Formation a la gestion de portefeuille

Quelques pistes patrimoniales pour se protéger de l’inflation

Dans le registre mieux vaut tenir que courir et davantage  encore mieux vaut guérir que mourir je mets ici une petite sélection d’articles « pas trop mal fait » datant de l’époque pas si éloignée  ou la déflation n’étant pas encore à la mode  l’on ne parlait que d’elle, l’hydre aux multiples tètes destinée à nous avaler tout cru : L’INFLATION…

A REACTUALISER ET A CONSOMMER AVEC OU SANS MODERATION :

Quand les prix dérapent, jouez l’or et l’immobilier. Et conservez les actions pour le long terme
JDF HEBDO | 24.05.2008

En matière de placements financiers, les rappels historiques sont toujours instructifs. Même si nous ne sommes en aucun cas confrontés à la spirale inflationniste que nous avons connue durant les années 1970 et au début des années 1980, la hausse du prix du pétrole et l’envolée du prix des denrées alimentaires suscitent une réelle inquiétude parmi les investisseurs.
Car, de la même manière que l’inflation ampute le pouvoir d’achat des ménages, elle ronge le pouvoir d’achat des actifs financiers, qui perdent de leur attractivité quand les prix augmentent.
L’engrenage est bien connu : les rendements servis par la plupart des placements se font rapidement dépasser par la progression des taux d’intérêt qui sont toujours plus attractifs et mettent hors jeu tous les autres produits, voués à une dévalorisation inévitable. Les ravages de l’inflation sont terrifiants : tous les placements qui n’ont pas suivi la multipli- cation par 5,6 du niveau général des prix en trente-cinq ans ont conduit à appauvrir leurs détenteurs en termes réels.
Le graphique ci-dessus montre l’énorme écart de performance existant entre les différentes formes de placements en données déflatées. Comme on pouvait s’y attendre, les actions se placent très largement en tête, confirmant leur absolue supériorité sur le long terme. Vient ensuite l’immobilier, également fidèle à sa réputation. Les performances des autres produits sont très décevantes. C’est le cas des placements obligataires et même de l’or, qui ne révèle son efficacité que durant les périodes de surchauffe inflationniste ou de tension géopolitique extrême. Le livret A est au-dessous de tout, puisqu’il conduit à un résultat négatif.
Mais, pour l’heure, ce qui nous préoccupe tous, c’est de connaître le comportement des différents placements entre 1972 et 1984, années durant lesquelles le taux d’inflation annuel s’est établi en France à 9,75 % en moyenne, avec des pointes à plus de 13 % en 1975, 1980 et 1981.

Les investissements gagnants et les perdants des années 1970
Sur cette période, le verdict est sans appel : seuls l’or et l’immobilier ont tiré leur épingle du jeu. Le métal jaune présente la particularité de ne procurer aucune rémunération à ses détenteurs, mais il constitue le placement refuge par excellence lorsque la confiance fait défaut, que la monnaie se déprécie, que les crises économiques s’aggravent ou qu’apparaissent des conflits armés. Entre 1972 et 1980, l’once d’or est ainsi passée de 60 et 820 dollars, et certaines mines d’or ont vu leur cours multiplié par plus de 50 ! Ceux qui ont eu la sagesse d’en mettre en portefeuille à hauteur d’au moins 10 %, comme nous le recommandons aujourd’hui, ont traversé la crise sans encombre. L’immobilier a également bien résisté car, en dépit de la forte hausse des taux d’intérêt, les investisseurs se sont rapidement rendus compte qu’il constituait un des rares placements dont les revenus, c’est-à-dire les loyers, étaient indexés sur le coût de la vie. En période d’inflation, la pierre retrouve donc, elle aussi, un certain caractère défensif.
Les actions ont, dans l’ensemble, beaucoup souffert car les dividendes servis aux actionnaires n’ont pas suivi l’inflation ; les marges des entreprises se sont dégradées et l’activité économique s’est fortement ralentie. Certains secteurs, comme le pétrole, les produits de base, les services aux collectivités, la distribution et même l’agroalimentaire, se sont, en revanche, très bien comportés (voir notre analyse page suivante).
Les deux grands perdants de cette période d’hyperinflation sont, bien sûr, les obligations, dont les rendements sont figés sur dix, quinze ou vingt ans, et le livret A, qui n’est jamais parvenu à rattraper l’inflation. Nous verrons si la nouvelle formule d’indexation de la rémunération du livret A permettra de mieux préserver le pouvoir d’achat des petits épargnants. On peut en douter quand on sait que cette formule d’indexation mise en place en juillet 2004 a déjà été modifiée dans le sens de la baisse fin janvier. Le taux auquel on aurait abouti a été jugé trop élevé !

