L’Edito du Dimanche 12 Mai 2013 : Quand Robin des Bois trahit le peuple par Bruno Bertez
Qu’il s’agisse de Bernanke ou de Draghi , ils prétendent lutter contre le chômage; qu’il s’agisse de Obama ou de Hollande, ils prétendent lutter contre les inégalités. Le mythe de la lutte contre le chômage, tout comme son jumeau, la lutte contre les inégalités, est utile, il permet de tromper les peuples et de faire précisément le contraire. Ce que les Pouvoirs disent n’est destiné qu’à masquer la réalité. Et c’est pour cela qu’ils sont élus.
Au fond, nous sommes persuadés que les gens le savent et qu’ils l’acceptent . Ils ont compris que chômage et l’aggravation des inégalités étaient des maux nécessaires… pour maintenir l’ordre/désordre établis. Au fond, les peuples ont peur, ils ont une peur panique du changement, de l’aventure, de prendre leur destin en mains et mettre toutes ces cliques dehors. Comme ils sont lâches, mais humains, ils trichent, ils se jouent la comédie. Ils votent pour des gens qui sont comme eux, dont ils savent qu’ils sont contre le changement, des gens qui sont les mieux à même d’entretenir leurs rêves, tout en ne touchant à rien d’essentiel. Les gens veulent qu’on leur fredonne l’air du changement.



Les banquiers l’ont compris, qui, dans les médias à la botte, subrepticement, quotidiennement, entretiennent la peur. La peur de l’Armageddon financier. Tous ces gens sont clivés, schizophrènes, capables -pas toujours sans rougir pour certains, suivez mon regard– ces gens sont capables de dire une chose et de faire le contraire. En fait, ce ne sont pas des menteurs, car nous sommes persuadés qu’ils croient ce qu’ils disent, ils croient à leur promesse. Mais c’est à un certain niveau. Et le secret de leurs capacités, c’est d’être capables de vivre en même temps plusieurs niveaux de réalité. Ceux qui ne sont pas convaincus eux-mêmes, qui ne sont pas aliénés dans leurs propres illusions, sont des cyniques et ceux-là ne sont pas convaincants, ils ne sont pas populaires.

La corde pour nous pendre! Nouvelles de Chine par Richard Dupaul
La corde pour nous pendre! Nouvelles de Chine par Richard Dupaul
La Chine place ses pions en Europe
Avec un pactole de 3400 milliards US en réserves monétaires, la Chine a commencé à diversifier ses investissements étrangers, délaissant ses placements prudents dans les obligations d’État. Les Chinois préfèrent de plus en plus les actifs tangibles dont la valeur est déprimée. Leur magasin préféré: l’Europe.


