Entretien Atlantico/ Bruno Bertez: Quand les Abénomics se font Seppukunomics!!!
Entretien Atlantico/ Bruno Bertez: Quand les Abénomics se font Seppukunomics!!!


Atlantico: Après plusieurs mois d’euphorie économique et boursière, le Nikkei a chuté hier (donc aujourd’hui) de 7,32%, après une hausse prodigieuse de 80% ces six derniers mois. Cette violente correction n’est-elle que passagère, ou est-ce les prémisses du dégonflement à venir d’une bulle financière ?




BRUNO BERTEZ: Vous avez raison; il y a bien eu euphorie boursière. Il faut cependant nuancer, s’agissant de l’économie, on a simplement assisté à quelques petits frémissements. L’euphorie boursière, c’est ce qui est le plus facile à déclencher. Il suffit de donner des liquidités gratuitement en quantités illimitées, d’annoncer que l’on cherche à faire baisser le change et que l’on continuera, "coûte que coûte", le temps qu’il faudra. Avez-vous déjà vu la spéculation résister à pareilles promesses? Mettre la spéculation de son côté n’est jamais très difficile. Le marché japonais a donc grimpé de façon parabolique. La qualité des acheteurs a été déplorable. Même les chiens couverts d’un chapeau ont pu gagner de l’argent, selon l’expression bien connue au Japon.
Au plan technique, après une hausse spectaculaire, une correction violente n’a rien d’anormal. Les acheteurs sont de mauvaise qualité, les fondamentales divergent profondément d’avec la tendance boursière. En un mot comme en cent, nous sommes dans une situation d’extrême fragilité.
La question de savoir si la correction n’est que passagère est la question à 1 million de dollars. Comment connaître les réactions de la communauté spéculative? Comment anticiper le flux des nouvelles? Comment tenir compte de ce qui se passe dans le monde entier? Ainsi, on dit que la forte chute du Nikkei trouve en grande partie son explication dans la publication de statistiques économiques chinoises très médiocres; statistiques qui vont, pour la première, fois dans le sens d’un retrait de l’activité économique et non plus seulement d’un ralentissement.
Tout ceci intervient sur un fond de scepticisme quant à l’efficacité réelle, le mot important est "réelle", des mesures que l’on regroupe sous le nom d’Abenomics.
Les Abenomics sont un véritable monstre. Abe a repris les politiques traditionnelles de stimulation keynésienne de son parti. Il a repris les enseignements du début des années 30, quand le Japon a procédé à une dévaluation compétitive et mené une politique volontariste. Abe a ajouté à sa panoplie les remèdes du charlatan Bernanke, remèdes qui consistent à créer une bulle des actifs financiers, à la fois pour produire un effet de richesse artificiel, et en même temps, pour modifier le sentiment des agents économiques du pays. C’est un cocktail explosif.
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Philippe Béchade/BFM : "il n’y aura aucune reprise au Japon" – 22 Mai 2013
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L’Arroseur arrosé! Malgré la chute du yen, le déficit commercial japonais se creuse
Les dernières statistiques commerciales japonaises ont jeté un froid, ce matin, sur l’enthousiasme des analystes qui affirment depuis janvier que le nouveau gouvernement conservateur japonais aurait enfin réussi à réveiller l’économie de l’archipel après des années de stagnation. Pour nourrir leur optimisme, ils pointent la chute spectaculaire du yen orchestrée par le gouvernement de Shinzo Abe et prédisent une forte progression des exportations de produits «made in japan».
Les économistes pariaient d’ailleurs sur un bond de 5% des importations au mois d’avril. Cette progression n’aura été finalement que de 3,8% en valeur. Les entreprises du pays ont exporté, le mois dernier, pour 5780 milliards de yens de marchandises. Leurs envois de téléphones portables et de machines ont particulièrement reculé quand les exportations de voitures étaient, elles, plus solides. Dans le même temps, le pays a importé pour 6660 milliards de yens de produits ou de ressources énergétiques, ce qui représente une poussée de 9,4%, par rapport au mois d’avril 2012.
Si les commandes de gaz, de pétrole ou de charbon n’ont pas forcément explosé en volumes, elles ont coûté beaucoup plus cher aux acheteurs nippons qui doivent travailler avec un yen ayant vu sa valeur plonger face au dollar. Ce matin, un dollar pouvait acheter 103 yens. Il y a un an, en avril 2012, un billet vert ne valait que 82,3 yens. Au total, le déficit commercial japonais a augmenté de 70% à 879,9 milliards de yens, le mois dernier, et les experts s’attendent à d’autres mois difficiles pour la balance commerciale japonaise qui est désormais dans le rouge depuis dix mois. Ils soulignent que le recul de la monnaie japonaise ne pourra prouver son efficacité économique que si la demande extérieure pour des produits «made in japan» est solide sur les grands marchés occidentaux et asiatiques. Or, la reprise reste timide aux Etats-Unis et n’est toujours pas d’actualité en Europe.
Source Les Echos 22/5/13
Alerte rouge du Mardi 21 Mai 2013: Dépôts bancaires, la vigilance s’impose à tous les niveaux, dès maintenant! par Bruno Bertez
Alerte rouge du Mardi 21 Mai 2013: Dépôts bancaires, la vigilance s’impose à tous les niveaux, dès maintenant! par Bruno Bertez



