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Les histoires que l’on raconte à propos des grandes banques par Simon Johnson

Les histoires que l’on raconte à propos des grandes banques par Simon Johnson

Il y a deux récits concurrents qui circulent à propos des efforts récents pour réformer le système financier et concernant les dangers que posent aujourd’hui les très grandes banques dans le monde entier. L’un de ces récits est faux ; l’autre est effrayant.

Au centre du premier récit, celui préféré par les dirigeants du secteur financier, on trouve l’idée que toutes les réformes nécessaires ont déjà été adoptées (ou le seront bientôt). Les banques ont moins de dettes par rapport à leurs niveaux de capitaux propres qu’en 2007. De nouvelles règles limitant la portée des activités des banques sont en place aux États-Unis et seront bientôt inscrites dans une loi au Royaume-Uni – et l’Europe continentale pourrait leur emboîter le pas. Les partisans de ce point de vue affirment également que les mégabanques gèrent mieux les risques que ce qu’elles ne faisaient avant que la crise financière mondiale n’éclate en 2008.

Dans le second récit, les plus grandes banques du monde restent trop grosses à gérer et ont de forts incitants à s’engager dans précisément le genre de prise de risque excessive qui peut mettre les économies à genoux. Les pertes de trading enregistrées par le surnommé « London Whale » à JPMorgan Chase l’an dernier en sont un bon exemple. Et, selon les défenseurs de ce récit, presque toutes les grandes banques présentent des symptômes de mauvaise gestion chronique.

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04/05/2013 Publié par | Citigroup, Commentaire de Marché, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, Mon Banquier est Central, Normes Comptables et Règles Prudentielles, Project Syndicate | | Poster un commentaire

Réponse à George Soros par Hans Werner Sinn

Réponse à George Soros par Hans Werner Sinn 

AVANT PROPOS DE BRUNO BERTEZ

Sinn uberalles! Sinn est le meilleur!

   Sinn uberalles! Sinn est le meilleur! 

Le texte de Sinn est comme à l’accoutumée remarquable. 

La logique y règne en maitre. Il démystifie les propositions de Soros comme il se doit c’est à dire en montrant que les eurobonds sont la solution des kleptos , debtocrates qui veulent faire leur plein sur le dos des peuples. 

Il trace l’articulation entre la crise financière et les problèmes économiques sous-jacents comme la sous compétitivité des pays du sud et de la France. Car l’essentiel est là. Faire l’économie d’une restructuration économique ne permet que de gagner du temps, les problèmes restent intacts, mieux ils s’enracinent , et Sinn le montre bien. 

Il nous fournit le chiffre colossal déjà consenti :  1,2 trillions ont été consentis à ce jour. 

Là ou Sinn est faible, c’est lorsqu’il aborde la politique. Il ne considère pas que les demandes des eurosceptiques doivent être prises en compte, il faut les balayer, il faut faire contre elles, contre la volonté, finalement, des peuples. Cela le conduit à prendre ses désirs pour des réalités :  Le redressement par l’austérité et la dévaluation interne sont possibles. Il néglige la politique et donc le social, ce qui est une faiblesse considérable. 

De la même façon , il écarte la possibilité que l’Allemagne sorte de l’euro, non en se situant au niveau économique , mais en se situant au niveau de la politique étrangère, la frontière avec la France, C’est une pirouette! Ce n’est pas parce que le mythe de la réconciliation forcée entre la France et l’Allemagne a la vie dure qu’il faut y souscrire. Le peuple Français ne se rapproche pas du peuple Allemand, il s’en écarte , mieux , l’animosité se développe des deux cotés du Rhin. L’euro forcé, l’euro à tout prix, dresse les peuples les uns contre les autres , il ne les rapproche pas. Donc l’argument de Sinn ne résiste pas à l’analyse. 

Il y a une voie que Sinn n’a pas encore explorée dans ses réflexions, c’est celle de la restructuration européenne concertée des dettes et des créances. C’est la seule voie qui permet de traiter le passé,. de libérer l’avenir, de libérer les énergies , de s’attaquer au problèmes conjoints de la compétitivité et de l’investissement. 

On ne peut à la fois solder les comptes du passé et  préparer l’avenir, Il faut choisir. Les ressources sont rares, si on les consacre à payer des dettes et solvabiliser des créances fictives, on ne peut en même temps avoir les capitaux pour investir.  Le refus de restructurer les dettes condamne à plus de 10 ans de régression. 

La restructuration concertée des dettes serait la contrepartie qu’il faudrait donner aux peuples pour qu’ils acceptent l’effort de la productivité, de la mise à plat des systèmes sociaux. Elle serait la pierre angulaire d’un grand projet  qui redonnerait un avenir à l’Europe et un sens aux efforts demandés aux citoyens.

