Changes et Devises

Commentaire :Carte Gold pour les Banques Centrales….

«Nous avons observé que les prix de l’or grimpaient et nous avons ainsi acheté de l’or de façon stratégique au cours des derniers mois, dans une politique de diversification de nos réserves», a affirmé l’adjoint de la banque centrale du Sri Lanka, Nandalal Weerasinghe. M. Weerasinghe n’a pas révélé auprès de qui la banque centrale achetait son or, ni à quel prix. Il n’a pas non plus précisé quelle était la part de l’or dans les 5 milliards de devises étrangères détenues par l’institution.

Une source proche de la banque centrale a confié que ces achats d’or étaient destinés à contrer la volatilité du dollar, et révélé que le montant acheté avait été d’environ 5,3 tonnes d’or en septembre. Lundi dernier, l’Inde avait de son côté annoncé qu’elle se portait acquéreuse de 200 tonnes d’or auprès du Fonds monétaire international, soit environ la moitié du total de 403,3 tonnes qu’il prévoit de vendre sur plusieurs années pour renforcer ses finances. En toile de fond, l’or bénéficie aussi de l’appétit des petits porteurs comme des investisseurs institutionnels, via les fonds cotés EFTs (Exchange Traded Funds).

Des  gestes qui confirment  qu’est bien révolu le temps où les banques centrales vendaient leur or en masse, et un stimulant certain pour le cours de l’or.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

Explications et historique

Le prix de l’or a atteint ainsi la semaine passée 1.095 dollars l’once, un nouveau record dépassant de presque 8% le niveau de début octobre.

Depuis un certain temps déjà, l’or profite de la  faiblesse du dollar. Plus le dollar s’affaiblit, plus les investisseurs achètent de l’or pour se couvrir.

Pourtant, cet  élément existait déjà ces deux dernières années, mais sans que l’or ne parvienne à dépasser la barre psychologique des 1.000 dollars. C’est qu’un revirement est en train de se produire, suite à un nouvel  élément, de plus en plus présent : l’action des banques centrales.

Le 3 novembre, la banque centrale indienne a acheté au FMI (Fonds monétaire international) pas moins de 200 tonnes d’or, soit 8% de la production annuelle d’or et le plus gros achat depuis 30 ans. Son but : diversifier ses réserves et se protéger contre une chute persistante du dollar.

Pas une surprise en soi, car le FMI avait annoncé sa vente de 403 tonnes d’or (pour dégager les capitaux nécessaires au combat de la crise). Mais la rapidité avec laquelle l’Inde a réagi et l’ampleur de son geste indiquent que la demande d’or a le vent en poupe. Les 203 tonnes restantes devraient échouer dans les caves de la banque centrale de la Chine ou dans celles de la Russie.

Fini de vendre

L’achat de la banque centrale indienne est un signal important, qui met fin à deux décennies au cours desquelles les banques centrales vendaient massivement de l’or. Ces vingt dernières années, les banques centrales ont en effet sérieusement réduit leurs réserves en or en en vendant de grandes quantités. Elles estimaient alors que l’or ne procurait aucun rendement et que ces réserves non lucratives représentaient une part trop importante de leurs actifs totaux.

La vente d’or par 15 banques centrales européennes a même été consignée par le Washington Agreement, un accord dont le but était de ne plus trop perturber les marchés.

C’est fin 1999 qu’a été signée une première version de cet accord, par lequel 15 banques centrales s’engageaient pour 5 ans à ne pas vendre plus de 400 tonnes d’or. En 2004, une seconde version portait ce maximum à 500 tonnes, pour une nouvelle période de 5 ans. De 1999 à 2007, chaque année, ces 15 banques ont vendu presque le maximum autorisé par l’accord, faisant ainsi chuter le prix de l’once : de 850 dollars en 1990, le cours s’effondra jusqu’à 250 dollars en 2000 et ne put se redresser les années suivantes que jusqu’à 400 dollars. Les ventes des banques centrales furent donc de triste augure pour le marché de l’or.

Changement

A partir de 2008, les ventes d’or par les banques centrales ont commencé à ralentir et n’ont plus atteint les maxima autorisés par l’accord. En 2009, les banques n’ont même quasiment rien vendu.

