L’Edito du Dimanche 5 Mai 2013: Au bout du chemin, la servitude, merci Monsieur Rehn Par Bruno Bertez
L’Edito du Dimanche 5 Mai 2013: Au bout du chemin, la servitude, merci Monsieur Rehn Par Bruno Bertez
Les socialistes et étatistes ont utilisé l’image des meutes de loups, des wolfpacks pour caractériser le comportement de la communauté spéculative mondiale lors des premières escarmouches de la crise européenne. Ce sont les wolfpacks qui ont gagné; elles ont obtenu:
1°) que l’on plonge les peuples dans l’austérité pour que leurs créances soient honorées
2°) que, pendant la période intermédiaire, la BCE de Draghi leur garantisse le plein de leurs créances par la promesse de rachat illimité de leurs créances pourries.


Les usuriers ont gagné une bataille, sur le dos des institutions des peuples, les gouvernements et les Banques Centrales. Bien sûr, cela ne suffit pas. Les institutions, malgré leur opacité, n’existent pas, elles sont des tenants lieux, des intermédiaires, entre les usuriers et les peuples. Il reste maintenant donc, aux intermédiaires, sortes de fermiers-généraux collecteurs, de faire le sale travail, à savoir collecter, tondre les serfs pour rembourser les banquiers. La wolfpack a mué, changé de nature. La nouvelle wolfpack, ce sont les banquiers centraux et les gouvernements au service de sa Majesté, la Banque. La wolfpack tourne autour de sa proie, l’argent, les dépôts bancaires, les économies, la sécurité, la retraite des citoyens comme une meute assoiffée de sang. Elle encercle, hurle, terrorise le peuple afin de le saisir à la gorge, sans défense, même sans combat. Impatiente de saisir sa proie et de la rapporter docile à ses maitres, comme de bons chiens bien dressés. Au passage, la wolfpack mute, elle se transforme en hyène, déchiquète les cadavres de l’économie productive.

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L’Edito du-Dimanche-21-avril-2013: Le plan secret des maîtres du monde par Bruno Bertez
L’Edito du-Dimanche-21-avril-2013: Le plan secret des maîtres du monde par Bruno Bertez
Il a fallu longtemps, beaucoup de patience, pour implanter l’idée de la répression financière. C’est maintenant chose faite, tout le monde, y compris le grand public, comprend que la politique des Banques Centrales et des gouvernements est une politique de confiscation. Même les médias les plus bornés comprennent et expliquent à leurs lecteurs que les taux d’intérêt nominaux sont nuls, que les taux réel sont négatifs et, bref, qu’ils s’appauvrissent. Ces médias n’en sont pas encore à montrer que les hausse de taxes, de frais, de commissions, qui touchent toutes les formes de placements, vont dans la même direction: celle de la confiscation du capital. Cela viendra.


