Commentaire de Marché

Commentaire du Wolf : Goldman Sachs n’a pas toujours raison mais presque toujours raison

Commentaire du Wolf : Goldman Sachs n’a pas toujours raison mais presque toujours raison

   Ironiquement, le regain de vie de l’euro est venu au lendemain de la publication d’un rapport de recherche plutôt pessimiste publié par les experts de la firme Goldman Sachs.

Vous pouvez d’ailleurs consulter ce rapport de recherche plutôt exhaustif (une centaine de pages) en cliquant ici.

On peut y lire dès le début que Goldman Sachs s’attend à ce que la valeur de l’euro recule à 1,15$ US d’ici septembre. Auparavant, les experts de la banque d’affaires américaine donnaient une valeur de 1,35$ US à l’euro.

Il est très possible que Goldman Sachs ait raison. Nous le saurons dans trois mois. En attendant c’est un indicateur de  plus pour ceux qui comme nous pensont qu’en terme de cycle nous rentrons progressivement en phase de retournement économique et financier…

PLUS DE RETOURNEMENT DE CYCLE EN SUIVANT :

Et ceci mème si une hausse de taux en Nouvelle-Zélande, une mise à jour intéressante des marchés de l’emploi en Australie et la publication de statistiques économiques impressionnantes en Chine ont contribué  jeudi à supporter la thèse de la reprise mondiale. Le gouverneur de la banque centrale de Nouvelle-Zélande a méme parlé   de «pressions inflationnistes appelées à augmenter» en commentant la situation économique.

«L’histoire nous dit qu’après un important rebond dans la première phase d’une reprise, la croissance économique mondiale revient à un niveau plus raisonnable. C’est un trajet normal. Compte tenu des statistiques économiques qui viennent d’être publiées, il est encore trop tôt pour parler d’un retour en récession», soutient le stratège canadien  Pierre Lapointe, chez Brockhouse Cooper.

Son confrère David Rosenberg, chez Gluskin Sheff, et au nez toujours très fin souligne de son côté que le moyen le plus efficace et pragmatique de contrer la volatilité en ce moment est d’investir dans les vrais hedge funds….

Sur les Marchés quand les indices boursiers ont monté, on pouvait croire que ça y était et que les investisseurs trouvaient que la Bourse avait assez reculé.  Quand les indices ont reculé, il était devenu évident qu’il n’y avait pas de reprise économique. 

La volatilité a probablement été accentuée par des volumes de transactions plus faibles qu’en temps normal (l’été semble déjà arrivé).

Mais c’est au fond toujours la mème histoire qui revient en boucle à chaque rebond des Marchés : la théorie merveilleuse du découplage économique , le salut viendrait du capitalisme d’état en provenance des Emergents….Au vu d’un passé somme tout récent il est à douter que cette fable  résiste bien longtemps à une augmentation des taux de la FED par exemple…2 indicateurs viennent dailleurs concommiter l’idée que tout ne se passe aussi merveilleusement bien au pays des bisounours :  Le Commercial Papers pour le suivi du commercial mondial en terme de fluidité financière et le Harpex pour le suivi des flux physique en termes de fret

Les Commercial Papers et autres variantes des lettres de change ont toujours eu logiquement une forte corrélation avec l’activité économique au cours des dernières années. . La récente baisse de ce marché représente bien leregain de  faiblesse actuelle de l’économie. . Il faut donc s’attendre à une accélération dans le « CP », avant de voir une amélioration réelle dans l’économie. . Pour l’instant, le marché du papier commercial même si il a retrouvé un fonctionnement normal grâce aux multiples interventions de la FED, au vu des volumes échangés demeure anémique et n’a retrouvé pas ses niveaux de septembre 2008  ce qui  ne témoignent pas d’une véritable reprise actuelle des échanges au niveau du commerce mondial.