Protégez votre portefeuille avec les OATi
Roland Laskine | JDF HEBDO | 24.05.2008

Les obligations classiques, qui servent un rendement fixe, sont les premières victimes de l’inflation. Pour réconcilier les investisseurs avec les emprunts d’Etat, les pouvoirs publics ont créé à la fin des années 1990 les OATi, les fameuses « obligations assimilables du Trésor inflation », dont le coupon est indexé sur le coût de la vie.
Le fonctionnement des OATi est simple. Le coupon est ajusté tous les ans et le prix de remboursement à l’échéance est réévalué pour tenir compte de la hausse des prix depuis le lancement de l’emprunt. La base d’indexation est calculée à partir de l’IPC (l’indice des prix à la consommation), établi tous les mois par l’Insee. Le pouvoir d’achat des porteurs est préservé, puisque les intérêt payés progressent avec la hausse des prix, alors qu’à l’opposé les obligations classiques, qui proposent un taux fixe, se dévaluent au fur et à mesure que les prix augmentent. Il faut également savoir que si l’inflation recule le porteur de l’obligation est assuré de recevoir au moins le taux coupon annoncé lors de l’émission.
Environ 10 % des portefeuilles
Il existe aujourd’hui en France six différents emprunts indexés, soit sur l’inflation française, soit sur la hausse des prix dans la zone euro. Le premier d’entre eux, émis en 1998, arrivera à échéance en juillet 2009 : alors que le taux d’intérêt annuel de départ avait été fixé à 3 %, celui-ci atteint aujourd’hui 3,66 %. A l’échéance, le capital sera lui aussi ajusté, puisque le porteur devrait recevoir autour de 1,2 fois le montant du capital initial.
La protection dont dispose l’investisseur n’est pas gratuite. Elle se paie par un taux de rendement inférieur à celui des em-prunts d’Etat de même durée car le risque d’inflation n’est pas supporté par l’investisseur. A titre d’exemple, l’Etat français a émis en février une nouvelle OATi à échéance 2023 avec un coupon fixé à 2,1 %, alors que les emprunts classiques de même durée rapportaient près de 4 %. La différence est importante, mais si l’inflation continue de se développer l’investissement sera rapidement rentabilisé.
Les OATi ne sont pas destinées à occuper un espace trop important à l’intérieur d’un portefeuille car elles ne procurent pas un rendement suffisamment attrayant pour permettre à un capital de s’épanouir sur le long terme. Elles doivent venir en complément pour réduire la vulnérabilité d’un portefeuille à l’érosion monétaire, en sachant qu’il serait illusoire de vouloir totalement s’en affranchir. Les OATi sont particulièrement bien adaptées à la couverture partielle d’un portefeuille actions : elles présentent le grand avantage d’en réduire la volatilité.
Les OATi peuvent être acquises en direct auprès de votre intermédiaire financier habituel, mais il est également possible de les jouer au travers de trackers composés d’un panier de plusieurs obligations. Le tracker le mieux adapté à un investisseur français est le Lyxor ETf EuroMTS Inflation Linked (code MTI), constitué des principales obligations indexées de la zone euro. Au cours des douze derniers mois, ce tracker s’est apprécié de 6,1 %, alors que sur la même période le cours des obligations classiques s’est légèrement déprécié.