L’Europe va mal. L’économie rétrécit, le chômage grimpe sans cesse, et les jeunes quittent le navire. Décourageant? Non, une occasion en or pour la Chine qui continue de faire son marché sur le Vieux Continent, avec appétit.
D’après le fonds A Capital, une firme de Pékin qui fait un relevé trimestriel («dragon index») des investissements outre-frontière, c’est même la zone euro qui attire la plus grande part des capitaux chinois.
La firme se base sur les fusions-acquisitions menées par des groupes chinois à l’étranger. En 2012, l’Europe a recueilli 33% des fonds investis, soit 12,6 milliards US. Un record. C’est nettement plus qu’en 2011 (10,4 milliards US) et très loin devant l’Amérique du Nord, avec environ 5,5 milliards US. Un résultat surprenant, vu la reprise économique en cours aux États-Unis, qui devrait en principe attirer les investisseurs.
De toute évidence, les investisseurs chinois sont attirés par les actifs européens vendus à des prix attrayants en cette période de crise. Un petit retour sur 2012 montre que les Chinois ont d’ailleurs fait de belles prises.
Ils ont mis la main notamment sur des géants industriels allemands en difficulté, dont Kion Group (machinerie) et Putzmeister (cimenterie), et le producteur britannique de céréales Weetabix.
China Investment Corp., le plus important fonds d’investissement étatique en Asie, a aussi pris une participation minoritaire dans des infrastructures britanniques stratégiques, incluant l’aéroport Heathrow et la Thames Water Utility. C’est une percée au coeur du royaume de Sa Majesté. Sans oublier que des fonds chinois ont fait des achats importants au Portugal et en Grèce, deux pays à vendre à la découpe ces temps-ci.
Le fait que l’Europe attire plus de capitaux chinois que les États-Unis, malgré la prise de contrôle très médiatisée l’an passé de Wanda sur la chaîne de cinémas AMC Theatres, témoigne de l’accueil souvent glacial des Américains.
Washington est particulièrement vigilant quant aux investissements étrangers sur son territoire, et cela a pour effet de décourager les avances des acquéreurs. Dans ce domaine, le cadre réglementaire est plus souple en Europe qu’aux États-Unis où, par exemple, «le Sénat peut bloquer, de manière arbitraire, des investissements», explique dans une note financière André Loesekrug-Pietri, fondateur d’A Capital.
Les Chinois apprécient également le savoir-faire européen dans l’énergie, l’eau, les transports, l’automobile et l’aéronautique, tous des secteurs appelés à développer en Chine.
Les entreprises chinoises ont «besoin de savoir-faire, et c’est en Europe que se trouvent les meilleures technologies», affirme le responsable.
D’autres noms? Volvo (Suède), le port de Pirée (Grèce), McCormick (France)… autant d’entreprises ou d’actifs de valeur qui ont aussi été cueillis comme des fruits mûrs par les Chinois depuis 2009 pour leur valeur stratégique à long terme.
PLUS DE CHINAMERICA EN SUIVANT: Lire la suite »
Réfléchissons un peu par Charles Gave
Réfléchissons un peu par Charles Gave
AVANT PROPOS DE BRUNO BERTEZ
Un paramètre fondamental, mais dont l’analyse est complexe.
Charles Gave présente ci-dessous une analyse opportune.
D’abord parce que trop souvent négligée,
Ensuite parce que nous sommes peut-être à un point d’inflexion,
Ensuite parce la liquidité est au centre de la préoccupation des marchés.
C’est une évidence que le système monétaire international est idiot. Le professeur Triffin, l’a expliqué et démontré en son temps: faire dépendre le volume des liquidités internationales des déséquilibres d’un pays est une aberration intellectuelle et cette aberration sera, un jour source de catastrophe.
Jusqu’à présent on s’est inquiété de l’excès de liquidités, c’est à dire de la surabondance de dollars produits par les déficits américains. Il y aura un jour ou l’on s’inquiétera de l’inverse.
Le monde global non seulement dépend du dollar comme base de ses réserves et de ses liquidités, mais il est vendeur colossal de dollars, il est short: A force de faire des emprunts en dollars, les firmes et les pays se retrouvent acheteurs potentiels de dollars pour pouvoir procéder aux remboursements.
Les Etats-Unis ont déjà du à plusieurs reprises accorder des swaps en dollars afin d’éviter des catastrophes, en particulier aux banques européennes. C’est un avant-gout.
L’évolution des statistiques de réserves internationales ne va pas, pour l’instant dans le sens de la pénurie de dollars, loin de là. Elles continuent de progresser bien au-delà de la croissance des GDP et de la production et circulation de richesse.
////////////////////////////////////////////////////////////////////
Les réserves internationales globales des banques centrales, sans tenir compte de l’or continuent de galoper. Elles sont à ce jour de 11.093 trillions en hausse de 6,1% sur 1 an. Ceci représente une hausse de 637 milliards, année sur année.
Au cours des deux dernières années, les réserves internationales selon la même définition ont cru au rythme de 13%, ce qui représente un ajout de 1.315 trillion.
Faute de bien saisir ce que signifient maintenant les agrégats monétaires, nous préférons nous intéresser à la création de crédit, laquelle joue dans la théorie de Steve Keen le même rôle que les revenus pour comprendre l’évolution de l ‘agrégat « GDP+achats d’assets ». Cette façon de voir est bien plus opérationnelle que la théorie classique.
Le crédit aux Etats unis progresse fortement grâce au crédit gouvernemental et au crédit de la Fed.
Le crédit est « vivant », tandis que la monnaie peut être morte, neutralisée, stérilisée.
Enfin, en termes de changes, nous pensons qu’un passage possible du dollar index au-dessus des 84 sera un signal important à suivre et à interpréter. On est présentement autour des 82.
///////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////
Grâce aux déficits américains, les pays engrangent des réserves qui servent de base à leur propres agrégats monétaires. C’est grâce à ce phénomène que les émergents ont émergé, et à cause de ce phénomène qu’ils ont du après 2008, mener des politiques anti-inflationnistes, les dollars crées par les Américains se déversant chez eux.
Nous pensons qu’il faut prendre le papier de Charles Gave non comme une prévision, mais comme un cadre de réflexion.
Pourquoi?
-Parce que la chose monétaire est complexe et tout le monde improvise, s’adapte et invente sans référence historique, nous sommes dans la Great Experiment! Le recours colossal au leverage, les repos, la réhypothecation des collatéraux ont créé un monstre que personne ne connait. On ne sait plus ce que c’est que la monnaie. Et puis on la travaille avec des théories fausses. Personne ne comprend le rôle de la spéculation et de la machine infernale qui a été créé par l’hypertrophie des marchés. On ne sait plus vraiment ou se fait, concrètement la création monétaire, ou même de quelle façon. Les marchés ont pris une grande partie du pouvoir de créer de la monnaie, le rôle des banques centrales et des banques commerciales n’est plus vraiment clair.
-Ensuite parce que les phénomènes monétaires sont articulés aux économies réelles , les deux inter-agissent de façon , là aussi complexe. Nous soutenons que la structure de l’économie américaine, de l’économie mondiale, les marges des entreprises, tout cela est, sans que l’on sache bien comment, complètement modifié par le système monétaire actuel, les déficits américains, la surabondance du dollar, l’absence de discipline internationale, et le comportement des pays mercantilistes.
A ce jour l’écheveau est embrouillé et … bien serré.
////////////////////////////////////////////////////////////////////
Réfléchissons un peu par Charles Gave
Rien n’est plus pénible que de réfléchir tout seul dans son coin, surtout quand une période est aussi agitée que celle que nous traversons. La tentation dans ces moments là est plutôt de réagir à tout événement, important ou pas, et avec violence, plutôt que de réfléchir…
Or, plus les événements apparaissent insensés, moins il faut réagir et plus il faut réfléchir.
Mais qu’est que veut dire « réfléchir » en pratique?
Une chose toute simple: Il faut s’efforcer de faire le tri entre le bruit et les tendances de fond, et pour y arriver, bien sur, il faut s’extraire de l’esclavage du quotidien.
L’une des façons de procéder est de « repérer » une variable essentielle dans le système économique dont il est à peu prés certain qu’elle va connaitre des changements fondamentaux et d’essayer de comprendre quelles seront les conséquences logiques des changements qui vont l’affecter.
Dans cet esprit, il me semble que le moment est venu de consacrer un article à l’une de ces variables, les comptes courants Américains.

