Mister Market and Doctor Conjoncture du Mardi 14 Mai 2013: Le célèbre canari dans les mines australiennes par Bruno Bertez(Réédition)
Mister Market and Doctor Conjoncture du Mardi 14 Mai 2013: Le célèbre canari dans les mines australiennes par Bruno Bertez (Réédition)
La Banque Centrale d’Australie, la RBA, vient de baisser son taux directeur à 2,75% contre 3% auparavant.La baisse était attendue par les économistes, mais elle est venue plus tôt que prévu. On l’attendait pour Juin. C’est un signe que la dernière baisse intervenue en Décembre n’a pas produit les résultats escomptés. Nous sommes en-dessous des taux qui avaient prévalu en 2009, lors de la crise. Le niveau bas de cette époque, 3%, avait été qualifié par les autorités de taux de crise, « emergency low ». On est en-dessous du taux de crise.
Les raisons invoquées par la RBA sont, comme à l’accoutumée: la croissance plus faible que prévu, le chômage qui monte, le secteur manufacturier qui plonge, des exportations qui s’essoufflent. Il s’agit de stimuler l’économie, l’emploi, le logement, mais il est aussi ajouté explicitement l’objectif de faire chuter la devise. Le dollar australien est trop cher, il vaut 1,01 dollar US, il valait 60 cents du même dollar en 2009. C’est le résultat de la spéculation dite « risk-on ».

Pourquoi s’intéresser à l’Australie? C’est loin, a priori , nous ne sommes pas concernés. Et puis, des baisses de taux directeurs, ce n’est pas rare. Sur les 168 décisions prises par les 90 Banques Centrales cette année, plus de 20% ont été des décisions de baisse. Un chiffre qui va croissant. Rien que la semaine dernière, il y a eu quatre baisses dans le monde, dont celle de la BCE. Justement, il y a beaucoup de baisses de taux et une de plus, comme celle de la RBA, a valeur phare, cela veut dire quelque chose: le monde rentre dans une phase délicate, une nouvelle phase de ralentissement. Une fois de plus, malgré le printemps, les jeunes pousses de Bernanke, les « green shoots » ne sont pas au rendez-vous, les racines ont, une fois de plus, pourri.
La RBA a pris sa décision de façon anticipée parce que la situation se dégrade plus vite et plus profondément que prévu. Les espoirs de reprise au second semestre sont une fois de plus reportés.
La croissance globale recule, faiblit. Les organismes internationaux donnaient une prévision de 5,5% pour les émergents en 2013. Compte tenu du début d’année et des indicateurs PMI disponibles, on sera plus près des 4%. Pour les développés, ils donnaient 1,4%, mais il va falloir réviser plus près des 1%. Au total, compte tenu du poids respectif des émergents et des développés, on s’achemine vers une croissance globale qui ne sera pas supérieure à 2%. Et pour un pays exposé comme l’Australie, cela change tout.


L’Australie est un canari dans la mine en raison de son exposition aux matières premières. Elle subit à plein la baisse des quantités vendues et la baisse des prix alors que les investissements marquent un pic. Les derniers indicateurs chinois font peur, on est à la limite de la récession, avec un PMI à 50,6 seulement. Et puis, les firmes chinoises ont encore des stocks énormes de matières premières.
Voici quelques chiffres du dernier PMI, celui d’avril pour l’Australie:

- -PMI manufacturier 36,7 contre 44,4, sous les 50 c’est la récession
- -En moyenne mobile 3 mois on est à 42,2 contre 43,4
- -7 secteurs industriels sur 8 sont en recul
- -les capacités utilisées sont 68,6 contre 71
- -Les exports se contractent pour le 9e mois consécutifs
- -L’emploi est en chute libre à 39,3 une dégringolade de 9,4 points

L’Australie a valeur importante dans le tableau de l’économie mondiale à plus d’un titre. Elle a bénéficié du grand cycle des matières premières, du grand bond chinois; elle a bénéficié d’afflux de capitaux considérables attirés par le risk-on, sa monnaie est un refuge anti-inflation, adossée aux commodities. Voilà pour les bons côtés car, à l’inverse, l’économie australienne est bullaire, les salaires ont dérapé, les prix des logements sont sortis de l’épure, le secteur manufacturier hors mines n’est plus compétitif, l’épargne intérieure est très faible, le pays dépend des entrées de capitaux étrangers. Les particuliers sont très endettés, la dette extérieure nationale a été multipliée par 5 entre 2008 et 2012.