Nous voudrions insister sur la faiblesse fondamentale du papier de Sinn. Nous pouvons nous permettre de le faire parce qu’ au plan économique , nous partageons quasi sans réserve son analyse. Mais précisément le plan économique ne suffit pas . Les hommes ne sont pas des abstractions, ce sont des êtres vivants, pas toujours intelligents, plutot « sheople », dociles, mais jusqu’à un certain point . Dans l’analyse il faut réintroduire l’humain, la société, la société civile, l’effort, le sang, les larmes, bref il faut remettre du concret.

On ne peut raisonner en stricte économie car l’économie c’est bon en rythme de croisière, de beau temps. Derrière l’économie, ce qui se dissimule et n’apparait que dans les périodes de crise et de dislocation , c’est la force, la violence.

Notre idée est que nous approchons d’une de ces périodes. Ce ne sera pas linéaire, progressif comme le pensent les politiques et les économistes, non, ce sera en rupture. En tout ou rien. Un jour on supporte,  les idiots croient à la linéarité et puis le lendemain, c’est le fétu de paille sur le dos du chameau, la goutte qui fait déborder le vase et les réactions non linéaires, les réactions de foule s’enclenchent. C’est cela la vie, c’est cela l’humain… Bien sûr cela se situe en dehors de la capacité d’entendement des  Bernanke , des Enanistes, des socialistes de la sociale démo . Et c’est pour cela que la crise précisément a éclaté en 2008, la non linéarité, les phénomènes de foule.

Quand c’est trop, c’est trop.

Ce jour un universitaire réputé espagnol vient de publier un texte de grande qualité sur une éventuelle sortie de l’Espagne de la zone euro. C’est un texte disons nous de qualité. Rien a voir avec les déclamations populistes que les pseudo élites n’ont aucune difficulté à ridiculiser.

Ce professeur part du réel, le chômage et la baisse du niveau de vie des espagnols. Il ne part pas de l’économie et de la finance, il part de la vie. C’est lui, avec ses compétences, son expérience, sa connaissance de l’histoire qui cette fois ridiculise les tenants de la thèse officielle bien-pensante. La sortie de l’euro est catastrophique, elle est inimaginable, impossible.

Nous pensons que la sortie d’un pays faible n’est pas la meilleure solution technique, la meilleure solution c’est la sortie des pays du nord par le biais et la transition de la création d’un second euro, L’EUROMARK. Les études existent, au plus haut niveau, on les dissimule de peur que l’on sache qu’il y a des alternatives à la situation présente.

EN BANDE SON: 

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Réponse à George Soros par Hans Werner Sinn 

Le débat sur les eurobonds n’a rien de désintéressé. Les financiers veulent limiter leurs pertes en déchargeant la toxicité de leurs instruments sur les sauveteurs intergouvernementaux. L’Allemagne ne cédera pas. 

L’été dernier, le financier George Soros invitait l’Allemagne à accepter la mise en place du Mécanisme européen de stabilité, appelant le pays à «diriger ou se retirer». Il considère aujourd’hui que, si l’Allemagne veut continuer de faire obstacle à l’introduction des euro-bonds, elle devrait alors quitter la zone euro (L’Agefi Suisse du 11 avril). 

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26/04/2013 Publié par | Agefi Suisse, Allemagne, Changes et Devises, Commentaire de Marché, Cycle Economique et Financier, Déflation, Douce France, Emploi, formation, qualification, salaire, Espagne, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Le Graphique du Jour, Les Tribulations de la Kleptocratie, Project Syndicate, Reuters, Risques géopolitiques, sociaux, environnementaux et sanitaires, Trappe à Dettes | , , | 8 Commentaires

Dompter le Léviathan par Michael Boskin

Dompter le Léviathan par Michael Boskin

Une société prospère a besoin d’un gouvernement efficace et peu coûteux pour exercer convenablement ses fonctions, et elle doit disposer des revenus suffisants à l’entretien de ces fonctions. Mais un gouvernement qui devient trop grand, trop centralisé, trop bureaucratique et trop cher, met sensiblement à mal l’économie privée et décourage les initiatives individuelles et les responsabilités. Il nuit en outre aux investissements du secteur privé, à la consommation et aux œuvres de bienfaisance. Et il peut aussi causer du tort aux mesures incitatives par de lourds impôts. Cela risque aussi de nuire à certaines fonctions essentielles au gouvernement, comme par exemple à la défense. Voilà à grands traits un portrait de l’Europe d’aujourd’hui, talonnée de près par les Etats-Unis.

 

La mort récente de James M. Buchanan, le père de l’économie du choix public, est une occasion de nous pencher sur ses conseils avisés. Buchanan a obtenu le prix Nobel en 1986 pour son étude sur le gouvernement et sur le comportement des représentants du gouvernement. Il les avait analysés avec la même rigueur que les économistes ont longtemps portée sur le domaine des prises de décisions économiques du secteur privé. Buchanan a conclu que la poursuite de l’intérêt personnel des politiciens conduisait inévitablement à des résultats médiocres. 