Qu’est que « les comptes courants », va me demander le non initié ? La réponse est simple: c’est tout simplement la différence comptable entre ce qu’un pays achète et vend à l’étranger. Autrefois, cela s’appelait la balance commerciale. Et peu de choses ont autant d’impact sur le monde que l’évolution des comptes courants Américains, comme le démontre le graphique ci joint.
Je vais d’abord expliquer la construction du graphique, puis les raisons qui en font un outil très important dans une politique de placement, pour terminer par un essai d’analyse de son évolution (probable) à venir.
Commençons par la construction de notre graphique.
i. Je prends la statistique des comptes courants Américains telle qu’elle est publiée et je divise le chiffre par le PIB US pour calculer le déficit ou le surplus extérieur des Etats-Unis en pourcentage de la richesse créée chaque année dans ce pays, pour pouvoir comparer le déficit ou le surplus à d’autres périodes dans l’histoire des 60 dernières années.
ii. Je calcule la variation de ce ratio sur les 12 derniers mois, en termes absolus.
iii. Je l’inverse, ce qui veut dire que si les comptes courants Américains se sont améliorés depuis un an de 1 % du PIB, le point correspondant sera à +1 % (en dessous de zéro) sur l’échelle de gauche, s’ils se sont détériorés nous serons à -1 (au dessus de zéro).
A ce point, la deuxième question que le lecteur doit se poser doit être : Mais pourquoi est-ce si important?
PLUS DE GAVE EN SUIVANT: Lire la suite »
Quand les aveugles pilotent à vue par Bruno Bertez (Source AGEFI SUISSE)
Quand les aveugles pilotent à vue par Bruno Bertez (Source AGEFI SUISSE)

Le constat qui vient d’être fait dans les couloirs du FMI est clair malgré le phrasé politiquement correct: on ne sait pas du tout où l’on va.
Pour le public, la réunion de printemps du FMI est une réunion comme les autres. De la routine, on se congratule et on se pousse du col. Ainsi, Christine Lagarde est apparue sur les écrans de télévision pour proclamer, avec son culot habituel: «Je suis délibérément, désespérément, et de façon décisive, optimiste».
On sait depuis longtemps que, chez Lagarde, l’espoir et l’optimisme tiennent lieu de stratégie, mais quand même!
Au même moment, le FMI abaissait, pour la énième fois depuis 2008, ses prévisions de croissance globale.
/////////////////////////////////////////////////////////////
Nul besoin de s’attarder sur les prévisions conjoncturelles ou les recommandations du FMI. D’autant plus que ses erreurs sont éclatantes. Le FMI a annoncé en 2009 que l’Allemagne était celle qui allait le plus souffrir parmi les pays considérés, elle a pourtant dépassé son niveau d’avant la crise à peine un an plus tard. A l’inverse, le FMI ne cesse d’annoncer une reprise de la Grèce l’année suivante. En 2008, elle prévoyait que son PIB 2013 dépasserait de 22% celui de 2007. Il est aujourd’hui un quart inférieur!
////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Au même moment, dans les couloirs du même FMI, loin des micros et des caméras, on s’interrogeait: «Est-ce que nous comprenons vraiment ce qui se passe dans les économies avancées?», ainsi s’exprimait l’Italien, ex-BCE, Lorenzo Bini Smaghi. Mervyn King, futur ex de la Bank of England exposait ses doutes: «N’y a-t-il pas un risque à promettre trop ou à laisser espérer plus que nous ne pouvons tenir?». James Bullard, patron de la Fed de Saint-Louis, l’un des meilleurs, le 21 février exprimait les mêmes doutes sur un mode plus académique: «L’instabilité financière, la formation de bulles, est un problème. La Fed en parle souvent, donc c’est important. Mais ce n’est pas nouveau, cela dure depuis 20 ans. Et franchement, il n’y a pas de bonne réponse parce que nous n’avons pas de modèle pour traiter de l’instabilité financière».
Laissons de côté la propagande, les mensonges et les dénégations de Lagarde, et attardons-nous sur l’essentiel. Cinq ans après la catastrophe, nous en sommes au même point, rien n’a changé. La crise financière et bancaire est toujours enfouie dans les comptes truqués du Système. Les économies ne repartent pas. Le chômage continue d’enfler. Les niveaux de vie régressent. Les patrimoines sont érodés, sinon confisqués, par la répression financière et la fiscalité. Les consensus sociaux s’effondrent.