L’Australie est l’exemple de l’économie mal ajustée, vulnérable à la déflation et à un retour du risk-off. Elle est fragilisée par les excès antérieurs de la spéculation mondiale. Le secteur financier est hypertrophié, très exposé à l’international pour son refinancement.


On dit que Soros a vendu pour 1 milliard de dollars australiens à découvert. Vrai ou faux, cela fait réfléchir. Le pays est l’exemple type de ce qui s’est passé et a dysfonctionné ces dernières années. Il suffirait que la fameuse transitivité se mette en branle et la situation pourrait devenir rapidement très sérieuse. La situation fondamentale est vulnérable et déséquilibrée. Contrairement aux apparences, le chômage est très élevé. Le chiffre officiel est de 5,6%, mais le réel est de 11%, le sous-emploi est de 18%, 40% de la main d’œuvre est à temps partiel ou sous employée.
De « safe haven », le pays pourrait rapidement se transformer en enfer.


llustrations et mise en page by THE WOLF
EN BANDE SON:
L’Edito du Dimanche 12 Mai 2013 : Quand Robin des Bois trahit le peuple par Bruno Bertez
Qu’il s’agisse de Bernanke ou de Draghi , ils prétendent lutter contre le chômage; qu’il s’agisse de Obama ou de Hollande, ils prétendent lutter contre les inégalités. Le mythe de la lutte contre le chômage, tout comme son jumeau, la lutte contre les inégalités, est utile, il permet de tromper les peuples et de faire précisément le contraire. Ce que les Pouvoirs disent n’est destiné qu’à masquer la réalité. Et c’est pour cela qu’ils sont élus.
Au fond, nous sommes persuadés que les gens le savent et qu’ils l’acceptent . Ils ont compris que chômage et l’aggravation des inégalités étaient des maux nécessaires… pour maintenir l’ordre/désordre établis. Au fond, les peuples ont peur, ils ont une peur panique du changement, de l’aventure, de prendre leur destin en mains et mettre toutes ces cliques dehors. Comme ils sont lâches, mais humains, ils trichent, ils se jouent la comédie. Ils votent pour des gens qui sont comme eux, dont ils savent qu’ils sont contre le changement, des gens qui sont les mieux à même d’entretenir leurs rêves, tout en ne touchant à rien d’essentiel. Les gens veulent qu’on leur fredonne l’air du changement.



Les banquiers l’ont compris, qui, dans les médias à la botte, subrepticement, quotidiennement, entretiennent la peur. La peur de l’Armageddon financier. Tous ces gens sont clivés, schizophrènes, capables -pas toujours sans rougir pour certains, suivez mon regard– ces gens sont capables de dire une chose et de faire le contraire. En fait, ce ne sont pas des menteurs, car nous sommes persuadés qu’ils croient ce qu’ils disent, ils croient à leur promesse. Mais c’est à un certain niveau. Et le secret de leurs capacités, c’est d’être capables de vivre en même temps plusieurs niveaux de réalité. Ceux qui ne sont pas convaincus eux-mêmes, qui ne sont pas aliénés dans leurs propres illusions, sont des cyniques et ceux-là ne sont pas convaincants, ils ne sont pas populaires.

L’immigration britannique a été trop forte et trop rapide!!!
L’immigration britannique a été trop forte et trop rapide!!!
Durant la crise, les emplois nouvellement créés ont été octroyés aux immigrés plutôt qu’à des Britanniques d’origine
Les partis politiques les plus restrictifs en matière d’immigration ont le vent en poupe. C’est vrai en France et au Royaume-Uni, où le Parti de l’indépendance (UKIP) a surpris tout le monde et accumulé 26% des voix lors des élections de la semaine dernière. L’expérience britannique de l’immigration mérite une analyse approfondie. C’est précisément le mérite de David Goodhart dans British Dreams*, un ouvrage salué récemment par la critique, notamment par le Financial Times.

