Raillée et tancée par l’étranger, la Banque nationale suisse se défend
Raillée et tancée par l’étranger, la Banque nationale suisse se défend
La Suisse est comparée à la Chine, en raison de l’explosion de ses réserves de changs. Les effets secondaires du taux plancher font débat
Le plancher fait jaser. Et ce n’est pas tant à cause de la politique adoptée par la Banque nationale suisse (BNS), voilà bientôt un an. «Lorsque l’on explique à nos homologues étrangères la raison pour laquelle nous avons choisi de défendre un taux plancher, nous sommes assez bien compris, assure-t-on à la BNS. L’été dernier, le mouvement de hausse du franc était si brutal que cette intervention était justifiée.»
En empêchant sa monnaie de s’apprécier, la Suisse n’est pas accusée d’un quelconque protectionnisme vis-à-vis de ses exportateurs. En fait, ce sont plutôt les conséquences et les effets collatéraux de la défense du taux de 1,20 franc pour 1 euro qui provoquent ironie et agacements.
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La Crise croquez là à pleines dents : saignante pour les uns mais à point pour les autres !!!!
La Crise croquez là à pleines dents : saignante pour les uns mais à point pour les autres !!!!
La demande pour les jets privés de 30 millions de dollars n’est pas affectée
Steve Varsano est courtier en jets privés. Il a donné un look très particulier à son bureau de Londres : c’est la copie de la salle de réception d’un Airbus A319. Il revend surtout des avions d’occasion, et plutôt que de remettre des documentations en format pdf à ses prospects, il les fait s’assoir devant un écran de 8 mètres pour décider de quel type d’avion ils ont besoin. Avec un écran de cette taille, ses clients peuvent se rendre compte de la taille réelle du jet, des détails de son confort, et vérifier qu’il correspond bien à leurs besoins.
Varsano explique que depuis la crise financière, il y a bien eu un ralentissement de l’activité, notamment pour les avions les moins chers, ceux d’un million de dollars, mais rien de comparable avec ce qui se passe ailleurs. En particulier, les candidats à l’achat des avions les plus chers – 30 millions de dollars – ne sont pas plus rares. « Il y a toujours quelqu’un qui fait de l’argent », explique-t-il. « je ne fais que suivre l’argent ».
En fait, ce sont surtout ses acheteurs qui ont changé. Il y a 15 ans, les Américains étaient le gros de la clientèle ; ils ont été remplacés par les nouveaux magnats des BRICS, et l’année dernière, les clients chinois ont représenté 35% des ventes de la gamme de jets les plus chers.
Source: The Economist Janv12
Et comme un bonheur n’arrive jamais sans un autre……
Les ventes de super-yachts ont explosé en 2011
Quelque 263 géants des mers se sont vendus en 2011 dans le monde contre 204 un an plus tôt. A eux seuls, ils représentent un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros.
Les eaux sont nettement plus limpides pour le segment des super-yachts (plus de24 mètres) que celui des bateaux de taille plus modeste, semble-t-il. Selon les chiffres publiés par le magazine spécialisé Boat International, les ventes de ces géants flottants ont grimpé de 29% en 2011.
Au total, 263 super-yachts ont trouvé acquéreur pour un chiffre d’affaires global de 2,5 milliards d’euros, soit une moyenne de 9,8 millions d’euros l’unité…. pour des bateaux dont la taille moyenne s’établit autour de37 mètres. Evidemment, la course au gigantisme n’ayant pas de limite, certains modèles dépassent largement cette moyenne. Et le bateau le plus grand vendu l’année dernière, le Pelorus, s’étend sur114,50 mètres… D’après le magazine qui ignore le montant exact de la transaction estime le produit autour de 300 millions de dollars.
Avec 45 super-yachts vendus en 2011, Fraser Yachts s’impose comme le numéro un du secteur, suivi par Camper & Nicholsons (33 ventes), précise Boat International. Dans un communiqué, le directeur du marketing de Fraser Yachts, Patrick Coote, commente ces chiffres 2011: il est clair qu’il y a toujours de l’argent dans ce marché de luxe et les gens continuent à acheter. Crise ou pas crise donc.
Source La Tribune.fr Janv12
Crisis what crisis ? Pour la première fois de son histoire, Porsche passera la barre fatidique des 100.000 ventes annuelles.
Crisis what crisis ? Pour la première fois de son histoire, Porsche passera la barre fatidique des 100.000 ventes annuelles.
