Beppe Grillo: «Je suis l’expression d’une colère»
Beppe Grillo: «Je suis l’expression d’une colère»
Le leader du Mouvement cinq étoiles qui a bouleversé l’échiquier politique italien lors des élections législatives sillonne le pays en vue des communales. Il a accordé une rare interview à la presse
Beppe Grillo, l’homme qui a bouleversé le paysage politique italien lors des législatives fin février, sillonne à nouveau la péninsule en vue des élections communales. Le leader du Mouvement cinq étoiles était jeudi à Ancône, chef-lieu des Marche.

– Comment présenteriez-vous, en quelques mots, la philosophie de votre Mouvement politique?
Beppo Grillo: Tout cela naît d’une colère contenue. Colère pour la situation dans laquelle nos politiciens ont plongé le pays. Contenue parce que constructive. Nous ne voulons pas tout casser. Nous voulons changer les choses. Le Mouvement représente un espoir de changement, un rêve pour des millions de personnes qui ont perdu confiance en nos politiciens.
– Quelle est l’idée de départ?
– Au départ, il y a un constat: la démocratie particratique italienne a échoué. Elle est morte. Elle a non seulement conduit le pays à sa faillite mais le système, comme je l’appelle, est gangrené par la corruption. Notre classe politique est inefficace et corrompue, et cela la population ne le supporte plus.
– Vous considérez que tous les politiciens sont corrompus. Selon vous, ils sont tous à mettre dans le même sac?
– Non. Je considère, au contraire, que beaucoup d’entre eux sont honnêtes. Ce n’est pas un problème de corruption individuelle. C’est le système en lui-même qui est corrompu. De sorte que quelqu’un d’honnête, de motivé, lorsqu’il entre dans ce système est entraîné par un flux de corruption institutionnalisé. Par liens occultes. L’Italie se classe 79e dans la liste des pays les moins corrompus dans le monde. Voyez le nombre incroyable de scandales qui ont marqué les dernières années, à gauche comme à droite. C’est un changement révolutionnaire que nous proposons.
– Grâce à Internet?
– Oui. Le Net est en pleine expansion. Bientôt, tout le monde y aura accès. Même les catégories les plus âgées et les moins favorisées. Nous sommes arrivés à 25% lors des dernières élections sans les télévisions, je dirais même contre les télévisions et les journaux. Nous sommes aujourd’hui à 30% des intentions de vote dans les sondages honnêtes. C’est pour cette raison qu’on essaie de nous faire taire.
– A ce propos, vous avez une relation complexe avec la presse italienne?
– Ils nous haïssent et nous méprisent.
– Pourquoi?
– Parce que nous incarnons le changement et ils ne veulent pas s’y résoudre. Puis la presse est liée aux grands groupes industriels. Voyez De Benedetti, qui fut un des premiers adhérents au Parti Démocrate. Ce que je n’accepte pas, c’est qu’ils ne nous attaquent pas sur nos idées. Ils attaquent ma personne. Ils méprisent nos élus alors que nous avons amené dans les institutions un nombre record d’universitaires, de jeunes, de femmes. Leurs réactions sont incompréhensibles. C’est de la malhonnêteté intellectuelle.
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La corde pour nous pendre! Nouvelles de Chine par Richard Dupaul
La corde pour nous pendre! Nouvelles de Chine par Richard Dupaul
La Chine place ses pions en Europe
Avec un pactole de 3400 milliards US en réserves monétaires, la Chine a commencé à diversifier ses investissements étrangers, délaissant ses placements prudents dans les obligations d’État. Les Chinois préfèrent de plus en plus les actifs tangibles dont la valeur est déprimée. Leur magasin préféré: l’Europe.


L’Europe va mal. L’économie rétrécit, le chômage grimpe sans cesse, et les jeunes quittent le navire. Décourageant? Non, une occasion en or pour la Chine qui continue de faire son marché sur le Vieux Continent, avec appétit.
D’après le fonds A Capital, une firme de Pékin qui fait un relevé trimestriel («dragon index») des investissements outre-frontière, c’est même la zone euro qui attire la plus grande part des capitaux chinois.
