Première gorgée de bière fiscale par Pierre-Antoine Delhommais
Première gorgée de bière fiscale par Pierre-Antoine Delhommais
Beaucoup de commentateurs trouvent Jean-Marc Ayrault ennuyeux, presque sinistre. C’est injuste. Il est très drôle, par exemple quand il explique que seuls les 10 % de Français les plus aisés seront concernés par les mesures de rigueur prises pour réduire les déficits. De toute évidence, il plaisante : 100 % des Français vont être touchés. Les très fortunés, les moins fortunés, les classes moyennes, les pauvres, les célibataires, les couples avec enfants, les couples sans enfants, les vieux, les jeunes, tout le monde aura droit à sa dose d’austérité. Pas versée selon les mêmes modalités, certes, et surtout pas avec les mêmes effets.

Avec le super-impôt à 75 %, les super-riches vont devoir différer les travaux d’agrandissement de la villa de l’île de Ré. Rien de gravissime. Le rabotage de la niche des emplois à domicile va contraindre les jeunes cadres dynamiques à payer leur nounou au black. Embêtant, mais surtout pour la nounou. Avec la refiscalisation des heures supplémentaires, en revanche, les 9,5 millions de salariés dont la feuille de paie est rognée en moyenne de 45 euros par mois vont devoir économiser sur leur budget vacances ou resto. Ce qui est déjà moins drôle. Pour les plus modestes, enfin, l’austérité aura un goût plus amer encore : le prix de la gorgée de bière et de la bouffée de cigarette.
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Néolibéralisme punching-ball par Olivier Meuwly
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Olivier Meuwly, historien, juge décevant que le philosophe Tzvetan Todorov compare le néolibéralisme au communisme. Il en profite pour abattre un cliché devenu très à la mode
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Trappe à Dettes /Europe : Nous sommes au coeur de la crise…
Réflexions sur la crise européenne par Guy Wagner

“ How did you go bankrupt ?” Bill asked
Two ways,” Mike said.” Gradually and then suddenly.”
(Ernest Hemingway : The Sun Also Rises)

Après avoir été relégués à l’arrière-plan par l’anticipation d’un nouvel assouplissement de la politique monétaire américaine, les problèmes de la zone euro ont repris le dessus. Voici quelques réflexions à ce sujet :
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Une guerre sur les Dépots des Banques ?
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Les banques françaises s’apprêtent à se livrer une concurrence féroce pour conquérir des dépôts bancaires dans la perspective des nouvelles normes Bâle III et d’une évolution de la fiscalité de l’épargne dans l’Hexagone, notamment sur l’assurance-vie.
Les règles prudentielles que prépare le comité de Bâle vont en effet contraindre les banques dans les prochaines années à améliorer leur ratio de liquidités, en les poussant à augmenter leur base de dépôts bancaires pour continuer à accorder des crédits.
"Les dépôts représentent (…) le nerf de la guerre, surtout compte tenu des contraintes de liquidités et des ratios réglementaires qui vont entrer en vigueur dans les années qui viennent", a déclaré Laurent Goutard, directeur délégué de la banque de détail en France de la Société Générale, lors d’une conférence de presse.
"Le risque de guerre des dépôts n’est pas nul", a aussi fait savoir Jean-François Sammarcelli, directeur général délégué de la SocGen. "Est-ce qu’il y a un risque? Oui. Est-ce qu’il y a une inquiétude? Pas encore", a-t-il encore dit.
Dans le cadre de ses objectifs à horizon 2015, la Société Générale ambitionne de conquérir deux millions de nouveaux clients particuliers en France et de gagner 1% de parts de marché sur la clientèle entreprise.
"Je pense qu’il y a un risque de guerre des dépôts partout. C’est déjà en cours en Espagne, en Grande-Bretagne. On commence à voir le phénomène en Italie", souligne Antonio Guglielmi, analyste financier chez Mediobanca. "Pourquoi cela n’arriverait-il pas en France?"

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Trappe à Dettes : Nous sommes tous des Terre-Neuviens par Pierre-Antoine Delhommais
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Peut-être sommes-nous victimes de cette dépression saisonnière dont on nous rebat les oreilles, mais il faut bien avouer que nous avons, en ce moment, une fâcheuse tendance à voir l’économie en noir. Il est vrai aussi que la réalité y aide un peu.