La hausse du prix de l’or et la crise financière avaient bel et bien brisé la vague. Au milieu de cette année, à l’échelle mondiale, les réserves en or comptaient pour 10% des réserves totales, contre plus de 30% à la fin des années 1980.

Dans le même temps, l’appétit des banques centrales asiatiques s’est attisé. Car, comparées à celles de leurs collègues américains et européens, leurs réserves en or restent assez limitées. A la tête de réserves constituées presqu’exclusivement de dollars, ces banques centrales cherchent à les diversifier, comme vient de le montrer l’Inde.

Ces deux phénomènes, combinés à une demande toujours importante d’or par les investisseurs, devraient continuer à stimuler le prix de l’or. Dans cette optique, une partie de votre portefeuille peut se composer, à titre de diversification, d’or (physique). Une manière aisée de prendre une telle position est d’entrer dans un tracker coté en Bourse et qui suit pas à pas le cours de l’or, comme notamment le Gold Bullion Securities, coté sur Euronext Paris (ticker : GBS).

Mise en garde et prudence s’imposent bien évidement  

Je trouve pour ma part l’argumentation de la SG tout à fait recevable et témoignant à la fois d’une excellente praxis de ces marchés et d’une réflexion dépassant le cadre habituel rencontré  dans le domaine

Société Générale Asset Management recommande de ® ne pas trop miser sur l’or ¯ alors que le métal jaune vient de dépasser ses plus hauts niveaux en dollars courants. Pour sa part, le gérant  prévoit un retour vers les 850 dollars l’once pour la fin 2010. Son analyse repose sur le fait que les facteurs explicatifs de sa progression devraient s’inverser dans les prochains mois.

Il souligne :

 premièrement que la demande d’or repose aujourd’hui très largement sur la ® gourmandise ¯ des investisseurs.

 Au deuxième trimestre, la demande d’investissement a ainsi représenté 45% de la demande globale. Or le gestionnaire d’actifs s’attend à ce que la demande physique (bijouterie et industrie) continue de se replier.

Quant à l’impact du dollar sur l’or, il est selon lui  beaucoup moins prononcé qu’on pourrait le croire

Il explique également qu’en raison de la faiblesse des rendements monétaires; acheter puis prêter de l’or rapporte plus qu’un placement monétaire classique. Il s’agit selon lui d’une situation historiquement anormale qui devrait se corriger quand les politiques monétaires se normaliseront au cours de l’année 2010.

Société Générale Asset Management souligne enfin qu’historiquement l’or n’est pas une protection contre l’inflation

. Par ailleurs, même si l’inflation refaisait surface plus rapidement que prévu, il ne faut pas oublier que l’or ne garantit pas le maintien du pouvoir d’achat en dollars et encore moins dans les devises qui s’apprécient contre le dollar.

Le nouveau record absolu du prix de l’or demande presque un retournement de tendance.

«Il est clairement suracheté, les investisseurs et spéculateurs participent trop au marché, et il devrait se prendre une bonne raclée pour chasser ceux qui sont arrivés sur le tard et retrouver sa santé», s’est exclamé l’économiste Dennis Gartman dans sa lettre aux investisseurs, citée par l’agence Bloomberg.

Les spécialistes de Credit Suisse et de BofA-Merrill Lynch partagent son scepticisme, du moins à court terme et en utilisant des arguments plus mesurés.

 L’évolution du dollar joue un rôle capital pour l’évolution du prix de l’or. Les pessimistes et les optimistes sont d’accord là-dessus. Le responsable de la recherche en matières premières de Credit Suisse Tobias Merath, évoque notamment la possibilité d’une hausse de taux décidée par la Fed au cours de l’année prochaine. Celle-ci pourrait soutenir le dollar au détriment de l’or jusqu’à la fin du premier trimestre 2010, où le prix de l’once pourrait même descendre en-dessous de la barre des 1000 dollars!