Sur onze mois, le spécialiste allemand des voitures de sport en a vendu 109.709, passant ainsi pour la première fois en 2011 la barre des 100.000 exemplaires. Crise ? Pas dans le très haut de gamme ! Pour la première fois de son histoire, Porsche passera la barre fatidique des 100.000 ventes annuelles. Sur onze mois, le célèbre constructeur allemand de voitures de sport en a même déjà écoulé 109.709, malgré une légère baisse sur le seul mois de novembre. L’an dernier, il avait raté de peu la marche avec 95.000 exemplaires. Les ventes ont explosé en Chine (+ 69 % à 22.473), aux États-Unis (+ 19,5 % à 27.189) et même en Allemagne (+ 13,8 % à 13.857). Et ce, malgré des prix allant de 48.000 à plus de 150.000 euros !
Pour 2012, les perspectives semblent encore meilleures, la firme venant de renouveler son modèle fétiche, la célèbre 911 dont les origines remontent à 1963. La toute nouvelle mouture a été commercialisée début décembre. Un dérivé cabriolet (à partir de 102.056 euros) arrivera en mars 2012. Porsche pourrait du coup friser les 140.000 unités en 2012, selon des sources internes citées par l’agence Bloomberg.
1.000 créations d’emplois
Le gros 4×4 Cayenne – proche techniquement du Volkswagen Touareg – reste toutefois le modèle le plus « populaire », avec plus de la moitié des ventes. Une troisième équipe sera du reste introduite sur le site de Leipzig en janvier 2012 pour répondre à la demande de Cayenne mais aussi de limousines Panamera. En octobre dernier, Porsche a annoncé par ailleurs 500 millions d’euros d’investissements sur ce site de l’ex-RDA et 1.000 créations d’emplois pour introduire un futur modèle, le 4×4 compact Cajun, petit frère du gros Cayenne. Et ce, fin 2013.
Réputée pour les performances, la haute technologie et la fiabilité de ses véhicules, la marque créée juste après la guerre reste le constructeur le plus rentable du monde. Sur neuf mois, elle a engrangé un bénéfice d’exploitation de 1,5 milliard d’euros, soit une marge opérationnelle de 19 %. Il est vrai que le prix de vente moyen atteint 80-90.000 euros. La holding Porsche SE, qui détient 50 % de Porsche AG et… 51 % du groupe Volkswagen, a toutefois affiché une perte nette. Mais celle-ci est liée uniquement à des options en rapport avec la vente de Porsche AG à… Volkswagen, qui détient 49,9 % du capital de la firme de Stuttgart. La fusion, plusieurs fois retardée, n’a toujours pas eu lieu. Des luttes intestines – les deux constructeurs ont les mêmes familles d’origine – ont envenimé les rapports. La coopération, historique, entre les deux groupes est pourtant bien avancée. Elle a déjà permis de dégager 600 millions d’euros de synergies cette année, selon Porsche.
Alain-Gabriel Verdevoye /la tribune- 28/12/2011,
S&P a le «AAA» de la France à l’oeil
S&P a le «AAA» de la France à l’oeil
L’agence d’évaluation financière Standard & Poor’s pourrait placer dans les prochains jours la note «AAA» de la France sous perspective négative, contre stable actuellement, rapporte lundi le quotidien français La Tribune sur son site, citant plusieurs sources concordantes.

Source Wall Street Journal
«Nous ne commentons pas les rumeurs de marché qui concernent nos notes», a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’agence américaine, alors que la crise de la dette souveraine en zone euro affole les marchés.
Le quotidien n’identifie pas ses sources. L’une d’elle affirme que l’annonce du changement de perspective «aurait dû être rendue publique dès vendredi, mais, pour des raisons inconnues, elle a été repoussée». Une autre, qualifiée de «diplomatique», estime que l’annonce «pourrait intervenir sous une semaine, ou peut être dix jours».
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Les groupes du S & P 500 vers des profits record
Les groupes du S & P 500 vers des profits record
Les grandes capitalisations américaines ont engrangé plus de 200 milliards de dollars de profits
Les entreprises du S & P 500 semblent, à moins d’un revirement brutal de tendance, en bonne voie pour dépasser, cette année, leur dernier pic bénéficiaire de 2007. C’est du moins ce qu’il ressort des statistiques consolidées établies sur la base des dernières publications de résultats trimestriels des poids lourds de Wall Street.
Here is a chart of corporate profits after tax up to 2011 Q2.

Entre avril et juin 2011, ces derniers ont engrangé plus de 200 milliards de dollars de bénéfices nets et près de 230 milliards de dollars de résultats opérationnels.