L’incendie a été noyé sous des déluges de liquidités monétaires, les économies ont été tenues à bout de bras par les déficits et l’argent gratuit, les agents privés sont sommés, sans succès, de dépenser, les marchés sont manipulés à l’extrême pour éviter les accès de panique; rien n’y fait, la machine refuse de repartir.
Au contraire, le système est encore plus lourd, plus déséquilibré par le poids croissant des dettes. Ses marges de manœuvre ont disparu, ses amortisseurs sont usés. Le constat qui vient d’être fait dans les couloirs du FMI est clair malgré le parler politiquement correct: on ne sait pas où l’on va, personne chez les dirigeants n’en a la moindre idée. Voilà la vérité, voilà la réalité.

"Lors de la dernière crise, nous avions la Chine comme moteur de la consommation, maintenant nous n’avons plus personne" par Wolf Richter
"Lors de la dernière crise, nous avions la Chine comme moteur de la consommation, maintenant nous n’avons plus personne" par Wolf Richter
Le directeur de l’entreprise Siemens a récemment annoncé son pessimisme quant à l’année 2014 et prévoit 7 000 suppressions d’emplois. Problème : aujourd’hui, le monde est orphelin des locomotives économiques qui autrefois tiraient l’économie mondiale vers le haut en temps de crise.

Il n’y avait aucun nuage à l’horizon. Les indices Dow Jones et S&P 500 affichaient des niveaux records, le DAX allemand se rapprochait sûrement des 8 000 points et le Nikkei japonais était en plein essor. C’est alors qu’un éminent représentant de l’économie réelle a gâché ce ravissant tableau.
"Le monde manque d’une locomotive économique" a déclaré Peter Löscher, PDG de Siemens, un des bijoux de la couronne allemande, qui se décrit elle-même comme "géant mondial de l’électronique et du génie électrique" avec 370 000 employés répartis dans plus de 190 pays, et 78,3 milliards d’euros (101 milliards de dollars) de revenus. Une jauge de l’économie mondiale. L’entreprise a donc rencontré quelques problèmes.
"Je suis arrivé chez Siemens alors que l’entreprise traversait sa plus grande crise" a expliqué Löscher dans une interview au Handelsblatt. En 2007, il devenait le premier directeur à être embauché depuis l’extérieur en 165 ans d’histoire de l’entreprise. Siemens était alors au cœur du plus grand scandale de corruption jamais connu en Allemagne. Ses bureaux avaient été perquisitionnés en 2006. En 2007, Siemens a été condamné à une amende par la Commission européenne lui reprochant de faire partie d’une entente de plusieurs fournisseurs internationaux pratiquant le truquage d’offres et la fixation des prix. Deux anciens dirigeants ont été condamnés par un tribunal allemand suite à des accusations de corruption. D’autres condamnations ont suivi. À la fin de l’année 2008, le coût des amendes approchait 3 milliards d’euros.
Löscher a menée l’entreprise hors de cette mauvaise passe et a investi dans des technologies vertes politiquement correctes pour redorer son blason. Cela a payé, et il a été perçu comme une sorte de héros. Mais Siemens est maintenant sous pression. La société a manqué son objectif de bénéfices pour l’exercice 2012 de plus d’un milliards d’euros. Les revenus ont augmenté d’environ 7%, mais les dépenses ont bondi, et les profits nets ont chuté de 26% pour atteindre 4,5 milliards d’euros. Et c’était le bon temps.
Löscher souhaite économiser 6 milliards d’euros. L’entreprise pourrait supprimer 7 000 emplois en Allemagne. "Programme Siemens 2014", l’a-t-on ingénieusement baptisé. Son principal concurrent General Electric a aussi annoncé un programme de diète. "En ces temps économiques difficiles, il faut agir sur la productivité", a justifié Löscher.
Des temps économiquement difficiles ? Pas du point de vue des bourses aux Etats-Unis, en Allemagne et au Japon qui planent à leur manière omnisciente. Et cette locomotive américaine ? Ne roule-t-elle pas à pleine allure, si l’on s’en tient à l’état des indices Dow Jones et S&P 500 ? Non. "Au mieux, elle titube", affirme Löscher.
"Au mieux" ! Il en sait quelque chose. Siemens USA emploie 60 000 personnes réparties dans tous les États. Mais cette locomotive américaine dont le monde est devenu si dépendant est cassée. Alors il est passé à l’autre locomotive.
"Pendant la dernière crise, nous avions la Chine", a rappelé Löscher avec nostalgie, "et la plupart des autres pays émergents avaient aussi des taux de croissance élevés". Mais les espoirs se sont éteints. "A court terme, on ne doit pas s’attendre à un stimulus de la part de la Chine" a-t-il noté. Il n’y aura donc personne pour tirer le monde vers le haut lors de la prochaine crise.
PLUS DE RICHTER EN SUIVANT: Lire la suite »
Faut-il renoncer à la démocratie ? Réponse d’Alexandre Latsa à Jacques Attali
Faut-il renoncer à la démocratie ? Réponse d’Alexandre Latsa à Jacques Attali
EXTRAITS:
« Faut-il supprimer la démocratie » est une citation du « sage et démocrate » Jacques Attali. Celui-ci a en effet le 18 mars dernier signé un article absolument incroyable où il pose la question de l’opportunité de songer à appuyer, aider et compléter les structures et institutions démocratiques afin de pérenniser leur efficacité.