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QE2 Conséquences et inconséquences : "La Fed est notre banque centrale et votre problème"
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Les marchés boursiers ne sont pas les seuls, pour reprendre la célèbre formule d’Alan Greenspan, à faire preuve "d’exubérance irrationnelle". Les opinions publiques aussi.
Il y a deux ans, la victoire de Barack Obama avait été célébrée dans le monde entier, saluée comme le passage des ténèbres à la lumière. Et, sur le plan purement économique, comme la double promesse d’un retour rapide à une croissance saine et juste et d’une rupture radicale avec un système à l’agonie. Personne ne voulait écouter ceux qui osaient alors en douter, en notant par exemple que les banques d’affaires de Wall Street, au premier rang desquelles Goldman Sachs, étaient les principaux financiers du Parti démocrate.
Sur les marchés comme en politique, les grands épisodes spéculatifs finissent mal, en général. Par des krachs boursiers ou par des "raclées" électorales. Les investisseurs y perdent leurs sous, les citoyens leurs jobs et leurs illusions. La bulle Obama a donc éclaté, percée de tous côtés par la dure réalité des chiffres, ceux d’un chômage à 10 % et de prix de l’immobilier qui ne remontent pas.
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Il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…par Michel Santi
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La Réserve Fédérale Américaine semble ne pas accepter l’idée qu’une politique monétaire – autrement dit la définition des taux d’intérêts – dépasse les cadres conventionnels de l’inflation et des taux de production. C’est ainsi que les autorités US pensent leur stratégie comme si les données économiques prédominantes au sein de leur pays étaient leur seule et unique préoccupation, négligeant – ou feignant d’oublier – que leur dollar est également la première monnaie de réserves au monde… Les organisations internationales – F.M.I. ou même le G-20 – supposées (du moins sur papier) assurer la stabilité du système et l’harmonie des marchés sont pourtant dans l’incapacité totale de régler une probable crise des monnaies sans la coopération Américaine. De surcroît, les déséquilibres financiers et économiques mondiaux sont aujourd’hui aussi massifs que ceux en vigueur aux USA préalablement à la période des subprimes.

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Locataires de tous les pays, unissez-vous !, par Pierre-Antoine Delhommais
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A Paris, il y a depuis quelque temps un motif supplémentaire de fuir absolument les dîners en ville. C’est la probabilité très élevée que, au cours du repas, la conversation aborde les prix de l’immobilier dans la capitale. La perspective d’avoir à comparer, au moment de la charlotte aux fraises, la valeur du mètre carré dans chacun des arrondissements qu’habitent les convives est, en elle-même, dans sa bourgeoise vulgarité, déprimante.

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Les "hâteurs de rôt" du palais d’Iéna par Pierre-Antoine Delhommais
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C’est au palais d’Iéna, dans le 16e arrondissement de Paris, que s’est tenue la conférence nationale contre la pauvreté, à l’issue de laquelle le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé une série de mesures pour lutter contre ce fléau. Le palais d’Iéna est le siège du Conseil économique, social et environnemental (Cese) que le patron du Nouvel Observateur, Laurent Joffrin, peu suspect d’anti-étatisme primaire, décrivait récemment en ces termes. "Il existe à Paris une assemblée totalement inutile, appelée Conseil économique, social et environnemental. Elle se réunit deux fois par mois et produit une poignée de rapports que personne ne lit. Son rôle réel consiste surtout à recaser les collaborateurs que les organismes professionnels veulent récompenser. Qu’attend-on pour la supprimer ?".
Le site internet du Cese indique, il est vrai, un organigramme fourni. Un président, un bureau "organe collégial de direction comprenant six vice-présidents, deux questeurs, quatre secrétaires et six membres", un secrétariat général aussi, 72 sections, 145 fonctionnaires, 17 agents contractuels. Et surtout 233 conseillers percevant une rémunération mensuelle brute de 3 786,76 euros, à laquelle il convient d’ajouter des indemnités de transport et de présence. De l’argent de poche généreusement versé par le contribuable. Au total, le budget 2011 du Cese s’est élevé à 37,4 millions d’euros, ce qui correspond au versement, pendant un an, de 6 565 RSA.
On savait le gouvernement de M. Ayrault amateur de symboles. En organisant au siège du Conseil économique, social et environnemental une conférence contre la pauvreté, il ne pouvait en trouver de plus fort pour illustrer la dépense publique dévoyée, détournée d’une de ses missions essentielles : venir en aide aux plus démunis.
Dans 8 leçons d’histoire économique (Odile Jacob), qu’il vient de publier, l’économiste Jean-Marc Daniel évoque le cas, sous la monarchie, des "hâteurs de rot". Nommé directeur général du Trésor royal en 1776, Necker cherche à prendre des mesures d’économie budgétaire pour sauver le pays de la faillite. Soucieux de donner l’exemple au sein même de la maison du roi, il identifie seize emplois de "hâteurs de rôt". Des emplois devenus, au fil du temps, entièrement fictifs, au point que plus personne n’est en mesure de dire en quoi ce métier consiste : taper dans le dos du roi après ses repas ou surveiller le feu en cuisine afin d’accélérer la cuisson des viandes. Se sentant menacés, les hâteurs de rot font jouer leurs relations et Necker quitte son poste sans avoir réussi à les supprimer. Ils ont proliféré depuis, le palais d’Iéna en abrite plusieurs centaines.
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25/12/2012 Publié par The Wolf | Commentaire de Marché, Douce France, Emploi, formation, qualification, salaire, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Le Point, Les Tribulations de la Kleptocratie, Libéralisme, Trappe à Dettes | Jean Marc Daniel, Pierre Antoine Delhommais | Poster un commentaire