Europe

L’Europe : un risque systémique pour la planète financière

S’il en fut un que l’on ne peut pas qualifier de pessimiste invétéré, de catrostophiste fin de mondiste, de Nostradamus à la petite semaine c’est bien lui : Marc Touati…Pour ceux qui ne le connaitrait pas encore c’est un Economiste, Directeur Général de Global Equities et Président du cabinet ACDEFI (premier cabinet de conseil économique et financier indépendant). Il s’est fait connaitre pour ses analyses au sein de la Banque « escroqueries en tous genres » Natixis »…Il a eu  le courage et la décence  de la quitter  depuis (hommage à lui) et c’est désormais en analyste plutôt indépendant qu’il commente les marchés… Dans un de ses derniers commentaires il fait un lien qui m’est apparu très intéressant  entre : le bourbier d’Europe de l’est dans lesquels se sont impliquées les Banques de l’Ouest , la politique monétaire de l’Ignoramus Trichet, la volatilité de l’Euro et la montée exponentielles des déficits des maillons faibles de la Zone Euro que sont devenus l’Espagne, la Grèce, le Portugal et l’Italie….On aurait la un potentiel  effet domino qui ferait de l’Europe une source de risque systémique pour la planète financière actuelle… Il est fort dommage et regrettable qu’au cours de la récente campagne électorale européenne aucun politique n’est voulu s’emparer du dossier qui concerne pourtant toute l’Europe….

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

« Parallèlement, si l’essentiel du « ménage » a été réalisé dans les banques américaines, qui commencent d’ailleurs à rembourser les avances accordées par l’Etat au plus fort de la crise, les banques européennes restent particulièrement fragiles et représentent par là même un quatrième risque. Tout d’abord, parce que toute la lumière n’a pas encore été faite sur l’état de leurs créances douteuses et que, ce faisant, certains cadavres pourraient sortir de leurs placards dans les prochaines semaines. Ensuite et surtout, si, après avoir déjà dû avaler les couleuvres du krach internet, de la crise des subprime et de la crise financière de la fin 2008-début 2009, les banques européennes doivent encore subir les affres d’une défaillance partielle de l’Europe de l’Est, il ne restera plus très cher de leur peau…

C’est dans ce cadre que s’insère le cinquième risque, à savoir la politique de la BCE. En effet, à l’image de son resserrement monétaire mené en juillet 2008 en pleine récession ou encore de son refus actuel de baisser son taux refi au niveau des taux de base des ses consœurs du monde développé, la BCE pourrait bien nous gratifier d’une de ses surprises de mauvais goût. A savoir, adopter un discours plus restrictif, voire augmenter son taux refi dans le sillage de l’inévitable reflation des prochains mois liée au rebond technique des cours des matières premières. Si tel est le cas, l’euro flambera de nouveau, étouffant dans l’œuf la petite reprise qui se dessine dans la zone euro pour la fin 2009.

C’est alors que pourra se matérialiser un sixième risque, en l’occurrence l’explosion de la zone euro. Car il est clair qu’étant déjà au bord de la crise sociale, des pays tels que la Grèce, l’Espagne, le Portugal, voire l’Italie ne pourront pas supporter une nouvelle appréciation de la devise eurolandaise et pourront alors être obligés de sortir de la zone euro pour éviter un marasme sociétal. Ils retrouveront alors une devise en phase avec leurs fondamentaux économiques, c’est-à-dire dépréciée d’environ 50 % et rembourseront leur dette publique en monnaie de singe.

C’est d’ailleurs là que réside le septième et dernier risque, à savoir l’augmentation insupportable des dettes publiques inefficaces, c’est-à-dire des dettes qui ne produiront pas assez de croissance économique pour combler leurs coûts. Or, cela est malheureusement le cas dans la grande majorité des pays de la zone euro qui sont, au surplus, confrontés à des difficultés croissantes pour assurer le financement de leur retraite par répartition, France et Allemagne en tête. Autrement dit, alors que les Etats-Unis, la Chine et l’Inde seront en train de se répartir le nouveau gâteau de la croissance mondiale, la zone euro risque de devoir recoller les morceaux d’un « modèle » économico-social extrêmement coûteux qui ne sait plus générer une croissance forte et durable. »