Jacques Attali prend l’exemple de l’élection verticale et à vie du pape, puis de l’élection de la nouvelle présidence chinoise pour 10 ans, en remarquant que les deux fonctionnent selon le principe du parti unique, en portant au pouvoir quelqu’un du sérail sans consulter le peuple. Ensuite, il constate les échecs du système démocratique italien incapable de permettre l’émergence d’un gouvernement stable après les élections législatives du mois dernier. L’Italie serait d’après lui l’exemple type de l’échec du fonctionnement des systèmes démocratiques, le politique étant contraint de sacrifier l’avenir à long terme du pays (en aggravant la situation économique) pour assurer sa réélection.
Serait-il tombé sous le charme des partis uniques parce que la démocratie montre ses limites?
Pas du tout, il propose une troisième voie. Construire (en parallèle des institutions démocratiques) de nouvelles assemblées consultatives, composées de gens choisis, qui nommeraient des responsables à des niveaux plus élevés, ces derniers constitueraient une assemblée consultative nationale, en charge de conseiller les pouvoirs démocratiques. Ces assemblées seraient toujours selon lui destinées à équilibrer des pouvoirs politiques qui seraient mieux en mesure d’exécuter leur mission: la gestion de la « cité ».
Il ajoute qu’il y a urgence à ce que des gens (des « sages » n’en doutons pas NDLR) prennent le relai des politiques élus car les risques seraient réels puisque « les multiples fondamentalismes sont présents et ils rodent autour du lit de la démocratie ». Il conclut: « Si on veut sauver l’essentiel de la démocratie, c’est à de telles audaces qu’il faut commencer à réfléchir ».
Il faut peut-être lire entre les lignes et traduire: Nous (l’oligarchie) allons devoir un peu plus confisquer la démocratie et permettre à des gens mieux « choisis » de diriger nos pays.
Utopie? Usine à gaz avec de nouvelles assemblées commissions et comités divers salariés par les états démocratiques ? Il faut prendre très au sérieux les « audaces » proposées par Jacques Attali, parce qu’il existe déjà des comités qui pensent et décident à la place des élus du monde occidental.
Le 29 mars 2013, le président de Goldman Sachs a confirmé que le problème principal de l’UE était non pas Chypre (ou un pays comme la Grèce dans lequel le peuple est simplement en train de mourir NRDL) mais l’Italie d’aujourd’hui avec le facteur Grillo. Le troublant italien, sorte de Coluche politique, empêcherait en effet l’honnête establishment financier international d’achever sa prise de contrôle des états en faillite. Un processus qui comme on peut le voir ici est pourtant bien entamé et démontre, s’il le fallait, que c’est un comité d’anciens employés de la banque Goldman Sachs qui a pris les commandes des centres de décision du monde de la finance en Europe. Est-ce la meilleure des solutions pour l’Europe? Le pauvre Beppe Grillo avait même eu droit au début de ce mois à un billet corrosif à son égard sur le blog de notre « sage » dans lequel il était montré du doigt comme un danger pour l’avenir de l’Europe."
http://french.ruvr.ru/2013_04_01/Faut-il-renoncer-a-la-democratie/
L’Edito du Lundi 18 Mars 2013: Greenspan- De débile à sénile en passant par servile par Bruno Bertez
L’Edito du Lundi 18 Mars 2013: Greenspan- De débile à sénile en passant par servile par Bruno Bertez