A tous les niveaux, cela signifie :
- 1 Politique
- 2 Financier
Politique, parce que les politiciens de droite et de gauche ont fait le choix de vous mentir. Quant aux autres, les extrêmes, ils ne travaillent pas, donc ils ne vous éclairent pas, ils ne cherchent qu’à récolter les mécontents. Plus il y en a et plus ils ont un gros marché potentiel, il ne faut donc pas compter sur eux pour être défendus.
Les politiques, Hollande en tète osent dire que la crise est finie, il l’a réaffirmé lors de sa conférence de presse. Les mêmes osent dire que les banques françaises sont saines et sans risque; Ils vous égarent délibérément. Egan Jones classe en catégorie spéculative type BB la plupart des banques françaises et il a raison; Le problème ce ne sont pas seulement les pertes enfouies dans les bilans, donc les faux bilans et les créances douteuses, le problème c’est l’accès au refinancement. Voilà ce que l’on vous cache. Les problèmes du capital insuffisant ou des pertes se comptent en dizaines ou centaines de milliards, celui du refinancement de gros est en trillions. Et de plus en dollars bien souvent, et non en euros.
Nous soutenons que si on triche, si on cache la vérité sur la situation réelle des banques, alors, on ne peut légitimement vous tenir pour responsables et vous obliger à financer les futures pertes. Vous ne pouvez être tenus pour responsables que pour ce que vous connaissez!… Les banques euros sont en faillite virtuelle, elles tiennent par les assurances de la BCE, les promesses de swaps de la FED, les fausses comptabilités, les maquillages de comptes, les certifications bidons des réviseurs, ceci exclut sauf recours à la violence que vous puissiez être tenus comme devant participer aux pertes. Ceci exclut, tant que les comptes ne sont pas honnêtes, que vous puissiez être mis à contribution. Si cela était fait, vous seriez légitime, face à la violence d’Etat à recourir vous-même à la violence.
Financier. Un groupe vient de déposer un projet à Bruxelles qui prévoit le bail in, la participation des soi-disant gros déposants bancaires aux éventuelles faillites; un gros déposant étant quelqu’un qui a plus de 100 000 euros sur son compte. Qu’est-ce que 100 000 euros pour préparer une retraite? Rien à coté du capital implicite qui assure le paiement des retraites des fonctionnaires.
L’excellent Charles Gave a dit ce qu’il fallait dire sur ce sujet.
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Un projet de législation européenne approuvé lundi par une commission du Parlement européen prévoit que l’épargne des petits déposants sera protégée à concurrence de 100.000 euros tandis que les titulaires de comptes disposant de soldes supérieurs risqueront de devoir passer des pertes en cas de faillite bancaire.
Ce projet fait écho à la solution retenue dans le dossier chypriote dans le cadre duquel les déposants les plus fortunés avaient été contraints d’accepter de passer des pertes pour éviter un naufrage du système bancaire local.
Pour entrer en vigueur, ce projet doit encore être approuvé par les 27 ministres des Finances de l’Union européenne et par les Parlementaires européens.
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Ce sont les Pays du Nord qui poussent dans cette direction de la confiscation des dépôts, pour réduire leur risque en cas de faillite bancaire. Ces pays préfèrent que ce soit vous qui payiez les additions de leurs âneries plutôt qu’eux. Vous n’avez choisi ni la politique suicidaire d’austérité, ni le sauvetage des banques coute que coute, ni de sauver les Pays du Sud, ni de maintenir en vie la Deutsche Bank etc… Rien de tout cela n’a été expliqué, débattu ou voté; seule la force et le mensonge l’ont imposé. Les plus gros risques européens ne sont pas français, ce sont Barclays et Deutsche Bank. Ne croyez pas les âneries sur la Suisse et le Luxembourg, ce sont idioties de gens qui ne savent pas lire un bilan bancaire et qui ne voient que le total du bilan sans savoir ce qu’il y a derrière.
Il y a deux échéances majeures en Europe
1 L’AQR, la procédure de contrôle et de vérification des actifs des banques avant la mise en place de la Banking Union; au cours de cette procédure, les « pots aux roses » risquent d’être découvert car les Pays du Nord ont intérêt a ce que rien ne soit caché, ils ne veulent pas payer pour le passé, pour les « cochonneries » cachées sous les tapis. Donc il y a un risque majeur de révélation.
2 Les élections en Allemagne. Merkel ment et triche, elle entretient l’ambiguïté sur la réelle position de son pays jusqu’aux échéances. Pourquoi? Parce que ses rivaux politiques sont internationalistes socialistes donc pour l’avilissement des monnaies, ils sont au service des banquiers. Et Merkel louvoie.
Que faire? Si vous êtes menacés, il vous faut réagir, vous préparer… Notre objectif est de vous aider à le faire .