MARC TOUATI 23/6/09

QUELQUES ELEMENTS SUPPLEMENTAIRES D’APPRECIATION :

« Il semble que nous ne sachions toujours pas ce qu’il y a dans notre système bancaire (en Europe, ndlr) a affirmé en juin Erik Berglof, le chef économiste de la Banque européenne de reconstruction et de développement (Berd) juin 2009

(afp) – Le pire de la récession est à venir, a estimé lundi le chef économiste de la Banque européenne de reconstruction et de développement Erik Berglof lors d’une conférence en Ecosse, appelant à plus de transparence du système bancaire, notamment en Europe.

« Je ne pense pas que le pire soit derrière nous », a indiqué M. Berglof lors d’une conférence à Gleneagles à laquelle participait également la commissaire européenne à la Concurrence Neelie Kroes. « Nous n’avons pas encore tout vu », a-t-il ajouté.

Mme Kroes a estimé « que le monde bancaire n’avait toujours pas confiance », et que les banquiers « réalisent qu’il y a toujours quelque chose de pourri dans le placard ».

M. Berglof a renchéri : « Il semble que nous ne sachions toujours pas ce qu’il y a dans notre système bancaire, et il y a besoin non seulement de le découvrir mais aussi de le rendre public comme on l’a fait aux Etats-Unis ». Il a estimé que la méthode américaine était « la référence et avait certainement aidé à stabiliser le système ».
Mme Kroes a noté de son côté que les représentants du secteur bancaire qu’elle avait pu rencontrer récemment se rejetaient la responsabilité des problèmes, et que « beaucoup déniaient ce qui se passait dans leur propre institution ».
Elle a appelé les banques à prêter pour permettre aux petites entreprises de fonctionner : « Elles ont besoin de prêts, ni plus ni moins », a-t-elle dit, estimant à son tour « qu’on n’était pas au bout des conséquences de cette récession ».

Les banques européennes n’en ont pas fini avec les pertes liées aux créances et actifs toxiques

Bruno Sillard – 16/06/2009

La BCE s’attend à ce que les établissements de la zone euro passent 283 milliards de dollars de dépréciations entre 2009 et 2010

« Les risques pour la stabilité financière restent élevés » prévient la Banque centrale européenne dans son rapport semestriel qui fait le point sur l’état de santé des grands acteurs du système financier, en particulier les banques et les assureurs. La BCE estime que les banques de la zone euro devront inscrire entre 2009 et 2010, 283 milliards de dollars de dépréciations d’actifs liées à des créances douteuses ou à des actifs toxiques.
La BCE indique dans son rapport sur la stabilité financière publié hier lundi que les pertes des banques liées aux actifs toxiques devraient s’élever depuis le début de la crise en août 2007 jusqu’à la fin 2010 à 218 milliards de dollars. Les créances douteuses pèseraient quant à elles pour 431 milliards, soit un total de pertes pour le secteur bancaire de la zone euro de 649 milliards de dollars. Les estimations déjà publiées donnaient 366 milliards.

La BCE explique que les risques qui pèsent sur le secteur financier se sont accrus les six derniers mois. « La contraction de l’activité économique et des perspectives de croissance moindres ont entraîné une érosion supplémentaire des valorisations de marché d’une large gamme d’actifs », peut-on lire dans ce rapport.
« Liée à cela, s’est produite une hausse significative des prévisions de dépréciations potentielles et de pertes que les banques vont devoir absorber avant que le cycle de crédit n’atteigne son creux », ajoute la BCE.

Il reste que les 649 milliards de dollars estimés par la banque centrale sont en deça de la prévision du FMI qui estime pour la même période les pertes des banques de la zone euro à 904 milliards de dollars.

La BCE craint une nouvelle crise de confiance chez les grandes banques et s’inquiète de la solidité financière des assureurs. Parmi les risques, une récession plus sévère et plus longue que prévu de la zone euro pourrait aussi déstabiliser le système financier, de même qu’une intensification des tensions dans les pays d’Europe centrale et orientale. L’institution n’exclut pas non plus de nouvelles baisses plus fortes qu’attendu des prix immobiliers aux Etats-Unis.