L’or, un refuge efficace contre l’inflation
C.S. | JDF HEBDO | 24.05.2008

Valeur refuge par excellence, l’or constitue une parade efficace contre les dérapages de l’inflation. Certes, il s’agit d’un actif extrêmement volatil en raison de l’étroitesse de son marché. C’est ainsi qu’après avoir dépassé le seuil hautement symbolique des 1.000 dollars l’once au mois de mars le cours du métal jaune est redescendu sous les 900 dollars en l’espace de quelques semaines.
Néanmoins, les fondamentaux du marché plaident pour une poursuite, dans les mois à venir, de la tendance haussière initiée depuis 2001. La production primaire d’or stagne (et ce phénomène devrait durer en raison des problèmes rencontrés par les groupes miniers en Afrique du Sud), tandis que la demande reste soutenue et le demeurera, en dépit de l’envolée des prix. La raison : l’élévation du niveau de vie des ménages chinois et indiens, et leur appétence pour l’or. D’autre part, la faiblesse persistante du dollar par rapport aux principales devises joue en faveur du métal jaune par un jeu de balancier bien connu et qui se vérifie sur longue période.
Il existe plusieurs façons de jouer l’or. Il est désormais possible de parier sur les fluctuations des cours physiques du métal fin par le biais de divers produits : trackers, certificats, dérivés sur l’or, etc.
Si l’on veut, en revanche, bénéficier d’un effet de levier sur les variations des cours du métal, les titres des compagnies aurifères constituent un placement privilégié, tout en sachant qu’il n’est pas dénué de risques. Plusieurs stratégies peuvent alors être adoptées : on peut miser sur les grandes compagnies aurifères (Gold Corp., Kinross ou Barrick Gold) au profil de production identifié et au bilan sain, acheter des titres de jeunes sociétés aurifères (Agnico Eagle, Yamana Gold…) pour jouer la montée en puissance de leur production et une éventuelle OPA, ou enfin, à titre très spéculatif, se positionner sur les sociétés centrées sur l’exploration.
Pour mutualiser les risques, la meilleure façon de jouer les mines, notamment à Paris, reste néanmoins les fonds spécialisés dans les métaux précieux….

Les valeurs qui profitent de la hausse de l’inflation
Roland Laskine | JDF HEBDO | 24.05.2008

L’inflation devient une menace lorsqu’elle conduit à une hausse durable et significative des prix à la consommation. A partir de ce constat, il est possible de se faire une première idée des secteurs à privilégier et de ceux à l’égard desquels il convient de se montrer plus prudent.
Avec un prix du baril à 130 dollars et la plupart des matières premières au plus haut, on peut en effet s’interroger sur la capacité des entreprises à maintenir leurs marges, qui avaient atteint fin 2007 un niveau historiquement élevé. Car l’inflation ne se contente pas de renchérir les coûts d’approvisionnement des entreprises, si les tensions persistent, elle a également pour effet de faire monter le prix de la main-d’oeuvre.
Dans ce contexte, les seules entreprises capables de résister sont celles dont les revenus sont indexés sur le coût de la vie et celles qui ont la capacité de répercuter ces hausses sur leurs prix de vente. C’est ce que les spécialistes appellent le pricing power.
Parmi les acteurs les plus favorisés figurent bien entendu les producteurs de matières premières et les groupes pétroliers. En Europe, des sociétés comme Total n’ont pas pleinement profité de l’envolée du baril en raison de la baisse du dollar, qui neutralise une bonne partie des bénéfices exprimés en euros, mais, à New York, le géant Exxon Mobil se traite aujourd’hui à son plus haut historique. L’action Total peut être achetée au cours actuel, car le plus gros de la baisse du dollar est désormais derrière nous et le potentiel de hausse du titre reste intact en cas de poursuite de la hausse du brut ou de maintien des cours au-dessus de 100 dollars.
Les groupes de services parapétroliers profitent de la sitation pour fortement augmenter leurs prix. Des titres comme Schlumberger, Technip, Bourbon, Vallourec ou CGG Veritas ont enregistré de très belles performances, et tous n’ont pas épuisé leur potentiel. Dans le nickel, Eramet, poussé il est vrai par des achats spéculatifs, est au plus haut.
Les acteurs de la filière énergétique sont également bien placés. C’est vrai d’EDF et de Suez, qui profitent de la hausse du prix du kilowattheure, mais aussi de GDF, qui parvient à répercuter aux consommateurs l’essentiel de la hausse du prix du gaz. Les spécialistes des infrastructures énergétiques, comme Alstom et Areva, sont eux aussi favorisés.
L’expérience montre que les services aux collectivités réunissent également toutes les conditions nécessaires pour bien résister à l’inflation. C’est vrai des concessionnaires autoroutiers, des services des eaux et des opérateurs de télécommunications, même si ces derniers ont essuyé ces derniers mois des prises de bénéfices après leur très beau parcours boursier réalisé en 2007. Même Eurotunnel retrouve la faveur du marché.
Les foncières sont dans l’ensemble bien placées
Autres rescapées, les sociétés foncières dont les loyers sont indexés sur le coût de la vie. Les sociétés spécialisées dans les bureaux bénéficient de cette indexation, mais elles pourraient souffrir d’un ralentissement de la croissance, alors que les propriétaires de centres commerciaux pourront s’appuyer sur une consommation au pire stagnante. Nos favoris : Unibail-Rodamco et Klépierre.
La grande distribution a toujours bien résisté en période d’inflation car elle a pour effet de gonfler le chiffre d’affaires sans véritablement peser sur ses marges. Aujourd’hui, le durcissement de la concurrence, avec la multiplication des enseignes discount, change un peu la donne. De ce point de vue, Casino paraît mieux armé que Carrefour.
Dans l’agroalimentaire, tout semble indiquer que les plus gros intervenants du secteur, comme Danone ou Nestlé, sauront défendre leurs marges. La force de leur marque et le caractère novateur de la plupart de leurs produits leur permettent d’imposer des hausses de prix significatives à la grande distribution, ce qui n’est pas le cas des industriels de plus petite taille.
Le secteur des matériaux de construction est réputé vulnérable à l’inflation, mais il apparaît de plus en plus clairement que des groupes comme Lafarge ou Ciments Français, très présents dans les pays émergents où la croissance reste très soutenue, devraient plutôt bien tirer leur épingle du jeu.