BRUNO BERTEZ Le Mardi 21 Mai 2013
llustrations et mise en page by THE WOLF
EN BANDE SON:
Trois banques européennes sous la loupe d’ Egan-Jones: L’agence de notation se montre très sévère avec Barclays, BNP Paribas et Crédit Agricole.
Trois banques européennes sous la loupe d’ Egan-Jones: L’agence de notation se montre très sévère avec Barclays, BNP Paribas et Crédit Agricole..
L’agence de notation Egan-Jones consacre une partie de son dernier rapport à trois banques européennes simultanément. Une occurrence suffisamment rare pour attirer l’attention car l’agence cible plus généralement les sociétés américaines.

Les perspectives de Barclays lui paraissent inquiétantes et elle augmente la probabilité de défaut à 3%. Les pertes du groupe au second semestre 2012 (plus d’un milliards de livres sterling) et son exposition à la Grèce, à l’Espagne, au Portugal, à l’Italie et à l’Irlande – respectivement de 1,1 milliards, 33 milliards, 8,3 milliards, 32,5 milliards et 11,3 milliards – lui paraissent excessives. Sa couverture en capitaux propre semble insuffisante en comparaison avec ses pairs. Son ratio de Tier 1 est de 13,3%, en ligne avec celui de BNP Paribas, de JP Morgan ou de Société Générale mais très inférieur à celui d’UBS (21,3%) et sa couverture des prêts non-performants est faible, soit 10% seulement alors que BNP Paribas affiche 62,5%, Société Générale 66,9% et JP Morgan 187%. Le chiffre d’affaires a décliné au rythme de 6% par an au cours des cinq dernières années, partiellement en raison de la diminution de la taille du bilan, un repli voulu par les autorités. Sa marge opérationnelle s’est accrue de 0,8% l’année dernière. L’agence estime toutefois que l’exposition reste préoccupante et dégrade la note de la banque de BB+ à BB. Ce qui en fait un titre spéculatif, sensible aux incertitudes. Son rating S&P est de A (perspective négative), Moody’s de A3 (perspective négative) et Fitch de A (perspective stable). La note d’Egan-Jones est donc significativement inférieure à celles des autres agences.
Entre scandale du Libor, plaintes de la clientèle (la banque a été élue «pire banque de détail» au Royaume-Uni en janvier) et niveau d’information inadéquat aux actionnaires (dans l’affaire du financement par le gouvernement d’Abu Dhabi), Barclays a encore fort à faire pour redresser la situation.
Rien d’aussi dramatique pour BNP Paribas dont l’agence confirme la notation BBB- mais met la banque sous surveillance négative en raison de sa trop grande dépendance au marché interbancaire du dollar et à l’insuffisance de ses réserves pour créances douteuses.
L’agence cite plus particulièrement une exposition de 43,8 milliards d’euros aux entreprises italiennes et de 37,1 milliards aux particuliers italiens. Egan-Jones a abaissé la note de la banque trois fois depuis 2010 et une fois encore, son appréciation est beaucoup plus dure que celle de S&P ou de Moody.
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“Lionel Crassier a été brusquement rappelé de New York à Paris en mars l’an dernier et a par la suite quitté la banque, selon trois personnes proches du dossier”, écrit le Financial Times sur son site Internet. La banque concernée, c’est BNP Paribas. Lionel Crassier était à l’époque un trader expérimenté. Et son tort, c’est d’avoir été responsable d’une perte de trading évaluée entre 10 et 25 millions de dollars (entre 7,8 et 19,4 millions d’euros)
BNP Paribas, interrogée par le Financial Times, a seulement confirmé avoir transféré de New York à Paris un collaborateur en raison d’un mauvais jugement de "trading". “Il n’y a eu aucune perte de trading matérialisée pour BNP Paribas ou pour le département impliqué”, a ajouté la banque au quotidien financier britannique
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Credit Agricole voit sa notation confirmée à BB – un titre spéculatif, sensible aux incertitudes – et est, elle-aussi, placée sous surveillance négative. Un jugement que nous estimons trop sévère au lendemain de la vente de la banque grecque Emporiki et d’un doublement des provisions pour créances douteuses. La forte exposition au Portugal, à l’Italie, à l’Irlande et à l’Espagne reste prépondérante dans le jugement de l’agence.
Dans une étude académique de novembre 2011*, les auteurs constatent que les informations contenues dans les ratings d’Egan-Jones sont plus réactifs et plus symétriques (ils s’adaptent de manière homogène aux bonnes et aux mauvaises nouvelles) que ceux de Moody. Ils attribuent ces résultats non à la certification NRSRO qui aurait contraint Moody à des évaluations plus conservatrices (une hypothèse soulevée auparavant) mais au mécanisme de rémunération des agences car Egan-Jones est resté rapide et cohérent après avoir obtenu la certification NSRO.
Nicolette de joncaire/Agefi Suisse 17/5/13
* The Information Content of Credit Ratings: Compensation Structure Does Matter. Valentina Bruno, Jess Cornaggia, Kimberly J. Cornaggia.
On a vu lu, et entendu du Vendredi 17 Mai 2013: Pourquoi les NPL sont importantes?
On a vu lu, et entendu du Vendredi 17 Mai 2013: Pourquoi les NPL sont importantes?

