Au coeur de la création de richesse : l'Entreprise

L’optimisme tenace et la pertinence de Jan Poser

« LE MARCHÉ ACTIONS US EST TOUJOURS SUR LE CHEMIN DE 2003, PAS SUR CELUI DU «DOUBLE DIP» DE 2001. »

L’économiste en chef de Sarasin voit la reprise durer jusqu’à mi-2010. Positionnement cyclique plus marqué que chez les concurrents.

«Tout le monde s’attend à une rechute des marchés, donc elle ne se produira pas». Déjà remarqué en début d’année – Jan Poser prévoyait «des opportunités d’une génération » pour 2009 –, l’optimisme du chef économiste de Sarasin se renforce, même après sept mois de reprise des marchés.

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Son objectif de 7000 points pour le SMI (indice boursier suisse) en fin d’année, annoncé le 24 décembre 2008, tient d’ailleurs toujours, a-t-il avancé mardi à Genève.

Derrière ce scénario, la conviction que la reprise économique durera jusqu’à mi-2010 – un argument que Poser avait exprimé dès le début 2009. Ensuite, des freins opéreront, soulevant des doutes sur les relais de croissance à moyen terme.

A court terme, les importants programmes publics porteront leurs fruits, tandis que la menace inflationniste est écartée:  le multiplicateur de crédit ne fonctionne toujours pas et la faible utilisation des capacités de production a un effet déflationniste. C’est justement l’écart «abyssal» entre consommation et production industrielle (cette dernière a beaucoup plus baissé que la consommation) qui explique que la reprise sera très forte. Jusqu’à mi-2010.

Ensuite, les banques auront toujours des pertes à amortir et les Etats devront réduire leur dette tout en rééquilibrant les échanges commerciaux.

Conclusion: à moyen terme, le potentiel de croissance sera réduit par rapport au début de la décennie.

Concernant la stratégie d’investissement, Sarasin se positionne pour profiter d’une reprise qui n’est encore qu’à ses débuts: l’exposition aux actions a encore été relevée en août (à près de 55% pour un profil équilibré). Contrairement à ce qu’ont fait la plupart des concurrents.

Car après le rallye des emprunts d’entreprises au premier semestre de cette année et le rallye des actions au second semestre, «il est toujours très intéressant d’investir en actions, avance Jan Poser, car si les principaux indices ont progressé depuis leur plus bas, ils ne sont pas encore revenus à leur point haut du 31 octobre 2007».

Différence par rapport à ce moment- là: la situation économique est devenue nettement meilleure et «les fondamentaux reviennent en jeu», alors que jusqu’à présent, seules les attentes de résultats semblaient importer.

Des attentes qui ont d’ailleurs été revues à la hausse récemment – et seront encore relevées, «peutêtre de 20%, sur la base des surprises positives que nous ont réservées les résultats d’entreprises».

Des surprises découlant des mesures d’économies prises en 2008 après les baisses de chiffre d’affaires de 2007. Conséquence: une remontée modérée des ventes se traduira par une poussée nette des bénéfices en 2010.

Concernant les valorisations, Poser les voit en ligne avec la fair value à long terme, «ce qui laisse espérer un rendement annuel moyen de 4% sur les actions sur dix ans». Le risque du retour d’un double dip comme en 2001 est écarté sur la base des fondamentaux actuels (ISM et résultats), similaires à ce qu’ils étaient en 2003, et non en 2001.

ENTRETIEN AGEFI SEP09

Quand les banques centrales mettront-elles en place leur stratégies de sortie?

Jan Amrit Poser. Nous nous attendons à une remontée des taux en 2010, mais une stratégie de sortie ne se limite pas à cet aspect. Nous ne voyons pas de telle stratégie cette année, les banques centrales devraient intervenir sur la partie liquidités au premier semestre 2010. La Fed ne sera probablement pas la première à bouger car les risques sont plus grands aux Etats-Unis. La BCE, peut être.

Comment savoir si la remontée est trop précoce?

En cas de remontée des taux précoce, les problèmes apparaîtront sur les marchés, puis dans l’économie réelle. Il faut regarder les spreads d’obligations corporates et les Ted spreads.

Les banques pourront-elles rétablir leurs bilans?

D’après le FMI, le système bancaire devrait perdre 4100 milliards de dollars, c’est une estimation pessimiste qui sera probablement revue à la baisse. Jusqu’à maintenant, les pertes ont atteint 1600 milliards de dollars et les augmentations de capital, 1300 milliards. Pour combler l’écart avec les 4100 milliards, il faut supprimer les dividendes jusqu’en 2011 et lever 800 milliards de dollars de capital, dit le FMI. La stabilisation des banques prendra du temps, mais l’exemple de la crise des Savings & Loans a montré que la Fed savait laisser ses taux bas pendant très longtemps.

RAPPEL  : la Banque Sarasin optimiste pour le second semestre 2009

– 15/07/2009 agefi

Selon la Banque Sarasin, la stabilisation amorcée au deuxième trimestre sur les marchés financiers  est à l’origine d’une diminution significative de l’aversion au risque du côté des investisseurs. Dans ce contexte, ses perspectives de placement pour le troisième trimestre 2009, anticipe une relance conjoncturelle mondiale d’ici la fin de l’année. De fait, la banque recommande aux investisseurs d’augmenter la part de valeurs cycliques dans leur portefeuille. Les secteurs en question vont continuer de profiter de la rotation sectorielle au détriment des secteurs défensifs. Ce phénomène est prévisible dans la mesure où, après une phase de destockage intense dans certains secteurs économiques, une relance cyclique doit se matérialiser au second semestre. Une condition cependant est nécessaire, précise la Banque Sarasin :  » il faut que l’Etat continue de compenser la propension des ménages à épargner ».   D’un point de vue géographique, les marchés émergents ont les préférences de l’établissement.   Outre les actions, les emprunts convertibles profiteront à la fois de la diminution des primes de risque et de la hausse attendue des marchés boursiers. Enfin, en cas de poussée inflationniste, les emprunts indexés sur l’inflation se montreront attrayants, prévoit la banque.

COMPLEMENT THEORIQUE ET ANALYTIQUE INDISPENSABLE: 2009 versus 2003 : similitudes sur les Marchés Financiers (cliquez sur le lien)

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