La firme se base sur les fusions-acquisitions menées par des groupes chinois à l’étranger. En 2012, l’Europe a recueilli 33% des fonds investis, soit 12,6 milliards US. Un record. C’est nettement plus qu’en 2011 (10,4 milliards US) et très loin devant l’Amérique du Nord, avec environ 5,5 milliards US. Un résultat surprenant, vu la reprise économique en cours aux États-Unis, qui devrait en principe attirer les investisseurs.
De toute évidence, les investisseurs chinois sont attirés par les actifs européens vendus à des prix attrayants en cette période de crise. Un petit retour sur 2012 montre que les Chinois ont d’ailleurs fait de belles prises.
Ils ont mis la main notamment sur des géants industriels allemands en difficulté, dont Kion Group (machinerie) et Putzmeister (cimenterie), et le producteur britannique de céréales Weetabix.
China Investment Corp., le plus important fonds d’investissement étatique en Asie, a aussi pris une participation minoritaire dans des infrastructures britanniques stratégiques, incluant l’aéroport Heathrow et la Thames Water Utility. C’est une percée au coeur du royaume de Sa Majesté. Sans oublier que des fonds chinois ont fait des achats importants au Portugal et en Grèce, deux pays à vendre à la découpe ces temps-ci.
Le fait que l’Europe attire plus de capitaux chinois que les États-Unis, malgré la prise de contrôle très médiatisée l’an passé de Wanda sur la chaîne de cinémas AMC Theatres, témoigne de l’accueil souvent glacial des Américains.
Washington est particulièrement vigilant quant aux investissements étrangers sur son territoire, et cela a pour effet de décourager les avances des acquéreurs. Dans ce domaine, le cadre réglementaire est plus souple en Europe qu’aux États-Unis où, par exemple, «le Sénat peut bloquer, de manière arbitraire, des investissements», explique dans une note financière André Loesekrug-Pietri, fondateur d’A Capital.
Les Chinois apprécient également le savoir-faire européen dans l’énergie, l’eau, les transports, l’automobile et l’aéronautique, tous des secteurs appelés à développer en Chine.
Les entreprises chinoises ont «besoin de savoir-faire, et c’est en Europe que se trouvent les meilleures technologies», affirme le responsable.
D’autres noms? Volvo (Suède), le port de Pirée (Grèce), McCormick (France)… autant d’entreprises ou d’actifs de valeur qui ont aussi été cueillis comme des fruits mûrs par les Chinois depuis 2009 pour leur valeur stratégique à long terme.
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L’immigration britannique a été trop forte et trop rapide!!!
L’immigration britannique a été trop forte et trop rapide!!!
Durant la crise, les emplois nouvellement créés ont été octroyés aux immigrés plutôt qu’à des Britanniques d’origine
Les partis politiques les plus restrictifs en matière d’immigration ont le vent en poupe. C’est vrai en France et au Royaume-Uni, où le Parti de l’indépendance (UKIP) a surpris tout le monde et accumulé 26% des voix lors des élections de la semaine dernière. L’expérience britannique de l’immigration mérite une analyse approfondie. C’est précisément le mérite de David Goodhart dans British Dreams*, un ouvrage salué récemment par la critique, notamment par le Financial Times.

«Trop forte et trop rapide»? L’immigration annuelle nette, entre 2004 et 2011, a été égale à l’ensemble de celle qui est intervenue entre 1066 et 1950, soit 250 000 personnes, selon David Goodhart.
L’immigration n’a pas vraiment été gérée. La première vague, de 1948 aux années 1990, était liée à ses obligations d’ex-pays impérial. Aucun obstacle ne pouvait être érigé. Mais le pays a été surpris par l’étendue du phénomène. Ses effets ont été d’autant plus incertains qu’il n’avait pas cherché à établir une culture d’intégration, au risque d’un affaiblissement du contrat social. La deuxième vague, à partir de l’élection des travaillistes en 1997, est le résultat d’une multitude de mini-décisions.
Si le Royaume-Uni avait confiance dans sa capacité d’intégration, la vitesse du changement n’aurait pas été problématique, selon l’auteur. Tel n’est pas le cas, si bien que des menaces pèsent aujourd’hui sur l’Etat social lui-même. «Lorsque les valeurs et les modes de vie s’écartent, il est plus difficile d’affirmer la légitimité de l’Etat social et d’amener les citoyens à partager les risques», selon David Willetts. Ceux que l’auteur nomme «les minorités visibles» sont 8 millions au Royaume-Uni. Dans certains cas, leur intégration aura été faible. Certaines minorités, notamment d’origine musulmane et rurale, ont reproduit l’essentiel de leurs coutumes.