Les non performing loans , NPL sont importantes car elles provoquent ce que l’on appelle la debt deflation , déflation par les dettes. Les banques qui ont un pourcentage élevé et croissant de NPL ne peuvent plus accomplir leur fonction bancaire normalement, elles réduisent leurs crédits, renforcent leurs conditions d’attribution et peu à peu la mécanique de transmission de la politique monétaire de la Banque Centrale se grippe. Ce sont surtout les petites entreprises qui en souffrent. Plus on fait de l’austérité, plus les NPL augmentent et plus le crédit se resserre, et plus l’activité ralentit. C’est un cercle vicieux.

En deux mots, le problème des banques Euro est la montée des NPL, crédits non performants. Cette montée est une vague de fond, aggravée par les politiques d’austérité mal pensées.
- Le taux des NPL de la périphérie est passé de 3% à 12% en l’espace de 6 ans et il accélère.
- Le taux de NPL core hors Allemagne est de 4% environ, il monte depuis 2 ans.
- Le taux des NPL du core allemand est de moins de 3 % et est déclinant.
(Sources BCE, BRI, JP Morgan).

Les taux de NPL sont :
- Grèce 25%
- Irlande 19%
- Espagne et Italie 10%.
Il y a, en zone Euro, 720 milliards de NPL :
- dont 500 pour la périphérie
- 150 pour le core ex-Allemagne
- 60/70 pour l’Allemagne
L’asset Quality Review de la BCE, préalable à la mise en place de la supervision unique, se fera dans quelques semaines, et on obligera ainsi les banques à cristalliser dans leurs comptes les pertes et NPL. On les forcera ensuite, soit seules, soit avec l’aide de leurs gouvernements, à se recapitaliser. Les autorités Euro excluent d’aider les banques et les Etats nationaux à nettoyer le passé.


Italie / Banques : les créances douteuses en forte hausse en mars.
Les créances douteuses détenues par les banques italiennes ont connu en mars leur plus forte hausse sur un an depuis décembre 2011, selon des données publiées jeudi par la Banque d’Italie.
Leur montant a atteint 131 milliards d’euros, une hausse de 21,7% par rapport au même mois de 2012, qui se compare à une augmentation de 18,6% en février.
Les banques espagnoles ont dans leurs livres 163,257 milliards d’euros de créances douteuses.
Le taux de créances douteuses des banques espagnoles a légèrement augmenté en mars, à 10,47% du total des crédits contre 10,4% en février, malgré le transfert d’actifs toxiques à la Sareb, la structure de défaisance du secteur en difficulté, selon les données officielles publiées vendredi.
Les créances douteuses, principalement des crédits immobiliers susceptibles de ne pas être remboursés, ont atteint 163,257 milliards d’euros en mars, contre 162,038 milliards d’euros en février (donnée révisée), selon la Banque d’Espagne.
Mister Market and Doctor Conjoncture du Mardi 14 Mai 2013: Le célèbre canari dans les mines australiennes par Bruno Bertez(Réédition)
Mister Market and Doctor Conjoncture du Mardi 14 Mai 2013: Le célèbre canari dans les mines australiennes par Bruno Bertez (Réédition)
La Banque Centrale d’Australie, la RBA, vient de baisser son taux directeur à 2,75% contre 3% auparavant.La baisse était attendue par les économistes, mais elle est venue plus tôt que prévu. On l’attendait pour Juin. C’est un signe que la dernière baisse intervenue en Décembre n’a pas produit les résultats escomptés. Nous sommes en-dessous des taux qui avaient prévalu en 2009, lors de la crise. Le niveau bas de cette époque, 3%, avait été qualifié par les autorités de taux de crise, « emergency low ». On est en-dessous du taux de crise.
Les raisons invoquées par la RBA sont, comme à l’accoutumée: la croissance plus faible que prévu, le chômage qui monte, le secteur manufacturier qui plonge, des exportations qui s’essoufflent. Il s’agit de stimuler l’économie, l’emploi, le logement, mais il est aussi ajouté explicitement l’objectif de faire chuter la devise. Le dollar australien est trop cher, il vaut 1,01 dollar US, il valait 60 cents du même dollar en 2009. C’est le résultat de la spéculation dite « risk-on ».