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02/03/2013 Publié par | Commentaire de Marché, Espagne, Etats-Unis, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Project Syndicate, Répression Financière, Regulation des Marchés | , | Poster un commentaire

Sauvetage de l’Europe : dommage collatéral par Hans Werner Sinn

Sauvetage de l’Europe : dommage collatéral  par Hans Werner Sinn

Le besoin de changement est autant allemand qu’anglais Par Emmanuel Garessus

 Berlin, à mille lieues de l’approche mercantiliste française, est convaincu des mérites d’une Europe plus flexible, compétitive et performante. Et surtout, si l’on suit Hans-Werner Sinn, le directeur de l’institut IFO, l’Allemagne a un besoin vital de modifier le traité concernant le système «Target». Pour l’économiste, de passage ces derniers jours à Zurich, la zone euro ne peut survivre sans modifier ce système de règlement des crédits entre banques centrales européennes. Il l’explique dans son ouvrage très pédagogique: * «Die Target-Falle», de Hans-Werner Sinn, Hanser, 418 pages, 2012.

Sinn explique Target simplement: si un ami n’a pas son porte-monnaie et vous demande de lui avancer de l’argent pour l’achat d’un meuble, vous payez à sa place et attendez de lui qu’il vous rembourse le lendemain. A l’inverse, les crédits Target n’ont pas de limite temporelle et, contrairement à vous, la Bundesbank ne peut jamais dire non.

Les dérives du système Target s’accompagnent d’injections massives de monnaies dans les pays en crise. Reprenons l’exemple de Sinn: si un individu n’a plus d’argent liquide, il peut payer avec sa carte de crédit. Mais lorsque son compte est vide, il n’a pas la possibilité d’imprimer des billets dans sa cave pour faire ses achats. Avec Target, au contraire, la banque centrale d’un pays en déficit comme l’Italie ou l’Espagne est autorisée à imprimer autant d’argent qu’elle le désire. Les critiques de la Bundesbank n’y font rien.

La BCE doit donc remplir deux tâches aussi risquées que douteuses, selon Hans-Werner Sinn, les achats d’obligations souveraines et le refinancement des déséquilibres des balances de paiement à travers Target. Sur les 1550 milliards d’euros de crédits destinés au «sauvetage de l’euro», les deux tiers concernent le système Target, selon Hans-Werner Sinn.

Le volume des crédits Target est bientôt cinq fois supérieur aux achats d’obligations souveraines et il est deux fois plus grand que les plans de sauvetage officiels, selon l’auteur.

Jusqu’en 2007, les crédits Target des pays excédentaires ne dépassaient pas 1,3% du PIB de la zone euro. Mais dès l’éclatement de la crise, les banques commerciales du centre, notamment françaises, n’ont plus octroyé de crédits aussi facilement au sud. Les achats de biens des pays périphériques ont alors été financés par la banque centrale locale et ses injections de liquidités. L’explosion des excédents allemands auprès de Target est considérable. A l’opposé, le déficit est de 278 milliards en Italie et 423 milliards en Espagne.

Les Etats-Unis n’ont pas ce problème. Le système de la Fed, avec ses 12 Fed de district appartenant au privé, interdit le financement des déficits des Etats, et, à travers un système de marge d’intérêts, empêche la fuite de capitaux. En outre, les créances sont toujours bilatérales, à l’inverse du système européen. Aux Etats-Unis, les soldes ne dépassent pas 0,3% du PIB, alors qu’en Europe, ils sont passés de 1% du PIB avant la crise à 5% en 2011 et 11% en juillet 2012.

Le système Target, c’est «le chevalier blanc qui remplace un marché des capitaux dorénavant fermés à de nombreux acteurs privés», selon Sinn. Mais jusqu’où pourra-t-il intervenir?

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25/02/2013 Publié par | Allemagne, Changes et Devises, Commentaire de Marché, Douce France, Espagne, Etats-Unis, Europe, Italie, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, Marché Obligataire, Mon Banquier est Central, Project Syndicate | , | Un commentaire

Quand l’homme qui a détruit le monde parle…cela vaut son pesant….d’or (actualisé avec commentaire de Bruno Bertez)

 Quand l’homme qui a détruit le monde parle…cela vaut son pesant….d’or(actualisé avec commentaire de Bruno Bertez)

Les 3 Mousquetons

 

L’été indien

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L’apparition probable d’un cercle vertueux

 La stabilisation aux USA et en Europe laisse augurer d’une véritable reprise. Mais la coordination internationale est de plus en plus nécessaire.

Cette année a commencé sur une note d’optimisme prudent pour l’économie mondiale. L’Europe n’est plus au bord du gouffre, les USA ne se sont pas fracassés contre la falaise budgétaire, le Japon évolue vers un changement de stratégie économique et la Chine semble se redresser.

