Mondialisation

Les dix bonnes raisons d’investir en Asie

Depuis le 27 octobre 2008, l’indice MSCI AC Asia (ex-Japan) a rebondi de 102% en dollars.

DANS UN CONTEXTE DE RENFORCEMENT DES ALLOCATIONS D’ACTIFS INTERNATIONALES, LES FONDS VONT AFFLUER VERS L’ASIE

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

1) Au plan stratégique, les perspectives d’investissement à long terme demeurent attractives.

L’Asie, portée par une solide démographie, une hausse réelle des salaires, un faible niveau d’endettement et un taux d’épargne élevé, a toutes les chances de générer une belle croissance de son PIB durant les 10 prochaines années.

De plus, les économies asiatiques vont désormais centrer davantage leurs efforts sur la croissance domestique via l’investissement et la consommation, alors que les consommateurs occidentaux, eux, reconstituent leur épargne.

Les exportateurs asiatiques seront les grands bénéficiaires de toute reprise de la croissance dans l’OCDE.

2) Les économies de la région, qui connaissent une croissance soutenue, Chine en tête, ont largement de quoi donner un coup de pouce à la consommation des ménages.

En effet, la consommation représente 35% du PIB en Chine, 56% en Inde et 70% aux Etats-Unis.

L’expansion de la demande domestique recèle un potentiel considérable sur le long terme.

Grâce au niveau élevé de l’épargne, à la progression des salaires et à l’essor du crédit personnel, la propension des consommateurs à dépenser s’inscrit en hausse, tendance qui se reflète dans bon nombre de leurs choix de consommation.

3)L’Asie – hors Japon – affiche des taux d’endettement relativement bas, notamment chez les ménages où l’endettement ne représente que 13% du PIB en Chine, 11% en Inde et en Indonésie, alors qu’il a atteint un niveau record aux Etats-Unis (99% à la fin du premier trimestre 2009) et qu’il est de… 100% au Royaume-Uni. Au vu du poids de sa dette, l’Occident pourrait bien connaître une période prolongée de croissance structurellement réduite, due au nécessaire désendettement du secteur privé.

4) Les entreprises asiatiques, elles aussi, affichent une belle santé financière. Le niveau d’endettement pour l’Asie (hors Japon) est tombé de 60% durant la crise asiatique (1998) à 30% actuellement.

Le rendement des capitaux propres semble avoir atteint un plus bas cyclique, normal, à environ 10% à l’échelle régionale pour 2009. S’il venait à augmenter, les valorisations deviendraient encore plus attrayantes.

5) Les gouvernements asiatiques disposent d’abondantes réserves de change et de budgets relativement équilibrés. Ils sont donc en mesure de développer des programmes budgétaires durables comme outils anticycliques. Ils pourraient ainsi, si nécessaire, lancer une deuxième ou troisième série de mesures de relance. Les économies occidentales en revanche, tels les Etats-Unis et le Royaume- Uni, affichent d’importants déficits budgétaires et, de ce fait, sont limités dans leurs programmes de relance budgétaire.

6) Les infrastructures demeurent l’un des secteurs les plus porteurs d’Asie. Malgré l’effondrement des exportations et de l’investissement privé, les gouvernements de la région ont réagi à grand renfort de programmes de relance, débloquant une enveloppe de plus de 800 milliards de dollars, dont une part substantielle a été allouée à des projets d’infrastructure. En effet, les besoins à long terme sont importants et couvrent un large éventail de projets, dont des voies ferrées, des routes et des centrales électriques. A titre d’exemple, en Chine et en Inde la consommation électrique ne représente toujours que, respectivement, 16% et 4% de la consommation américaine par habitant.

7) Les risques politiques? En Asie, ils diminuent. Au cours des dix dernières années, la situation politique s’est considérablement améliorée dans nombre de nations asiatiques. Les résultats des récentes élections qui se sont tenues en Indonésie et en Inde sont d’excellent augure pour les investisseurs, car les leaders en place, voyant leur mandat renforcé, vont pouvoir pousser plus loin les réformes politiques et économiques qu’ils ont engagées dans leur pays. La coopération politique entre pays d’Asie se renforce elle aussi, comme en témoigne le récent rapprochement entre la Chine et Taïwan, notamment.

8) Les échanges intra-asiatiques de produits finis vont augmenter. Au cours des 10 dernières années, le commerce intra-asiatique a été dominé par des échanges de composants et matériaux, assemblés sur place, puis exportés dans le reste du monde. Dans les 10 prochaines années, les échanges intra-asiatiques de produits finis et la hausse de la demande domestique vont soutenir les économies émergentes d’Asie bien plus que par le passé.