Pourquoi s’intéresser à l’Australie? C’est loin, a priori , nous ne sommes pas concernés. Et puis, des baisses de taux directeurs, ce n’est pas rare. Sur les 168 décisions prises par les 90 Banques Centrales cette année, plus de 20% ont été des décisions de baisse. Un chiffre qui va croissant. Rien que la semaine dernière, il y a eu quatre baisses dans le monde, dont celle de la BCE. Justement, il y a beaucoup de baisses de taux et une de plus, comme celle de la RBA, a valeur phare, cela veut dire quelque chose: le monde rentre dans une phase délicate, une nouvelle phase de ralentissement. Une fois de plus, malgré le printemps, les jeunes pousses de Bernanke, les « green shoots » ne sont pas au rendez-vous, les racines ont, une fois de plus, pourri.
La RBA a pris sa décision de façon anticipée parce que la situation se dégrade plus vite et plus profondément que prévu. Les espoirs de reprise au second semestre sont une fois de plus reportés.
La croissance globale recule, faiblit. Les organismes internationaux donnaient une prévision de 5,5% pour les émergents en 2013. Compte tenu du début d’année et des indicateurs PMI disponibles, on sera plus près des 4%. Pour les développés, ils donnaient 1,4%, mais il va falloir réviser plus près des 1%. Au total, compte tenu du poids respectif des émergents et des développés, on s’achemine vers une croissance globale qui ne sera pas supérieure à 2%. Et pour un pays exposé comme l’Australie, cela change tout.


L’Australie est un canari dans la mine en raison de son exposition aux matières premières. Elle subit à plein la baisse des quantités vendues et la baisse des prix alors que les investissements marquent un pic. Les derniers indicateurs chinois font peur, on est à la limite de la récession, avec un PMI à 50,6 seulement. Et puis, les firmes chinoises ont encore des stocks énormes de matières premières.
Voici quelques chiffres du dernier PMI, celui d’avril pour l’Australie:

- -PMI manufacturier 36,7 contre 44,4, sous les 50 c’est la récession
- -En moyenne mobile 3 mois on est à 42,2 contre 43,4
- -7 secteurs industriels sur 8 sont en recul
- -les capacités utilisées sont 68,6 contre 71
- -Les exports se contractent pour le 9e mois consécutifs
- -L’emploi est en chute libre à 39,3 une dégringolade de 9,4 points

L’Australie a valeur importante dans le tableau de l’économie mondiale à plus d’un titre. Elle a bénéficié du grand cycle des matières premières, du grand bond chinois; elle a bénéficié d’afflux de capitaux considérables attirés par le risk-on, sa monnaie est un refuge anti-inflation, adossée aux commodities. Voilà pour les bons côtés car, à l’inverse, l’économie australienne est bullaire, les salaires ont dérapé, les prix des logements sont sortis de l’épure, le secteur manufacturier hors mines n’est plus compétitif, l’épargne intérieure est très faible, le pays dépend des entrées de capitaux étrangers. Les particuliers sont très endettés, la dette extérieure nationale a été multipliée par 5 entre 2008 et 2012.



L’Australie est l’exemple de l’économie mal ajustée, vulnérable à la déflation et à un retour du risk-off. Elle est fragilisée par les excès antérieurs de la spéculation mondiale. Le secteur financier est hypertrophié, très exposé à l’international pour son refinancement.