«Trop forte et trop rapide»? L’immigration annuelle nette, entre 2004 et 2011, a été égale à l’ensemble de celle qui est intervenue entre 1066 et 1950, soit 250 000 personnes, selon David Goodhart.
L’immigration n’a pas vraiment été gérée. La première vague, de 1948 aux années 1990, était liée à ses obligations d’ex-pays impérial. Aucun obstacle ne pouvait être érigé. Mais le pays a été surpris par l’étendue du phénomène. Ses effets ont été d’autant plus incertains qu’il n’avait pas cherché à établir une culture d’intégration, au risque d’un affaiblissement du contrat social. La deuxième vague, à partir de l’élection des travaillistes en 1997, est le résultat d’une multitude de mini-décisions.
Si le Royaume-Uni avait confiance dans sa capacité d’intégration, la vitesse du changement n’aurait pas été problématique, selon l’auteur. Tel n’est pas le cas, si bien que des menaces pèsent aujourd’hui sur l’Etat social lui-même. «Lorsque les valeurs et les modes de vie s’écartent, il est plus difficile d’affirmer la légitimité de l’Etat social et d’amener les citoyens à partager les risques», selon David Willetts. Ceux que l’auteur nomme «les minorités visibles» sont 8 millions au Royaume-Uni. Dans certains cas, leur intégration aura été faible. Certaines minorités, notamment d’origine musulmane et rurale, ont reproduit l’essentiel de leurs coutumes.
Le Royaume-Uni doit choisir entre deux modèles d’immigration, celui des Etats-Unis et celui de la Suède. Un Etat social ne peut être généreux à l’image de la Suède qu’à la condition d’être une société homogène, selon l’auteur.
Les objections à l’égard d’une forte immigration ne sont pas nécessairement racistes. Les démocraties sont très exigeantes à l’égard de leurs citoyens. On ne risque plus sa vie pour sa patrie, mais on verse environ le tiers de son revenu à l’Etat pour gagner un accès aux infrastructures publiques. La coopération ne peut fonctionner que si la confiance est partagée. C’est pourquoi, selon l’auteur, derrière la diversité ethnique se cache le débat sur la diversité des valeurs.
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Salauds de riches?
Salauds de riches?
AVANT PROPOS DE BRUNO BERTEZ :
Je pense que le texte du professeur Windisch est important. Nous ne pouvons faire l’économie d’une réflexion sur la richesse des uns et la pauvreté des autres. Windisch trace de nombreuses pistes, nous tenterons de les explorer. La question de la richesse et des inégalités est à un carrefour, mieux à un croisement de multiples voies de recherche, la sociale ou plutôt sociologique, l’économique, la politique.
Par ailleurs elle est au centre de nombreuses mystifications, inversions et renversements. Pour ne donner qu’un exemple: le creusement des inégalités, conséquence de la financiarisation et de la dérive kleptocratique est conséquence de cette perversion du capitalisme et non pas cause. Ce qui est premier c’est le glissement vers le crédit facile lequel a produit la hernie financière.
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Ne pas être riche et néanmoins ne pas se sentir obligé de détester systématiquement les riches!
Il fut un temps où les riches faisaient l’objet de beaucoup d’admiration et de prévenance. Tempi passati ? Peut-être pas complètement même si le climat a totalement changé, en France notamment…
On peut se demander si avec le durcissement idéologique de certains responsables politiques du parti socialiste suisse on ne va pas dans le même sens que la France : initiatives contre des salaires perçus comme scandaleux, diminution de l’écart entre les salaires les plus éloignés, taxation et impôts supplémentaires des revenus les plus élevés, de l’héritage, etc.
Tout se passe comme si un climat anti-riches allait bon train, climat alimenté de manière souvent fort démagogique et intéressée électoralement par la gauche et ses extrêmes, soit une forme de populisme de gauche dont les chances sont meilleures en temps de difficultés économiques et de crise.
Ce climat prend ces derniers temps une attitude malsaine et extrême en France. Les effets contraires à ceux attendus se font déjà sentir ; ils pourraient devenir massifs.
Est-ce vraiment la solution que de pourchasser les riches partout où ils sont, même à l’étranger, et dans le monde entier ? N’est-ce pas aussi une façon commode de se défausser sur d’autres quand on est incapable de résoudre les problèmes essentiels et graves d’un pays, et surtout des couches les plus défavorisées, notamment celui du chômage, des jeunes en particulier ? Passons sur la formule connue : trop d’impôts tue l’impôt.
Le cumul de ces chasses : aux sorcières, aux riches, à une transparence obsessionnelle, à une surveillance généralisée, au point où tout le monde se sent traqué, va rendre la vie en société de plus en plus en difficile et générer des détestations et des haines multiples et réciproques.
Il ne s’agit en aucun cas de justifier la fraude, la soustraction fiscale ou le fait de ne pas déclarer des revenus ou de la fortune, mais de souligner à quel point l’ouverture de cette chasse peut entraîner un climat social et politique de plus en plus malsain et surtout contre-producutif pour l’ensemble d’une société.
D’où une question : que faire pour retrouver un climat moins malsain, et est-ce possible ? On oublie le fait que malgré le sentiment d’étouffer sous les impôts ou d’être carrément rançonnées, nombre de personnes fortunées sont d’accord de payer des impôts importants, même lorsqu’elles trouvent ces impôts excessifs mal utilisés ou de manière abusive.
Y a-t-il moyen de prélever des impôts tout en n’entraînant pas révolte, fuite au loin et tentatives de cacher une partie des revenus et fortunes ?
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Les Clefs pour comprendre du Jeudi 2 Mai 2013: Le Rogoff-gate, une aubaine pour les socialistes Par Bruno Bertez
Les Clefs pour comprendre du Jeudi 2 Mai 2013: Le Rogoff-gate, une aubaine pour les socialistes Par Bruno Bertez
Nous avons résisté, jusqu’à présent, à la tentation de commenter le Rogoff-gate. Vous savez, c’est la découverte que Rogoff et Reinhart se sont soi-disant trompés dans leurs calculs lorsqu’ils démontrent que le seuil de 90% de dettes d’un Etat pénalise la croissance durablement.
L’affaire est montée en épingle par les keynésiens, pure souche, et les socialistes (en fait, c’est la même chose) pour démolir les politiques d’austérité. Krugman, en particulier, comme il se doit, s’est montré comme à l’accoutumée à la fois le plus virulent et le plus de mauvaise foi. Les socialistes français essaient de rattraper Krugman dans la course à la mauvaise foi. Ils ont des handicaps, mais ils font de leur mieux.


