Commentaire de Marché

Commentaire : Marché Brésilien /Semaine 11

Le marché a progressé de 4 % cette semaine, porté par des statistiques macroéconomiques favorables.

PLUS DE BRESIL EN SUIVANT :

Ainsi, au 4e trimestre 2009, la croissance du PIB réel est en hausse de 2 % sur un trimestre glissant et de 4,3 % sur un an glissant.

La demande a été stimulée par une forte hausse des dépenses d’investissement (6,6 % sur un trimestre glissant, 3,6 % sur un an glissant) et par la solide augmentation de la consommation privée (1,9 % sur un trimestre glissant, 7 ,7 % sur un an glissant).

 En janvier, les ventes de détail ont progressé vigoureusement de 2,7 % sur un mois glissant (10,4 % sur un an glissant) après avoir corrigé brièvement en décembre (-0,7 % sur un mois glissant).

Au Brésil, le taux d’utilisation des capacités de production est passé de 81,5 % en décembre à 81,4 % en janvier.

De plus, sur une base saisonnière ajustée, les immatriculations de véhicules ont augmenté de 3,5 % sur un mois glissant, inversant partiellement la tendance du mois précédent (-6,7 %).

L’inflation fait son grand retour

Sur le marché domestique, la banque centrale du Brésil a relevé les exigences liées aux taux de réserves aux niveaux d’avant la crise

 Selon les attentes, l’inflation à 12 mois devrait augmenter de 5 %, soit un niveau supérieur à l’objectif de la Banque centrale (4,5 %)et   dépassant ainsi l’objectif pour la seconde fois depuis juin 2008 Ce chiffre vient corroborer l’opinion selon laquelle la banque centrale pourrait commencer à augmenter les taux d’intérêt la semaine prochaine (17 mars).

Marchés

Cette semaine, les secteurs ayant affiché les meilleures performances sont les mines et métaux ainsi que les télécoms. Des rumeurs ont circulé sur le fait que le prix du minerai de fer pourrait augmenter de 80 % cette année. les sociétés d’acier seront susceptibles de répercuter cette hausse sur les prix. Cette hausse n’est pas encore répercutée dans les cours des sociétés et devrait générer davantage de révisions des bénéfices.

Matières premières : le minerai de Fer au cœur de toutes les attentions et de toutes les négociations (cliquez sur le lien)

Un autre point important à souligner est l’approbation par la chambre basse de l’augmentation de capital de Petrobras. Cette proposition devrait soumise au Sénat sous 45 jours. Cette augmentation de capital a déjà été répercutée sur les prix de Petrobras.

source edram mars10

BILLET PRECEDENT : Commentaire : Marché Brésilien / Semaine 8 (cliquez sur le lien)

EN COMPLEMENT :

Le Brésil, le nouvel eldorado

Avec une coupe du monde de football prévue en 2014 et des jeux olympiques en 2016, le Brésil offre de multiples opportunités. Une fois n’est pas coutume, la France prend les devants et s’organise pour ne pas louper le coche.

Depuis la signature de plusieurs projets de partenariats et d’accords de coopération entre la France et le Brésil en décembre 2008 et l’ouverture de l’année de la France au Brésil en 2009, de multiples entreprises françaises PME/PMI ont quitté des pays comme la Chine ou encore la Russie pour s’orienter vers le Brésil, à la fois pour les raisons culturelles mais également pour des raisons de sécurité juridique, et de garantie des valeurs démocratiques.

Il y a à ce jour environ 420 entreprises françaises implantées au Brésil. Depuis un an, le cabinet Chenut Oliveira Santiago, unique cabinet d’avocats franco-brésilien basé en France comme au Brésil,  accompagne une dizaine de créations de filiales françaises au Brésil, tous secteurs d’activité confondus.

Aujourd’hui le Brésil attire en  prévision notamment de la coupe du monde de football en 2014-des jeux olympiques  de Rio en 2016.

De multiples marchés s’ouvrent avec une présence française historique et traditionnelle. «Lors de la dernière réunion organisée au Medef international en présence de l’ambassadeur de France nouvellement nommé au Brésil et le chef de la mission économique, un chiffre de 27 milliards d’euros de projets pour le seul État de Rio a été annoncé à l’horizon de ces deux échéances, ce qui est considérable. Nous devons nous attendre à une importante demande comme au lancement de nombreux appels d’offres dans les secteurs tels que le tourisme, l’immobilier ou les infrastructures…» indique Charles-Henry Chenut, avocat associé du cabinet Chenut Oliveira Santiago.

Quid de la continuité du portage politique franco brésilien…

Le gouvernement français participe à ce jour à environ 10 milliards d’euros sur des projets d’investissement dans les hélicoptères, les sous-marins nucléaires et les avions de chasse.