On dit que Soros a vendu pour 1 milliard de dollars australiens à découvert. Vrai ou faux, cela fait réfléchir. Le pays est l’exemple type de ce qui s’est passé et a dysfonctionné ces dernières années. Il suffirait que la fameuse transitivité se mette en branle et la situation pourrait devenir rapidement très sérieuse. La situation fondamentale est vulnérable et déséquilibrée. Contrairement aux apparences, le chômage est très élevé. Le chiffre officiel est de 5,6%, mais le réel est de 11%, le sous-emploi est de 18%, 40% de la main d’œuvre est à temps partiel ou sous employée.
De « safe haven », le pays pourrait rapidement se transformer en enfer.


llustrations et mise en page by THE WOLF
EN BANDE SON:
Cela se passe près de chez vous: A propos de spéculation et de tonte des moutons.
Cela se passe près de chez vous: A propos de spéculation et de tonte des moutons.

Vous avez constaté que la Société Générale fait un bond de plus de 7% hier, après un beau parcours avant hier.
En 2012 les rémunérations des traders des trois principales banques françaises ont eux aussi progressé de 7 %. les 7276 opérateurs de marché travaillant dans le monde pour les trois principales banques françaises se sont ainsi répartis 2,16Mds€ de salaires et de bonus
Les résultats et les économies annoncés font merveille. Attendez-vous à ce que d’ici peu, on tente de lever des fonds propres comme l’a tenté il y a quelques jours la Deutsche Bank.
Nous rappelons simplement la phrase de Draghi , la semaine dernière:
» il y a des limites à la politique monétaire, tout ne peut être résolu par elle … la BCE ne peut nettoyer les bilans des banques à leur place ».
Y aurait-il des choses toxiques à nettoyer ? Des choses cachées ?
Les banques européennes ont besoin de 2 à 3 trillions, globalement, mais individuellement aucune n’a besoin d’argent.

Les histoires que l’on raconte à propos des grandes banques par Simon Johnson
Les histoires que l’on raconte à propos des grandes banques par Simon Johnson
Il y a deux récits concurrents qui circulent à propos des efforts récents pour réformer le système financier et concernant les dangers que posent aujourd’hui les très grandes banques dans le monde entier. L’un de ces récits est faux ; l’autre est effrayant.


Au centre du premier récit, celui préféré par les dirigeants du secteur financier, on trouve l’idée que toutes les réformes nécessaires ont déjà été adoptées (ou le seront bientôt). Les banques ont moins de dettes par rapport à leurs niveaux de capitaux propres qu’en 2007. De nouvelles règles limitant la portée des activités des banques sont en place aux États-Unis et seront bientôt inscrites dans une loi au Royaume-Uni – et l’Europe continentale pourrait leur emboîter le pas. Les partisans de ce point de vue affirment également que les mégabanques gèrent mieux les risques que ce qu’elles ne faisaient avant que la crise financière mondiale n’éclate en 2008.
Dans le second récit, les plus grandes banques du monde restent trop grosses à gérer et ont de forts incitants à s’engager dans précisément le genre de prise de risque excessive qui peut mettre les économies à genoux. Les pertes de trading enregistrées par le surnommé « London Whale » à JPMorgan Chase l’an dernier en sont un bon exemple. Et, selon les défenseurs de ce récit, presque toutes les grandes banques présentent des symptômes de mauvaise gestion chronique.
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Quand les aveugles pilotent à vue par Bruno Bertez (Source AGEFI SUISSE)
Quand les aveugles pilotent à vue par Bruno Bertez (Source AGEFI SUISSE)

Le constat qui vient d’être fait dans les couloirs du FMI est clair malgré le phrasé politiquement correct: on ne sait pas du tout où l’on va.
Pour le public, la réunion de printemps du FMI est une réunion comme les autres. De la routine, on se congratule et on se pousse du col. Ainsi, Christine Lagarde est apparue sur les écrans de télévision pour proclamer, avec son culot habituel: «Je suis délibérément, désespérément, et de façon décisive, optimiste».
On sait depuis longtemps que, chez Lagarde, l’espoir et l’optimisme tiennent lieu de stratégie, mais quand même!
Au même moment, le FMI abaissait, pour la énième fois depuis 2008, ses prévisions de croissance globale.
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Nul besoin de s’attarder sur les prévisions conjoncturelles ou les recommandations du FMI. D’autant plus que ses erreurs sont éclatantes. Le FMI a annoncé en 2009 que l’Allemagne était celle qui allait le plus souffrir parmi les pays considérés, elle a pourtant dépassé son niveau d’avant la crise à peine un an plus tard. A l’inverse, le FMI ne cesse d’annoncer une reprise de la Grèce l’année suivante. En 2008, elle prévoyait que son PIB 2013 dépasserait de 22% celui de 2007. Il est aujourd’hui un quart inférieur!
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Au même moment, dans les couloirs du même FMI, loin des micros et des caméras, on s’interrogeait: «Est-ce que nous comprenons vraiment ce qui se passe dans les économies avancées?», ainsi s’exprimait l’Italien, ex-BCE, Lorenzo Bini Smaghi. Mervyn King, futur ex de la Bank of England exposait ses doutes: «N’y a-t-il pas un risque à promettre trop ou à laisser espérer plus que nous ne pouvons tenir?». James Bullard, patron de la Fed de Saint-Louis, l’un des meilleurs, le 21 février exprimait les mêmes doutes sur un mode plus académique: «L’instabilité financière, la formation de bulles, est un problème. La Fed en parle souvent, donc c’est important. Mais ce n’est pas nouveau, cela dure depuis 20 ans. Et franchement, il n’y a pas de bonne réponse parce que nous n’avons pas de modèle pour traiter de l’instabilité financière».
Laissons de côté la propagande, les mensonges et les dénégations de Lagarde, et attardons-nous sur l’essentiel. Cinq ans après la catastrophe, nous en sommes au même point, rien n’a changé. La crise financière et bancaire est toujours enfouie dans les comptes truqués du Système. Les économies ne repartent pas. Le chômage continue d’enfler. Les niveaux de vie régressent. Les patrimoines sont érodés, sinon confisqués, par la répression financière et la fiscalité. Les consensus sociaux s’effondrent.

