Marchés Financiers et Boursiers Actions

Michel Juvet le stratège superstar de chez BORDIER…

Le secret de la réussite Financière en Suisse tient a la fois du fait d’avoir la meilleure Banque Centrale au monde mais aussi si l’on exclu les cas UBS et CREDIT SUISSE les Banques les mieux gérées….C’est dans l’une d’entre elle, BORDIER, qu’officie le sémillant Michel Juvet  fin  analyste et stratège et qui tout comme Patrick en connait un rayon sur la musica des marchés…Pour avoir suivi ses prévisions a la semaine depuis maintenant des années, je dois avouer qu’il est vraiment bon le bougre sous des allures tranquilles et mesurées….Alors si comme moi vous en avez assez des Roubignoleries Pritchardesques Krugmanisées et surmédiatisées a outrance, jetez un œil et une oreille attentive de temps a autre  a ce que raconte Michel Juvet ne vous semblera pas dénué d’intérêt….Va s’en dire que je  communiquerais ses dernieres analyses ici mème toutes les semaines….

Sa dernière contribution au quotidien économique et financier LE TEMPS en date du 16/3/09 :

 EN SUIVANT :

Banques: au tour des créanciers de payer?

Par Michel Juvet, Bordier & Cie
 
 
Renégocier la valeur des dettes ne doit pas être un tabou, mais doit être l’aboutissement d’un processus clair et cohérent

Les plans de sauvetage des banques font le tour de la planète, mais à chaque tour l’Etat s’implique davantage et les sommes engagées grandissent encore. Alors qui paiera ces factures? L’Etat et ses citoyens uniquement? Ou y a-t-il d’autres acteurs qui doivent ou peuvent participer à l’effort commun?

Sans aucun doute une partie de la facture sera payée par l’Etat et ses citoyens. Mais contrairement à ce que «la rue» prétend, il n’y a pas que ces derniers à être passés à la caisse. Les actionnaires des banques ont en effet été les premiers à participer aux coûts de sauvetage. Non seulement ils ont très vite perdu de l’argent dès les premières annonces de pertes des banques, mais ils ont aussi participé aux premiers efforts de reconstructions des fonds propres, en souscrivant aux émissions de nouvelles actions.

Plus grave, au gré des recapitalisations d’origine publique, ils ont vu leurs droits économiques et sociaux être dilués, si ce n’est annihilés. Mais c’est normal, l’économie de marché accepte ce principe: les actionnaires privés connaissent et assument les risques, et si l’Etat doit intervenir, c’est pour sauver un système, pas les actionnaires. Mais que dire des créanciers? Pourquoi ne participent-ils pas à l’effort de sauvetage actuel?

La faillite de Lehman Brothers l’automne passé y est certainement pour quelque chose. L’implication massive des créanciers dans cette faillite, qui ont vu disparaître la quasi-totalité de leurs créances contre cette banque d’affaires, a ainsi provoqué une vraie crise systémique. Les autorités financières en ont conclu qu’il fallait d’une manière ou d’une autre éviter d’entraîner ainsi les créanciers dans le partage des coûts. Elles décidèrent donc de garantir d’abord les dépôts bancaires des épargnants (des créanciers) puis, comme en France ou en Angleterre, la dette émise par certaines banques européennes. Sacrifier les actionnaires oui, mais pas les créanciers! Trop dangereux pour le système.

Or voici que la Commission européenne, représentée par Neelie Kroes, dans sa bonne volonté de «karcheriser» les bilans des banques, a annoncé le 25 février dernier que les coûts liés au nettoyage des actifs toxiques devaient «être partagés d’une manière adéquate entre l’Etat, les actionnaires et les créanciers»! Mais que signifie cet appel aux créanciers? A qui et à quels cas fait-elle allusion?