Aux USA, les indicateurs des marchés financiers sont proches de ce qu’ils étaient avant la crise et l’attente de volatilité est à un niveau très bas. La plupart des grandes institutions financières sont mieux capitalisées qu’elles ne l’ont jamais été depuis longtemps. Les bilans se sont redressés et beaucoup d’acteurs sont inondés de liquidités. 2013 ne sera sans doute pas une année phare, mais elle pourrait être la première année de la période de post-crise. Il est vrai que presque partout l’environnement politique reste difficile. Les USA seront confrontés à trois défis budgétaires avant fin mars: l’absence d’une autorité légale pour payer la dette, l’absence d’un budget effectif pour l’Etat fédéral et la perspective inquiétante de coupes budgétaires automatiques. Des élections cruciales s’annoncent en Italie et en Allemagne. Le nouveau gouvernement chinois accède au pouvoir alors que l’opinion publique s’indigne comme jamais auparavant de la corruption et de l’enrichissement frauduleux des hauts responsables.

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08/02/2013 Publié par | Chinamerica, Commentaire de Marché, Cycle Economique et Financier, Etats-Unis, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Les Tribulations de la Kleptocratie, Mon Banquier est Central, Monétarisme, Mondialisation, Project Syndicate | , | 3 Commentaires

Risquer davantage sa peau en 2013 par Nassim Taleb

Risquer davantage sa peau en 2013 par Nassim Taleb

 Le jour où j’ai reçu, à un moment difficile, un mot d’encouragement de la part d’un pompier a été pour moi un temps fort de 2012. Il m’expliquait qu’il trouvait mes idées sur le risque de perte extrême très faciles à comprendre. Sa question était : comment se faisait-il que les gourous de la gestion du risque, les universitaires et les spécialistes de la modélisation financière ne les comprennent pas ?

 Eh bien, la réponse était là, évidente, dans son message même. Mon correspondant est pompier et ne peut donc pas se permettre de méjuger le risque. Il serait la première victime de toute erreur d’appréciation. En d’autres termes, il risque sa peau. Et en plus, il est digne de respect parce qu’il risque sa vie sans contrepartie.

 Le concept de « risquer sa peau » est vital pour le fonctionnement adéquat d’un monde complexe. Hélas, dans un système opaque, les acteurs sont incités à dissimuler les risques, profitant des mouvements de hausse sans être pénalisé par la baisse. Et il n’existe pas de méthode de gestion du risque qui puisse remplacer le fait de risquer sa peau – en particulier lorsque l’opacité des informations est aggravée par une asymétrie d’information, en sus de ce que les économiques qualifient de problème du principal agent.

 Ceux qui bénéficient de la hausse économique ne s’exposent pas nécessairement à la baisse. Les banquiers et les dirigeants de société, par exemple, reçoivent des bonus pour leur « performance », mais ne doivent pas reverser de bonus dans le cas d’une performance négative. Ils sont en outre incités à dissimuler les risques dans les queues de distribution – en d’autres mots, à retarder les crises.

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05/01/2013 Publié par | Au coeur de la création de richesse : l'Entreprise, Behaviorisme et Finance Comportementale, Commentaire de Marché, Etats-Unis, Gestion du risque, Titrisation, Produits Structurés, Fonds à formules...., l'hérésie keynésienne, Les Tribulations de la Kleptocratie, Project Syndicate, Statistiques et Modèles Mathématiques | | Poster un commentaire

Les chemins de la désunion européenne programmée par Hans Werner Sinn

Les chemins de la désunion européenne programmée par Hans Werner Sinn

La voie vers la solidarisation des responsabilités entraînera probablement une profonde fracture au sein de l’Europe.  

«E pluribus unum» (De plusieurs, Un) est la devise des Etats-Unis d’Amérique. Celle de l’Union Européenne est «In varietate concordia», ce qui se traduit officiellement par «Unis dans la diversité». On ne peut mieux résumer les différences entre les modèles américain et européen. Les Etats-Unis sont un creuset, tandis que l’Europe est une mosaïque de peuples et de cultures différents, qui s’est développée au cours de sa longue histoire.

 

Cette différence soulève une question, celle de savoir si cela mérite de lutter pour des Etats-Unis d’Europe – un concept que beaucoup refusent d’accepter parce qu’ils ne croient pas à la possibilité d’une identité européenne unifiée, insistant sur le fait qu’un système politique unique comme celui des Etats-Unis présuppose une langue commune et une nationalité unique.  

Les Etats-Unis d’Europe, le rêve des enfants de l’après-guerre tels que moi, sont une idée qui ne verra peut-être jamais le jour. Mais je n’en suis pas si certain. Après tout, une plus grande intégration européenne et la création d’un système politique unique pourraient offrir des avantages solides et pratiques ne requérant pas forcément une identité ou une langue commune. Ces avantages comprennent le libre franchissement des frontières, la libre circulation des biens et des services, des infrastructures de transport d’échelle européenne, sans oublier des arrangements de sécurité communs.  