Le Royaume-Uni doit choisir entre deux modèles d’immigration, celui des Etats-Unis et celui de la Suède. Un Etat social ne peut être généreux à l’image de la Suède qu’à la condition d’être une société homogène, selon l’auteur.
Les objections à l’égard d’une forte immigration ne sont pas nécessairement racistes. Les démocraties sont très exigeantes à l’égard de leurs citoyens. On ne risque plus sa vie pour sa patrie, mais on verse environ le tiers de son revenu à l’Etat pour gagner un accès aux infrastructures publiques. La coopération ne peut fonctionner que si la confiance est partagée. C’est pourquoi, selon l’auteur, derrière la diversité ethnique se cache le débat sur la diversité des valeurs.
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Confisquer l’épargne pour sauver les banques?
Confisquer l’épargne pour sauver les banques?
Les récentes mesures confiscatoires envers les comptes bancaires chypriotes sont déjà derrière nous, ainsi va l’actualité. Et pourtant: impensable il y a encore peu de temps, les simples épargnants sont désormais perçus comme des candidats potentiels à l’impôt forcé. S’agit-il là d’une tendance nouvelle ou d’un simple accident de parcours?
Le point de départ de la crise chypriote est connu: plusieurs banques de l’île étaient devenues insolvables suite à de mauvais prêts à leurs cousines grecques. Mais, en soi, il n’y avait là rien de très nouveau car des faillites bancaires peuvent se produire partout, à commencer par la Suisse.

Souvenez-vous, l’image avait alors fait le tour du monde: des épargnants suisses faisant la queue devant leur banque. C’était en octobre 1991, la Caisse d’épargne de Thoune (CET) avait alors fermé ses portes et fait faillite. Au terme d’une longue liquidation, les déposants avaient récupéré 60% de leurs avoirs. Mais, contrairement à ce qui vient de se passer à Nicosie, les autres banques bernoises n’avaient évidemment pas été priées de passer à la caisse en vue de soutenir leur voisine d’infortune.
Pour revenir à Chypre, on ne gardera guère en mémoire la faillite d’une banque, mais bien la façon dont toutes les autorités concernées ont réagi à la crise. En bref, et en bafouant le principe de propriété privée, elles ont d’abord imposé une confiscation partielle des dépôts bancaires importants puis décidé la réintroduction du contrôle des changes entre un Etat membre de l’Union monétaire et les autres. En passant, on notera que cette seconde mesure va à l’encontre des règles d’une monnaie unique.
Face à de tels procédés, la réaction de la population européenne a été bien faible. «Chypre est si loin et de telles surprises ne sont pas pour nous!» fut sa seule réponse. L’ennui, c’est que le patron d’UniCredit, l’une des grandes banques italiennes, vient de s’engouffrer dans la brèche en affirmant qu’il était «acceptable de confisquer les comptes d’épargne pour sauver les banques pour autant qu’il s’agisse d’une solution européenne commune». Les fourmis du nord de l’Europe apprécieront.
Venant d’un dirigeant bancaire considéré comme crédible, une telle affirmation, qui a valeur de ballon d’essai, annonce-t-elle de nouvelles confiscations? Dans le doute, il y a fort à parier que les plus gros déposants de la zone euro auront déjà commencé à se réfugier vers des actifs tangibles ou à transférer leurs fonds vers l’Asie. Conséquence mécanique de ces milliards envolés, les banques européennes seront à la peine. La récente dégringolade de l’or ne serait alors que les prémices d’une crise qui ne demandera qu’à se propager à l’ensemble des marchés financiers.
Par François Gilliéron Consultant indépendant/Le Temps 22/4/2013
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/9b0d3c92-aaae-11e2-bcb1-70560e33ec49/Confisquer_l
Que de chiffres trompeurs Par Jean-Pierre Béguelin
Que de chiffres trompeurs Par Jean-Pierre Béguelin
Nous croulons de plus en plus sous une avalanche de chiffres très souvent faux, peu pertinents et, surtout, mal interprétés, un afflux qui explose en cas de scandale politique ou financier.


