Behaviorisme et Finance Comportementale

Commentaire : Regard monétariste sur la liquidité….

Hausse générale des prix d’actifs : quels en sont les fondements macroéconomiques ?  

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

 Ces derniers mois ont été le théâtre d’une reprise soutenue des cours sur la plupart des marchés d’actifs, y compris actions et crédit – depuis début mars, l’index S&P a repris 48 % de sa valeur. Sur la même période, le crédit investment grade et high yield, c’est-à-dire non seulement les obligations répondant à un risque faible mais encore celles bien plus risquées, ont remonté la pente de 19 % et 43 % respectivement.

Un scénario similaire s’est joué dans l’espace des matières premières, où, par exemple, l’index de rendement total S&P GSCI a crû de 32 %, et où, de façon moins triviale, les métaux précieux, traditionnellement défensifs, ont tout de même rebondi de 11 %.

D’où nous vient cet appétit général pour les actifs financiers ? Il est très difficile de raccrocher cette tendance haussière généralisée à une vision forte et cohérente sur les perspectives macroéconomiques mondiales. Hormis bien sur pour les investisseurs particulièrement affutés et avisés  qui auraient fait le choix dès décembre 2008 d’arbitrer leurs bons du trésor US (seule véritable valeur refuge en période de crise aigue il faut le rappeler !!!!!) au profit de l’obligataire corporate pour glisser peu à peu ensuite vers les actions….

Ces quelques précautions locutives  prises  force est donc de croire que les investisseurs, lassés de détenir des liquidités dont le rendement se réduit comme peau de chagrin, ont  finalement décidé de remettre leur cash à l’oeuvre. Si tel n’avait pas  été le cas, une hausse des cours sur une classe d’actifs se serait accompagnée de ventes par ailleurs ce qui ne s’est absolument pas vérifié en la matière….

Pour certains investisseurs, la liquidité a eu ses heures de gloire…

Les données à haute fréquence sur les liquidités détenues par les institutions financières sont rares, mais une bonne indication sur l’appétence des marchés pour les actifs dits ®liquides¯ nous provient du rapport hebdomadaire ICI sur les fonds monétaires américains (voir aussi l’excellent commentaire de Buzz lightyear : http://leblogalupus.com/2009/10/05/les-instutionnels-remettent-de-l%e2%80%99argent-dans-les-fonds-de-placement/#comment-1663  ). Or, cette source révèle que le marché ne se serait finalement réduit que de 10 % depuis son point haut atteint début mars.

Cette réduction somme toute ®modeste¯ des encours monétaires est peut-être trompeuse, si l’on considère que les entreprises, gouvernements , fonds de pension et autres entités qui généralement gèrent d’une façon ni volatile ni spéculative leur allocation, constituent la majorité des encours. On peut donc y voir là une réallocation globale des poches allouées à chaque classe d’actifs, allocation stratégique remise  au gout du jour mais redéfinie ponctuellement et lentement au vu de ce qui semble étre de leur point de vue(zinzins et institutionnels) non pas une sortie de crise mais une temporisation de celle-ci : c’est le fameux « le plus dure est derrière nous » (la phase précédente correspondant au : le plus dur est à venir !!!!)

 Sur le reste, qui représente pour ainsi dire le marché de ®détail¯,gros investisseurs et autres  les sommes engagées ont, quant à elles, diminué de façon un peu plus marquée (les quelque 300 milliards de dollars injectés dans les fonds monétaires entre le début de la crise et le mois de mars en sont ressortis aux deux tiers), sans pour autant que les sommes en jeu n’aient déjà été engagées sur des actifs plus risqués. Là encore on à affaire à une réallocation même si l’on peut la qualifier d’une peu  plus offensive : on serait passé d’une stratégie en mode défensif à un mode plus équilibrée et selon un timing plus précis…