L’incendie a été noyé sous des déluges de liquidités monétaires, les économies ont été tenues à bout de bras par les déficits et l’argent gratuit, les agents privés sont sommés, sans succès, de dépenser, les marchés sont manipulés à l’extrême pour éviter les accès de panique; rien n’y fait, la machine refuse de repartir.
Au contraire, le système est encore plus lourd, plus déséquilibré par le poids croissant des dettes. Ses marges de manœuvre ont disparu, ses amortisseurs sont usés. Le constat qui vient d’être fait dans les couloirs du FMI est clair malgré le parler politiquement correct: on ne sait pas où l’on va, personne chez les dirigeants n’en a la moindre idée. Voilà la vérité, voilà la réalité.

Allemagne: Egan-Jones abaisse sa note le jour où Moody’s réitère sa confiance.
Allemagne: Egan-Jones abaisse sa note le jour où Moody’s réitère sa confiance.
Egan-Jones ne doute de rien. En désaccord complet avec Moody’s qui confirme sa confiance dans la solvabilité de l’Allemagne, la mini-agence – dont le mérite principal est d’avoir mieux anticipé les désastres que ses consœurs – détériore le rating du pays de A+ à A. Après celui de la France en février (L’Agefi du 27 février) et celui de la Grande-Bretagne début avril (L’Agefi du 2 avril).
Sauvetage de l’Europe : dommage collatéral par Hans Werner Sinn
En cause, la taille de Deutsche Bank et l’insuffisance de son ratio de capitaux propres/actifs mais aussi la rigidité des autorités allemandes vis-à-vis des pays de l’eurozone. Une rigidité qui, pour l’instant, affaiblit encore davantage les perspectives des pays en crise et fait fuir les capitaux.

Malgré des ratios de crédit respectables, le pays est exposé à un secteur bancaire dont les actifs représentent 3005 milliards d’euros soit 116% d’un PIB de 2589 milliards. Nous sommes loin des excès chypriotes ou même britannique mais c’est la faiblesse du provisionnement des actifs bancaires de Deutsche Bank qui semblent préoccuper l’agence. Avec 2012 milliards d’actifs, la banque n’offrirait que 2,7% de couverture en capitaux – un chiffre bien lointain des exigences de Bâle III – et serait susceptible d’exiger 100 milliards de soutien. Peut-être plus déterminante, l’exposition du pays à Target 2 est de 700 milliards dont 50% sont percevables car l’exposition de Deutsche Bank aux pays de la périphérie européenne est importante.
(cliquer pour agrandir)