Pour suivre les Commercial Papers : http://www.bloomberg.com/apps/cbuilder?ticker1=FCPOTOTS%3AIND  (cliquez sur le lien)

Le Harpex  reflète le taux d’occupation des  «porte-conteneurs qui fournissent la majeure partie des échanges, et qui a diminué régulièrement depuis 2008.  Avant de rebondir fortement en 2010 tout en restant très en dessous du niveau atteint en septembre 2008

Le créateur de cet indice, l’affréteur Harper Petersen Royaume-Uni, a déclaré: «nous voyons une augmentation des volumes transportés entre l’Asie et un ralentissement de la baisse sur les routes Europe-Asie ». Le Harpex ne fait l’objet d’aucun échange sur un marché de sorte que son niveau est sensé refléter de manière exacte le taux d’utilisation des vraquiers et autres navires de fret

Pour suivre le Harpex : http://www.harperpetersen.com/harpex/harpexRH.do?showData=true&period=4&&checkedIndexes=0&floatleft=0&floatright=0&exponleft=0&exponright=0&indicator=0 (cliquez sur le lien)

Et pour couronner le tout , cerise sur le gateau empoisonné de la reprise (ici croyez nous, nous en sommes les premiers contris)un rappport de l’OCDE publié ce vendredi , passé aux oubliettes pour cause d’euphorie générale et dont les termes fort choisis sont les suivant :

« Les « indicateurs composites avancés », qui mesurent l’évolution de l’activité économique, « signalent un ralentissement dans le rythme de croissance dans la plupart des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques », selon un communiqué. 

Pour le neuvième mois consécutif, le taux d’augmentation de cet indicateur a ralenti pour la zone OCDE (31 pays): après avoir crû de 0,5 point en mars, il ne gagne en avril que 0,4 point. Dans la zone euro, il progresse encore moins, de 0,3 point après 0,4 point le mois précédent. 

« Des signes d’un pic potentiel semblent apparaître au Brésil (stable) » et « avec de plus fortes présomptions pour la France, l’Italie (-0,3 point) et pour la Chine (-0,4 point) plus spécialement », écrit l’organisation, dont le siège est à Paris. 

« Les indicateurs composites avancés pour le Japon (+0,5 point), les États-Unis (+0,7 point) et l’Allemagne (+1 point) continuent d’indiquer que l’expansion de l’activité, déjà présente, semble se maintenir, mais probablement à un rythme plus lent », poursuit-elle. »

Vous voilà prévenus, à trop vouloir manger trop vite le gateau de la reprise, on risque fort de froler l’indigestion…. nous ici en tous les cas mème en plein été on continuera de sortir couverts !!!!

EN COMPLEMENT : Les récessions résultant d’une crise financière sont plus longues et profondes

L’analyse des évolutions historiques valide le scepticisme à l’égard de la reprise en zone euro

Beaucoup d’investisseurs doutent encore visiblement de la solidité de la reprise économique mondiale. Ce scepticisme est d’autant plus de mise en Europe que la fragilité de certaines économies et les ajustements budgétaires exigés par les grands bailleurs de fonds laissent anticiper une reprise très molle. L’analyse de l’évolution historique des grandes économies développées lors des récessions du passé n’incite malheureusement pas à l’optimisme.

Depuis 1960, les pays développés ont traversé 122 récessions différentes dont quinze issues d’une crise financière – à l’instar de ce que nous avons connu en 2008-2009. Le constat est saisissant: les récessions résultant d’une crise financière sont plus longues et plus profondes. La reprise est aussi plus brève et de plus courte durée. Les récessions et reprises conventionnelles prennent la forme d’un «V» alors que celles liées à une crise bancaire ressemblent à un «U».

Ce constat n’est guère encourageant mais ce n’est pas tout! Car la crise a été quasiment mondiale. Lorsqu’une crise touche plusieurs zones économiques simultanément, elle est «synchronisée». Selon le FMI, les économies développées ont connu six situations similaires. A chaque fois, la récession a été plus sévère et la reprise s’est fait attendre davantage. Les pays frappés par une crise financière ne peuvent en effet bénéficier du relais de leurs partenaires commerciaux, car ces derniers se trouvent dans une situation à peu près analogue.

Il reste à espérer que l’Asie devienne le nouveau moteur de l’économie mondiale, et que notre tissu industriel ait le positionnement adéquat pour répondre à cette nouvelle demande ! Les prochains mois diront si nos entreprises sont capables de profiter de la reprise en V… de nos partenaires asiatiques.

  

Par Nuno Teixeira, Schroders – 08/06/2010

BILLETS PRECEDENTS : Commentaire du Wolf : les Banques face aux Dettes Souveraines (cliquez sur le lien)

Commentaire du Wolf : Le jeu du yo-yo , du domino et du pousse-pousse chinois (cliquez sur le lien)

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