Avec cette prise de conscience, le phénomène discret d’entonnoir se précise et s’amplifie. Qu’est-ce que l’effet d’entonnoir? C’est la canalisation des flux financiers, de l’épargne, vers des réceptacles précis, balisés. Un entonnoir, cela collecte large et cela dirige plus étroit. Ce que l’on voit, maintenant que la répression financière est du domaine public, ce sont des incitations à abandonner les formes d’épargne qui ne rapportent rien et s’érodent au profit de formes qui ont un rendement positif apparent. C’est la fameuse quête du rendement, the « search for yield », la SFY, qui provoque un flux de sortie des placements sans risque vers les placements à risque, comme les actions à haut rendement, les sociétés immobilières à bons dividendes, les emprunts risqués, high yield, etc.Une digression s’impose. Dans la première phase de la crise de 2008, il y a eu récession financière, les rendements ont été mis à zéro, mais ce n’était pas dans les mêmes conditions ni pour le même objectif. Il s’agissait de faciliter les refinancements des banques en faillite, de drainer les capitaux au profit des Etats. Le grand entonnoir de début de crise avait pour fonction de diriger les flux au profit des gouvernements pour faciliter leur keynésianisme et leur action de soutien des banques.
Non seulement, il n’était pas conçu comme l’entonnoir actuel, mais il n’était pas perçu comme durable, permanent. Il s’agissait de diriger les flux vers le risk-off, les placements sans risques, ceux qui étaient garantis par les gouvernements. On peut dire que c’est par ce biais que l’on a créé le paradigme du risk-on, risk-off, si utile pendant un certain temps. Car il faut le savoir le RONROFF est une création purement intellectuelle géniale, une fois élaborée, théorisée, il a suffi de quelques semaines de construction de corrélations pour que le paradigme soit implanté et incontournable.
Ce que nous voulons souligner par la digression ci-dessus est que sous la même désignation, effet d’entonnoir ou « search for yield », il y a des réalités et surtout des objectifs différents.
Actuellement, la privation de rendement vise bien sûr encore à financer gratuitement les gouvernements, les banques, les agences publiques, à soutenir la valeur des créances irrécouvrables etc., mais on cherche aussi autre chose. Et cet autre chose commence à émerger dans les médias.
On cherche à reflater la bulle immobilière américaine. Nous avons décrit le phénomène. Il consiste à rafler le parc d’immobilier locatif, lequel offre un rendement de 4 à 5%, de le réhabiliter plus ou moins, de constituer un flux de revenus d’une certaine masse, de le titriser comme au bon vieux temps des années 2006, de le faire « rater » par une agence type Moody’s, puis de le vendre à un gogo-caisse de pension, avide de rendement. On établit une sorte de carry qui va dans le sens souhaité par les apprentis sorciers malhonnêtes des Banques Centrales. On refait les entourloupes de 2006. En plus cynique, plus dangereux.


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L’Edito du Samedi 13 Avril 2013: La fraude est-elle un mal français ? Par Bruno Bertez
L’Edito du Samedi 13 Avril 2013: La fraude est-elle un mal français ? Par Bruno Bertez
La fraude est-elle un mal français ? Nous posons la question parce que nous considérons qu’elle est fondamentale en cette période de crise du système. En deux mots, notre réponse est oui et non. Oui, c’est un mal français pour partie, un mal lié à son histoire tumultueuse. Non, ce n’est pas un mal typiquement français car, en cette période de crise, la tentation des politiques est de rechercher des solutions faciles et surtout les boucs émissaires. Et les fraudeurs sont des cibles toutes désignées.

La crise que nous traversons dépasse très largement le domaine de la finance et de l’économie. C’est une crise de société, une crise de l’ordre social. La perception de cette crise sociale se fait comme d’habitude par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, on stigmatise ce qui est visible comme l’accroissement excessif des inégalités depuis trente ans. On stigmatise le train de vie scandaleux de certains chefs d’entreprises, des vedettes du star system et de leurs complices politiques. Car il ne faut jamais oublier que tout ce beau monde constitue les classes dominantes. La classe du business, la classe de la politique, la classe de la haute fonction publique, la classe du star system, tous ces gens se fréquentent et couchent ensemble. Ah ! Nous allions oublier les médias.
Il faut savoir qu’il y a plus de fraudeurs chez les ultra-riches que chez les classes moyennes et, a fortiori, chez les pauvres. La raison en est que les ultra-riches ont beaucoup plus à perdre et à dissimuler. L’incitation à tricher est plus forte quand on risque de se faire confisquer des dizaines de millions que quand on doit dissimuler quelques petites centaines d’euros sur ses revenus mensuels. C’est la loi du marché en quelque sorte. Plus ne pas tricher coûte cher, plus on est obligé de tricher.
La grande différence entre les ultra-riches et les autres, c’est qu’ils ont des moyens considérables. Des moyens considérables en termes de conseils juridiques et fiscaux, des moyens considérables en termes de montages financiers, domestiques ou offshore. Tout se passe comme si, grâce à la complicité avec la classe politique et les hauts fonctionnaires, il y avait toujours pour eux un moyen d’échapper. Que ce soit aux sanctions fiscales ou autres d’ailleurs. C’est là où l’inégalité se manifeste, à notre avis, le plus, dans cette capacité à être à la marge, utiliser toutes les failles du système, avec la complicité de ceux qui sont sensés, ou bien légiférer ou bien faire appliquer la loi.