9) Dans un contexte de renforcement des allocations d’actifs internationales, les fonds vont affluer vers l’Asie. L’Asie hors Japon, qui pesait 3% au sein de l’indice MSCI AC World en 2003, est aujourd’hui passée à une pondération record de 11,5% (juin 2009), au terme d’un redressement rapide, intervenu en six mois. Ce renforcement des allocations pourrait amener les fonds internationaux à relever leur exposition à l’Asie, que cela soit dans l’immédiat ou un peu ultérieurement.

10) La conviction quant au potentiel de cette région n’ empêche toutefois pas d’être conscients de certains risques. En effet, comme l’Australie vient de le faire, les banques centrales d’Asie pourraient relever leurs taux d’intérêt plus tôt que prévu. D’autant que l’accélération de la liquidité du crédit suscite des interrogations grandissantes quant à la qualité des actifs des banques, sans oublier le risque de bulle du crédit et/ou de l’inflation. Ceci dit, il est peu probable que les décideurs asiatiques adoptent une nouvelle approche de politique monétaire avant la fin de l’année.

Par ailleurs, une montée en flèche des prix des matières premières à courte ou moyenne échéance pourrait handicaper l’Asie, car la région est généralement importatrice nette de matières premières et pourrait donc en subir des conséquences sur le coût de production de ses produits. Mais de tels risques existent aussi sur d’autres marchés, lesquels n’offrent pas une croissance telle que celle de la Chine, qui pourrait dépasser 8% cette année.

SHERENE BAN  jpm

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : Regard sur les Pays Emergents : le coup de stylo sur les B.I.C (cliquez sur le lien)

La reprise s’annonce solide en Asie en 2010

Reuters 13.10.09

La reprise économique en Asie est sur des assises plus solides qu’il y a trois mois, la croissance chinoise devant atteindre 8% en 2009 et 9% en 2010, tandis que Singapour et Taïwan, très dépendants du commerce international, devraient également rebondir l’année prochaine, selon une enquête Reuters publiée mardi.

« A moins que l’une des économies avancées ne rechute, je pense que nous sommes au début d’une reprise économique durable », a déclaré Rob Subbaraman, économiste chargé de l’Asie chez Nomura à Hong Kong.

« La demande intérieure est une composante importante de la reprise. Cela étant, les exportations ne sont plus en chute libre et semblent même se stabiliser, ce qui joue également. »

L’enquête s’appuie sur des estimations du produit intérieur brut fournies par plus de 100 analystes pour 12 économies asiatiques, hors Japon.

La reprise plus vigoureuse qu’attendue en Asie au cours des derniers mois devrait se confirmer, alors que les perspectives sont plus moroses pour de nombreuses économies occidentales, estiment les experts interrogés.

La Chine demeurera l’économie la plus performante d’Asie, aidée par un programme de relance de 585 milliards de dollars (395 milliards d’euros), et les prévisions de croissance pour 2010 ont été révisées à la hausse par rapport à l’enquête Reuters de juillet, de 8,8% à 9%.

Cela étant, les exportations ne devraient pas croître de manière aussi marquée que lors des années précédentes, et l’excédent du commerce extérieur devrait s’établir à 188,3 milliards de dollars en 2010, contre 204 milliards attendus en 2009, montre l’enquête.

Une reprise plus robuste que prévu dans la région devrait inciter les banques centrales à remonter les taux d’intérêt afin de pallier d’éventuelles pressions inflationnistes, même si les dirigeants se montreront prudents dans le retrait des mesures de relance.

La banque centrale australienne a augmenté ses taux d’intérêt la semaine dernière et a indiqué qu’elle pourrait procéder à des nouvelles hausses, le pire de la crise étant d’après elle passé.

Les analystes pensent que la Corée du Sud sera le deuxième pays du G20 à relever ses taux d’intérêt, une forte hausse des prix dans l’immobilier faisant craindre la formation d’une bulle.

LA CONFIANCE DES CONSOMMATEURS EN HAUSSE

Pour l’Inde, les prévisions économiques de l’année budgétaire qui s’achèvera fin mars 2010 ont été revues à la baisse par rapport à l’enquête de juillet, de 6,3% à 6%, des précipitations historiquement faibles ayant ravagé des rizières et des cultures de canne à sucre.

Cela étant, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a déclaré cette semaine que le point le plus bas avait été atteint. Les analystes interrogés dans le cadre de l’enquête anticipent une croissance de 7,5% en 2010-2011, contre 7,2% lors de la précédente enquête.

L’économie de Singapour devrait rebondir et croître de 5,7% en 2010, soit la meilleure performance d’Asie après la Chine et l’Inde.

Les économies de la région sont également soutenues par l’orientation à la hausse du prix de certains actifs, ce qui a un effet positif sur la confiance des consommateurs.

« Il y a un sentiment positif du fait de l’orientation à la hausse des marchés boursiers et du marché immobilier », a déclaré Tim Condon, économiste chargé de l’Asie chez ING Financial Markets

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