« On ne peut pas exclure que plusieurs de ces risques se matérialisent simultanément », a ajouté le vice-président de l’institution Lucas Papademos lors d’un point presse. Le débat sur les tests de résistance pour les banques européennes est loin d’être clos

POUR L’EXPOSITION DES BANQUES EUROPEENNES A L’EUROPE DE L’EST VOIR CECI :

exposition des Banques Europeennes à l’Europe de l’est

9 réponses »

  1. Ces 2 articles reprennent des informations qui circulent sous le manteau depuis près de 6 mois. Ce qui est intéressant néanmoins, c’est leur appropriation (« explosion zone euro », « risque systémique des banques européennes ») par Marc Touati et Eric Berglof. Lorsque nous évoquions ces sujets, 6 mois en arrière, on nous regardait tantôt comme des fous tantôt comme de serviles pro-américains tentant de jeter le discrédit sur l’Europe. Le point important est donc sur la remontée de la prise de conscience au niveau de gens qui, comme vous dites, sont plutôt colombes,que faucons.
    De mon coté, je pense que Trichet n’est pas seul à mettre en cause : il y aussi son iznogood de service, Axel Weber, qui porte une large responsabilité sur le niveau des taux et la faiblesse des actions de la BCE. Je relève également, que la BCE met sur la table le projet insensé de relever les taux prochainement (avant la Fed) ? Cela serait insensé, mais après tout, n’ont ils pas donné un tour de vis de 0.25% en juillet 2008 ? Cela pourrait expliquer la remontée de l’euro ces derniers jours, alors même que les indices plongeaient et le pétrole avec.
    Merci pour ces infos. Je vais investiguer sur cette proba de remontée des taux coté BCE (euro à 1,41 ce matin… dingue)

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    • Entièrement d’accord avec vous yann au sujet d’Axel Weber le patron de la Bundesbank, ne jamais oublier en effet qu’ignoramus Trichet prend ses ordres à Berlin , l’Allemagne restant le « fleuron économique » de l’Europe… Ce qui amusant et un peu pathétique c’est que certains continuent de gloser sur l’indépendance des Banques Centrales….La encore comme dans beaucoup de domaines : la raison du plus fort sera la « meilleure »

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    • C’est vrai mais il est très médiatisé et du point de vue de la symbolique je trouve que les idées développées dans son analyse témoignent d’autant plus d’un vrai malaise européen…

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  2. Enfin Mister Chevalier qui pli. Cela va mal en europe, et l’effet domino qui est venu des USA vers l’Europe, peut faire le contraire. C’est-à-dire un effet néfaste vers les USA et le monde si l’Europe tombe à genoux !!!

    Au fait le joug des puissants arrive, déjà sur boursorama on ne peut plus déposer de commentaires sur chaque article, visible par tout le monde. Et cela depuis un mois, à quand sur tous les blogs ???

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    • Tiens voilà le retour de mon humoriste et naze opérationnel préféré…bon à défaut de spiquer l’English commences par maitriser la langue française et le respect des noms propres : Monsieur Chevallier s’écrit avec 2l…Grand honneur de me confondre avec lui mais tu t’es trompé d’adresse mon « ami »…Trop drôle à défaut d’autre chose 🙂

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      • Mais c’est bien à Mister Chevallier que je m’adressais (et non dans son blog qui ne prend que les commentaire qui ne flatte dans son immense ego).

        Pour Lupus :

        Mister est un jeux de mot (mais apparemment trop compliqué).

        Par contre le Nop nase(=qui a du nez) opérationnel préféré, observe ton blog depuis un moment. D’un discours d’une superbe reprise en avril, je pense que tu tiendra en décembre 2009, le même discours que leap2020(des nases aussi) .
        Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

        Et là je pourrais dire que tu maitrise la langue française, mais c’est la seule chose que tu maitrises.

        Mon grand-père était lui aussi nul en tout sauf en français (d’un autre temps). D’où regard hagard s’en doute.

        Mais je te respect Lupus, mais ne change pas, au 1er janvier 2010 je veux te voir écrire encore que le monde tourne à merveille, afin que je passe de bonnes nuits…

        Quand les derniers sites positifs, se montreront négatif on sera mal.

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