Analyse Technique

Charles Gave : Le Père Noël existe et les étrennes aussi…..

Charles Gave est l’un des plus brillants économistes et analystes au monde….Il est français mais exilé aux US depuis maintenant  plusieurs années car il souffre de défauts  jugées rédhibitoires  en matière économique dans notre beau pays : il n’est pas marxiste, il n’est pas keynésien, il n’est pas antiaméricain et il n’est pas libertarien tendance école autrichienne…En bref c’est  un monétariste tendance Milton Friedman et un business économiste de tout premier plan…En France il contribue de manière très régulière au Journal des Finances et demeure un  grand pourfendeur devant l’éternel du système Euro  et  un adversaire acharné de l’ « IGNORAMUS TRICHET »….. Voici le 29ème volet d’une série de billets qui lui sont consacrés….

« Les grands problèmes économiques sont toujours créés par des erreurs, au nombre de 5 : une guerre ; une hausse des impôts (qui amène une aggravation du déficit budgétaire) ; une poussée protectionniste ; une augmentation des règlementations ; une erreur de politique monétaire. »

Tout au long de cette année, je n’ai cessé d’attirer l’attention des lecteurs du Journal des Finances sur l’attrait que présentait le marché des actions. Mon argument était assez simple. Nous nous trouvions dans une période où les bénéfices des sociétés allaient être bien meilleurs que prévu et où les taux d’intérêt allaient rester bas, voire très bas…….

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

| JDF HEBDO | 05.12.2009

Combien de fois dans ma carrière ai-je vu des bénéfices en forte hausse et des taux d’intérêt bas sans que le marché des actions monte ? La réponse est  jamais.

Qui plus est, nous nous trouvions également devant des valorisations de panique, tandis que les banques centrales assuraient une liquidité sans limite aux marchés.

Bref, les trois piliers d’un marché haussier étaient en place :
– accélération à la hausse des profits ;
– valorisations attrayantes ;
– liquidités surabondante.

Et cela amène bien entendu à la question suivante : est-ce que cet environnement très favorable va durer, et, si oui, combien de temps ?

Bien entendu, je n’ai pas la moindre idée de combien de temps tout cela va durer. Si quiconque pouvait faire des prévisions, l’Union soviétique existerait encore. Tout ce que je peux faire, c’est suivre les événements, et, quand ils changent, je change…

En revanche, ce que je sais, c’est que décembre est presque toujours un mois favorable sur les marchés, surtout si le reste de l’année a été bon.

Si je prends les statistiques de décembre pour l’indice américain (S&P 500) depuis 1888 (!), j’arrive aux résultats suivants :

la hausse moyenne en décembre a été de 1,3 %, la meilleure moyenne mensuelle.

 

Si les onze premiers mois ont été positifs, cette hausse devient 1, 5 %.

Si les mêmes onze premiers mois ont enregistré une hausse de plus de 15 %, la performance de décembre passe à 2,1 %.

Enfin, si le marché est monté de plus de 25 %, ce qui est assez rare, alors décembre enregistre une hausse de 3,6 %. Mais ce n’est pas tout.

 

Plus le marché est monté dans l’année, plus la probabilité de gagner de l’argent en décembre est forte, la probabilité passant de 67 % à 72 % (marché en hausse), puis à 78 % (marché en hausse de plus de 15 %), pour culminer a 92 % si la hausse a été supérieure à 25 %…
Il est tout à fait évident que nous sommes dans le dernier cas de figure, et je ne vois pas pourquoi les choses seraient différentes pour les marchés français ou européens. J’ai donc 92 % de chances de gagner de l’argent en décembre 2009, ce qui, le lecteur en conviendra, est mieux que 50/50.

Enfin, si nous avons été dans une configuration haussière pendant l’année, la probabilité que le mois de janvier enregistre une hausse est également supérieure à la normale.

Bref, tout cela pour dire qu’il faudra sans doute un jour changer notre fusil d’épaule et redevenir plus prudents mais que nous avons encore environ deux mois avant d’avoir à prendre – peut-être, mais c’est loin d’être certain – des décisions difficiles
D’ici là, le plus simple est sans doute de se laisser porter et d’attendre que le Père Noël passe…

*charlesgave@gmail.com 

EN COMPLEMENTS INDISPENSABLES : Catalyseur des Marchés pour la fin d’année : le Windows Dressing (cliquez sur le lien) 

L’effet janvier

Une phrase célèbre de Mark Twain, tiré de l’un de ses romans, dit à peu près ceci: « Octobre est un des moins les plus dangereux pour jouer à la Bourse. Les autres sont juillet, septembre, avril, novembre, mai, mars, juin, décembre, août et février ». En bout de ligne il n’y que janvier, selon Twain, qui est un mois assez sûr pour spéculer en Bourse. Les études universitaires confirment cette constatation que le grand romancier et les investisseurs pouvaient faire à son époque.