Prenez le cas de M. Cahuzac où certaines accusations poussent des enquêteurs à demander combien doit apporter un Français pour pouvoir ouvrir un compte à Genève. Ces journalistes oublient toutefois qu’il y a compte et compte, vu que la finance privée est fort semblable à la mode. Comme il y a la confection, le prêt-à-porter, les marques de luxe et la haute couture, il y a le dépôt bancaire à diverses échéances, la gestion standard avec fonds de placement, le portefeuille personnalisé et le gérant quasi exclusif. Chaque catégorie coûtant de plus en plus cher à satisfaire, elle requiert évidemment des avoirs de plus en plus fournis. Inutile ainsi de chercher à connaître le prix du ticket d’entrée si l’on ignore la qualité des places achetées, d’autant que la frontière entre ces différents services est poreuse selon la banque ou, même, selon le client. Il reste que 750 000 francs, comme pour M. Cahuzac, ouvrent normalement la porte du prêt-à-porter bancaire légèrement personnalisé sans qu’il soit besoin de chercher des montants dissimulés plus importants encore que – mais je n’en sais pas plus à ce sujet – ceci n’exclut évidemment pas cela.
C’est que les exagérations fleurissent dès qu’il s’agit de secrets, d’affaires financières et d’optimisation fiscale. Le président Van Rompuy ne vient-il pas lui-même de déclarer que l’évasion fiscale coûtait à l’UE 1000 milliards d’euros par an? Mille milliards d’euros par année, soit 10% du PIB européen, c’est là un chiffre difficilement croyable. Si on parle d’une perte d’impôts, le montant des capitaux dissimulés aux yeux du fisc serait colossal. En supposant le revenu de ces placements imposé à 50%, celui-ci s’élèverait alors à 2000 milliards l’an, ce qui nécessiterait, à 5% de rendement, des capitaux s’élevant à 40 000 milliards d’euros, soit plus que les avoirs nets de l’UE dans son ensemble, une impossibilité manifeste.
Non, ce qui est plus vraisemblable, c’est que le président ou ses conseillers ont confondu une perte totale unique avec un manque à gagner récurrent, comme le font presque toujours les politiciens qui promettent de supprimer l’évasion fiscale et les fraudes diverses en mélangeant – sciemment (?) – les flux et les stocks, comme on le dit en jargon. Les premiers sont des entités, telles que les pertes et profits ou le PIB, qui ne sont mesurables que sur un intervalle de temps – on gagne 7000 fr. par mois, on produit 100 pièces à l’heure. Les seconds sont des grandeurs – un bilan, une dette – mesurées et mesurables à un instant précis, au 31 décembre 2012 par exemple. Si ces deux types de données sont parfois liés par des relations comptables, on s’efforcera toutefois d’être prudent en les mélangeant, une précaution qu’érode malheureusement l’habitude de plus en plus généralisée de tout comparer au PIB.
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Deutsche Bank reste engluée dans les scandales et les procès
Deutsche Bank reste engluée dans les scandales et les procès
Les successeurs de Josef Ackermann n’arrivent pas à redorer le blason de la banque. Les petits porteurs sont excédés

Le vieil homme en costume de velours ne décolère pas. Trente ans qu’il est actionnaire de Deutsche Bank, et jamais il n’a pris la parole à une assemblée générale. Mais cette fois, «c’en est trop!» lâche-t-il devant les caméras de la télévision allemande. Comme la plupart des actionnaires présents jeudi à l’assemblée générale extraordinaire (AGE) de Deutsche Bank, la première de son histoire, il est excédé des manœuvres du clan Kirch. Et il renouvelle sa confiance à la direction de l’établissement.
Car si les actionnaires ont été reconvoqués, c’est à cause des héritiers de feu Leo Kirch, le magnat de l’audiovisuel déchu. Des décisions importantes de la précédente réunion datant de mai 2012 devaient être revotées. Elles avaient été invalidées par la justice à la suite de la plainte de la famille Kirch, qui dénonçait un vice de forme. L’AGE a confirmé les votes de 2012, portant notamment sur le versement de dividendes aux actionnaires et le choix de Paul Achleitner à la tête du conseil de surveillance.