A l’inverse, coté Banques commerciales généralistes rien n’a bougé et   tout porte à croire que les banques commerciales pourraient rester très liquides, car elles font encore face à un levier financier élevé et  la dégradation de la qualité de leurs actifs n’en est pas à sa fin, surtout du coté européen ou les banques n’ont pas dans leur ensemble procédé aux restructurations qui s’imposaient. Le système bancaire globalement vit donc sous perfusion des banques centrales et tente avec peine de constituer et ses marges, et ses fonds propres… le distingo est cependant à faire entre banques commerciales d’un coté  et banques d’investissements de l’autre car ces dernières adossées à une gestion alternative de pointe ont très vite compris le retournement des marchés  en cours et se sont très vite placés en conséquence avec les succès que l’on connait…

 Hormis ce cas de figure un peu particulier des banques d’investissements (désormais très minoritaires)  le rapport hebdomadaire de la Réserve fédérale de New York montre  que, dans l’ensemble, les banques commerciales détiennent encore plus de 1 000 milliards de liquidités, soit grosso modo le même volume qu’avant la chute de Lehman Brothers…. Bien heureux encore qu’elles gardent ces liquidités bien au chaud car nous nagerions sinon en pleine phase inflationniste…..Il est à noté au passage une nouvelle fois que si inflation il y a elle n’aura pas pour origine les banques nageant dans des sur liquidités et octroyant des crédits à tout va mais bien parle biais d’une dépense publique incontrôlée, incontrôlable et procédant à des augmentations massives d’impôts…  

La croissance va-t-elle influencer la préférence pour la liquidité ?

Sans aucun doute, le rebond de croissance dont le monde industrialisé bénéficie actuellement repose en partie sur le fameux ®cycle des stocks¯. Il s’appuie également sur l’effet puissant des plans de relance mis en place dans la plupart des grands pays industrialisés et émergents. Il reste cependant une interrogation forte des investisseurs  quant à la capacité de la demande finale – en particulier de la demande intérieure, car la demande extérieure s’avère dynamique, tirée par les BRICs – à prendre le relais lorsque l’effet combiné du restockage et de la dépense publique s’essoufflera.

Sur la demande extérieure preuve nous est donné avec le redémarrage du commerce mondial depuis maintenant 3 mois….Sur la demande intérieure et plus spécifiquement celle des pays  développés , celle-ci devrait se trouver confortée un taux de chômage  moins élevée pour 2010 sous la conjugaison de 2 phénomènes : nouvelles embauches au niveau des entreprises  (voir le billet : Statistiques de chômage, croissance et investissement boursier (cliquez sur le lien)) et un rebond de la production industrielle( nous voilà  ici au cœur de la théorie de l’offre) la mesure clé pour prévoir l’avenir du marché du travail. Compte tenu du potentiel d’amélioration de la production manufacturière, on peut doc s’attendre à ce que les chiffres de l’emploi suivent le même rythme, en particulier dans le sillage de la baisse significative observée durant le récent ralentissement. Toute amélioration du marché de l’emploi devrait apporter un soutien indéniable à la demande privée et, par conséquent, au marché des actions. C’est simplement une question de temps avant que le rebond de la production industrielle ne se propage au marché du travail

Cette interrogation et le timing d’amélioration  sera absolument déterminante pour les arbitrages de portefeuilles : si trop de doutes persistent quant à la pérennité de la reprise dans le monde industrialisé, et elle pourrait bien induire une pause dans le reflux des investissements vers des actifs plus diversifiés pour bon nombre d’investisseurs moutonniers et à la recherche de certitudes donc peu enclin à la prise de risque…

Et le rôle des banques centrales dans tout ça ?

Jusqu’à présent, les banques centrales des deux côtés de l’Atlantique ont adopté des positions plus que prudentes dans leur communication sur leurs stratégies de sortie. Elles semblent en effet considérer qu’une grande modestie est de mise ( enfin cela concerne essentiellement la FED et la BNS…pour les autres : -(  ) et qu’il faut se garder de resserrer trop tôt l’étau monétaire, au risque d’annihiler une reprise économique encore trop fragile. De là à dire que les banques centrales alimentent contre leur gré une bulle généralisée des prix d’actifs, il n’y a qu’un pas… qu’on saurait bien évidemment franchir…Cela reviendrait  sinon à  accuser l’horloger qui répare votre montre ou votre boussole d’être à l’origine des variations météorologiques et prosaïquement du temps qu’il fait…. 

Source : GS

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