Analyse Technique

Analyse Technique /Bruno Estier : Objectif en vue: la parabole de l’avion

Lorsque le pilote d’un avion se sait proche de sa destination finale, il lui arrive d’atterrir aux instruments même avec très peu de visibilité.  

    De même l’analyste de marché doit choisir des outils, qui vont permettre de compléter le suivi de la tendance par un contrôle du risque, qui fit dire au pragmatique John Pierpont Morgan: «Je suis devenu riche en vendant trop tôt!»  

PLUS DESTIER EN SUIVANT :    Dans notre article de juillet 2009, nous mettions en avant une forme «tête-épaules» inversée suggérant un S & P 500 à 1222. La distance de 944, la ligne de cou, à 666, le creux de mars 2009, reporté sur la cassure haussière de 944 donnait cet objectif théorique.   

Analyse Technique : Les figures tête-et-épaules démentent les prévisions baissières  (cliquez sur le lien)   

En mars 2010, alors que le S & P 500 dépassait son sommet de janvier vers 1150, notre objectif fut partagé par une majorité d’analystes de marché. Ceux-ci ont adopté un objectif de 1227, correspondant au ratio de Fibonacci de 62% de toute la baisse de 2007 à 2009. La zone d’objectifs est quasi atteinte!   

Alors garder ou vendre? Quel instrument utiliser pour décider?   

Notre «alerte hebdomadaire» ne s’enclencherait qu’après une clôture du S & P 500 en dessous de la moyenne mobile de 29 semaines (1108). Mais il serait dommage d’attendre une baisse de 9%, qui ramènerait les performances annuelles en dessous du niveau du premier janvier!   

Lorsque le pilote d’un avion se sait proche de sa destination finale, il lui arrive d’atterrir aux instruments même avec très peu de visibilité. De même l’analyste de marché doit choisir des outils, qui vont permettre de compléter le suivi de la tendance par un contrôle du risque, qui fit dire au pragmatique John Pierpont Morgan: «Je suis devenu riche en vendant trop tôt!»   

Comment vendre juste trop tôt, mais pas trop tard. Un instrument souvent évoqué dans cette colonne est l’évolution du VIX, «le salaire de la peur du S & P 500» qui mesure le sentiment des intervenants de marché par la volatilité implicite des options sur l’indice.   

Au 14 avril, VIX est à 15,5% et la peur à un point bas assez extrême. Cependant, l’indice est dans une tendance baissière bien établie: il peut donc a priori aller plus bas. On l’imagine sur le panel supérieur du graphique allant à la rencontre du S & P 500, qui lui, est à 1210, à un plus haut depuis juillet 2009. Mais il pourrait être trop tôt pour adopter une attitude de contrarian et vendre le S & P 500.   

En effet les panels inférieurs du graphe mettent en évidence la faiblesse relative par rapport au S & P 500 de l’indice actions européen Euro Stoxx 50 et d’un ETF adossé à l’indice MSCI des marchés émergents. Ils montrent également la force relative de l’indice Nasdaq100 et du secteur des banques américaines, dépassant leurs sommets respectifs de janvier 2010. Cela suggère un marché haussier bien établi aux Etats-Unis.   

Nous représentons ici le parabolique SAR (stop and reverse) en rouge. Cet instrument entoure le S & P 500 au milieu des deux enveloppes de Bollinger, mesurant la volatilité historique de 2 écarts types. Actuellement à 1184, il se confond avec la moyenne de 20 jours à 1180 sur laquelle sont centrées les bandes de Bollinger.   

Quant à la clôture du 14 mars du S & P 500 à 1210, elle se situe au-dessus de 1205, la bande de Bollinger supérieure. Cela ne s’était pas produit depuis septembre 2009 et révèle une exagération temporaire lors d’une micropanique d’achat. L’indicateur de vitesse, le stochastique lent, ne présentant pas de divergence d’accélération, il est probable qu’un sommet intermédiaire du marché actions américain n’ait pas lieu immédiatement, en raison de l’inertie actuelle, mais un peu plus haut.   

Le parabolique journalier SAR se situe au 15 avril sous la clôture du S & P 500 à un niveau de vente de 1184. Cet instrument permettrait de sécuriser un bénéfice bien plus important qu’un éventuel signal de vente donné plus tard par une baisse du S & P 500 sous la moyenne mobile de 29 semaines, à 1108. Le parabolique peut donc être utilisé, lorsque le marché est en phase finale d’approche d’objectifs définis longtemps à l’avance sur un horizon de temps moyen terme.   

Le niveau du parabolique SAR, actuellement 2,2% en dessous de la clôture du 14 avril à 1210, se rapprochera de la clôture en raison de la méthode de calcul. Le nom «système parabolique» provient de l’apparence de parabole de cet instrument. Par construction, il ne permettra jamais de vendre au plus haut, mais il faut savoir l’utiliser à temps.   

Ainsi nous revenons à la parabole de notre avion: il faut un pilote pour savoir quel instrument utiliser à quel moment!
   

Bruno Estier, Strategic Technicals. Analyse indépendant.avril10   

BILLET PRECEDENT : Analyse technique /Bruno Estier : L’année du Tigre… qui a vu l’Ours? (cliquez sur le lien)   

Laisser un commentaire