Un record historique qui contraste avec la morosité conjoncturelle ambiante. A cela deux raisons:
- d’un côté, la nette hausse de la contribution des pays émergents à la croissance des bénéfices au cours des cinq dernières années,
- de l’autre, l’effet des diminutions de coûts drastiques consécutives à la crise économico-financière de 2008.
Pour autant, cette relative solidité financière affichée par les grandes entreprises américaines ne se reflète pas dans leurs cours de bourse. Au contraire, actuellement, les prix des actions intègrent implicitement une croissance quasi nulle des résultats en 2011. Et cela, alors que l’indice S & P 500 cote plus de 20% en dessous de son plus haut historique atteint le 9 octobre 2007 à 1.565,15 points.

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Signe des temps : Sois beau et con à la fois et tu t’enrichiras doublement !
Signe des temps : Sois beau et con à la fois et tu t’enrichiras doublement !
Les hommes "séduisants" et "remarquablement beaux" gagnent en moyenne 17% de plus que leur collègues "quelconques" ou vilains.
"Les mecs sympas finissent derniers" (en version originale: "nice guys finish last").Cette expression, attribuée au joueur américain de baseball Leo Durocher, est moins anodine qu’il n’y paraît et recèle peut-être une part de vérité.
PLUS BEAUTE EXTERIEURE EN SUIVANT :
Les sociétés chinoises cotées aux Etats-Unis et au Canada soulèvent des suspicions
Les sociétés chinoises cotées aux Etats-Unis soulèvent des suspicions
Des sociétés d’analyse dénoncent la falsification des comptes

source Wall Street Journal
«Inexact, fallacieux et diffamatoire». La direction de Sino-Forest, dont l’action s’est effondrée de plus de 70% en deux séances la semaine dernière à Toronto, clame son innocence. Contrairement à ce qu’avance la société d’analyse Muddy Waters Research, le groupe forestier chinois n’a pas falsifié ses comptes de résultats, assure-t-il.
PLUS/MOINS DE FALSIFICATION EN SUIVANT :
Le déclin de l’Europe risque d’être bien plus abrupt que prévu
Le déclin de l’Europe risque d’être bien plus abrupt que prévu
«La vraie question n’est pas de savoir si l’on assistera à un choc des civilisations, mais si la plus faible d’entre elles passera d’une phase de faiblesse à un effondrement total», selon l’historien Niall Ferguson dans son dernier ouvrage
Cette perspective est d’autant plus intéressante que généralement cette fin subite est associée à une crise budgétaire ou une guerre, explique-t-il. Les deux sont souvent associées, à l’image de la chute d’un empire soviétique ruiné, deux ans après le retrait d’Afghanistan. Le propos contraste clairement avec les prévisions d’économistes qui nous promettent un passage de témoin très lent et progressif au cours des prochaines décennies entre les civilisations occidentale et asiatique.

Image: Skagen Funds
PLUS/MOINS DEUROPE EN SUIVANT :
En valeur l’Allemagne est la championne d’Europe de la dette devant l’Italie et médaille de bronze mondiale
En valeur l’Allemagne est la championne d’Europe de la dette devant l’Italie et médaille de bronze mondiale

Selon les statistiques publiées ce mardi par Eurostat, la dette des pays de l’Union européenne et de la zone euro atteint, en 2010, le seuil symbolique de 80% du PIB. Seul éclair de soleil dans ces chiffres moroses : les déficits publics ont baissé en 2010, de 6,8% du PIB à 6,4%.
ET LES WINNERS SONT :
Ce mauvais procès que l’on fait au libre-échange Par Alain Madelin
Ce mauvais procès que l’on fait au libre-échange Par Alain Madelin, ancien ministre /la tribune

Dans le procès contre la « mondialisation libérale » instruit par la quasi-totalité de la classe politique, les frères dumping sont au premier rang du box des accusés.
Ils sont trois : dumping social, dumping fiscal, dumping écologique. Avec quasiment les mêmes mots, tous dénoncent leurs méfaits. Et chacun de proposer ses mesures protectionnistes : préférence communautaire ou nationale, TVA sociale ou anti-délocalisation, taxe carbone sur les importations, écluses douanières aux frontières, harmonisation fiscale… Tous ces remèdes sont illusoires et tout est faux dans ce procès.