Pour poursuivre et renforcer la coopération déjà bien établie, un groupe de réflexion a été lancé.  Composé d’une vingtaine d’entreprises françaises du CAC 40 et d’entreprises brésiliennes à parité égale, il aura pour objectif de proposer une dizaine de grands projets qui seront dévoilés par les présidents Sarkozy et Lula à l’horizon d’octobre 2010. «Ces projets auront tout aussi bien une dimension économique, sociale, qu’environnementale et pourraient se traduire par des opérations communes s’inscrivant dans le cadre de la coopération arrêté en 2008 entre nos deux pays. … Pour le moment rien n’est définitivement décidé et il est fort possible que nous n’ayons pas immédiatement d’estimations chiffrées de l’ensemble de ces projets» développe Maître Chenut.

En marge de ce groupe, un comité technique a également été constitué entre le ministère des finances français et le ministère des finances brésilien. «Une réunion à Bercy s’est tenue vendredi dernier, en comité restreint. L’objectif qui m’a été assigné, en tant que représentant des Conseillers du commerce extérieur de la France, est de faire porter la voix des PME françaises après les avoir sonder aux fins de présenter aux pouvoirs publics brésiliens des recommandations avec pour objectifs d’améliorer les rapports d’affaires bilatéraux. Ma mission est très concrète et embrasse tous les secteurs d’activités, comme ceux de la fiscalité, de la propriété intellectuelle, de la constitution ou du rachat de société, des visas ou des questions douanières…» précise Maître Chenut.

Ce comité doit se réunir tous les six mois afin d’émettre des propositions aux pouvoirs publics brésiliens et français pour permettre une accélération et une amélioration de l’implantation et de l’investissement dans les deux pays.

Le Brésil un terrain de conquête à l’égard de nouveaux consommateurs moyens

Les défis du Brésil sont nombreux. 

Le premier grand défi à relever concerne le besoin d’infrastructures pour recevoir les personnes qui participeront de près ou de loin aux grands évènements sportifs qui lui ont été confiés. «Le Brésil va devoir renforcer ses capacités d’accueil, notamment dans les domaines aéroportuaires et ferroviaires. Le budget prévisionnel alloué à l’Etat de Rio est très impressionnant à cet égard et illustre ce qui pourrait se passer d’un point de vue plus général sur le territoire national» commente Charles-Henry Chenut.

Le pays devra également moderniser son appareil administratif et apporter des ajustements à son système fiscal qui sont deux composantes relativement lourdes pour les opérateurs économiques qui souhaitent s’établir. «Les autorités publiques brésiliennes sont très au fait du problème. Elles sont en train d’adapter leur réglementation et de modifier de manière appropriée leur dispositif opérationnel» affirme Maître Chenut.

Actuellement, les délais de procédure pour monter une entreprise se situent entre deux et quatre mois. Ces procédures sont a priori unifiées à travers le pays mais la pratique est différente d’un État à l’autre. La volonté est alors affichée d’harmoniser plus étroitement les exigences requises.

Le Brésil est également confronté à un défi politique. Un renouvellement de la présidence de la république doit se faire après l’été. Beaucoup de gens s’interrogent sur ce qui pourrait se passer après la présidence de Lula qui a décidé de ne pas modifier la constitution pour pouvoir se représenter une troisième fois. Deux personnages principaux se disputent la place : Joseph Serra et Dilma Rousseff. «Ce sont deux personnes beaucoup moins charismatiques que le président Lula, avec une expérience internationale moins prononcée. Mais les investisseurs français et les observateurs internationaux convergents vers l’idée que rien ne changera véritablement pour le pays. Il ne devrait pas y avoir de rupture après Lula, ce qui permet de conserver un climat relativement serein pour ceux qui souhaitent investir dans le pays ou qui y travaillent déjà» avance Charles Henry Chenut

Enfin, le Brésil doit faire face à d’importantes difficultés d’ordre social. Les disparités entre les riches et les pauvres demeurent considérables. Le pays doit s’efforcer de constituer une véritable classe moyenne. «C’est aujourd’hui en train de se faire. On parle,  de plus en plus de ce nouveau consommateur brésilien qui peut accéder avec plus de facilité au logement comme aux crédits. De multiples entreprises commencent à se positionner sur des segments de marché comme la téléphonie mobile parce qu’ils savent que sur 190 millions d’habitants, le potentiel d’avoir des consommateurs aguerris avec un pouvoir d’achat croissant ouvre des parts de marché conséquentes» conclut Maître Chenut.

Imen Hazgui easybourse mars10

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Charles-Henry Chenut*  /  le 11 Mars 2010  

Charles-Henry Chenut est avocat , également conseiller du commerce extérieur de la France (CNCCEF) et président du groupe Brésil (CNCCEF)

« Il y a suffisamment d’indicateurs positifs au Brésil pour assurer un avenir propice au pays »  

Quels sont les défis macro-économiques et financiers identifiés pour le Brésil ? 

Le Brésil n’est pas un pays de croissance à deux chiffres. Nous devrions avoir un taux de croissance du PIB en 2010 de 5 %, voire de 6% ; ce qui est déjà remarquable. C’est une bonne chose car les pays affichant une croissance à deux chiffres sont des pays à développement rapide, certes attrayants, mais qui sont susceptibles de poser des difficultés liées à un manque de stabilité et de visibilité à terme de leurs économies. 

