Les étudiants américains déjà très endettés portent la "pseudo reprise" du petit crédit US
Les étudiants américains déjà très endettés portent la"pseudo reprise" du petit crédit US
En mars, les ménages ont emprunté plus de 21 milliards de dollars. Mais le recours aux cartes de crédit laisse à désirer.
Infographie. Les emprunts pour étudiants gonflent les statistiques
Comment faut-il interpréter l’explosion du crédit à la consommation aux Etats-Unis? Mardi, les analystes et observateurs divergeaient sur les motivations des ménages américains, après que, lundi soir, la Réserve fédérale a annoncé une hausse du crédit privé de 21,3 milliards de dollars sur le seul mois de mars.
Cette statistique a marqué les esprits. Et pour cause: cette septième hausse mensuelle consécutive est la plus forte depuis novembre 2001. Les analystes tablaient sur une progression d’à peine 10 milliards. En plus, avec un total de 2542 milliards de dollars, les prêts à la consommation flirtent désormais avec les niveaux de 2008, avant l’effondrement des marchés financiers et du crédit en général.
Un bémol se cache pourtant dans les détails, signale Bernard Lamber économiste chez Pictet. La hausse des crédits renouvelables (+5,2 milliards, +7,8%), qui sont principalement liés à l’utilisation d’une carte de crédit, laisse à désirer. Ils avaient même baissé en janvier et février.
En fait, ce sont les emprunts non renouvelables (+16,2 milliards, +11,3%), surtout dédiés à l’achat d’automobiles et aux études, qui soutiennent la forte croissance des petits crédits.
Aux Etats-Unis, des ménages contractent des crédits étudiants, moins chers que les crédits traditionnels, et les utilisent à d’autres desseins.
D’après Paul Edelstein, économiste chez IHS Global Insight cité par Bloomberg, on assiste aussi à une ruée opportuniste des étudiants. Car les conditions de financement de ce marché administré sont en voie de se durcir. Un doublement du taux de 3,4%, auquel ces prêts subventionnés sont pour l’instant octroyés, est agendé au 1er juillet. Mais à Washington, démocrates et républicains débattent sur la meilleure façon de protéger les étudiants, et donc de financer ce subventionnement. Selon les calculs de la Maison-Blanche, qui veut éviter d’irriter les jeunes électeurs à quelques mois de la présidentielle de novembre, cette hausse affecterait 7,4 millions d’étudiants et concernerait 31,6 milliards de nouveaux crédits. Elle augmenterait leur coût de 1000 dollars, avance le Département de l’éducation.
Economiste de Bank of America, Neil Dutta estime que le fort attrait pour les crédits étudiants est avant tout lié au fait que l’économie américaine n’a pas d’emplois à offrir aux nouveaux arrivants. Ils choisissent donc de prolonger leur formation. «Dans un tel scénario, difficile de se réjouir de l’expansion du crédit», écrivait-il mardi.
Parallèllement une étude révèle que ménages sans épargne sont en hausse aux Etats-Unis
La part des ménages sans épargne est montée aux Etats-Unis à 23,4% en 2011 contre 18,5% deux ans auparavant, indique une étude publiée mardi par l’Université du Michigan. Les auteurs de l’étude retiennent comme définition les ménages qui vivent sur leurs revenus du mois et n’ont aucun actif financier liquide (certificat de dépôt, bons du Trésor, fonds commun de placement, etc.). Si l’on ajoute les ménages ayant moins de 1500 dollars d’épargne, la part monte à 41,6%, contre 40,1% en 2009. Les chiffres sont issus d’une enquête auprès d’un panel de 9000 ménages interrogés tous les deux ans. D’après les chercheurs de l’université du Michigan, les réponses montrent que la crise du surendettement des emprunteurs immobiliers «va se poursuivre ces prochaines années» vu le nombre d’Américains qui n’ont aucune réserve sur leur compte en banque.
«Plus d’un ménage sur cinq aux Etats-Unis a une dette en cartes de crédit, factures médicales, prêts étudiants et autres emprunts non garantis par un actif plus élevé que leur épargne», a indiqué l’Université du Michigan.
source le temps+agences mai12
Synthèse réalisée par THE WOLF
Les MBS affolent le baromètre de déflation
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Si la crise de la dette souveraine a conduit le prix de l’emprunt d’Etat grec à l’échéance 2040 sous la barre des 50% – niveau inférieur à celui prévalant avant le plan de sauvetage européen de 750 milliards-, elle n’affecte en rien les obligations d’Etat américaines et japonaises. Au moment d’écrire ces lignes, le taux des emprunts japonais à 10 ans s’affiche à 1,10% et celui des emprunts américains à 10 ans à 2,98%, soit au niveau le plus bas de ces douze derniers mois. Fondamentalement, cette baisse marquée des rendements obligataires illustre l’augmentation des risques de déflation dans le monde développé. Mais elle présente un autre aspect, technique celui-ci, dans le cas américain.
Il faut savoir qu’aux Etats-Unis, les hypothèques titrisées (MBS: mortgage backed securities) représentent 37% du marché obligataire total. Ce marché est caractérisé par une option gratuite de refinancement des prêts à 30 ans au taux du jour à tout moment, si les taux disponibles sont plus avantageux pour l’emprunteur. Or, récemment, le taux hypothécaire de référence pour les prêts standards vient d’atteindre un nouveau point bas et les modèles de pré-remboursement servant à valoriser ces instruments indiquent que leur duration a plongé en deux mois de 5 à 1 année, en raison de la probabilité croissante que les ménages américains refinancent massivement leur encours hypothécaires.
La conséquence de ce développement est que les gérants obligataires américains viennent de voir la duration estimée de leurs portefeuilles s’effondrer. Sur un marché haussier en termes de prix, pour contrebalancer ce phénomène, ils deviennent des acheteurs, quasiment forcés, d’obligations du Trésor à longues échéances, contribuant à la chute récente des rendements sous les 3%.
La situation devient très intéressante si l’on considère ce qui se passe effectivement en matière de refinancements. Compte tenu de la chute importante du prix des maisons ces trois dernières années, de nombreux ménages américains ne sont plus en mesure de refinancer et donc de tirer avantage de ces taux très favorables, car la valeur de leur maison est tombée en dessous de leur encours de prêt.
D’ici quelques mois, s’il s’avère que les taux de prépaiement des hypothèques titrisées sont très inférieurs aux estimations des modèles, les taux longs pourraient remonter brutalement sous l’effet inverse de celui qui vient d’exacerber la baisse des rendements ces dernières semaines.
L’été s’annonce donc particulièrement volatil, car aux incertitudes et aux risques liés aux politiques d’austérité fiscale viendront s’ajouter les perturbations décrites ci-dessus du baromètre des risques de déflation pesant sur les économies occidentales.
Par Yves Bonzon Directeur des investissements Pictet Genève JUIL10
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Les monnaies le plus souvent citées sont la couronne norvégienne, ainsi que les dollars australien, canadien et néo-zélandais. Cependant, la liste n’est pas exhaustive. En effet, selon la définition la plus répandue sur les marchés, les devises concernées seraient celles des économies dont les matières premières exportées constituent une large partie des revenus d’exportations. L’on énumère une cinquantaine de devises respectant cette caractéristique, mais la recherche macro-économétrique a montré que cela ne suffisait pas à garantir leur appréciation.
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