Alan Greenspan était sur CBNC vendredi matin, dans le cadre de la grande campagne destinée à embarquer les actions et à permettre au secteur financier de se dégager sur le dos du public et de ses institutions avant la hausse des taux.
Comme on pouvait s’y attendre, ses propos n’ont pas été diffusés dans leur intégralité, mais dans la partie « utile » seulement.
- Voici cette partie utile:
« La force récente de l’économie peut être attribuée à la hausse des marchés d’actions et à la hausse des prix du logement. Le prix du housing a un potentiel de hausse considérable, les prix des logements ont « botommed » (fait leur plus bas). Les assets sont sous-évalués en regard de la performance et du comportement de l’économie dans son ensemble….
Les actions sont considérablement sous-évaluées, selon les standards historiques.
Irrationnelle exubérance serait la dernière phase que j’utiliserais pour qualifier ce qui se passe sur le marché maintenant….
En terme de prime de risque, ce qui mesure l’exubérance ou la non-exubérance, on est très sous-évalué….
La raison pour laquelle le marché n’a pas monté plus, c’est parce qu’il y a des facteurs qui compriment les cours…
Ce n’est pas la Fed qui alimente le rally, fondamentalement, le rally est causé par la suppression du tail-risk européen. »
Nous avons analysé tellement souvent ce tissu d’imbécilités que nous nous bornerons à quelques remarques.
Nulle part vous n’entendez prononcer les mots « dettes » et « surendettement »; dans ce système, la dette et le surendettement n’existent pas.
Dans ce système, les assets n’ont pas de valeur fondamentale, intrinsèque. Elles valent ce que dicte la Fed, c’est à dire le taux des treasuries courts ou longs, plus une prime de risque. On ne s’interroge pas sur les questions de savoir:
- Si les taux courts ne vont pas monter.
- Si les taux longs ne vont pas grimper, et retrouver un niveau naturel.
- Si la chute de la productivité et la hausse des coûts par unité produite ne vont pas accélérer l’inflation, réduire, les marges des entreprises.
- Si la politique de taux zéro et de monétisation vont encore pouvoir durer longtemps.
- Si les déficits vont pouvoir continuer de s’accumuler.
- Si Blackrock va pouvoir avec ses copains acheter à tour de bras l’immobilier locatif, l’empaqueter comme on a fait avec les subprimes et les revendre au prix fort avec commissions à vos institutions de prévoyance, jusqu’à ce que le taux de rendement du locatif cessent de supporter le poids des commissions et honoraires.
Non, les assets en tant que tels n’existent pas, ils n’existent qu’en fonction de leur désirabilité et cette désirabilité est fixée par la politique monétaire (taux, spread et quantité de monnaie), sur laquelle vient se greffer une prime de risque.
La prime de risque, ce n’est pas le réel et l’incertitude qui la fixent, mais le marché, c’est à dire la rencontre des demandes et des offres de papier telle qu’elle est pilotée par la Fed. Bref, la prime de risque de Greenspan comme celle de Bernanke évacue le réel, elle est suspendue dans les airs de la tautologie des marchés. La prime de risque selon Greenspan devrait être minima puisque la Fed garantit tout, par son »put », sa promesse de continuer indéfiniment les liquidités et les taux zéro.
Il n’y a pas de risque réel, uniquement un risque de marché et le marché est tenu par la Fed.
Les taux ne peuvent échapper au contrôle de la Fed, même les taux longs.
Le dollar peut faire tout ce qu’il veut, inflater, spolier, peu importe, il sera toujours désiré.
Seule concession, la Banque Centrale Européenne n’est pas aussi magique que la Fed, elle ne réussit pas à faire oublier totalement le tail-risk. Eh oui, la BCE a encore un ancrage allemand dans le traditionnal banking.
Greenspan vit dans son monde magique, mais sa caricature de raisonnement est révélatrice, car il nous livre toute nue, la pensée de Bernanke: le monde n’existe pas. Les stocks de dettes n’existent pas, le pouvoir d’achat des salaires n’a aucune importance, la production n’existe pas, à la limite, on pourrait s’en passer, la rareté n’existe pas. Seules comptent les perceptions, c’est le règne du signe, du modèle, et ils sont manipulables à l’infini. Nous sommes au cœur de la crise, la crise de la pensée.


Cette pensée qui a fait décrocher la valeur des choses; d’abord du travail, puis de la rareté, de la peine, des conflits pour la propulser dans les nues sans limites du désir. Il n’y a pas d’autre valeur des choses que celle que lui assigne la subjectivité délirante des désirs. Le casino est aussi « utile » que la ferme, que le médecin, que l’école, le tout est que les choses soient désirables .On connaissait cette perversion en matière de marchandises, que les publicitaires s’efforcent de faire d’autant plus désirer qu’elles sont moins utiles, mais personne ne l’avait théorisé et explicité au niveau des assets.
Sauf nous, à de maintes reprises. La crise de 2008 est une crise de la pensée, de la culture, une crise de l’imaginaire du capitalisme devenu financier. Une crise terrible qui fait prendre les vessies pour des lanternes, les ombres pour le corps, le signe pour le réel. Une crise qui nie le besoin, la rareté, le travail, le temps, la mort. Il n’y a plus de valeur autre que celle qu’assigne une subjectivité délirante modelée par la propagande, la désinformation et la manipulation des désirs. Il n’y a plus de fond, il n’y a que des interrelations et des corrélations.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT: Lire la suite »
Elections Italiennes ou quand les Oints du Seigneur ramassent un raclée par Charles Gave
Elections Italiennes ou quand les Oints du Seigneur ramassent un raclée par Charles Gave