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L’Edito du Lundi 8 Avril 2013: Les maîtres de l’univers organisent délibérément la fuite devant la monnaie par Bruno Bertez
L’Edito du Lundi 8 Avril 2013: Les maîtres de l’univers organisent délibérément la fuite devant la monnaie par Bruno Bertez
Nous avons le sentiment confus qu’une phase nouvelle de la crise est en train de se dérouler. Il est possible que cette phase ait commencé il y a quelques mois déjà. Il est possible aussi qu’elle soit entièrement nouvelle. La situation dans laquelle nous nous trouvons est complexe. Les forces qui sont à l’œuvre sont entremêlées ; ce que l’on appelle la situation recouvre en fait plusieurs situations qui glissent les unes sur les autres. Nous allons tenter de mettre un peu d’ordre. Sans grande prétention à ce stade.



Il est incontestable qu’une étape nouvelle a été franchie. Nous la caractériserions par le « coûte que coûte ». Les autorités monétaires mondiales ont pratiqué une escalade sans précédent dans la prise de risques. C’est évident pour les Etats-Unis de Bernanke qui tentent d’enfoncer à fond la pédale d’accélérateur monétaire alors que le moteur économique frémit à peine. C’est vrai du Japon qui vient de décider d’accepter jeudi dernier d’utiliser la bombe atomique et de mettre sur le tapis 1,4 trillion de dollars en deux ans. Kuroda a l’audace d’annoncer qu’il veut doubler la masse monétaire au cours de cette période ! Thérapie de choc qui illustre bien notre caractérisation de « coûte que coûte ». C’est vrai aussi, s’agissant de l’Europe ; mais là, nous en sommes au stade des déclarations d’intentions et des promesses puisque le gros bazooka de Draghi n’a pas encore été vraiment utilisé. Pour l’Europe, nous serions tentés d’ailleurs de dire que l’on est en train d’explorer une autre voie pour faire en sorte que les gens fuient devant la monnaie. N’est-ce pas ainsi, par exemple, que l’on peut interpréter l’incroyable décision d’oser menacer les dépôts bancaires ? On aurait voulu que les gens fuient la monnaie que l’on ne s’y serait pas pris autrement. Laissons-là pour aujourd’hui, nous aurons l’occasion d’y revenir.

Quand nous disons « nouvelle phase », nous visons également quelque chose d’autre que ce que nous venons de décrire : cette nouvelle phase est celle que nous qualifierons de « phase de doute ». Dès lors que le « coûte que coûte » ne donne pas les résultats attendus, il est normal que le doute s’installe. Au lieu d’accélérer, l’économie américaine redevient hésitante, comme le prouvent les derniers chiffres de l’emploi. Au lieu de chuter comme espéré, le yen refuse d’obéir aux impulsions de la Banque Centrale. C’est peut-être la réapparition des inquiétudes européennes qui explique tout cela. Et si nous interrogions Bernanke, c’est certainement ce qu’il nous répondrait. Mais c’est peut-être aussi autre chose : on est peut-être en train de buter sur les limites des politiques monétaires. Écrasées par le poids des dettes globales, les économies mondiales n’ont peut-être plus la possibilité de transmettre les stimuli monétaires comme les maîtres de l’univers l’espéraient. Avec 200 trillions de dettes globales, peut-être que l’économie mondiale souffre d’asphyxie. Nous vous rappelons qu’en 2002, la dette globale ne représentait, si l’on peut dire, que 80 trillions.


