Art de la guerre monétaire et économique

Les points forts de l’allocution de Ben Bernanke devant le Congrès US le 3 juin 09

Il est hallucinant de constater qu’alors que la politique monétaire de la FED est capitale pour l’avenir économique de notre pays, le discours de Ben Bernanke devant le Congrès US du 3/6/09 est à ce point tronqué, déformé et relayé très partiellement par les médias économiques français…

L’information ainsi distillée reste  très parcellaire, partisane (versus anti américaniste très primaire aux relents parfois presque « Poutiniens ») et non pédagogique (toute explication technique étant systématiquement gommée).

Difficile dans ce contexte de recoller les morceaux du puzzle, je me suis livré cependant à cet exercice dont je laisse ici la primeur sans procéder cependant à un quelconque décryptage…   

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

Bernanke et l’inflation

pas de risque inflationniste à court terme

Le président de la Réserve fédérale des Etats-Unis Ben Bernanke a affirmé mercredi qu’il y avait peu de signes laissant penser que l’inflation pourrait reprendre et que les prix devraient rester très sages aux Etats-Unis dans un avenir prévisible.

«Si on regarde autour de soi, et que l’on cherche des signes d’inflation ou d’attentes d’inflation, on n’en trouvera pas beaucoup», a-t-il déclaré devant la Commission du budget de la Chambre des représentants.

«Ce que nous pouvons dire de mieux, avec toutes les incertitudes attachées à la prévision, c’est que nous ne voyons pas de risque d’inflation à court terme», a-t-il ajouté.

«Nous avons beaucoup de manières de surveiller les attentes» en manière d’inflation, a-t-il répondu à un parlementaire qui s’inquiétait de la façon dont la Fed anticipait l’inflation. M. Bernanke a cité des sondages mensuels auprès des entreprises et des ménages, le comportement quotidien du marché des titres de dette publique indexés à l’inflation, ou du marché des matières premières».

NDLR : voir à ce sujet  https://lupus1.wordpress.com/2009/05/28/l%e2%80%99inflation-le-cauchemar-des-banques-centrales/

Selon lui, «les attentes en matière d’inflation ne peuvent aboutir à une inflation que si elles influencent concrètement la fixation des prix. Et ce que nous voyons sur les marchés, c’est que les prix, des biens transformés par exemple, et les salaires, en termes nominaux, ne montrent aucun signe d’emballement. Au contraire, ils ont un rythme de croissance très lent».

«Quand les capacités de production non utilisées atteignent le niveau que nous voyons actuellement (…) l’histoire nous dit que, lors des récessions précédentes, l’inflation a eu tendance à baisser après la récession. C’est quelque chose de fiable», a expliqué le patron de la Fed. Le taux d’utilisation des capacités industrielles aux Etats-Unis a chuté en avril à son plus bas niveau depuis le début de la publication de cette statistique en 1967, à 69,1%.

«Cela dit, il y a d’autres facteurs aussi, dont le taux de change ou les cours des matières premières. Nous les surveillons très attentivement», a rappelé M. Bernanke.

«Nous assurerons la stabilité des prix», a-t-il assuré, rappelant que cela signifiait pour la Fed «ni inflation, ni déflation»._

Ben Bernanke répond à Angela Merkel. Elle critiquait sa politique d’achats de titres de dette publique

L’Allemagne et les Etats-Unis affichaient leurs désaccords mercredi autour des mesures exceptionnelles prises par la banque centrale américaine pour éponger la dette publique, au lendemain de critiques formulées par la chancelière allemande Angela Merkel. Dans une critique inhabituelle des banques centrales, étrangères de surcroît, Mme Merkel a dénoncé mardi la politique d’achats de titre de dette publique suivie par la Réserve fédérale américaine (Fed) depuis mars et par la Banque d’Angleterre. Elle a appelé les Etats Unis et la Grande-Bretagne à «revenir à des politiques de banques centrales indépendantes (…) sous peine de se retrouver dans la même situation dans dix ans». Mme Merkel a aussi estimé que la Banque centrale européenne (BCE) était «sous pression» pour lancer à son tour de telles mesures, qui consistent pour les banques centrales à acheter des titres financiers afin d’injecter de l’argent frais sur le marché. La BCE devrait livrer jeudi des détails sur un programme d’achats d’obligations annoncé début mai.

 Interrogé mercredi devant la commission du Budget de la Chambre des représentants sur les déclarations de Mme Merkel, le président de la Fed, Ben Bernanke, a indiqué qu’il était «en désaccord respectueux avec sa façon de voir» et s’est défendu de combler la dette publique par création de monnaie.

«L’économie américaine et mondiale, dont celle de l’Allemagne, a été confrontée à la combinaison exceptionnelle d’une crise financière, comme on n’en avait jamais vu depuis la dépression des années 1930, et d’une chute très grave de l’activité. Dans ce contexte, je pense que des mesures déterminées, à la fois dans le domaine budgétaire et monétaire, se justifient pour tenter d’éviter une issue encore plus grave», a souligné M. Bernanke.