Pour faire simple, il y a trois sortes de personnes dans la vie
- Ceux qui veulent se débrouiller tout seul, s’occuper de leurs affaires et qu’on les laisse tranquilles. De façon générale, quand ils prennent des risques, ils en assument les conséquences. C’est dans cette catégorie que l’on peut ranger les « entrepreneurs », et c’est d’eux et d’eux seuls que dépend la croissance économique puisqu’ils sont responsables de la « destruction créatrice » de ce cher Schumpeter sans laquelle aucune croissance n’a jamais eu lieu, nulle part.
- Ceux qui veulent que l’on s’occupe d’eux. Catégorie parfaitement honorable, mais qui ne cultive pas un amour exagéré du risque. On y trouve les fonctionnaires, les salariés des très grandes entreprises, les rentiers, les retraités…Vivre dans l’incertitude leur est difficile, leur but étant de voir leur vie s’écouler comme un long fleuve tranquille.
- Ceux qui veulent s’occuper des autres sans vraiment travailler, probablement parce que leur maman ne les a pas assez aimé quand ils étaient petits. On les trouve aujourd’hui dans la politique ou dans les « media ». Leur processus intellectuel est toujours le même: « Ils » diagnostiquent un problème, » ils » offrent une solution (qui en général passe par un accroissement des pouvoirs de l’Etat – et donc de leurs pouvoirs à eux), la solution échoue (comme toujours quand l’Etat se mêle de quelque chose en dehors des domaines Régaliens), ce qui ne les gène en rien puisqu’ils ont une « nouvelle » solution pour régler les problèmes qui n’existaient pas et qu’ils ont créé de toutes pièces, et surprise, surprise, cela suppose à nouveau un rôle accru de l’Etat ( et donc de leurs pouvoirs).Ils veulent en général laisser leur nom dans l’Histoire. Thomas Sowell les appelle les « Oints du Seigneur (ou ODS) (annointed en Anglais) pour bien montrer la nature religieuse et non scientifique de leur discours.. L’idée est toujours que nos « élites « vont intercéder pour nous avec la Divinité, mais que pour que ca marche, il faut que nous les payions constamment et fort cher. Rien de neuf donc, la base de tout charlatanisme ayant toujours été l’infinie crédulité des victimes. (Voir « le Devin » chez Astérix et Obélix, ou le programme de monsieur Hollande à la dernière élection pour plus de détails)
Le schéma théorique tel que décrit par Sowell s’est déroulé dans la pratique de façon impeccable avec l’Euro.
Chaque pays était géré selon son pacte social et disposait de sa propre monnaie. Si un pays était bien géré, sa monnaie montait, s’il était mal géré, sa monnaie baissait, ce qui fait que tous les entrepreneurs européens étaient sur un pied d’égalité, les dévaluations et réévaluations ajustant pour les différences d’efficacité des systèmes politiques. Ce n’était pas tres élégant, mais ca marchait plutôt bien. Tout allait donc bien en Europe et la croissance était la même à peu prés partout la même puisque tous les entrepreneurs étaient sur un pied d’égalité. .
Pour nos ODS ,tout cela était au contraire, très, très mal car l’on ne faisait jamais appel à leur services et cela voulait dire que le Marché (et non pas eux) déterminait le taux de change et le taux d’intérêt qui s’appliquaient à chaque pays. Si la politique suivie était stupide, le taux de change baissait et le taux d’intérêt montait, ce qui est insupportable si vous êtes sorti premier de l’école et que vous êtes à l’origine de cette politique stupide..Pour eux, il allait falloir remplacer tous ces systèmes inefficaces par un bon gros Etat central qui saurait gérer l’Europe au bénéfice de tout le monde et surtout cacher leurs erreurs le plus longtemps possible.
Et qui gérerait ce nouveau monstre?
Quelle question! Nos ODS bien sur! Qui d’autre?
La première étape vers la création de cet état Européen se fera par la monnaie, nous dirent ils et de ce fait nous aurons une merveilleuse convergence des économies sur tout le vieux continent. L’Euro est créé dans l’enthousiasme général pour améliorer des choses qui n’en avaient guère besoin, mais soit….
Attali, Minc, BHL Rocard, Juppé, Sapin, Adler, etc… tous sauf Philippe Seguin dont il faut relire le discours sur l’Euro, nous annoncent une longue période de croissances ininterrompue, accompagnée par une baisse du chômage et une convergence des niveaux de vie partout en Europe. (Relire les déclarations de tous ces Oints du Seigneur aujourd’hui est irrésistible).Bien plus, nous assurent les mêmes, politiquement, l’Euro permettra de contrôler l’Allemagne, bien trop puissante après sa réunification et donc contribuera à la bonne entente entre tous.
Douze ans après, où en sommes nous?

PLUS DE GAVE EN SUIVANT: Lire la suite »
Mister Market and Doctor Conjoncture du Lundi 4 Mars 2013: Le sursaut italien sur la route des marchés par Bruno Bertez
Mister Market and Doctor Conjoncture du Lundi 4 Mars 2013: Le sursaut italien sur la route des marchés par Bruno Bertez
La situation redevient indécise sur les marchés financiers. L’optimisme du début d’année suggérait une tentative de retour à un marché du risque clairement haussier, le comportement de ces derniers jours, à l’inverse, fait craindre que la fameuse bipolarité soit de retour.

Trois éléments se conjuguent pour inciter à la prudence:
- - L’entrée en vigueur du séquestre américain.
- - Les déceptions sur la reprise chinoise et l’activité molle chez les émergents.
- - Le retour du risque européen, le fameux « tail risk ».
Nous n’accordons pas une importance très grande au séquestre américain, suivant en cela Bernanke lui-même. Bernanke a fait remarquer que tout cela était connu, anticipé, et probablement dans les cours. C’est notre avis.
S’agissant des déceptions chinoises, elles sont évidentes. La surchauffe immobilière est réapparue, les autorités s’en émeuvent, un tour de vis monétaire surprenant a été donné. Le dernier PMI n’est pas encourageant. Par ailleurs, l’activité en Inde, Brésil et autres BRIC, laisse à désirer; c’est le moins que l’on puisse dire. Tout cela augure mal pour les commodities et l’énergie.