Rogoff et Reinhart ont produit un travail statistique mettant en évidence une corrélation entre le niveau de dettes étatiques et la croissance ou perte de compétitivité. Ce seuil serait de 90%. L’étude a été utilisée à des fins politiques pour justifier les politiques d’austérité. Elle a été utilisée par Rogoff et Reinhart pour se faire mousser et toucher des cachets de conférences colossaux.
Apres vérification des calculs de nos deux zozos, il apparait, soit qu’ils se sont trompés, soit qu’ils ont menti. Nous avons toujours penché pour la seconde hypothèse, ils ont menti. Menti parce que c’était opportun et rentable.
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En Europe, l’article de Reinhart et Rogoff fait même figure de parole d’évangile. Il a servi de caution aux politiques d’austérité mises en place depuis le début de la crise financière.
Ainsi, Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, déclare en 2011: «Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff ont démontré la règle du 90%. Une dette publique élevée pèse sur l’activité économique et sur la dynamique entrepreneuriale et, en conséquence, grève la croissance. Cette conclusion est particulièrement importante actuellement pour l’Europe, où les niveaux de dette des principaux pays sont au seuil des 90%, seuil que les Etats-Unis ont déjà passé.»
Cette défaite intellectuelle des défenseurs de l’austérité survient tout juste quatre mois après que le Fonds monétaire international (FMI), en la personne de son chef économiste, Olivier Blanchard, a piteusement admis, qu’il avait significativement sous-estimé les multiplicateurs fiscaux, c’est-à-dire les impacts négatifs des mesures d’austérité sur la croissance. Le FMI a dans la foulée avoué qu’en conséquence, ses recommandations de politique économique n’étaient peut-être pas les meilleures possibles.
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Krugman n’a pas fait à ce jour moins de 8 articles pour descendre en flammes les deux compères menteurs et ainsi enfoncer le clou de « plus de dette est souhaitable ». « More debt is better », c’est le refrain de frère Paul, lequel fait valoir qu’en temps de guerre, on fait des déficits supérieurs aux déficits actuels et qu’il n’y a pas de catastrophe, on s’en sort.
Le frère Krugman, dans sa croisade pour la dette, avance qu’en 1943 les déficits étaient de 30,8% du GDP et que l’on n’en est pas mort, au contraire… De là, il envisage 1 trillion de dépenses nouvelles sans sourciller. Nous reviendrons bientôt sur les délires de frère Krugman, il vient d’écrire un livre intitulé: « End this depression »
Le Rogoff-gate, comparé au climate-gate de quelques années plus tôt a permis aux socialistes et keynésiens de se relancer et lancer une vigoureuse campagne contre l’austérité, entendez par là, l’Allemagne. On le voit en France sous la forme d’une charge anti-Merkel.
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Politique Friction du Lundi 29 Avril 2013: Changer de chef ? Non, changer de France ! Par Bruno Bertez
Politique Friction du Lundi 29 Avril 2013: Changer de chef ? Non, changer de France ! Par Bruno Bertez
Les titres de l’actualité ne sont divers qu’en apparence. Tout se tient, tout est manifestation du même mal, le mal français. La France n’est pas seulement divisée en droite et gauche, « elle marche à côté de ses pompes ». Excusez cette expression, dans sa vulgarité, elle exprime au plus près notre pensée. Les élections se gagnent par le mensonge et l’invective, les médias font de l’audience par la flatterie, mais le pays et la crise, eux, se gèrent, ou devraient se gérer, par le recours à la vérité, au bon sens et au courage. Essayons d’introduire un peu de lucidité.