PLUS DE MADELIN EN SUIVANT :
La grande illusion du partage des profits Par Pascal Salin
La grande illusion du partage des profits Par Pascal Salin, professeur émérite à l’université de Paris-Dauphine /La Tribune
Je viens de faire un mauvais rêve. J’ai rêvé qu’en corrigeant des copies à l’occasion d’un examen d’économie, j’ai trouvé dans l’une d’entre elles la phrase suivante : « Il n’est pas juste que les actionnaires d’une entreprise touchent la totalité des profits. » Puis, un peu plus loin, une phrase de ce genre : « Je voudrais qu’on imagine un système qui fait qu’au moment où on augmente les dividendes, les salariés en aient une partie aussi. »
Quelle note devrais-je donner à l’auteur de telles affirmations ?
PLUS DE SALIN ET MOINS DE SARKO EN SUIVANT :










































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Charles Gave / Zone euro : "nous vivons une tentative de coup d’Etat larvé"
Le monde d’après, selon Charles Gave – 29/12/2011 / Zone euro : "nous vivons une tentative de coup d’Etat larvé"
ENTRETIEN LA TRIBUNE /Propos recueillis par Romaric Godin et Robert Jules
A 69 ans, Charles Gave a créé plusieurs sociétés financières dont la dernière, GaveKal, basée à Hong Kong. Il s’est fait connaître du grand public en publiant "Des lions menés par des ânes" ou "L’Etat est mort, vive l’Etat".
Depuis la création de l’euro, je n’ai cessé de dire qu’il s’agissait d’un système bancal qui ne peut fonctionner puisqu’il n’existe pas de mécanisme d’ajustement des différences de productivité des pays membres. Autrefois, ces différences étaient réglées par des dévaluations ponctuelles devenues impossibles. Ce qui ne peut s’ajuster a vocation à exploser. Aux États-Unis, il existe aussi des différences de productivité entre États, mais il y a une volonté de vivre ensemble, ce qui, pour Ernest Renan, constituait une nation, qui conduit à accepter que l’on taxe les plus productifs pour payer les moins productifs. Cette volonté n’existe pas en Europe, qui est une civilisation et non un pays. L’euro est donc une tentative, faite par une classe politique de créer une nation européenne. La crise, pense-t-elle, forcera la création d’un État fédéral, de transferts entre les pays et d’un ministère des Finances. C’est une espèce de coup d’État larvé contre les souverainetés qui est en train d’échouer. Car, comme l’a montré le cas de l’Union soviétique, la technocratie, cela ne marche pas. C’est la liberté qui marche.
Vous évoquez une « tentative de coup d’État ». Pourquoi cette tentative : par volonté de puissance ou parce que, sincèrement, ces politiques pensent que l’Europe est une solution ?
Depuis soixante ans, coexistent deux idées européennes. La première, celle de De Gasperi, Adenauer, Pie XII et Robert Schumann, voulait recréer l’Europe catholique des XIIe et XIIIe siècles, et voyait dans l’Europe un espace de liberté basé sur le principe de la subsidiarité. En cas de problème entre deux entités, on en appelle à l’échelon supérieur et on crée des instances d’arbitrage. La seconde est celle de Jean Monet et des technocrates français qui ont décidé de créer un État pour faire renaître l’Empire romain afin de s’opposer aux Américains et d’empêcher la domination allemande. Cette vision l’a emporté. de séparation des pouvoirs. Évidemment, la volonté d’augmenter leur pouvoir personnel existe aussi. Ces technocrates pensent que leur rôle est d’assurer le bonheur des peuples malgré eux. Ils ne croient pas à la liberté individuelle. Il suffit d’observer les institutions européennes : il n’y a pas de séparation des pouvoirs.
Pourquoi la classe politique française ne s’est guère opposée à cette dérive ?
Depuis la présidence Giscard, la France est gouvernée par une classe administrative qui, de droite comme de gauche, est représentative de cette idée technocratique. Les référendums sur Maastricht ou sur la Constitution européenne ont montré que le peuple n’acceptait pas cette dérive. Mais il l’admettait. À présent, les gens se rendent compte que cela ruine le pays. La prochaine étape sera donc de se débarrasser de cette classe administrative. Mais j’ignore comment.
La voie fédéraliste ne peut-elle pas l’emporter ?
C’est ce qui s’est passé jusqu’à présent. Tout le monde s’est mis au garde-à-vous au dernier sommet de Bruxelles, mais le diable est dans les détails. Plusieurs pays, comme le Royaume-Uni, l’Espagne, la République tchèque, ne semblent pas prêts à accepter les abandons significatifs de leur souveraineté.