La régulation des banques est le domaine dans lequel l’action collective s’impose. Si les banques sont régulées au niveau national, mais font des affaires à l’international, les autorités de régulation nationales sont incitées en permanence à établir des standards laxistes pour détourner les opportunités afin qu’elles ne se déplacent pas vers d’autres pays. La concurrence règlementaire dégénère, nivelée par le bas, puisque les bénéfices d’une régulation laxiste se traduisent par des profits à domicile, tandis que les pertes sont supportées par les créanciers des banques à l’étranger.  

S’appliquent ici de nombreux exemples similaires, dans les domaines des standards, de la politique de la concurrence, et de la fiscalité. 

Les considérations fondamentales en appellent donc à une intégration plus profonde, étendue même à la création d’un unique état européen.  

Le danger d’un tel choix repose toujours sur le fait que les organes de décision collectifs ne fournissent pas uniquement des services utiles à chacun, mais peuvent aussi abuser de leur pouvoir pour redistribuer les ressources entre les pays participants. Les organes démocratiques ne sont pas non plus immunisés contre ce risque. Au contraire, ils rendent possible le fait que les majorités exploitent les minorités. Pour contrecarrer cette menace, les organes démocratiques ont invariablement besoin de réglementations spéciales pour protéger les minorités, telles que l’obligation du vote à la majorité qualifiée ou un système décisionnel à l’unanimité.  

Les décisions prises par la Banque Centrale Européenne constituent un exemple particulièrement frappant de ce problème, car elles sont adoptées par un organe qui n’est même pas démocratiquement élu, à la majorité simple. Les décisions de la BCE entrainent une redistribution massive de la richesse et du risque parmi les états membres de la zone euro, des contribuables des pays stables, qui ont peu d’enjeux dans la crise, aux investisseurs internationaux, directement affectés par celle-ci.  

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31/10/2012 Publié par | Europe, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, La Chanson du Dimanche, Les Tribulations de la Kleptocratie, Mon Banquier est Central, Project Syndicate, Risques géopolitiques, sociaux, environnementaux et sanitaires, Trappe à Dettes | | 6 Commentaires

Les macro-malversations de la Fed par Stephen S. Roach

Les macro-malversations de la Fed par Stephen S. Roach

 Les effets secondaires de l’assouplissement quantitatif sont importants. Nombreux sont ceux qui s’inquiètent de la recrudescence de l’inflation.

On soigne l’économie américaine avec le mauvais médicament. Après avoir fait un mauvais diagnostic de la maladie, les décideurs ont prescrit un médicament expérimental non testé aux effets secondaires potentiellement graves. Le patient est le consommateur américain : de loin le premier au monde, mais à présent en proie à la pire déprime depuis la Grande Dépression. De récents résultats sur les dépenses des consommateurs des Etats-Unis sont épouvantables. Les dépenses américaines sur les dépenses de consommation indexées sur l’inflation de la croissance viennent d’être révisées à la baisse à 1,5% au deuxième trimestre de 2012, et semblent être en bonne voie pour connaître une augmentation anémique similaire au troisième trimestre. Pire encore, ces chiffres ne sont que les plus récents d’une tendance qui dure maintenant depuis quatre ans et demi. Du premier trimestre 2008 au deuxième trimestre 2012, la croissance annuelle des dépenses de consommation réelle n’a été en moyenne que de 0,7% : d’autant plus extraordinaire par rapport à la tendance d’avant la crise de 3,6% dans la décennie se terminant en 2007.

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15/10/2012 Publié par | Art de la guerre monétaire et économique, Commentaire de Marché, Cycle Economique et Financier, Déflation, Etats-Unis, Europe, Inflation, inflation importée, monétarisation de la dette, Mon Banquier est Central, Monétarisme, Project Syndicate, Trappe à Dettes | | Poster un commentaire

Théorie de l’engagement stratégique ou quand la théorie des "gueux" s’apparente à de la manipulation

Théorie de l’engagement stratégique ou quand la théorie des "gueux" s’apparente à de la manipulation

Présenter l’euro comme un processus irréversible permet de maintenir une pression plus forte sur les pays périphériques et leurs populations.

Depuis la fin des années1970, la théorie des jeux s’est répandue dans les milieux universitaires, ce qui a conduit les macroéconomistes à insister sur la notion d’engagement – une stratégie qui limite le degré de liberté des décideurs politiques, ceci pour améliorer les résultats économiques à long terme. Cela paraît contre-intuitif: comment moins de quelque chose peut-il conduire à une amélioration?

