Behaviorisme et Finance Comportementale

Finances Comportementales : la Bourse comme un théâtre où les acteurs expriment toutes les facettes de la nature humaine….

La Bourse demeure une notion bien abstraite tant qu’on n’a pas envie de gagner beaucoup d’argent…

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 L’économie mondiale demeure une notion abstraite, disait un poète, aussi longtemps que l’on ne possède pas un compte en banque. Sans vouloir tomber dans la poésie à mon tour, je dirais que la Bourse demeure une notion bien abstraite tant qu’on n’a pas envie de gagner beaucoup d’argent. De mauvaises langues pourraient ajouter, avec un fond de vérité: «La Bourse est une abstraction, tant qu’on n’a pas perdu beaucoup d’argent.» 

Toutes sortes de métaphores ont servi à qualifier la Bourse au cours de sa longue histoire. On l’a comparée à une machine (à faire de l’argent), à un organe du corps humain (les poumons de l’économie), à un casino (pour son côté hasardeux), à une ferme d’élevage (de moutons notamment), à un piège à cons (ça c’est pas très gentil) et même à un champ de bataille. 

Cette dernière image, je le sens, vous plaît bien. Elle a le mérite de gommer vos responsabilités et de faire porter l’odieux de vos piètres rendements sur le dos de «l’ennemi». C’est eux contre nous, et nous contre eux. Nous, les petits actionnaires, contre les requins de la finance, les patrons pourris, les courtiers véreux, les comptables et vérificateurs corrompus, la presse aveugle et les bureaucrates de l’État complices et incompétents. Le cliché se résume à ceci: ce que l’un perd (nous), l’autre le gagne (eux). 

Lorsque le marché donne des rendements exceptionnels pendant une longue période, comme ce fut le cas entre 1982 et 2000, il est normal d’y voir une planche à billets qui profite à tout le monde. Tout se passe alors comme si la Bourse était un système de coopération où règne l’harmonie et la bonne entente. Dans un contexte de marché baissier et de rendements catastrophiques, les visions se teintent de ressentiment et d’hostilité. Votre côté prédateur et revanchard prend le dessus. De «l’hommerie» dans toute sa splendeur. 

Métaphore pour métaphore, je préfère concevoir la Bourse comme un théâtre où les acteurs expriment toutes les facettes de la nature humaine: nos vertus comme nos vices, notre rationalité comme nos sentiments, notre génie comme notre folie, notre sens de la coopération et de l’empathie tout autant que nos instincts de batailleurs et de compétiteurs. Bref, la Bourse n’est rien d’autre que l’extension de la psychologie humaine. D’où l’importance, pour réussir, de contrôler ses états mentaux, de connaître la petite histoire de la spéculation financière et de savoir anticiper la psychologie des autres acteurs afin d’exploiter les filons qu’ils nous offrent sur un plateau d’argent, tout en les corrigeant, comme le font les vendeurs à découvert quand ils voient que les titres sont surévalués.

André Gosselin stratégiste, analyste et chercheur canadien

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