Toutes les grandes crises de dettes, des crises de pays en voie de développement à la crise japonaise, asiatique ou russe, sont passées par l’étape de la restructuration de bilan. Renégocier la valeur de remboursement des dettes, de même que les échéances et les taux d’intérêt a souvent permis d’éviter le pire pour les créanciers et l’ensemble de la société, c’est-à-dire la faillite. Souvent même les créanciers ont dû échanger leurs dettes contre des actions pour rétablir la solidité des bilans. Rien d’original dans cette procédure, qui fait participer les Etats, les actionnaires et les créanciers.

Appliquée aujourd’hui, cette méthode du «coiffeur» («haircut» volontaire du prix de remboursement des dettes) permettrait, avec un abandon de quelques pour-cent de la valeur de remboursement des dettes, d’amortir les actifs toxiques restant, sans détruire les derniers fonds propres et/ou sans demander une nouvelle aide de l’Etat. L’appel aux créanciers par la Commission européenne paraît donc séduisant. Mais il arrive soit trop tard, soit trop tôt!

Trop tard car, en lançant cet appel, la Commission oublie que les Etats européens ont déjà mis un pied dans la garantie des créances. A-t-elle oublié que les dépôts des épargnants-créanciers bénéficient déjà d’une garantie étatique, et que la dette des banques a souvent été garantie par certains Etats européens d’une manière explicite ou implicite? Alors, soit la Commission pense revenir sur ces garanties, et ce serait, socialement, inacceptable pour les épargnants, et suicidaire pour le fonctionnement du marché interbancaire, qui avait pu se reprendre grâce aux garanties d’Etat.

Mais l’appel de la Commission arrive également trop tôt, car à qui d’autre que les créanciers obligataires pense-t-elle? Et, dans ce cas, annoncer par avance une réduction du prix des dettes bancaires obligataires risque d’étendre la crise vers les fonds de pension et les assureurs en particulier, larges détenteurs d’obligations bancaires, nécessitant alors probablement de nouvelles aides de l’Etat à leur encontre… Les créanciers obligataires n’ont désormais plus le choix. Soit ils acceptent de faire partie de la solution de Bruxelles en abandonnant à terme une partie de leurs créances, soit ils anticipent cet événement et se retirent par avance de ce marché, au risque de faire baisser violemment les cours des obligations bancaires et de provoquer une nouvelle crise cardiaque du système bancaire!

A l’heure où les risques vers l’Est européen font craindre de nouvelles pertes bancaires et de nouvelles interventions étatiques pour sauver des banques, la Commission doit clarifier son message sur le statut des créanciers. Elle ne doit pas ainsi laisser le marché créer par avance un nouveau Club de Paris de la dette, spontané et destructeur. Renégocier la valeur des dettes ne doit pas être un tabou, mais ce doit être l’aboutissement d’un processus clair et cohérent. L’Europe doit suivre l’exemple du «stress test» américain, et examiner au cas par cas et avec une même méthode toutes les grandes banques européennes. Seulement après pourra être organisé et annoncé un éventuel triage entre les banques qui doivent être fermées, à la charge totale des créanciers et des actionnaires, celles qui doivent être aidées ou reprises par l’Etat, à la charge partielle des actionnaires et des créanciers, et celles qui peuvent vivre avec leurs actionnaires et créanciers actuels. C’est ainsi que le gigantesque marché des dettes obligataires bancaires pourra rester vivant et efficient, et non en lançant en pâture au marché des idées qui manquent de crédit…

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Ses previsions pour la semaine du 16/3/09 :

 Le rallye de 10% post capitulation a bien eu lieu, mais plus vite et

plus tôt que prévu… Les investisseurs semblent désormais convaincus

que les marchés avaient valorisé les entreprises trop bon marché il y

a 10 jours. Est-ce un énième rallye de marché baissier ? Tant que la

perspective d’une reprise de la croissance au deuxième semestre reste

possible, que la situation des banques ne se détériore plus, et que les

investisseurs ne s’enthousiasment pas trop, ce rallye boursier peut

se maintenir à court terme. Mais pour que le mouvement devienne

durable il faut que les spreads de crédit baissent, ce qui n’est pas

encore le cas.

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