Même si elle n’est pas historiquement exacte, la légende de Hernan Cortés est l’un des meilleurs exemples d’engagement stratégique. Voulant conquérir le Mexique, il décida de brûler les navires sur lesquels il était venu d’Espagne avec son armée. A première vue cet acte parait insensé : pourquoi détruire volontairement le seul moyen de se sauver en cas de défaite ? Cortés aurait expliqué qu’il a fait cela pour motiver ses troupes. Sans fuite possible, les soldats étaient encore plus motivés pour l’emporter. Alexandre le Grand aurait fait quelque chose d’analogue lors de la conquête de la Perse.

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28/09/2012 Publié par | Art de la guerre monétaire et économique, Behaviorisme et Finance Comportementale, Changes et Devises, Europe, Les Tribulations de la Kleptocratie, Mondialisation, Project Syndicate | | 3 Commentaires

Zone Euro : Le Jour du jugement approche par Hans Werner Sinn

 Zone Euro : Le Jour du jugement approche par Hans Werner Sinn

L’Europe et le reste du monde attendent avec impatience le 12 septembre, jour de la décision de la Cour constitutionnelle allemande sur le Mécanisme européen de stabilité (MES). Ce mécanisme devrait être le successeur permanent du prêteur d’urgence de la zone euro, le Fonds européen de stabilité financière (FESF). La Cour doit se prononcer sur le fait de savoir si le traité qui établit le MES viole ou non la Grundgesetz, la loi fondamentale allemande. Si tel est le cas, elle demandera au président allemand de ne pas signer ce traité, déjà ratifié par le Parlement.

 

De tous cotés, on s’inquiète de la décision que prendra la Cour. Les contribuables et les retraités européens qui ont des économies substantielles craignent qu’une décision favorable au MES n’ouvre la voie à une mutualisation de la dette de la zone euro et que ce soit alors à eux de supporter les pertes des investisseurs. En cas de décision défavorable au MES, ce sont ces derniers qui craignent d’avoir à prendre en charge la totalité des pertes qu’ils ont subies.

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31/08/2012 Publié par | Art de la guerre monétaire et économique, Changes et Devises, Droit, propriété, propriété intellectuelle, Europe, Indicateur des Marchés, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Le Graphique du Jour, Marché Obligataire, Mon Banquier est Central, Monétarisme, Project Syndicate, Reuters, Risques géopolitiques, sociaux, environnementaux et sanitaires, Trappe à Dettes | , , , , | Poster un commentaire

Francois Hollande: Une vision erronée de l’économie Française

Francois Hollande: Une vision erronée de l’économie Française

 Depuis son élection Francois Hollande – le nouveau président de la France – a connu une série de succès politiques aussi bien en France qu’en Europe. Malheureusement la situation économique le rappellera bientôt a une réalité qui sera d’autant plus douloureuse qu’elle prendra les français par surprise et enverra aux oubliettes «la construction de l’Europe» telle qu’elle est vue par l’élite française.

Depuis sa victoire a la présidentielle, Hollande a non seulement gagné la majorité au parlement, il a aussi réussi a faire plier l’Allemagne sur la question de la responsabilité mutuelle des obligations des états de la zone euro. Ces succès n’empêchent pas le milieu des affaires d’être agité par un mauvais pressentiment de crise.

 Le danger, que même les critiques les plus dures de Hollande semblent ignorer, ne réside pas tant dans les failles des politiques qu’il propose que dans son approche au double défi que pose les déséquilibres économiques français et la crise de la zone euro. Si Hollande avait la liberté de s’attaquer a ces deux domaines séparément, il pourrait avec un peu de chance s’en sortir, malheureusement pour lui leur juxtaposition voue inexorablement sa politique a l’échec renforçant la perte déjà aigue de la compétitivité de la France.

Le meilleur indice de la compétitivité demeure les coûts unitaires de la main d’œuvre qui mesurent le coût moyen de main d’œuvre par unité de production. Le problème est que dans une union monétaire, si l’écart de la croissance des salaires se creusent par rapport aux gains de productivité – soient les coûts unitaires de la main d’œuvre – cela crée une accumulation chronique de déficit ou de surplus commerciaux.

Or, depuis l’introduction de l’euro, les coûts unitaires de main-d’œuvre se sont élevés beaucoup plus rapidement en France qu’en Allemagne. Selon les données publiées par Eurostat en avril 2011, le taux horaire en France était de 34,2€, par rapport à 30,1€ en Allemagne, un taux de presque 20% supérieur à la moyenne de la zone euro de 27,6€. Le déficit du compte courant de la France est maintenant à plus de 2% du PIB, dans un contexte de taux de croissance zéro.

