Inflation, inflation importée, monétarisation de la dette

Il n’existe pas « une » mais « des » sources d’Inflation

L’objectif de ce  Billet est de poser les choses en termes de définition de l’inflation de manière à comprendre de quoi il en retourne quand on agite le drapeau  rouge de l’inflation….

 POUR EN SAVOIR DAVANTAGE :

Inflation par la demande: un excès de demande face à une offre non assez élastique fait monter les prix. La demande peut être gonflée « artificiellement » et transitoirement par des conditions de crédit relaxées ou des effets de richesse. Ce phénomène est flagrant aux USA entre 2003 et 2007, de nombreux facteurs (titrisation, discipline de crédit défaillante, taux d’intérêts incitatifs, bulle immobilière, désépargne) ayant produit une dérive optimiste  consumériste basée sur la dette. Grâce aux importations à prix ultra-bas des pays émergeants (Chine), l’inflation est restée cantonnée. Après la survenance de la crise actuelle, tous les facteurs pro-consommation se sont évidemment inversés: chômage, crash immobilier, stress bancaire et restrictions des conditions de crédit, danger sur les pensions: seul les taux d’intérêt ont retrouvé un niveau incitatif. Parmi les autres facteurs de demande agrégée: investissement, stocks, exportations qui ont une dynamique affaiblie, seul la demande gouvernementale est soutenue (infrastructures, subventions) mais est étalée sur des années. L’on ne perçoit  ainsi guère aujourd’hui  de danger inflationniste par la demande

Inflation par l’offre: une insuffisance d’offre face à une demande non élastique fait grimper les prix. Grâce à la globalisation, les pénuries d’offre ont jusqu’à présent été rares. Si en général un creux de l’économie tend plutôt à créer de la déflation, il faut rester attentif au risque induit d’une désorganisation des circuits de l’offre en cas de grave récession, proche de la dépression (faillites, situations d’interdépendance etc.). Par ailleurs, l’on constate et on peut parfois s’en réjouir- que beaucoup de firmes, dès le quatrième trimestre 2008, au vu d’un effondrement de la demande de parfois 25%, 50% ou plus, ont réduit dramatiquement leur offre, supprimant des capacités, afin d’éviter le gonflement de stocks, la perte de maîtrise sur les prix, et particulièrement dans cette crise, la sortie de liquidités pourtant vitales au vu de l’état des banques et des marchés de capitaux.L’ampleur de la réduction des coûts des entreprises, soucieuses de s’adapter à la baisse de la demande, a donc étonné en bien. Ce qui ne devrait pas vraiment être une surprise dans la mesure où les Etats-Unis ont un marché du travail étonnamment flexible, et que des secteurs telsque la technologie ont de solides expériences récentes de réduction forcée des coûts. Cette stratégie a réussi globalement aux entreprises, la brutalité et la dimension macroéconomique de ce mouvement ayant malheureusement contribué à un affaiblissement de la demande globale (à l’opposé de périodes précédentes). Si ces phénomènes touchant l’offre ne suffisent par à créer une inflation, ils permettent probablement et certainement  d’éviter une déflation genre « années 30 »

Inflation monétaire: c’est l’inflation qui proviendrait de la création monétaire « excédentaire »: toutes choses étant égales, l’augmentation de la masse monétaire se retrouvant en pourcentage similaire dans celle des prix, selon le modèle propagé par Milton Friedman.

Actuellement, il est vrai que la masse monétaire (et surtout ce que les américains appellent la base monétaire M0 dans le bilan de la FED: billets, dépôts des banques commerciales auprès de la banque centrale) a crû de façon importante. Cette croissance a très peu d’effet, aussi longtemps que les banques n’utilisent pas cette liquidité pour faire des prêts à l’économie (en fait, transformer le M0 en M1, actionner le « multiplicateur de crédit »). Les monétaristes constatent que la « vitesse de circulation de la monnaie » a fortement diminué. La base monétaire crée des « réserves » pour les banques auprès des banques centrales, mais pas des moyens de payement nouveaux pour la demande finale, donc finalement – à l’état actuel – pas de « carburant » inflationniste. Au contraire, on constate que les conditions de crédit au niveau des banques se durcissent: c’est le cas au niveau des crédits à la consommation et des crédits immobiliers: pas étonnant vu les taux de défaut croissants et l’état de solvabilité affaibli des demandeurs de crédit en période de récession – d’ailleurs le processus de désendettement du consommateur (US) est par nature étalé dans le temps. Pas étonnant non plus au regard de la solvabilité toujours fragile des banques et les nouvelles exigences en matière de fonds propres.  Par conséquent  au vu de ces quelques éléments d’un point de vue monétaire aucune inflation n’est à craindre…

Inflation par les coûts: les coûts des facteurs de production pour une entreprise sont ses coûts salariaux, des produits intermédiaires, du capital productif et du capital financier. Le commerçant effectuera, pour autant que possible, un « mark-up » de ses coûts vers le consommateur. Actuellement, ni les coûts salariaux (chômage!) ni les « inputs matériels » ne posent problème (certes: il y a des contrats à renégocier: voir sur matières premières Arcelor vis-à-devis Rio etc.). L’impact d’un mouvement majeur, appelé « choc », du prix d’un « input » externe essentiel, comme le pétrole, est évidemment à relever. Face à certaines offres plutôt « oligopolistiques » et imprévisibles (Chine).Maintenant compte tenu des politiques publiques mises en place et des hausses d’impôts que cela suppose couplé à des dérives populistes : clientélisme exacerbé , financement par la dette de programmes sociaux avec des couts non contrôlés, politique de grand travaux sans critère réelle  d’utilité publique et de rentabilité : c’est finalement du coté de l’inflation par les couts   qu’il faudra rechercher les fortes résurgences inflationnistes qui sont à prévoir…  

BILLET PRECEDENT CONSACRE AU SUJET :

https://lupus1.wordpress.com/2009/06/22/quelques-pistes-patrimoniales-pour-se-proteger-de-l%e2%80%99inflation-suite-et-encore/

7 réponses »

  1. On peut ajouter « inflation par l’augmentation de la dette de l’Etat ». En effet, un emprunteur achète et contribue à la hausse des prix. Après un délai de production, il a produit et vendu. Sa vente contribue à la baisse des prix. Cette baisse est, en principe, supérieure, à la hausse initiale. En effet, l’emprunteur produit bien plus que le montant de son achat.

    L’emprunt pour produire des marchandises induit donc une baisse nette des prix moyens.

    Mais les dépenses de l’Etat sont, toutes, peu ou pas productives de marchandises. Les dépenses de l’Etat induisent donc directement une hausse de prix. Cette hausse ne sera jamais compensée par une vente de marchandises. Donc aucune contribution à une baisse des prix moyens.

    L’augmentation des dettes de l’Etat induisent donc une contribution à l’inflation durable des prix.

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