Formation a la gestion de portefeuille

Formation Financière : Les options, un pilier de tout bon portefeuille d’investissement

Le superinvestisseur Warren Buffett n’investirait jamais dans des produits dont il ne maîtrise pas le fonctionnement. Pourtant son portefeuille contient pas mal d’options.

Néanmoins, nombre d’investisseurs pensent encore que les stratégies d’options sont complexes et incompréhensibles, et ne peuvent dès lors être mises en place que par des spécialistes. Ils oublient cependant que ces produits dérivés forment la base de la pyramide d’investissement.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

Illustrons cet état de fait par deux applications d’options:

Lors de la combinaison d’une option put (droit de vendre des actions dans le futur à un prix établi au préalable) et d’une action, vous conservez le potentiel haussier de votre action tout en vous protégeant d’un éventuel repli sensible de son cours. Les frais d’exercice de cette option put sont assimilables à ceux d’une prime d’assurance. Des expériences ont démontré que lorsque cette méthode est appliquée systématiquement pendant les mois d’été, le rendement annuel du portefeuille d’investissement augmente en moyenne de 2%.

La combinaison d’une option call (droit, pendant une période déterminée, d’acheter des actions à un prix établi au préalable) et d’un investissement à rendement fixe offre une alternative à un investissement en actions. La plupart des fonds à garantie de capital se composent par exemple d’une obligation à coupon zéro et d’options call. Cette méthode a l’avantage de limiter la perte potentielle au montant investi dans l’option call, alors qu’à l’échéance, le capital est revenu à 100% de l’investissement initial. 

Accessibles à tous

Mais la caractéristique première des options n’est pas tant leur mode de fonctionnement que leur standardisation. Tout d’abord, l’option détermine le prix auquel le produit sous-jacent peut être échangé. Outre ce cours d’exercice, la durée du droit est également fixée au préalable. Cette date d’exercice peut varier d’un mois, par exemple chaque troisième vendredi du mois, à plusieurs années. Le produit sous-jacent est également défini au préalable. Par conséquent, on ne peut négocier que le cours de l’option elle-même, c’est-à-dire la prime. Cette standardisation renforce la liquidité et fait en sorte que les options soient accessibles à tous en Bourse.

Recherche d’équilibre

Hélas, toutes les actions ne sont pas associées à des options. Quoi qu’il en soit, ne tentez pas de couvrir chacune des actions de votre portefeuille par une option : cela n’a aucun sens. La couverture totale du portefeuille pendant toute l’année réduit son rendement moyen de plus de 2%, non seulement car l’option devient sans valeur après l’échéance et en dehors du prix d’exercice, mais aussi en raison des frais de transaction. C’est pour ces raisons d’ailleurs que les investisseurs sont souvent réticents à l’égard de cette classe de produits d’investissement.

Pareillement, la faillite de fonds qui spéculaient excessivement à partir d’options, comme LTCM à l’époque, alimente la réputation négative de ces produits. Pourtant, l’investisseur qui utilise le levier des options de manière judicieuse peut générer une plus-value intéressante sur son portefeuille d’investissements.

Le choix d’options

L’option permet de négocier un autre produit financier. Mais toutes les options ne sont pas identiques.

En payant une prime au vendeur de l’option, vous scellez un contrat vous engageant à acheter ou à vendre cette valeur sous-jacente à un prix déterminé au préalable pendant une période prédéfinie. En fonction de ce que vous souhaitez faire du produit sous-jacent, deux sortes d’options peuvent être envisagées.

Lorsque l’option donne le droit d’acheter un autre produit d’investissement dans le futur, il s’agit d’une option call. Si vous souhaitez vendre librement la valeur sous-jacente, vous devrez faire usage d’une option put. Alors que l’acquéreur d’une option acquiert un droit mais n’est pas tenu d’exécuter la transaction sous-jacente, la vente de l’option créer un devoir de respecter le contrat.

Money, money, money?

En fonction du niveau où se situe le prix d’exercice par rapport au cours de la valeur sous-jacente, on distingue trois catégories. Les options in-the-money ont un prix d’exercice inférieur au cours de la valeur sous-jacente dans le cas des options call et supérieur dans le cas des options put. Les options at-the-money ont un cours d’exercice à peu près identique au cours de la valeur sous-jacente. Les options out-the-money ont en revanche peu de valeur car le prix d’exercice des options call est supérieur au cours de la valeur sous-jacente ou inférieur lorsqu’il s’agit d’options put.

Enfin, on établit une distinction entre les options publiques et privées. Exemple de cette deuxième catégorie : les options attribuées à des salariés d’une entreprise. En principe, elles fonctionnent de la même manière que les options cotées en Bourse, mais leur fiscalité est spécifique car ces options sont attribuées en complément du salaire.