La convergence franco-allemande ne vise-t-elle pas à contourner ces difficultés ?
Elle signifie d’accepter des hauts fonctionnaires allemands à Bercy qui ordonnent ce que l’on peut dépenser ou pas. La France a un tiers de fonctionnaires de plus que l’Allemagne pour 100 habitants. Le fonctionnaire ne produit rien pour l’exportation. Le défaut de compétitivité française par rapport aux Allemands est donc lié au poids de l’État. Comme la France semble incapable de dégraisser son État, il faudra, en cas de convergence, que les ordres viennent de Berlin. Je viens d’une famille qui a quitté l’Alsace en 1870 pour rester français et je ne perçois pas l’avantage pour la France de devenir un protectorat allemand. Et l’opinion ne l’acceptera pas.
Mais la France pourrait ainsi retrouver sa compétitivité…
C’est déjà ce que disait le maréchal Pétain, non ?
Nombre d’économistes mettent en garde sur les conséquences de la fin de l’euro. Qu’en pensez-vous ?
Je ne suis pas très inquiet. Ceux qui vous expliquaient que l’euro allait rendre les femmes plus belles et les oiseaux plus chantants, comme Alain Minc et Jacques Attali, nous expliquent à présent que, si l’on quitte l’euro, ce sera le désastre absolu. Ils se sont trompés. Ils n’ont rien vu, rien compris. Pourquoi leur donner de la crédibilité sur l’après-euro ? C’est comme demander au général Gamelin [chef des forces françaises en 1940, Ndlr] de diriger le débarquement en Normandie.
Concrètement : le système bancaire européen est en faillite, le taux de chômage, Allemagne exceptée, est historiquement élevé, la moitié des États européens n’ont plus accès aux marchés financiers dans des conditions normales, la Bourse de Paris n’a pas cessé de reculer depuis la création de l’euro. En 2000, le niveau du CAC était deux fois plus élevé qu’aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que l’euro conduit à une mauvaise allocation des capitaux et fait passer l’argent de ceux qui le gagnent à ceux qui ne le gagnent pas. Ceci conduit toujours à un marché vendeur qui, d’ordinaire, ne dure pas plus d’un an et demi. Mais ce marché vendeur dure en Europe depuis dix ans parce que le secteur public, la BCE et les politiques dépensent l’argent du futur pour maintenir une unité qui ne tient pas la route. Le désastre n’est-il pas suffisant pour que l’on passe à autre chose ?
Comment jugez-vous le quinquennat de Nicolas Sarkozy ?
Pour faire des réformes, il faut faire comme Madame Thatcher : être un gouvernement de conviction et pas de consensus. Nicolas Sarkozy a suivi une politique schizophrène : il tenait un discours de réformes et il a essayé de séduire ses ennemis naturels. Comme disait Pompidou : si vous essayez de gouverner avec vos opposants, vous allez perdre vos partisans. Ces cinq ans ont été un échec total, à part la réforme de l’université. Les impôts ont augmenté, les déficits et le poids de l’État aussi. Il n’y a pas eu de réformes.
On ne peut pas réformer la France ?
Les classes politiques grecques ou espagnoles ne voulaient pas non plus faire des réformes. Et puis, quand il n’y a plus eu d’argent et qu’on n’a plus voulu leur en prêter, ils ont été dans l’obligation de se réformer. C’est ce qui se passera en France. Parce que nous ne sommes pas face à une crise économique, mais bien face à une crise d’un État devenu obèse. L’État chinois réalise 30 % du PIB du pays. En France, c’est 55 %. Il faut que notre mur de Berlin tombe, l’État doit sortir des domaines où il n’a rien à faire. Sinon, c’est le FMI qui le fera pour nous. D’après mes calculs, le système français atteindra ses limites en 2013 ou 2014.
SOURCE ET REMERCIEMENTS :
LA TRIBUNE
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20111229trib000674390/zone-euro-nous-vivons-une-tentative-de-coup-d-etat-larve.html
AUX INFOS DU NAIN
http://auxinfosdunain.blogspot.com/2012/01/charles-gave-zone-euro-nous-vivons-une.html
LE BLOG DE CHARLES GAVE
http://lafaillitedeletat.com/2012/01/07/article-de-charles-gave-dans-la-tribune/
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08/01/2012 Publié par The Wolf | Changes et Devises, Commentaire de Marché, Déflation, Douce France, Europe, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, La Tribune | Charles Gave | Poster un commentaire