Dans les derniers mois du règne de Sarkozy, ce lépreux, il avait tous les défauts, tous les vices. Rien, dans sa personne ou son action, ne trouvait grâce auprès des Français et, bien entendu, auprès des médias.
A l’inverse, le peuple n’avait d’yeux que pour Hollande.
Peu importait que son analyse de la situation soit inexistante.
Peu importait que le personnage soit falot.
Peu importait que ses propositions soit une catalogue d’âneries à la Prévert.
Un an plus tard, la popularité et l’adhésion à la politique de Hollande sont au plus bas, on dit même qu’elles touchent des records absolus. On serait autour des 70 à 75% de rejet.
Sarkozy, lui, remonte. On le regrette et on lui prête une adhésion qui l’autoriserait à se remettre en selle et à participer à nouveau aux joutes politiques.
Est-ce que cela ne mérite pas réflexion?

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Quand les aveugles pilotent à vue par Bruno Bertez (Source AGEFI SUISSE)
Quand les aveugles pilotent à vue par Bruno Bertez (Source AGEFI SUISSE)

Le constat qui vient d’être fait dans les couloirs du FMI est clair malgré le phrasé politiquement correct: on ne sait pas du tout où l’on va.
Pour le public, la réunion de printemps du FMI est une réunion comme les autres. De la routine, on se congratule et on se pousse du col. Ainsi, Christine Lagarde est apparue sur les écrans de télévision pour proclamer, avec son culot habituel: «Je suis délibérément, désespérément, et de façon décisive, optimiste».
On sait depuis longtemps que, chez Lagarde, l’espoir et l’optimisme tiennent lieu de stratégie, mais quand même!
Au même moment, le FMI abaissait, pour la énième fois depuis 2008, ses prévisions de croissance globale.
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Nul besoin de s’attarder sur les prévisions conjoncturelles ou les recommandations du FMI. D’autant plus que ses erreurs sont éclatantes. Le FMI a annoncé en 2009 que l’Allemagne était celle qui allait le plus souffrir parmi les pays considérés, elle a pourtant dépassé son niveau d’avant la crise à peine un an plus tard. A l’inverse, le FMI ne cesse d’annoncer une reprise de la Grèce l’année suivante. En 2008, elle prévoyait que son PIB 2013 dépasserait de 22% celui de 2007. Il est aujourd’hui un quart inférieur!
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Au même moment, dans les couloirs du même FMI, loin des micros et des caméras, on s’interrogeait: «Est-ce que nous comprenons vraiment ce qui se passe dans les économies avancées?», ainsi s’exprimait l’Italien, ex-BCE, Lorenzo Bini Smaghi. Mervyn King, futur ex de la Bank of England exposait ses doutes: «N’y a-t-il pas un risque à promettre trop ou à laisser espérer plus que nous ne pouvons tenir?». James Bullard, patron de la Fed de Saint-Louis, l’un des meilleurs, le 21 février exprimait les mêmes doutes sur un mode plus académique: «L’instabilité financière, la formation de bulles, est un problème. La Fed en parle souvent, donc c’est important. Mais ce n’est pas nouveau, cela dure depuis 20 ans. Et franchement, il n’y a pas de bonne réponse parce que nous n’avons pas de modèle pour traiter de l’instabilité financière».
Laissons de côté la propagande, les mensonges et les dénégations de Lagarde, et attardons-nous sur l’essentiel. Cinq ans après la catastrophe, nous en sommes au même point, rien n’a changé. La crise financière et bancaire est toujours enfouie dans les comptes truqués du Système. Les économies ne repartent pas. Le chômage continue d’enfler. Les niveaux de vie régressent. Les patrimoines sont érodés, sinon confisqués, par la répression financière et la fiscalité. Les consensus sociaux s’effondrent.