Nécessité des options

Des conditions climatiques incertaines, des épidémies, la pauvreté etc. contraignaient les agriculteurs, il y a plusieurs siècles, à vendre leurs produits avant même de les avoir récoltés. Ces contrats de futures existent encore à l’heure actuelle. Dans la mesure où il est difficile, pour les investisseurs, de négocier directement avec un fournisseur, des séries standardisées de contrats ont été lancées : les options.

Depuis lors, les options ont fait leur entrée dans toutes les autres classes d’actifs. Aujourd’hui, les investisseurs utilisent plus fréquemment les options sur actions. Mais il existe également des options sur obligations, sur devises et même sur indices boursiers. Les avancées technologiques ont indubitablement contribué à la multifonctionnalité des options dans l’univers des investissements.

A l’américaine ou à l’européenne

Malgré l’uniformisation et le caractère international du marché des options, il existe une différence entre les options américaines et les options européennes. Cette distinction ne tient pas à la situation géographique de ces outils, mais au moment de leur exercice. L’option américaine est ainsi exerçable à tout moment pendant sa durée, tandis que l’option européenne ne peut être exercée qu’à l’échéance. La plupart des options sur actions sont américaines, alors que les options sur indices sont généralement de type européen.

Les primes des séries d’options américaines sont en règle générale légèrement supérieures à celles de séries d’options européennes comparables. Ceci s’explique par le fait que les investisseurs peuvent tirer profit, à partir de ce type d’options, d’événements survenant dans l’intervalle de temps. Si vous détenez par exemple une option call américaine sur le groupe de médias français Vivendi à échéance janvier 2011, vous pouvez déjà demander les actions en 2010

Les rouages des options 

Les primes d’options sont déterminées par de nombreux facteurs mais leur effet n’est pas toujours identique.

L’option offre la possibilité de miser, avec un effet de levier, sur l’évolution du cours de la valeur sous-jacente. C’est évidemment un paramètre déterminant pour la détermination de la valeur de l’option. Lors du choix d’une option, l’investisseur décide à quel cours la valeur sous-jacente sera achetée ou vendue ultérieurement. La situation de ce prix d’exercice par rapport au cours actuel de la valeur sous-jacente détermine une grande part de l’effet de levier de l’option.

Apprendre à composer avec la volatilité

La volatilité de la valeur sous-jacente a une incidence positive sur toutes les primes d’options. Plus les fluctuations de cours historiques et potentiels d’une action sont importantes, plus la probabilité est grande pour le détenteur de l’option call comme celui de l’option put que l’action satisfera aux attentes.

Tant pour les options call que put, les primes augmentent à mesure que l’échéance est éloignée. C’est compréhensible, car au plus longtemps vous disposez d’un droit, plus vous serez disposé à payer cher ce droit. L’adage « le temps c’est de l’argent » n’est jamais plus exact que dans l’univers des finances.

Impact du taux et du dividende

Par rapport à l’investisseur en actions, le détenteur d’une option peut investir un montant plus restreint dans l’option et tirer profit malgré tout d’un potentiel haussier considérable. En investissant ensuite le solde de liquidités dans des produits à rendement fixe, le détenteur d’une option bénéficie du solde des intérêts pendant la durée. L’impact taux est affaibli parce qu’un taux supérieur donne généralement lieu à une baisse des cours des actions. Les fluctuations de taux d’intérêt ont un effet plutôt négligeable sur les primes d’options sur les actions de courte durée. Sur les options de longue durée, une modification des taux a souvent une incidence plus marquée.

Lorsque la valeur sous-jacente verse un dividende, son cours baisse en général de l’équivalent du dividende. Spéculer sur ce phénomène a peu de sens. Car à mesure que la date de dividende approche, les primes  du put sont progressivement plus chères et celles du call sont moins chères en raison du système d’offre et de demande. 

Une science exacte ?

Contrairement, par exemple, à la valeur intrinsèque d’une action, le prix d’une option peut être calculé à tout moment avec précision. Et notamment grâce à la formule de Black-Scholes développée par les Prix Nobel d’Economie 1997. Cette formule permet de chiffrer l’option sur la base de l’effet de levier qui repose sur la sensibilité aux facteurs précités (les lettres grecques que l’on voit parfois). On constate cependant que le prix de marché final des options – formé par l’offre et la demande – diffère généralement de cette valeur théorique. Cette différence, la valeur d’attente, repose en grande partie sur le sentiment de l’investisseur.

 Quatre positions d’options et autant de stratégies

Les stratégies en options sont des combinaisons de quatre positions de base. En fonction de l’évolution attendue de la valeur sous-jacente, vous pouvez gagner de l’argent en cas de cours en hausse, en baisse et même stagnant.

