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Le green business n’est pas sans risque

On sait depuis le théoricien des sciences Karl Popper qu’une proposition n’est scientifique que lorsqu’elle est susceptible d’être réfutée par l’observation. En ce sens, on peut qualifier de précieuse la constance avec laquelle diverses écoles tentent de démontrer que les activités humaines ne contribuent pas de manière significative aux dérèglements du climat. Elles renforcent le caractère scientifique de propos climatiques dominants et culpabilisants, aux apparences lourdement idéologiques. La réalité scientifique est une chose. L’importance qu’on lui accorde dans la politique en est une autre. Il faut faire attention à celles et ceux qui se sentent investis de la noble mission de sauver la planète. Ce genre de programme extrême et mobilisateur, qui relègue toute autre priorité loin derrière, peut très vite déboucher sur des exagérations. Il peut aussi finir par lasser….. 

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 Dans la phase précédente des grandes anxiétés collectives, l’arme nucléaire était considérée comme le plus grand danger menaçant l’humanité. Peut-être à juste titre. Aujourd’hui, l’arsenal n’est même plus inventorié de manière exhaustive, et le risque n’a jamais été aussi élevé. Tout le monde – ou à peu près – semble pourtant s’en accommoder.

Il n’est pas exclu que l’opinion en vienne un jour à s’habituer aux scénarios effrayants du réchauffement climatique. Impossibles à anticiper et mesurer de manière certaine, les aménagements et déplacements de population qu’ils impliquent apparaîtront peut-être progressivement comme surmontables. D’autres – et pas des moindres – l’ont été dans les siècles précédents. Le réchauffement climatique est une réalité durable. Qu’en est-il de la volonté de le ralentir?

La manière très volontariste avec laquelle les choses se sont mises en place, de Kyoto à Copenhague, laisse songeur sur la solidité des fondamentaux. Elle imprègne pourtant la prise de conscience de plus en plus générale que l’urgence d’agir ouvre une ère de renouvellement technologique considérable. En témoigne l’hypothèse – réductrice il est vrai – selon laquelle la perspective économique aurait joué un rôle clé dans la conversion écologique de grandes puissances jusque là réticentes (on pense évidemment aux Etats-Unis et à la Chine). On peut y voir une sorte de dynamique qui s’auto-alimente.

L’autre réalité sur laquelle repose toute la problématique s’appelle épuisement des énergies fossiles. Elle devient de plus en plus sensible au fur et à mesure que les phénomènes de rattrapage industriels s’accélèrent dans le monde. Mais là encore, la difficulté de mesurer les réserves exploitables réelles, ou de dater de manière convaincante les premières pénuries, rendent encore très aléatoires les investissements de substitution.

Après la bulle internet du début de la décennie, il ne serait guère étonnant que le développement du green business passe à son tour, un jour ou l’autre, par des phases d’euphorie, de surinvestissement, de corrections brutales. Personne ne pourra dire que ce n’était pas prévisible

Par François Schaller Agefi dec09

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