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L’Edito du Dimanche 31 Mars 2013 : La guerre monétaire se déroule sur tous les fronts Par Bruno Bertez
L’Edito du Dimanche 31 Mars 2013 : La guerre monétaire se déroule sur tous les fronts Par Bruno Bertez
On parle beaucoup, ces derniers temps, de « currency wars ». On en parle à tort ou à travers, à propos de choses très différentes. Les « currency wars » sont, comme le nom l’indique, des actes de guerre dont la monnaie se trouve au centre. Des actes de guerre, agressions ou ripostes.
Ces agressions peuvent être multiples et surtout recouvrir des actes et des situations différentes. Notre hypothèse, depuis le début de la crise financière ouverte de 2008, est que nous sommes entrés dans une guerre froide monétaire.

La crise pose la question de savoir qui va trinquer, qui va payer en termes de nations, de groupes sociaux, d’ensemble économique. La croissance facile disparaît, la question de la destruction du capital et des dettes anciennes se pose ; la question du chômage devient aigue. La crise provoque des réaménagements et, dans ces réaménagements, certains seront gagnants, d’autres seront perdants.
C’est cette sorte de compétition stratégique de plus en plus agressive et de moins en moins coordonnée que recouvre l’expression de « currency wars ».

Les peuples ont beaucoup de difficultés à admettre que l’on vit dans un monde d’affrontements sans pitié réelle, camouflés par des discours angéliques. Au niveau global, c’est le règne de la force qui domine ; pourtant, tout est habillé du manteau ou du voile de la concertation. Il y a une sorte d’accord tacite entre les grandes nations pour faire comme si. On essaie, avec de plus en plus de difficultés il est vrai, de maintenir la fiction de l’harmonie universelle, tout le monde est beau, tout le monde est gentil.

Tout se passe comme s’il y avait un double phénomène pour expliquer cette situation paradoxale d’un monde d’affrontement sans pitié d’un côté, et d’un discours lénifiant adressé aux peuples, de l’autre. Les nations s’opposent les unes aux autres, mais, pour conserver prestige et crédibilité, les gouvernements évitent de mettre les conflits avec l’étranger sur la place publique. Voire les chefs gouvernements s’embrassent pour les caméras et étalent leur connivence.

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L’Edito du Dimanche 24 Mars 2013: Pourquoi il faut marcher sur les pieds et non sur la tête par Bruno Bertez
L’Edito du Dimanche 24 Mars 2013: Pourquoi il faut marcher sur les pieds et non sur la tête par Bruno Bertez
Sarkozy revient sur le devant de la scène. Il est sorti des coulisses et rentre par la grande porte: celle du scandale. On le sentait venir, les appels à son retour n’étaient pas innocents. Il y avait anguille sous roche et l’anguille, c’était celle de l’inculpation.
La stratégie a consisté à repolitiser Sarkozy, à le tirer de son exil et de sa réserve pour pouvoir politiser par contrecoup son inculpation. La droite, le peuple, vont donc être instrumentalisés au service de Sarkozy. Les Français tombent dans un nouveau piège.

Depuis l’élection de Hollande, il n’y a aucune opposition. Personne n’a pris en charge la représentation des Français qui ne sont pas d’accord avec le gouvernement et son parti. L’assemblée ne représente rien, si ce n’est la soumission des godillots et l’impatience d’un groupe qui n’attend que la reconquête du pouvoir par défaut.
Pourquoi?
Parce que les partis politiques sont des machines au service d’un ou plusieurs hommes et non pas des organisations destinées à représenter et défendre les citoyens. Ce ne sont pas des corps intermédiaires, ce sont des tremplins, voire des échafaudages. En conséquence, une fois dans l’opposition, ils n’ont rien à dire. Ils n’ont rien d’autre à faire que de se quereller afin de savoir qui sera l’heureux désigné lors de la prochaine présidentielle. D’où le grand vide.
Pas d’analyse des projets gouvernementaux, pas de débat, pas d’écoute de la société civile. Tout au plus quelques petites phrases de temps à autre pour ne pas être oubliés des médias, telle est la seule activité des leaders de l’opposition.
Lorsque la société civile se rebelle, personne ne prend la tête, ne la guide, ne l’éclaire; non, seules quelques personnes secondaires viennent se joindre aux manifestations, tenter de récolter quelques miettes. On le voit avec la Manif Pour Tous du 24 Mars. Le peuple est seul.
L’inculpation de Sarkozy s’inscrit dans ce contexte. Elle est redevable d’une analyse.