Sur le plan économique, l’Allemagne reste robuste mais l’euro fort handicape les exportations des entreprises automobiles, pharmaceutiques et chimiques. La croissance du PIB fléchit d’ailleurs depuis juin 2011 (elle est passée de 4,5% à moins de 1%) et ne devrait pas s’améliorer dans la conjoncture mondiale actuelle. Avec un impact négatif sur le chômage, certes faible à 6,9% mais en hausse de 0,1% depuis un an.
La chancelière allemande, Angela Merkel, continue à résister à l’introduction des eurobonds et au quantitative easing, montrant une nette préférence pour les contrôles fiscaux et le sauvetage des banques par les investisseurs. Une politique qui pourrait accroitre encore la fuite des capitaux et l’isoler des autres membres de l’Union européenne. Les progrès de l’union bancaire européenne sont à surveiller de près.
C’est la quatrième fois que l’agence baisse la note allemande depuis 2009 où elle était de AA. Le rating actuel indique que la sensibilité du pays à des conditions économiques défavorables augmente sans toutefois compromettre sa capacité à respecter ses engagements financiers. L’agence estime la probabilité de défaut sur 5 ans à 1,7%. Une probabilité inférieure à celle de la France (2%) mais supérieure à celle de la Grande-Bretagne (1,3%) que l’agence note mieux que l’Allemagne ce qui ne laissera pas de surprendre.
Alors que Moody’s réitère les motivations de sa note Aaa (elle avait pourtant abaissé la perspective du pays de «stable» à «négative» l’été dernier), Egan-Jones ne confirme pas de progrès dans la consolidation des finances publiques. Là où Moody’s affiche un certain optimisme vis-à-vis d’un endettement allemand en baisse (jusqu’à 70% en 2017), Egan-Jones le prévoit en hausse à 98,2% en 2014.
Nicolette de joncaire/Agefi Suisse 19/4/2013
















































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L’Edito du Dimanche 26 Mai 2013: Cent fois sur le métier…par Bruno Bertez
L’Edito du Dimanche 26 Mai 2013: Cent fois sur le métier…par Bruno Bertez
Nous ne nous lasserons pas de vous prévenir. Nous pouvons le faire car nous n’avons aucun intérêt dans le business autre que celui de vous faire part de nos convictions.
S’il y a une conviction dont nous ne démordons pas, c’est bien celle que les acheteurs actuels d’actions, au niveau présent du S&P 500, seront spoliés. On les mène à l’abattoir.
Aussi bien les Hollande qui disent que la crise est finie -mais alors pourquoi ne stoppe-t-on pas les mesures exceptionnelles?- que les Bernanke qui proclament que les primes de risque sur les actions en regard des taux à 10 ans sont trop élevées, ou que les Abe qui disent qu’il n’y a rien à craindre et qu’ils maitrisent la situation.
EN LIEN: L’Edito du Dimanche 19 Mai 2013: Notre scénario, survol et articulation avec ce que l’on voit Par Bruno Bertez
L’argument de vos conseils et de vos banques pour vous attirer sur les marchés, est:
1) Que le marché monte, la bourse est bien disposée.
2) Les actions ne sont pas chères.
Nous répondons:
1) Ce n’est pas quand le marché monte qu’il faut acheter. Ce n’est pas comme aux Jeux Olympiques où l’essentiel est de participer, non, c’est quand le marché baisse. Quand il baisse, l’investissement est moins cher et donc sa rentabilité future est plus élevée. Si vous achetez une maison à 1000 et qu’elle procure un loyer de 50, vous faites un bon investissement. Si vous achetez la même maison à 2000, vous réalisez une bien piètre affaire. Il n’y a aucune différence avec la Bourse. Le grand secret est d’acheter bon marché si on veut un rendement satisfaisant, à long terme, de son placement.
La rentabilité d’un placement, nous disons bien placement, est fonction du prix auquel cet investissement est établi. L’erreur qui consiste à acheter en tendance, quand cela monte, s’explique par le fait que l’on confond la rentabilité interne de l’investissement -liée à la bonne marche et à la performance de la société dans laquelle vous choisissez d’investir- avec le Ponzi. Le Ponzi, c’est ce que l’on fait depuis les années 80.
Cela consiste à créer de la dette et de la fausse monnaie pour faire monter le prix des assets, le prix des actions.
Le Ponzi, c’est la chaîne du bonheur, c’est le principe d’investissement qui consiste à croire qu’il y aura toujours quelqu’un de plus stupide que vous et qui vous rachètera vos titres plus cher. Le Ponzi est lié à la possibilité de créer de la dette sans fin et à la possibilité de faire fonctionner la planche à billets sans limite.
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26/05/2013 Publié par The Wolf | Art de la guerre monétaire et économique, Au coeur de la création de richesse : l'Entreprise, Behaviorisme et Finance Comportementale, Commentaire de Marché, Cycle Economique et Financier, Déflation, Formation a la gestion de portefeuille, Idées Courtes, Idées Fausses, Indicateur des Marchés, Inflation, inflation importée, monétarisation de la dette, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Les Clefs pour Comprendre, Les Editos, Les Tribulations de la Kleptocratie, Marché Obligataire, Marchés Financiers et Boursiers Actions, Mister Market and Doctor Conjoncture, Mon Banquier est Central, Monétarisme, Normes Comptables et Règles Prudentielles, Répression Financière, Trappe à Dettes | Bruno Bertez | 11 Commentaires