L’inflation peut être contournée au moyen de nouveaux produits

La hausse des prix atteint partout des records. Outre les obligations liées à l’inflation, de nouveaux véhicules permettent de se protéger contre le renchérissement.

Yves Hulmann, Zurich le temps
Samedi 24 mai 2008

Subrepticement, l’inflation redevient un souci majeur partout dans le monde. Dans la zone euro, l’indice des prix à la consommation a atteint un record de 3,6% en mars, avant de redescendre à 3,3% en avril. Un taux toujours très supérieur à la limite de 2% tolérée par la Banque centrale européenne (BCE). En Suisse, les prix ont augmenté de 2,6% en mars comparé à l’an précédent, puis de 2,3% en avril, un niveau qui n’a plus été observé depuis quatorze ans. Même tendance aux Etats-Unis, où le renchérissement s’est élevé à 3,9% en avril. Plus surprenant: même le Japon n’échappe plus à la spirale inflationniste. La hausse des prix de détail y a atteint 1,2% en mars, du jamais vu depuis dix ans. Peu de spécialistes osent parier sur un prochain retour à la normale. Pour la zone euro, un panel d’économistes sondés par l’agence Bloomberg anticipe une stabilisation à 3,4% au troisième trimestre, suivie d’une accalmie à 2,7% entre octobre et décembre prochain.

Comment protéger l’épargne contre l’inflation? D’une part, il existe des obligations dont la valeur nominale et le coupon sont ajustés en fonction de l’inflation. Différents grands établissements internationaux tels que AXA, Dexia (DX.PA), DWS et Schroders proposent en Suisse des fonds obligataires de type «inflation linked bonds». Credit Suisse (CSGN.VX) offre de tels fonds libellés à la fois en francs, en euros et en dollars. Pictet a aussi émis plusieurs fonds obligataires en euros protégés de l’inflation.

Sous forme indicielle, Barclays Global Investors propose depuis plus de deux ans le fonds ETF iShares Inflation Linked Bond libellé en euros. Ce produit est aussi enregistré en Suisse depuis février. Aux Etats-Unis, les TIPS (Treasury Inflation Protected Securities), des emprunts d’Etat qui protègent contre le renchérissement, existent depuis dix ans.

Des structurés sur mesure

Les émetteurs de produits structurés s’engouffrent à leur tour dans la brèche. Jeudi, Merrill Lynch Capital Markets a émis un produit à capital garanti à 3 ans. Outre le remboursement à 100% du montant investi, ce produit, libellé en euros, offre un coupon annuel de 6% assuré chaque année. A partir de la deuxième année, toute inflation supérieure à 2,5% vient en outre s’ajouter au coupon de base.

Parmi les autres spécialistes de la branche en Suisse, EFG Financial Products indique avoir élaboré à la demande de clients des produits sur mesure destinés à les protéger de l’inflation. Cette filiale du groupe EFG International a aussi émis récemment un certificat constitué d’actions de groupes actifs dans l’énergie (CococoPhillips, Exxon (XOM) Mobil, Gazprom, Petrochina, Royal Dutch Shell, Schlumberger et Total (FP.PA)). L’idée étant que la valeur de ces sociétés est peu sensible à l’inflation. «Cette sélection a été effectuée en fonction de corrélations historiques», explique Alex Pou Cuturi, spécialiste en produits structurés chez EFG Financial Products.