Les options sont l’instrument par excellence pour gérer le risque de votre portefeuille d’investissement. Avec l’aide de ces produits dérivés, tout investisseur peut obtenir le rendement espéré d’une manière plus défensive ou agressive. Outre la stratégie de couverture et la stratégie de protection du capital, il existe une infinité de stratégies reposant sur la combinaison de plusieurs options avec divers prix d’exercice et des dates d’exercice divergentes. Il existe de nombreux sites Web décrivant de manière détaillée des stratégies à base d’options. Statistiquement, vous pouvez tirer un avantage de chaque scénario, cependant une règle de base s’applique toujours : faites simple.

Un exemple

Ci-dessus, vous trouverez un aperçu des caractéristiques des quatre positions de base en options. Au lieu de dévoiler tous les aspects, nous nous prêtons à un exercice de réflexion qui illustre l’efficacité des options.

Imaginez qu’un investisseur souhaite tirer un maximum de rendement de sa position de 100 actions sur GBL. En premier lieu, nous devons élaborer un scénario pour cette action. Il n’est pas irréaliste de croire aujourd’hui que l’action poursuivra à court terme son mouvement haussier (la tendance est votre amie) mais qu’une forte correction suivra dans le courant de l’année prochaine. Une stratégie en options pour ce scénario pourrait être le ‘spread baissier diagonal’. Il s’agit d’une combinaison d’options put achetées et vendues avec divers prix d’exercice et plusieurs dates d’exercice.

Pour la transaction de court terme, nous préférons par exemple la vente du put au prix d’exercice de 64 euros et échéance 18 décembre 2009. Pour cela, nous recevons (au moment de l’émission) environ 200 euros par option. Parallèlement, nous achetons le put au prix d’exercice de 68 euros et échéance 18 septembre 2010 pour 800 euros par put. Notre investissement total s’élève donc environ à 600 euros.

Par la vente du put, nous sommes en principe obligés d’acheter 100 actions GBL en décembre 2009. Si les actions s’échangent en décembre 2009 sous 64 euros, par exemple à 62 euros, cette combinaison mènera à une perte non réalisée. Mais si l’action s’échange au-delà de 64 euros, par exemple à 66 euros, l’obligation ne s’appliquera plus. Aucun investisseur ne voudra en effet se séparer de ses titres à un prix inférieur. Par l’achat du put en cours plus long, nous acquérons le droit de vendre à nouveau 100 actions GBL à 68 euros en septembre 2010.

Check-list de l’investisseur en options

 Les investisseurs ont souvent très peur lors de leur première transaction sur options. Les conseils suivants vous permettront d’apaiser ces craintes.

Pourquoi ?

L’objectif des options est la meilleure gestion du rapport entre le rendement attendu et le risque du portefeuille d’investissement. Grâce à l’effet de levier des options, il est possible d’obtenir des résultats significatifs à partir d’un investissement limité. Les investisseurs bons pères de famille comme les spéculateurs boursiers professionnels peuvent utiliser des produits dérivés financiers.

Quelle option?

Aujourd’hui, il existe en Bourse des options ayant notamment comme valeurs sous-jacentes des actions individuelles, des obligations, des matières premières, des devises et des indices. Dans le cas d’actions, un contrat d’option porte généralement sur 100 actions sous-jacentes. Si vous détenez par exemple essentiellement des actions belges ou européennes, il peut être intéressant de prévoir une protection contre un repli du Bel20 et/ou de l’Eurostoxx50.

Quelle stratégie ?

En fonction de votre scénario par rapport à la valeur sous-jacente, on peut appliquer une stratégie défensive ou agressive. Les options peuvent être utilisées dans le cadre de constructions financières plus complexes, mais pour les investisseurs particuliers à plus forte raison, il est important de rester simple. Tenez donc compte, lorsque vous scellez un contrat d’option, que vous pourrez respecter les droits comme les obligations à l’échéance.

Combien ?

La préférence des experts va aux options ayant des prix d’exercice qui dévient d’environ 10% par rapport au cours actuel de la valeur sous-jacente et qui ont une durée de plusieurs mois. L’effet de levier agit de manière optimale dans la plupart des cas, même s’il peut être influencé par de nombreux autres facteurs. Qui plus est, la valeur conjointe des options ne dépassera de préférence pas 5% de la valeur de votre portefeuille d’investissement total. Le risque existe que les options se retrouvent sans valeur dès lors que le cours sous-jacent sort du prix d’exercice.

Comment ?

Dans nos contrées, NYSE Euronext propose la plus grande plateforme de négoce mais évidemment, d’autres Bourses sont également disponibles. Les organismes financiers font office d’intermédiaires. Vous pourrez vous lancer dès que vous aurez complété le test de connaissances et d’expérience auprès de votre banquier (en ligne).

source echo 0ct09

 EN COMPLEMENT INDISPENSABLE :  Formation financière : La vente à découvert comme outil de gestion des risques (cliquez sur le lien)

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