Anshu Jain et Jürgen Fitschen, le duo à la tête de la banque, étaient visiblement soulagés. Même s’ils ne sont pas au bout de leur peine. Les deux présidents ont pris, voici dix mois, la succession de Josef Ackermann au sommet des tours de Francfort. Depuis, ils n’ont guère eu l’occasion de présenter de bonnes nouvelles. Confrontée à une cascade de plaintes et de procès, la première banque d’Allemagne a dû provisionner des milliards d’euros en raison de ces «risques judiciaires».
D’abord, les héritiers Kirch la tiennent pour responsable de la débâcle de l’empire familial en 2002, peu après la publication d’une interview du patron de l’époque, Rolf Breuer, doutant de la solvabilité du groupe. En décembre 2012, le tribunal de Munich avait reconnu les fautes de la banque et l’avait condamnée à verser des dommages et intérêts dont le montant – non encore déterminé – pourrait atteindre 1 milliard d’euros. En attendant, le clan Kirch semble résolu à maintenir la pression.
Les dommages et intérêts à leur verser ne représentent qu’une partie de la somme que Deutsche Bank a provisionnée. Les petits litiges – moins de 100 millions d’euros – ne sont pas couverts. Fin mars, ce fonds a été augmenté de 600 millions d’euros, pour atteindre 2,4 milliards. «Nous ne savons pas combien de plaintes vont encore se présenter à nous», avouait en janvier Anshu Jain. La liste des conflits ouverts est en effet longue. Deutsche Bank est impliquée dans le scandale de manipulation des taux Libor et Euribor et anticipe à ce sujet une amende de 500 millions d’euros. Une enquête est par ailleurs en cours contre une partie de la direction de l’institut pour fraude fiscale dans le commerce des certificats d’émission de CO2.
Aux Etats-Unis, des milliers de plaintes s’accumulent contre la banque pour son rôle dans la formation de la bulle immobilière. La justice américaine enquête également sur les déclarations d’un ex-analyste, qui accuse la banque d’avoir maquillé ses bilans 2007-2009 pour éviter le renflouement par l’Etat allemand lors de la crise bancaire. Enfin, en Italie et en Allemagne, les plaintes de PME et de communes se multiplient. La banque est accusée d’avoir vendu des produits financiers ayant engendré de fortes pertes.
Par Nathalie Versieux Berlin/Le Temps
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b37fe616-a3a7-11e2-bc14-2d985e2e86f8%7C1
Devise mystère, le Bitcoin voit sa bulle éclater
Devise mystère, le Bitcoin voit sa bulle éclater
Devise mystère, le Bitcoin voit sa bulle éclater Le cours de la monnaie virtuelle s’est effondré

Un plus haut historique mercredi à 266 dollars. Et, vendredi soir, un cours qui venait de casser la barre des 70 pour flirter avec les 67 dollars. Jamais Bitcoin n’aura autant fait parler d’elle que cette semaine. Monnaie virtuelle mystérieuse, cette devise est loin des Linden Dollars du monde virtuel Second Life. Générés automatiquement par des algorithmes secrets, les Bitcoins sont en effet utilisés depuis plusieurs mois dans le monde réel: pour payer des achats sur Internet, régler une pizza aux Etats-Unis ou des sucreries. Mais c’est apparemment pour des activités illicites, notamment le trafic de drogue, que les Bitcoins seraient utilisés.
«Apparemment», car le mystère plane autour des Bitcoins. Créés en 2009 par un certain Satoshi Nakamoto – son nom d’emprunt –, ils sont échangeables via un logiciel d’échange («peer-to-peer») à installer sur son ordinateur. L’internaute offre ainsi une partie de la capacité de calcul de son ordinateur au réseau, et peut ainsi échanger de la monnaie, mais aussi en créer de manière très lente. Satoshi Nakamoto a conçu la monnaie pour qu’en 2030, un total de 21 millions de Bitcoins soient créés.
EN LIEN: Bitcoin Bubble

Sur les 24 dernières heures, 393 700 Bitcoins ont été échangés sur Mt. Gox, la principale plateforme d’échange. Alors que la monnaie somnolait depuis des mois aux alentours des 10 dollars, elle a brusquement décollé il y a quelques jours – au plus fort de la crise chypriote, sans qu’aucun lien n’ait pu être prouvé. Depuis le pic de mercredi, le Bitcoin n’a cessé de perdre de sa valeur.