La banque Vontobel (VONN.S) n’a, elle, pas encore émis de produits spécifiques consacrés à l’inflation. «Nous n’avons encore rien de concret à proposer dans ce domaine. Ce thème fait toutefois l’objet de discussions», concède Luigi Diamante, spécialiste en produits financiers chez Vontobel.

Retour sur les réflexes oubliés protégeant le rendement réel.

Pierre-Alexandre Sallier, avec Clément Dubois
Lundi 2 juin 2008 le temps

On l’avait oubliée. Disparue dans le tumulte de la mondialisation. Au point qu’une bonne partie des professionnels chargés de gérer l’épargne des particuliers – ou leurs futures retraites – n’intègrent plus l’inflation dans leurs décisions d’investissements depuis des années. Cela pourrait changer. La hausse des prix atteint 2,3% en Suisse – du jamais-vu depuis près de quinze ans – et vient de toucher les 3,6% en zone euro. Comme le remarque Fabrizio Quirighetti, gérant au sein de la banque Syz, «ce risque a été constamment sous-estimé par les marchés et rien que pour cela, il mérite qu’on s’y attarde».

Bain de sang obligataire

Principe de base: l’inflation opère une redistribution de richesse des prêteurs vers les emprunteurs. Le mal inflationniste se transforme donc en bénédiction pour les emprunteurs. Les ménages ayant acquis un bien immobilier dans les années 70 peuvent en témoigner. Encore faut-il que l’emprunt soit à taux fixe.

A l’inverse, les porteurs d’obligations figurent parmi les premières victimes, en particulier ceux détenant des emprunts longs, comme les bons du Trésor. Alternative, «les obligations d’Etat indexées, comme les OATi françaises ou les «TIPS» américains, qui représentent le b.a.-ba de la protection contre l’inflation», rappelle Olivier d’Auriol, conseiller en gestion indépendant basé à Pully. Des produits structurés plus complexes sont également proposés (lire page 20). Toute la difficulté reste d’acheter ces assurances à bon prix et au bon moment, c’est-à-dire… avant que tout le monde ne commence à anticiper sérieusement un retour de l’hydre inflationniste. «Autre protection possible, les emprunts à haut rendement, qui offrent un coupon élevé et des durations plus courtes; leur intégration dans un fonds diversifié, constitué de plusieurs centaines d’emprunts, permet de limiter les risques de défaillance des sociétés les émettant», ajoute Jean-Sylvain Perrig, responsable des mandats de banque privée à l’UBP. Ce dernier évoque également les obligations, en monnaie locale, des pays émergents.

Quid de la bourse? Si celle-ci est moins exposée, l’inflation ne lui est pas favorable pour autant. Ainsi, entre 1966 et 1982, Wall Street, qui n’avait pas progressé, perdait les deux tiers de sa valeur en termes réels. «Si, dans un premier temps, les entreprises peuvent profiter de la hausse du prix de leurs produits, l’inflation va à la longue réduire la visibilité sur les bénéfices… et mettre leur valorisation boursière sous pression», ajoute Jean-Sylvain Perrig. La prudence intime de se reporter sur les actions des secteurs liés de façon directe à cette inflation: mines, énergie, sidérurgie, équipements miniers, agro-industrie… «Attention, ceci n’est valable que dans la première phase de l’inflation, car si les banques centrales étaient amenées à augmenter les taux pour réagir, les actions pourraient corriger», prévient Fernando Martins Da Silva, stratège de la Banque Cantonale Vaudoise (BCVN.S).

La relique barbare

Traditionnellement, l’or reste le placement refuge lorsque les taux d’intérêt réels deviennent négatifs. Une couverture rendue aujourd’hui d’autant plus facile que de nouvelles solutions, comme les ETFs, permettent d’éviter l’acquisition de lingots.

L’idée en vogue actuellement reste de soigner le mal par le mal, en investissant dans les produits par lesquels l’inflation arrive: pétrole, métaux, produits agricoles Cela suppose cependant de croire que la hausse actuelle s’explique toujours par la pénurie mondiale de produits de base… et non par une simple bulle spéculative.

En réalité, toutes ces solutions servent surtout à limiter les dégâts. «Quand le risque inflationniste s’installe, il reste difficile de se protéger; les années 70 ont montré que peu d’actifs résistent réellement», prévient Michel Juvet, stratège de la banque Bordier & Cie. Il faut donc surtout espérer que l’inflation redevienne ce qu’elle a été durant des années. Une variable muette.

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