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L’Edito du Lundi 18 Mars 2013: Greenspan- De débile à sénile en passant par servile par Bruno Bertez
L’Edito du Lundi 18 Mars 2013: Greenspan- De débile à sénile en passant par servile par Bruno Bertez



Alan Greenspan était sur CBNC vendredi matin, dans le cadre de la grande campagne destinée à embarquer les actions et à permettre au secteur financier de se dégager sur le dos du public et de ses institutions avant la hausse des taux.
Comme on pouvait s’y attendre, ses propos n’ont pas été diffusés dans leur intégralité, mais dans la partie « utile » seulement.
- Voici cette partie utile:
« La force récente de l’économie peut être attribuée à la hausse des marchés d’actions et à la hausse des prix du logement. Le prix du housing a un potentiel de hausse considérable, les prix des logements ont « botommed » (fait leur plus bas). Les assets sont sous-évalués en regard de la performance et du comportement de l’économie dans son ensemble….
Les actions sont considérablement sous-évaluées, selon les standards historiques.
Irrationnelle exubérance serait la dernière phase que j’utiliserais pour qualifier ce qui se passe sur le marché maintenant….
En terme de prime de risque, ce qui mesure l’exubérance ou la non-exubérance, on est très sous-évalué….
La raison pour laquelle le marché n’a pas monté plus, c’est parce qu’il y a des facteurs qui compriment les cours…
Ce n’est pas la Fed qui alimente le rally, fondamentalement, le rally est causé par la suppression du tail-risk européen. »
Nous avons analysé tellement souvent ce tissu d’imbécilités que nous nous bornerons à quelques remarques.
Nulle part vous n’entendez prononcer les mots « dettes » et « surendettement »; dans ce système, la dette et le surendettement n’existent pas.
Dans ce système, les assets n’ont pas de valeur fondamentale, intrinsèque. Elles valent ce que dicte la Fed, c’est à dire le taux des treasuries courts ou longs, plus une prime de risque. On ne s’interroge pas sur les questions de savoir:
- Si les taux courts ne vont pas monter.
- Si les taux longs ne vont pas grimper, et retrouver un niveau naturel.
- Si la chute de la productivité et la hausse des coûts par unité produite ne vont pas accélérer l’inflation, réduire, les marges des entreprises.
- Si la politique de taux zéro et de monétisation vont encore pouvoir durer longtemps.
- Si les déficits vont pouvoir continuer de s’accumuler.
- Si Blackrock va pouvoir avec ses copains acheter à tour de bras l’immobilier locatif, l’empaqueter comme on a fait avec les subprimes et les revendre au prix fort avec commissions à vos institutions de prévoyance, jusqu’à ce que le taux de rendement du locatif cessent de supporter le poids des commissions et honoraires.
Non, les assets en tant que tels n’existent pas, ils n’existent qu’en fonction de leur désirabilité et cette désirabilité est fixée par la politique monétaire (taux, spread et quantité de monnaie), sur laquelle vient se greffer une prime de risque.
La prime de risque, ce n’est pas le réel et l’incertitude qui la fixent, mais le marché, c’est à dire la rencontre des demandes et des offres de papier telle qu’elle est pilotée par la Fed. Bref, la prime de risque de Greenspan comme celle de Bernanke évacue le réel, elle est suspendue dans les airs de la tautologie des marchés. La prime de risque selon Greenspan devrait être minima puisque la Fed garantit tout, par son »put », sa promesse de continuer indéfiniment les liquidités et les taux zéro.
Il n’y a pas de risque réel, uniquement un risque de marché et le marché est tenu par la Fed.
Les taux ne peuvent échapper au contrôle de la Fed, même les taux longs.
Le dollar peut faire tout ce qu’il veut, inflater, spolier, peu importe, il sera toujours désiré.
Seule concession, la Banque Centrale Européenne n’est pas aussi magique que la Fed, elle ne réussit pas à faire oublier totalement le tail-risk. Eh oui, la BCE a encore un ancrage allemand dans le traditionnal banking.
Greenspan vit dans son monde magique, mais sa caricature de raisonnement est révélatrice, car il nous livre toute nue, la pensée de Bernanke: le monde n’existe pas. Les stocks de dettes n’existent pas, le pouvoir d’achat des salaires n’a aucune importance, la production n’existe pas, à la limite, on pourrait s’en passer, la rareté n’existe pas. Seules comptent les perceptions, c’est le règne du signe, du modèle, et ils sont manipulables à l’infini. Nous sommes au cœur de la crise, la crise de la pensée.