Le Brésil a connu une gestion financière et budgétaire absolument remarquable. Les réserves internationales de change s’élèvent aujourd’hui à plus de 230 000 milliards de dollars, contre 38 milliards en 2002. C’est le dernier pays à être entré dans la crise et le premier à en être sorti. Il a obtenu tous les plus importants labels des agences de notation internationales (Standars & Poor’s et récemment Moddy’s). Le Brésil a remboursé, en outre, de manière anticipé sa dette de 15,5 milliards de dollars au Fonds monétaire international. Il ne semble pas, par ailleurs, qu’il y ait une volonté gouvernementale interventionniste de soutenir artificiellement la monnaie brésilienne, au-delà du stricte nécessaire. Le défi pour le pays sera donc de conserver le cap. 

Les autorités brésiliennes ont instauré il n’y a pas longtemps un impôt pour éviter une trop forte spéculation sur les bourses. De quelle manière avez-vous accueilli cet impôt ? 

Cet impôt n’a rien changé de manière sensible. Je n’ai pas vu d’évolution significative dans le comportement des investisseurs étrangers à cet égard. 

Peut-on s’attendre alors à une autre intervention de ce genre pour freiner les ardeurs des investisseurs ? 

Le pays n’est pas d’un interventionnisme outrancier comme pourraient l’être la Chine ou encore la Russie, ce qui peut poser des problèmes de lisibilité dans la politique suivie à l’égard des investissements étrangers. Dans ces pays, les investisseurs ne sont pas à l’abri d’un revirement politique qui pourrait avoir un impact négatif sur l’économie et donc sur leurs engagements financiers. 

Au Brésil, une véritable garantie démocratique est offerte avec un jeu de contre-pouvoirs réels. L’économie est laissée à un libre cours normal avec des règles d’encadrement qui sont connues et raisonnables. Certains secteurs pourraient néanmoins être davantage régulés. 

Enfin, le marché brésilien est très ouvert de telle sorte qu’il n’y a pas de discrimination entre le capital étranger et le capital national. Cela est devenu un principe à valeur constitutionnelle. Il est d’ailleurs possible de créer une société avec 100 % du capital français, sans capital minimum et sans obligation de libération de ce dernier immédiate. Ce sont des avantages non négligeables pour des PME étrangères qui désirent s’implanter localement. 

L’engouement des investisseurs vous paraît-il préoccupant ? Est-il susceptible d’affecter les fondamentaux économiques et financiers du pays ? 

Je ne le pense pas. Les pays est immense, il y a des besoins très importants dans des secteurs très variés. Le pays exporte par ailleurs de manière notoire dans divers domaines. La balance commerciale est excédentaire et bonne avec une reprise qui s’est fait déjà sentir. Les bases sont stables. 

Que pensez-vous des critiques sur la faible liquidité et le manque de profondeur des marchés financiers brésiliens qui pourraient accentuer les risques liés à la spéculation ? 

Il y aura toujours des oiseaux de mauvais augure pour décourager les investissements en avançant le fait que l’on échafaude nombre de projets sur du sable mouvant. Nul ne sait avec certitude ce qui véritablement et précisément pourrait se passer sur le plan financier au Brésil dans un futur même très proche. Personne n’a été capable de prévoir la crise que nous avons traversée dernièrement ; sinon les réactions auraient été différentes en amont. Mais, il y a suffisamment d’indicateurs économiques, politiques et sociaux, positifs au Brésil pour assurer un avenir propice au pays pour les décennies à venir. 

L’ensemble des données chiffrées démontre objectivement une stabilité des fondamentaux du pays. La bourse brésilienne demeure stable par rapport aux autres bourses mondiales. Le PIB ne cesse de croître, l’inflation est aujourd’hui maîtrisée et le chômage baisse alors que la consommation courante augmente. En outre, les investissements directs étrangers au Brésil ne cessent d’augmenter pour être supérieur à ceux cumulés de la Russie et de l’Inde. 

On observe de plus en plus de sociétés de gestion qui souhaitent investir au Brésil. De quelle manière appréhendez-vous ce phénomène ? 

Nous remarquons depuis peu la création de fonds d’investissement privés, français ou européens, spécifiquement dédiés au Brésil. L’attractivité économique de ce pays, par rapport aux autres places du monde, en est la raison majeure. L’objectif affiché de ces fonds est d’accompagner les entreprises étrangères vers le Brésil dans leur financement ou d’investir dans des sociétés brésiliennes en pleine expansion et qui se tournent aujourd’hui vers l’international et notamment l’Europe. 

Autre phénomène intéressant, l’immobilier au Brésil est en train d’exploser. Les prix augmentent fortement notamment à Rio, en raison des échéances de 2014 pour la coupe du monde et de 2016 pour les jeux olympiques. A ce titre, nous sommes en train de constituer une offre globale de financement avec une banque française pour acquérir des biens immobiliers au Brésil par le jeu de prêts hypothécaires accordés en France. La demande n’est pas négligeable, même si le risque spéculatif pourrait venir se poser à terme. 

Propos recueillis par Imen Hazgui

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