Mais la faiblesse persistante du billet vert et la hausse de prix d’autres matières premières aideront le métal jaune à retrouver sa tendance haussière à long terme. Julius Bär abonde dans ce sens, soulignant qu’un «rebond technique du dollar ne peut être exclu, mais il s’agira d’un phénomène passager.» Selon Credit Suisse, la conséquence en est qu’à court terme, le platine s’appréciera plus que l’or, soutenu par la demande renforcée de l’industrie automobile.

Les spécialistes de Merrill Lynch, prédisant un prix de seulement 940 dollars d’ici la fin de l’année, évoquent des facteurs plus techniques, comme le fait qu’au niveau de l’allocation d’actifs, l’or ne se trouve guère sous les feux de la rampe dans des périodes de reprise.

Une hausse de la quantité de rebuts pourrait également peser sur le prix.

Pour d’autres, notamment la banque Gonet, l’or garde sa pertinence en tant que couverture contre la faiblesse du dollar et un éventuel retour de l’inflation.

Quant aux gérants de fonds miniers, leur optimisme reste inébranlable.

Selon Juerg Kiener, le directeur des investissements de Swiss Asia Capital, «non seulement le dollar, mais aussi le yen et l’euro ont l’air très faibles comparés au reste du monde.» Ce qui renforce l’attractivité de l’or comme «monnaie refuge».

Un «profond changement dans l’activité des banques centrales, passant de vendeur net à acheteur net, est intervenu au deuxième trimestre de cette année», relève le dernier commentaire mensuel du gestionnaire genevois URAM. L’Inde a rejoint la Chine dans le cercle d’acheteurs de l’or du FMI, en acquérant 200 tonnes, la moitié de la quantité prévue à la vente par le comité exécutif en septembre pour refinancer le fonds! Le prix record historique signfie que l’or «s’est engagé dans une nouvelle phase haussière à l’intérieur du cycle commencé en 2001». La Chine, avec une demande en forte croissance malgré le prix élevé, et l’Inde seront également des acteurs majeurs au sein du secteur bijoutier. L’exemple chinois montre qu’en cas de reprise de l’économie, le niveau de prix n’entrave guère la relance de la demande bijoutière.

 Techniquement, URAM estime que «le métal jaune est sorti d’une longue période de consolidation et est désormais dans une zone vierge avec très peu de résistance technique à la hausse».

 Si le gestionnaire genevois spécialisé se montre quelque peu préoccupé par les positions à l’achat spéculatives, il estime qu’elles sont largement contrebalancées par les opérateurs sur contrats d’échange (swap dealers), qui détiennent d’importantes positions à la vente, «un point dont le marché doit encore prendre la pleine mesure».

Decidement il se passe toujours quelque chose sur le Marché du Gold …. 🙂

BILLET PRECEDENT : Gold : vicissitudes et momentum!!!! (cliquez sur le lien)

4 réponses »

  1. une bulle est en train de se former sur l’or, elle n’éclatera que dans un ou deux ans seulement et d’ici là le marché restera ( fortement) haussier. Comment pourrait-il en être autrement ?

  2. L’or oui, mais…
    ss-entendu Croire au gold est une tare

    Dans l’article tout pourrait être vrai, malheureusement,

    1 Si les Usa et la GB n’avaient puissamment joué contre leur monnaie respective, QE-monétisation, à moyen terme ces monnaies me semblent condamnées…

    2 Si et après tout, personne n’avait choisi/forcé les clients à accepter des devises £$…

    3 Si ces émissions massives étaient rattrapables, et tant qu’à faire, pourquoi ne pas emprunter (même notre président s’y convertit)…

    4 autant dire, qu’à l’heure où la Haute Finance mettra en place sa nouvelle monnaie, dans le cadre de la globalisation aboutie,
    (délais choix de critères et de mise en place certains), le pépère gold will hit the ceiling, if you see what I mean…

    En conclusion, l’or n’est qu’au début de sa bulle, j’en ai, un peu, ou plus, je ne le souhaite pas, car cela sera annonciateur de crises graves,
    oui, au début de sa bulle, indubitablement, n’en déplaise aux anti-gold.

    Pour parler franchement, les monnaies fiduciaires, c’est commode tant qu’on y croit ou que l’on n’ abuse pas, nous sommes entrés dans l’ère du faux-monnayage légal….

    cordialement

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