Cette pensée qui a fait décrocher la valeur des choses; d’abord du travail, puis de la rareté, de la peine, des conflits pour la propulser dans les nues sans limites du désir. Il n’y a pas d’autre valeur des choses que celle que lui assigne la subjectivité délirante des désirs. Le casino est aussi « utile » que la ferme, que le médecin, que l’école, le tout est que les choses soient désirables .On connaissait cette perversion en matière de marchandises, que les publicitaires s’efforcent de faire d’autant plus désirer qu’elles sont moins utiles, mais personne ne l’avait théorisé et explicité au niveau des assets.
Sauf nous, à de maintes reprises. La crise de 2008 est une crise de la pensée, de la culture, une crise de l’imaginaire du capitalisme devenu financier. Une crise terrible qui fait prendre les vessies pour des lanternes, les ombres pour le corps, le signe pour le réel. Une crise qui nie le besoin, la rareté, le travail, le temps, la mort. Il n’y a plus de valeur autre que celle qu’assigne une subjectivité délirante modelée par la propagande, la désinformation et la manipulation des désirs. Il n’y a plus de fond, il n’y a que des interrelations et des corrélations.

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L’Edito du Dimanche 10 Mars 2013: A propos du salaire des dirigeants et des salaires "abusifs" en général par Bruno Bertez
L’Edito du Dimanche 10 Mars 2013: A propos du salaire des dirigeants et des salaires "abusifs" en général par Bruno Bertez
Le présent article n’a nullement pour objectif de prendre position sur la question de savoir s’il faut limiter ou non les salaires de dirigeants. La question des inégalités est complexe. C’est un vaste sujet qui pour être abordé nécessite que l’on se place de différents points de vue: économique, moral, social, sociétal et symbolique. Par ailleurs il est relié à la question de la justice sociale qui, en elle-même, constitue un débat à part entière.
Simplement nous voulons attirer l’attention sur un aspect passé sous silence.
Les sommes touchées par les managers ont pour origine : la professionnalisation, la montée du pouvoir de ces managers et leur constitution en classe sociale hybride entre le salariat et le capital.

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Le capitalisme familial, pour maintenir son patrimoine et son profit, a fait appel à des managers.
En même temps, les entreprises se sont ouvertes sur l’extérieur, sur l’actionnariat populaire et la dette bancaire, le levier. L’origine du profit et de l’enrichissement est devenue plus floue, plus complexe.

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L’ Edito du Dimanche 3 Mars 2013: Le séquestre américain, une tempête dans un verre d’eau! Par Bruno Bertez
L’ Edito du Dimanche 3 Mars 2013: Le séquestre américain, une tempête dans un verre d’eau! Par Bruno Bertez
Les médias et politiciens font une montagne de l’entrée en application de ce que l’on appelle « Le Séquestre ». Sous ce nom, on désigne tout simplement l’application de coupes automatiques dans les dépenses gouvernementales. Le monde politique américain n’ a pu se mettre d’accord lors des négociations avant les élections présidentielles, alors faute d’accord, rien d’anormal à ce que les réductions soient automatiques.
Notre interprétation est que tout ceci est une tempête dans un verre d’eau, mais qu’il faut creuser, aller au-delà des apparences pour apprécier l’importance de la question du séquestre.