Inquiétude de la BCE
Si la monnaie est virtuelle, ses conséquences peuvent être bien réelles. Car, pour l’heure, il semble que les transactions entre détenteurs de Bitcoins puissent se faire de manière totalement anonyme. Et même si des attaques de hackers ont temporairement paralysé plusieurs plateformes cette semaine, tant les échanges entre particuliers que les achats de biens ont pu se poursuivre. La popularité de la monnaie a même incité la Banque centrale européenne (BCE) à publier en octobre dernier un rapport de 54 pages sur les monnaies virtuelles, où elle s’inquiétait de l’absence totale de cadre légal autour de Bitcoin.
Par Anouch Seydtaghia/Le Temps Avril2013
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/10f2678a-a39c-11e2-bc14-2d985e2e86f8
















































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Gourmandise irrationnelle Par Michel Juvet
Gourmandise irrationnelle Par Michel Juvet
La baisse universelle des taux recherchée par les banques centrales provoque aujourd’hui des effets de gourmandise évidents dans l’esprit des investisseurs
Pendant longtemps, on s’est interrogé sur les bienfaits et méfaits des politiques monétaires non conventionnelles menées, depuis la crise de 2008, par les banques centrales.
Si la banque centrale américaine a réussi à rétablir le fonctionnement des banques et du système de crédit américain, la Banque centrale européenne a pu, elle, à défaut d’influencer l’économie réelle, relancer le financement des Etats européens en éliminant les menaces systémiques.
Mais la baisse universelle des taux recherchée par les banques centrales provoque aujourd’hui des effets de gourmandise évidents dans l’esprit des investisseurs. Affamés par des rendements traditionnels devenus grêles, ils se sont alors précipités sur les obligations de débiteurs à plus hauts rendements, de moins bonne qualité, faisant ainsi fondre les surplus de rendements traditionnels observés sur ces débiteurs les plus risqués.
Confrontés aux manques d’alternatives disponibles sur les marchés pour nourrir leurs besoins de rendements, les investisseurs ont alors redécouvert avec délectation depuis plusieurs mois les rendements alléchants des dividendes des actions, supérieurs aux rendements obligataires. Aux Etats-Unis, les flux d’entrées nettes de capitaux depuis le début de l’année dans les fonds en actions atteignent ainsi des montants record, proches de ceux observés en 2007…
Plus inquiétant, le niveau des achats de titres réalisés à crédit (margin accounts) est également proche de celui atteint en 2007. Il paraît clair qu’une grosse partie de la hausse des marchés s’est donc réalisée dans un but spéculatif. L’inflation que tout le monde redoutait ne s’est pas concrétisée dans l’économie réelle, mais bien dans les marchés financiers…
Plus gourmandes également, et dans la lignée des années Greenspan, les entreprises, sans grandes perspectives économiques, empruntent massivement à taux très bas, non pas pour investir dans des machines ou pour racheter d’autres entreprises, mais pour, comme en 1998-1999 ou 2007… racheter leurs propres actions! Dans un environnement à faible croissance, quoi de plus rationnel pour améliorer ses rendements sur fonds propres? Et quoi de mieux pour pousser les actions vers le haut?
Plus pervers encore, certaines banques centrales, aux bilans gonflés de titres sans rendement, plutôt que de commencer un régime amincissant pour leurs réserves, s’intéressent désormais également aux actions…
Face à la mondialisation qui abaissait les revenus des citoyens, Alan Greenspan avait volontairement créé un effet de richesse en stimulant exagérément les prix des actifs mobiliers et immobiliers… Mais quelle est donc la différence avec la politique actuelle, qui tente de lutter contre la paupérisation due à la crise?
Vite, que la croissance revienne pour justifier tout ça!
Source Bordier et Cie/ Le Temps Mai13
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20/05/2013 Publié par The Wolf | Bordier, Commentaire de Marché, Inflation, inflation importée, monétarisation de la dette, Le Temps, Marché Obligataire, Marchés Financiers et Boursiers Actions, Mon Banquier est Central, Monétarisme | Michel Juvet | Poster un commentaire