Le coût élevé de l’emploi en France n’est pas tant le fait des salaires que celui des charges sociales imposées aux employeurs. La classe politique française s’est longtemps servie des cotisations sur la masse salariale pour financer les lourdes dépenses publiques, évitant ainsi de trop imposer les revenus et les dépenses des ménages, un expédient qui est en voie de disparition avec l’introduction de l’impôt de 75% sur les revenus supérieurs à 1million€. Cette imposition de la main d’œuvre repose sur le raisonnement erroné que l’imposition des sociétés («le capital») épargne les gens ordinaires («les travailleurs») alors qu’en fait ces taxes touchant l’activité des entreprises sont immanquablement transférées aux ménages, par la hausse directe des prix et, aussi en France, par le biais d’un chômage élevé. De fortes charges sociales, conjuguées à une rigidité excessive du droit d’embauche et de licenciements freinent l’emploi ce qui se traduit depuis de nombreuses années par un taux de chômage élevé qui devrait atteindre 10,5 % d’ici 2013.

Nicolas Sarkozy, le prédécesseur du président actuel, a tenté d’adresser ce problème en défiscalisant les heures supplémentaires et en transférant une partie de cette charge fiscale sur la consommation par le biais de la hausse de la TVA – réformes que Francois Hollande s’est empressé d’annuler.

La révocation de ces allégements fiscaux ramène à une autre erreur de raisonnement chère à la classe politique socialiste – celle de la quantité fixe de travail, un attachement si profond qu’il a conduit à l’introduction en 2000 de la semaine des 35 heures. L’idée derrière cette réforme est que la demande de travail est une constante et que le montant fixe d’heures de travail totales nécessaires à la satisfaction de cette demande finale doit être équitablement partagé par la main d’œuvre permettant ainsi à plus de travailleurs de rentrer dans le monde du travail et ainsi de réduire le chômage.

Il est étonnant que ce soit dans le pays même où le concept d’entrepreneur est né qu’un tel syllogisme ait vu le jour, les socialistes français auraient-ils oublié leur leçon de physique du lycée sur les vases communicants? Lorsqu’un liquide homogène est verse dans un ensemble de récipients raccordés, le liquide se stabilise au même niveau pour tous les récipients, peu importe leur forme et leur volume. Générer plus de «liquide» – soit des emplois – ne peut se faire qu’en facilitant l’activité des entrepreneurs et non en semant sur leur route d’innombrables embuches par le biais de pressions fiscales et réglementaires qui n’ont pour résultat que d’inciter les entreprises a privilégier les investissements et l’embauche hors des frontières françaises.

L’approche graduelle et consensuelle de François Hollande symbolisée par la mise en place de commissions consultatives est louée par ses défenseurs comme la voie qui conduira selon eux au consensus nécessaire à l’adoption des reformes structurelles requises contrairement au style jugé trop agressif de Nicolas Sarkozy. Mais même en supposant qu’ils aient raison et que l’approche Hollande débouche sur les réformes nécessaires à la restoration de la compétitivité, la crise de la zone euro ne lui laissera que peu de temps pour vérifier si son approche est la bonne,

Une facon simple et efficace de gagner du temps serait d’abandonner l’euro et de ramener la compétitivité par une dévaluation de la monnaie nationale. Cet expédient, toutefois est incompatible avec l’attachement partagé par l’élite politique française dans son intégralité pour le «projet européen» un attachement lié à l’ambition de projeter l’influence et le pouvoir géopolitique de la France a travers le monde. Cette vision est la version contemporaine de ce que Charles de Gaulle appelait «une certaine idée de la France».

Pour la classe politique française, renoncer au projet européen pour gagner le temps nécessaire pour restaurer la compétitivité est aussi impensable que son alternative qui serait de créer une union politique européenne. Ce qui permettrait l’instauration d’une véritable banque centrale européenne a l’image de la Reserve Fédérale ou la Banque d’Angleterre, mais qui impliquerait l’abandon de la République en échange d’un état fédéral européen – l’antithèse même de cette «certaine idée de la France».

Un choc brutal résultera de cette combinaison du gradualisme du programme des réformes économiques (gradualisme d’ailleurs qui pourrait relever plus de l’inertie que d’un véritable programme) et de l’effet paralysant de la crise de la zone euro. Continuer dans l’union monétaire à cote de l’économie allemande qui est remarquablement plus compétitive nécessite d’entreprendre un programme de réformes économiques dramatiques. Malheureusement l’approche en douceur du président «normal» ne prépare pas les français pour un tel choc qui quand il se produira grandira encore les rangs des partis politiques radicaux rejetant l’Europe et l’économie de marché.

Brigitte Granville/Project Syndicate Aout2012

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A PROPOS!!!!!!!! Par BRUNO BERTEZ  Le 20 Aout 2012 

Article à lire et à méditer  qui met le doigt , gentiment pourrait-on dire, sur le tissu de contradictions dans lequel s’est enfermé Hollande, en raison d’une conception erronée de l’économie, d’une méconnaissance des règles de base de l’économie de marché , d’une absence totale de compréhension du système capitaliste. 