L’incendie a été noyé sous des déluges de liquidités monétaires, les économies ont été tenues à bout de bras par les déficits et l’argent gratuit, les agents privés sont sommés, sans succès, de dépenser, les marchés sont manipulés à l’extrême pour éviter les accès de panique; rien n’y fait, la machine refuse de repartir.
Au contraire, le système est encore plus lourd, plus déséquilibré par le poids croissant des dettes. Ses marges de manœuvre ont disparu, ses amortisseurs sont usés. Le constat qui vient d’être fait dans les couloirs du FMI est clair malgré le parler politiquement correct: on ne sait pas où l’on va, personne chez les dirigeants n’en a la moindre idée. Voilà la vérité, voilà la réalité.

Philippe Simonnot : Douce France: "Chômeurs ou esclaves ?"
Philippe Simonnot : Douce France: "Chômeurs ou esclaves ?"




















































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Philippe Béchade/BFM : "il n’y aura aucune reprise au Japon" – 22 Mai 2013
Philippe Béchade/BFM : "il n’y aura aucune reprise au Japon" – 22 Mai 2013
L’Arroseur arrosé! Malgré la chute du yen, le déficit commercial japonais se creuse
Les dernières statistiques commerciales japonaises ont jeté un froid, ce matin, sur l’enthousiasme des analystes qui affirment depuis janvier que le nouveau gouvernement conservateur japonais aurait enfin réussi à réveiller l’économie de l’archipel après des années de stagnation. Pour nourrir leur optimisme, ils pointent la chute spectaculaire du yen orchestrée par le gouvernement de Shinzo Abe et prédisent une forte progression des exportations de produits «made in japan».
Les économistes pariaient d’ailleurs sur un bond de 5% des importations au mois d’avril. Cette progression n’aura été finalement que de 3,8% en valeur. Les entreprises du pays ont exporté, le mois dernier, pour 5780 milliards de yens de marchandises. Leurs envois de téléphones portables et de machines ont particulièrement reculé quand les exportations de voitures étaient, elles, plus solides. Dans le même temps, le pays a importé pour 6660 milliards de yens de produits ou de ressources énergétiques, ce qui représente une poussée de 9,4%, par rapport au mois d’avril 2012.
Si les commandes de gaz, de pétrole ou de charbon n’ont pas forcément explosé en volumes, elles ont coûté beaucoup plus cher aux acheteurs nippons qui doivent travailler avec un yen ayant vu sa valeur plonger face au dollar. Ce matin, un dollar pouvait acheter 103 yens. Il y a un an, en avril 2012, un billet vert ne valait que 82,3 yens. Au total, le déficit commercial japonais a augmenté de 70% à 879,9 milliards de yens, le mois dernier, et les experts s’attendent à d’autres mois difficiles pour la balance commerciale japonaise qui est désormais dans le rouge depuis dix mois. Ils soulignent que le recul de la monnaie japonaise ne pourra prouver son efficacité économique que si la demande extérieure pour des produits «made in japan» est solide sur les grands marchés occidentaux et asiatiques. Or, la reprise reste timide aux Etats-Unis et n’est toujours pas d’actualité en Europe.
Source Les Echos 22/5/13
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22/05/2013 Publié par The Wolf | Asie hors émergents, Behaviorisme et Finance Comportementale, BFM, Commentaire de Marché, Cycle Economique et Financier, Etats-Unis, Idées Courtes, Idées Fausses, Indicateur des Marchés, Japon, Le Graphique du Jour, Les Echos, Les Tribulations de la Kleptocratie, Marchés Financiers et Boursiers Actions, Mon Banquier est Central, Monétarisme, Normes Comptables et Règles Prudentielles | Philippe Béchade | Poster un commentaire