« Je pense qu’il est important de relever, au sujet de nos achats actuels de titres de dette qui font partie d’un plan pour renforcer les marchés privés du crédit, que même quand nous aurons réalisé les 300 milliards de dollars d’achats auxquels nous nous sommes engagés, nous détiendrons toujours moins de bons du Trésor, que nous n’en avions avant que la crise ne commence ».

NDLR : voir à ce sujet L’EXCELLENT BILLET DE L’INCONTOURNABLE JEAN PIERRE CHEVALLIER

http://www.jpchevallier.com/article-29290825.html

Le dirigeant de la Fed a enfin commenté les mesures entreprises par les banques du pays pour redresser leurs finances, après la publication début mai des résultats des «tests de résistance» auxquelles elles avaient été soumises. Les progrès considérables que ces groupes ont faits pour satisfaire les exigences en matière de réserves de capitaux et leur réussite dans la levée de capitaux privés montrent que les investisseurs sont en train de retrouver une plus grande confiance dans le système bancaire», a-t-il relevé._

B.Bernanke a également indiqué aux parlementaires de la commission budgétaire de la Chambre des représentants que la Fed publierait la semaine prochaine la liste des banques jugées éligibles au remboursement des fonds reçus dans le cadre du Troubled Asset Relief Program, ou TARP

 La Fed pourra relever ses taux malgré son bilan

, il a précisé que la banque centrale pourrait si nécessaire relever les taux d’intérêt sur les réserves des banques.

Il a ajouté que la Fed pourrait vendre des actifs inscrits à son bilan mais que cette éventualité ne figurait parmi les pistes privilégiées en vue de la définition d’une stratégie de sortie de crise. 

Bernanke et les deficits publics 

 Alors que l’administration Obama a largement ouvert le robinet des dépenses publiques pourrelancer l’économie, M. Bernanke a averti que l’Etat ne pourrait «pas emprunter indéfiniment» au rythme actuel pour financer le déficit. Le patron de la Fed a appelé les dirigeants du pays à apporter «une attention expresse» à ce problème, évoquant «des difficultés bnudgétaires et économiques qui vont de pair avec le départ à la retraite de la génération du +baby-boom+ et la hausse durable des coûts médicaux».

 Alors que l’endettement du pays devrait représenter en 2011 70% de son Produit intérieur brut (PIB), les sommes colossales que le Trésor américain emprunte pour financer un déficit budgétaire record (13% du PIB en 2009) suscitent des inquiétudes à la fois des marchés et de responsables politiques américains et étrangers.

«Même au moment où nous prenons des mesures pour contrer la récession et les menaces sur la stabilité de notre système financier, maintenir la confiance des marchés financiers exige qu’en tant que nation, nous commencions à programmer maintenant le rétablissement de l’équilibre budgétaire», a-t-il insisté.

Il a également souligné que le déficit courant des Etats-Unis avait reculé en dépit de la hausse de la dette du gouvernement, ce qui montre qu’il y a suffisamment de capitaux disponibles pour satisfaire les besoins de financement du gouvernement

Bernanke et la reprise économique

Le président de la banque centrale des Etats-Unis a affirmé mercredi au Congrès qu’il attendait toujours un retour de la croissance cette année et mis en garde contre l’aggravation du déficit public.

«Nous continuons à prévoir que l’activité économique connaisse son point bas, puis reparte à la hausse, dans le courant de cette année», a rappelé le président de la Réserve fédérale (Fed).

Mais, selon lui, «même une fois une reprise apparue, le taux de croissance de l’activité économique réelle devrait rester sous son potentiel de long terme pendant un moment».

Sur le front de la conjoncture, M. Bernanke a relevé que la consommation a été «grosso modo stable depuis le début de l’année», que le moral des ménages «s’est amélioré», que le marché immobilier a montré quelques signes indiquant qu’il avait touché son plus bas», mais que le marché du travail restait «mauvais».

Bernanke et le Dollar

Le dollar américain n’est pas menacé de voir remis en cause son statut de monnaie de réserve, a déclaré mercredi Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine, ajoutant que veiller à la solidité de l’économie américaine était le meilleur moyen de préserver un dollar fort.

« Je ne vois aucun risque dans un avenir prévisible pour le statut de monnaie de réserve du dollar », a-t-il dit lors d’une audition par la commission du Budget de la Chambre des représentants.

« Nous avons la responsabilité d’assurer que notre économie soit correctement gérée et mon opinion est que la meilleure manière d’avoir un dollar fort, c’est d’avoir une économie forte, de remettre l’économie sur la voie de la croissance avec une productivité élevé, un bon niveau d’épargne », a-t-il ajouté.

« C’est pourquoi je pense qu’il est important de nous redresser, de résoudre la crise financière et de remettre l’économie en situation de croissance. »

source : afp et reuters 

ET TOUJOURS D’ACTUALITE :

 https://lupus1.wordpress.com/2009/05/18/bernanke-des-theories-de-friedman-a-la-pratique/

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