  Hollande comme tous les sociaux démocrates ne comprend pas que des lors que l’on est inséré dans une économie de marché capitaliste, ce qui régit la prospérité, c’est l’accumulation , autrement dit le profit. La prospérité, l’emploi en régime capitaliste dépendent de l’investissement et l’investissement dépend du taux de profit des firmes. 

Rêver de taxer plus le capital pour éviter de taxer les travailleurs est une naïveté, car le capital fait ses calculs en taux de profit réel après fiscalité, inflation , charges diverses à tous les niveaux. En plus il y ajoute le facteur risque ! 

La sociale démocratie bute à chaque fois sur le même problème, la sous compétitivité, et son avatar, le sous investissement. Elle se retrouve à chaque fois là aussi devant le même choix, s’isoler, sortir de l’espace de concurrence ou bien dévaluer la monnaie. 

Ce n’est pas un hasard si Hollande défend des positions qui sont les mêmes depuis des années, déjà les mêmes du temps de Bérégovoy,  à savoir des positions inflationnistes/dévaluationnistes. 

Pour l’instant , nous avons l’impression que la position du clan dévaluationniste, inflationniste s’est renforcée en Europe en raison de l’apport de Hollande, mais cela pourrait n’être que de courte durée. Les Pays du Nord ont une stratégie , c’est évident et il y a des limites qu’ils ne dépasseront pas , ne serait- ce que parce qu’ils ne le peuvent pas. A un certain point on bute sur l’impossible. Il ne faut pas confondre la position actuelle de l’Allemagne, destinée à gagner du temps , avec sa position fondamentale, structurelle, dictée par son identité profonde. 

L’épreuve de vérité de Hollande sera comme le dit l’auteur le chômage mais ce sera aussi le Grand Choix, quand l’Europe sera au pied du mur .

19/08/2012 Publié par | Au coeur de la création de richesse : l'Entreprise, Changes et Devises, Cycle Economique et Financier, Douce France, Emploi, formation, qualification, salaire, Europe, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Les Tribulations de la Kleptocratie, Project Syndicate, Répression Financière, Risques géopolitiques, sociaux, environnementaux et sanitaires | , , , | 8 Commentaires

Faillite des collectivités locales : Le mauvais rêve californien

Faillite des collectivités locales  : Le mauvais rêve californien

 La crise financière impacte toujours d’avantage les collectivités publiques locales

EN LIEN :  http://leblogalupus.com/2012/06/28/stockton-la-13e-ville-de-californie-depose-le-bilan/

 Alors que de nombreuses économies sont affectées par les difficultés budgétaires des gouvernements centraux, une crise parallèle est en train de gagner tout autour du monde les organes gouvernementaux au niveau local. De l’Espagne à la Chine, en passant par les États-Unis et l’Italie, ces sous-divisions administratives – régions, Etats, provinces, villes – se heurtent à des défis budgétaires colossaux. Tandis que les plus hauts niveaux de l’Etat se débattent dans le «pétrin» du sauvetage de gouvernements locaux insolvables, et pourraient même souffrir de révisions à la baisse des obligations, en Espagne, en Italie, et en Chine, ce fardeau pèse sur le gouvernement national, et, pour les villes US, sur leur Etat.

 Il existe des similitudes, au sein des pays et entre les pays, quant à la nature et aux causes de ces situations budgétaires locales désastreuses. Les responsables locaux ont utilisé les revenus croissants des périodes fastes pour financer des projets secondaires ou gonfler les charges salariales et sociales, sans considération des coûts à venir. Une fois la récession apparue, les recettes et les subventions issues du gouvernement central se sont effondrées et le moment de payer l’addition est arrivé. Un certain nombre d’astuces comptables inventives ont permis de masquer pendant un temps l’ampleur du problème. Désormais, il s’agit de rendre des comptes.

 Afin de financer les activités locales, les administrations locales chinoises recourent à des instruments financiers locaux (ou LGFV, pour local-government financing vehicles) dans le but de contourner les interdictions relatives aux emprunts directs. En Espagne, l’effondrement du logement et de l’emploi a lourdement affecté le revenu. Les rumeurs d’un défaut de paiement imminent se répandent à travers la Sicile, dont le gouverneur a démissionné devant la montée en flèche des emprunts à la suite des réductions budgétaires entreprises à Rome. Un récent rapport rendu par un groupe de travail co-présidé par l’ancien président de la Fed, Paul Volcker, révèle que les coûts non financés des retraites et de la santé ne laissent entrevoir à de nombreux États américains que des perspectives budgétaires à moyen et long terme bien sombres.

PLUS DE BANQUEROUTE ET DE CAUCHEMARD CALIFORNIEN EN SUIVANT : Lire la suite »

03/08/2012 Publié par | Behaviorisme et Finance Comportementale, Chinamerica, Commentaire de Marché, Europe, Indicateur des Marchés, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Project Syndicate, Retraite, Démographie et Vieillissement, Trappe à Dettes | , , , , , , | 2 Commentaires

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