Les chiffres d’abord.
L’enveloppe du séquestre représente 85 milliards de dollars. Cela fait un mois de monétisation de la Fed et 2,4% du budget fédéral total, lequel est de 3,6 trillions. Le déficit fédéral est de l’ordre de 1 trillion. On remarque d’emblée que si, dans un déficit de 1 trillion, il n’est pas possible, sans risquer la catastrophe, de couper 82 milliards de dépenses, il y du souci à se faire. Surtout en période de désengagement militaire, ce qui réduit les besoins. Les déficits ne seront jamais réduits, la dette continuera de s’accroître et la Fed devra continuer de monétiser ad vitam aeternam. Nous vous rappelons que la dette affichée des Etats-Unis est de 17 trillions, la dette réelle de 55 trillions et la masse des engagements non couverts… inchiffrable.
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«Contrairement aux prédictions d’obscurité, de ruine et d’apocalypse, personne ne peut sérieusement affirmer que 2,4 % de réduction d’un budget de 3600 milliards de dollars nous mènera à la dévastation et à la fin de la civilisation occidentale», a déclaré le sénateur républicain John Cornyn.
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L’Edito du Dimanche 10 Février 2013: Une certitude, l’Amérique fera, d’une manière ou d’une autre, défaut sur sa dette Par Bruno Bertez
L’Edito du Dimanche 10 Février 2013: Une certitude, l’Amérique fera, d’une manière ou d’une autre, défaut sur sa dette Par Bruno Bertez
C’est un enseignement de l’histoire, les dettes exceptionnelles ne sont jamais honorées. Elles sont soit répudiées, soit détruites. Il viendra un moment, après la phase aigue de la crise, ou tout le monde prendra conscience du risque qu’il y a, en nos sociétés de tuer la croissance, l’espoir et la mobilité/fluidité sociale. Sans compter les libertés.
Les sociétés pseudo démocratiques ont acheté la paix sociale par ce que l’on peut appeler "la prime de risque communiste": des salaires croissants, des transferts sociaux, des sécurités, des créations d’emplois, qui ont rendu légitime l’ordre social existant.
L’accumulation des dettes, son corollaire le creusement des inégalités, le chômage, rendent cette solution maintenant périmée.
On ne peut continuer.
Déjà la doctrine type FMI du rééquilibrage par l’austérité bat de l’aile. Elle est refusée par les Etats Unis pour eux même, elle est contestée, de plus en plus en Europe. Concrètement, on s’en écarte jour après jour en repoussant, discrètement les échéances.
Il viendra un moment ou les Etats Unis seront légitimes à proposer des solutions. Solutions dans l’intérêt général, mais bien sur, surtout dans leur intérêt. Ces solutions passent par la réduction drastique du poids des dettes, du poids du passé et des réformes pour un nouveau départ.
Ce qui sera un coup de force passera pour ce qu’il ne sera pas, une sorte cadeau des Etats Unis au monde global, selon la même dialectique qui a conduit à la fin de l’étalon devise-or.
La présente situation monétaire est temporaire, nous dirions même qu’à l’échelle de l’Histoire, ce sont ses derniers moments. Le monde global ne peut pas vivre noyé sous les liquidités éternellement. Un jour ou l’autre, il faudra sortir des politiques monétaires et fiscales non conventionnelles. Elles construisent elles même leurs propres limites. C’est alors que se posera la question d’un système monétaire plus satisfaisant, plus équilibré, meilleur reflet de la situation et des rapports de forces globales. Un système qui traduira l’ordre nouveau et non pas celui, qui joue les prolongations, qui est issu de la seconde guerre mondiale. Un système qui permettra de profiter des progrès de la science et des techniques et de le mettre au service des hommes.
Soit on le fait volontairement, de façon négociée, soit cela se fait dans le chaos, par la multiplication des crises, les affrontements et finalement la violence.



