne s’en est félicité, contraire des positions idiotes des Français, et il y a vu , dit il, une confirmation du bien fondé de sa politique. Laquelle politique consiste à réaliser une vraie dévaluation- voir notre papier ou il est question de LAVAL- c’est à dire une dévaluation du change accompagnée des vraies mesures d’accompagnement qui permettent la réussite.
Bref les britanniques font exactement ce que l’on interdit à la France de faire: compenser l’austérité domestique par l’élargissement des débouchés extérieurs.
La France a accumulé les erreurs de gestion et les erreurs diplomatiques, maintenant les Britanniques et Allemands se retrouvent alliés objectifs pour crusher la France.
L’Allemagne impose l’austérité, mais interdit les dévaluations, les officiels allemands viennent de répéter que la vraie valeur de l’euro se situait entre 1,30 et 1,50 contre le dollar, ben voyons! On attend les réactions de ce nouveau tour de vis contre l’économie française et de ce nouveau stimulant au chômage.

BRUNO BERTEZ Le Samedi 23 Février 2013
llustrations et mise en page by THE WOLF
EN BANDE SON:
Le Jeudi 14 Mars 2013 : Currency war , les britanniques aussi.


Nous avons dès le premier jour annoncé que les Britanniques suivraient l’exemple des japonais et que les alliés géostratégiques des Américains avaient un bon de sortie dévaluationniste. Sur le dos de l’Europe continentale.
Le Sterling dévalue tranquillement à la fois contre le dollar et contre l’euro.


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Entretien Atlantico/ Bruno Bertez: Quand les Abénomics se font Seppukunomics!!!
Entretien Atlantico/ Bruno Bertez: Quand les Abénomics se font Seppukunomics!!!
Atlantico: Après plusieurs mois d’euphorie économique et boursière, le Nikkei a chuté hier (donc aujourd’hui) de 7,32%, après une hausse prodigieuse de 80% ces six derniers mois. Cette violente correction n’est-elle que passagère, ou est-ce les prémisses du dégonflement à venir d’une bulle financière ?
BRUNO BERTEZ: Vous avez raison; il y a bien eu euphorie boursière. Il faut cependant nuancer, s’agissant de l’économie, on a simplement assisté à quelques petits frémissements. L’euphorie boursière, c’est ce qui est le plus facile à déclencher. Il suffit de donner des liquidités gratuitement en quantités illimitées, d’annoncer que l’on cherche à faire baisser le change et que l’on continuera, "coûte que coûte", le temps qu’il faudra. Avez-vous déjà vu la spéculation résister à pareilles promesses? Mettre la spéculation de son côté n’est jamais très difficile. Le marché japonais a donc grimpé de façon parabolique. La qualité des acheteurs a été déplorable. Même les chiens couverts d’un chapeau ont pu gagner de l’argent, selon l’expression bien connue au Japon.
Au plan technique, après une hausse spectaculaire, une correction violente n’a rien d’anormal. Les acheteurs sont de mauvaise qualité, les fondamentales divergent profondément d’avec la tendance boursière. En un mot comme en cent, nous sommes dans une situation d’extrême fragilité.
La question de savoir si la correction n’est que passagère est la question à 1 million de dollars. Comment connaître les réactions de la communauté spéculative? Comment anticiper le flux des nouvelles? Comment tenir compte de ce qui se passe dans le monde entier? Ainsi, on dit que la forte chute du Nikkei trouve en grande partie son explication dans la publication de statistiques économiques chinoises très médiocres; statistiques qui vont, pour la première, fois dans le sens d’un retrait de l’activité économique et non plus seulement d’un ralentissement.
Tout ceci intervient sur un fond de scepticisme quant à l’efficacité réelle, le mot important est "réelle", des mesures que l’on regroupe sous le nom d’Abenomics.
Les Abenomics sont un véritable monstre. Abe a repris les politiques traditionnelles de stimulation keynésienne de son parti. Il a repris les enseignements du début des années 30, quand le Japon a procédé à une dévaluation compétitive et mené une politique volontariste. Abe a ajouté à sa panoplie les remèdes du charlatan Bernanke, remèdes qui consistent à créer une bulle des actifs financiers, à la fois pour produire un effet de richesse artificiel, et en même temps, pour modifier le sentiment des agents économiques du pays. C’est un cocktail explosif.
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24/05/2013 Publié par The Wolf | Asie hors émergents, Atlantico, Behaviorisme et Finance Comportementale, Commentaire de Marché, Déflation, Hedge Funds, Private Equity..., Indicateur des Marchés, Inflation, inflation importée, monétarisation de la dette, Japon, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Le Graphique du Jour, Marché Obligataire, Marchés Financiers et Boursiers Actions, Mon Banquier est Central, Monétarisme, Normes Comptables et Règles Prudentielles, Trappe à Dettes | Bruno Bertez, Philippe Béchade | Poster un commentaire