Le retour du tail-risk européen est bien réel, mais il est complexe. Il s’articule autour de la situation conjuguée de l’Italie et de la France. Ce qui rejaillit, nous l’évoquerons, sur la position japonaise de façon dangereuse.
Nous avons interprété le résultat des élections italiennes comme il se doit, c’est à dire un échec pour Monti, l’Europe et Merkel. Le vote en faveur de Beppé Grillo est un vote de jeunes en refus de la classe politique professionnelle et de l’homme imposé par l’Europe. Un vote a priori anti-européen.
Grillo a annoncé qu’il ne participerait à aucune coalition et qu’il soutiendrait, au coup par coup, les mesures qui lui conviendrait.
PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT: Lire la suite »


















































NI PUB, NI SPONSOR, NI SUBVENTION, SEULEMENT VOUS ET NOUS....SOUTENEZ CE BLOG FAITES UN DON


Avertissement!!! du Mercredi 15 Mai 2013: Déflagration? Quand un "Abé sardonique" cache un grand "Prêtre supersonique"! par Bruno Bertez
Avertissement!!! du Mercredi 15 Mai 2013: Déflagration? Quand un "Abé sardonique" cache un grand "Prêtre supersonique"! par Bruno Bertez
Ce qui se passe aux Etats Unis est central, certes, mais la crise se joue également ailleurs.
Nous soutenons que depuis le début de la crise, depuis 2008, le Japon est le modèle, le canevas, le scénario que nous allons suivre .
Pourquoi ? Parce que, sous un mode d’apparaitre différent, la crise est organiquement sinon la même, du moins isomorphe. Nous sommes dans une crise de surendettement, d’excès de passif, qui mute en crise financière, puis économique, puis qui remute en debt déflation, et enfin mute en crise de la monnaie et des finances publiques.
Si vous regardez bien, avec des habillages différents, les étapes sont les mêmes, les discours sont les mêmes, les débats sont les mêmes, en Japonais alors, en Anglais maintenant.
Et Nous soutenons que ce que font les japonais en ce moment, est suicidaire. Et Nous soutenons que les Etats Unis , face à l’échec du monétaire de Bernanke , passeront à la vitesse supérieure avec son successeur. Le policy mix deviendra le même, stimulation monétaire accrue, maintient voire augmentation du stimulus fiscal et en même temps promesse de réformes structurelles lesquelles ne verront jamais le jour.
Mais là n’est pas notre propos.
Nous souhaitons attirer l’attention que nous vivons une étape de complexification de la crise et que pour comprendre il ne suffit plus de suivre ce qui se fait aux Etats Unis. Tout s’entrelace, la crise américaine, le ralentissement phénoménal de la croissance en Chine, la déflation des commodities, le glut pétrolier, la reflation désespérée de Abe, la guerre monétaire dont sont victimes des pays cmme la Corée et l’Australie etc . Et nous ajoutons, le gâchis européen qui va évoluer après les élections allemandes.
Ce qui signifie que, ce que certains font ici, peut se trouver temporairement contré là.
La résultante des forces en action est incertaine, puisque les flux de capitaux restent libres.
Le mess, le bo….el japonais favorisent les européens au plan financier, ils bénéficient d’entrées de capitaux, au détriment de l’économie réelle par le biais du change par exemple.
Le ralentissement chinois favorise les Etats Unis par la déflation des matières premières, laquelle agit comme une ristourne de pouvoir d’achat dans le système américain etc Mais le dollar monte ce qui ne fait pas leurs affaires.
Tout se mélange, le plus et le moins, le monétaire et le bancaire, le bancaire et le financier, le financier et les changes, les changes et l’économie réelle, etc . On est en train de mettre en place un feed back loop, une transitivité incroyable, complexe, imprévisible.
Ce qui se passe sur le bonds japonais est grave, avec des JGB en limit down et un marché fragilisé, suspendu dans les airs, avec une expérience désespérée qui conduit en terre inconnue.
Et les idiots d’Américains applaudissent ! Ils oublient l’interconnexion et le fait que le YEN est monnaie de carry. Un pépin sur le YEN ou les JGB peut provoquer une fuite devant le risque incontrôlable au niveau mondial.
Quelle sera l’issue finale, quelles forces prendront le dessus, voilà pour nous la question majeure.
BRUNO BERTEZ Le Mercredi 15 Mai 2013
llustrations et mise en page by THE WOLF
EN BANDE SON:
Évaluez ceci :
Share this:
WordPress:
15/05/2013 Publié par The Wolf | A Chaud!!!!!, Changes et Devises, Commentaire de Marché, Cycle Economique et Financier, Déflation, Indicateur des Marchés, Japon, Le Graphique du Jour, Marché Obligataire, Mister Market and Doctor Conjoncture, Mon Banquier est Central, Monétarisme, Mondialisation, Risques géopolitiques, sociaux, environnementaux et sanitaires, Une info importante qui peut en cacher une autre | Bruno Bertez, Philippe Béchade | 2 Commentaires