Le présent papier s’inscrit dans le droit fil de notre article intitulé « Pierre Laval, nous voilà ! ». Dans cet article récent, nous avions tiré prétexte de la hausse de l’euro et de quelques déclarations gouvernementales pour souligner la contradiction qu’il y avait entre mener une politique de déflation interne et, en même temps, maintenir le change. Nous avons rappelé l’exemple historique de Pierre Laval en 1935, lequel a pratiqué une politique de déflation des prix et des salaires, mais s’est totalement opposé à une dévaluation du franc par ce que l’on a appelé le patriotisme monétaire. Son conseiller Jacques Rueff avait pourtant mis toutes ses forces pour le persuader de la nécessité d’une dévaluation. Beaucoup d’observateurs dans la presse avaient fait de même. Pierre Laval s’est entêté. C’est cela qui est la cause directe de la dislocation de 1936. Il a semé les germes de toute l’histoire qui allait suivre.
Nous rappelons que nous sommes pour un change stable et sain, une monnaie non manipulée, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. La monnaie ne devrait pas être politisée. Hélas, quand on a choisi une mauvaise politique comme celle de l’austérité et de la déflation, si on veut échapper aux dislocations sociales, on est obligé de compléter ces politiques stupides par une dévaluation elle-même tout aussi stupide. Tout se passe comme si deux stupidités faisaient un moindre mal.
Les voix se sont donc élevées ces derniers jours en Europe afin de réclamer que l’on se préoccupe du niveau de l’euro vis-à-vis des monnaies concurrentes. Elles se sont élevées, mais bien timidement, car, en ce domaine, les politiques savent qu’ils marchent sur des œufs. Ce qui est frappant, c’est le double langage, encore que l’on ne devrait pas en être frappé, car il est coutumier. A usage intérieur, on n’hésite pas à proclamer que l’on veut faire baisser l’euro ; à usage extérieur, on emploie des tournures beaucoup plus alambiquées, des circonlocutions et des détours.


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L’Edito du Dimanche 12 Mai 2013 : Quand Robin des Bois trahit le peuple par Bruno Bertez
Qu’il s’agisse de Bernanke ou de Draghi , ils prétendent lutter contre le chômage; qu’il s’agisse de Obama ou de Hollande, ils prétendent lutter contre les inégalités. Le mythe de la lutte contre le chômage, tout comme son jumeau, la lutte contre les inégalités, est utile, il permet de tromper les peuples et de faire précisément le contraire. Ce que les Pouvoirs disent n’est destiné qu’à masquer la réalité. Et c’est pour cela qu’ils sont élus.
Au fond, nous sommes persuadés que les gens le savent et qu’ils l’acceptent . Ils ont compris que chômage et l’aggravation des inégalités étaient des maux nécessaires… pour maintenir l’ordre/désordre établis. Au fond, les peuples ont peur, ils ont une peur panique du changement, de l’aventure, de prendre leur destin en mains et mettre toutes ces cliques dehors. Comme ils sont lâches, mais humains, ils trichent, ils se jouent la comédie. Ils votent pour des gens qui sont comme eux, dont ils savent qu’ils sont contre le changement, des gens qui sont les mieux à même d’entretenir leurs rêves, tout en ne touchant à rien d’essentiel. Les gens veulent qu’on leur fredonne l’air du changement.
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12/05/2013 Publié par The Wolf | Commentaire de Marché, Emploi, formation, qualification, salaire, Idées Courtes, Idées Fausses, Innovation Technologique, scientifique ou financière, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Les Clefs pour Comprendre, Les Editos, Les Tribulations de la Kleptocratie, Mon Banquier est Central, Monétarisme, Mondialisation, Répression Financière | Bruno Bertez | 22 Commentaires