Le phénomène cyclique le plus étrange et énigmatique dans le comportement des cours boursiers est de loin l’effet janvier. Janvier, en effet, est le mois où les valeurs boursières, notamment les titres de faible capitalisation, réalisent les gains les plus appréciables dans toute l’année.

Selon Jeremy Siegel, auteur de l’excellent et classique « Stocks for the long run », plus de 20% du rendement des titres de grande capitalisation se passe en janvier, alors que pour les titres de petites capitalisations c’est plus de 40% de leur rendement annuel qui est réalisé en janvier seulement.

Mais que se passe-t-il de si particulier dans le comportement des investisseurs et dans le rapport entre l’offre et la demande pour que janvier soit si « prolifique »? Selon certains chercheurs, c’est pour des raisons fiscales qu’il est courant de voir les investisseurs américains, institutionnels ou individuels, se débarrasser des valeurs qui ont subi une dépréciation en cours d’année et pour lesquels ils peuvent demander un crédit d’impôt.

Si la pression pour se débarrasser de cette catégorie de titres est suffisamment forte en décembre, les prix devraient temporairement diminuer. En retour, on peut présumer que ces actions afficheront de meilleures performances que l’ensemble du marché dans les quelques semaines de janvier qui marquent le début de la nouvelle année. Pourquoi? Parce que rapidement les investisseurs se précipiteront sur ces titres négociés en bas de leur valeur réelle, les achèteront et feront monter leurs cours de manière substantielle en quelques semaines seulement.

Un effet saisonnier associé au mois de janvier a aussi été observé dans d’autres pays que les États-Unis. Toutes les principales places boursières du monde connaissent un effet janvier, y compris le Canada.

Outre des raisons fiscales, les chercheurs ont tenté d’expliquer ce phénomène saisonnier à la Bourse pour deux autres raisons. La première est relative à l’entrée de liquidités pour plusieurs petits investisseurs – gestionnaires, cadres, représentants, professionnels, etc. – sous formes de dividendes et de bonus de fin d’année, leur permettant d’acheter des actions en janvier et de faire monter la demande.

La seconde est liée à l’attitude des fonds de placement qui consiste à se débarrasser, en fin d’année, des titres qui ne répondent pas à leurs attentes, pour ainsi se donner un rapport annuel (moyen de promotion important pour les clients) qui ne montre que les bons investissements effectués par les gestionnaires. Après ce coup de balai, qui voit la liquidité des fonds augmenter en fin d’année, les gestionnaires réinvestiraient, immédiatement en janvier, les sommes perçues à la fin de l’année précédente, d’où une augmentation considérable de la demande en titres boursiers en janvier, et l’augmentation des cours qui l’accompagne.

ANDRE GOSSELIN chercheur et analyste canadien

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : Un livre, une histoire , un évènement : Charles Gave : libéral mais non coupable…. (cliquez sur le lien)

EN TV LE 9 OCTOBRE 2009  : http://www.reichmantv.com/page1.html  (cliquez sur le lien)

EN VIDEO A L’ASSEMBLEE NATIONALE : http://blog.turgot.org/index.php?post/Gave-test3 (cliquez sur le lien)

EN ENTRETIEN ECRIT : Actualités Charles Gave : Transcription écrite de l’entretien BFM du 9 octobre (cliquez sur le lien)

BILLET PRECEDENT :  Charles Gave : Monnaie papier, cigales et fourmis (cliquez sur le lien)

Charles Gave – né en 1941, il est économiste spécialiste des marchés financiers. Il a reçu un PhD en économie de l’Université de Chicago où il fut l’élève de Milton Friedman. Après avoir commencé sa carrière comme analyste financier dans une banque d’affaires française, il crée en 1974 une entreprise de recherche économique indépendante, Cecogest. En 1986, il diversifie son activité vers la gestion de portefeuille et devient le cofondateur de Cursitor-Eaton Asset Management, qui est ensuite vendu en 1995 à Alliance Capital. C’est en 1995 que Charles Gave crée Gavekal Research, Gavekal Capital et Gavekal Securities, trois entreprises dont le siège est aujourd’hui à Hong Kong.

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