Le Temps

L’état de santé des caisses de pension anglo-saxonnes reste alarmant

L’état de santé des caisses de pension anglo-saxonnes reste alarmant

Le taux de couverture n’est que de 81,7% dans les grands groupes américains. Il est particulièrement bas dans l’énergie et les télécoms. Au Royaume-Uni, British Airways paraît le plus vulnérable, selon une étude

PLUS/MOINS DE RETRAITE EN SUIVANT :

Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, la reprise des marchés financiers a insuffisamment amélioré le financement des caisses de pension. Le degré de couverture des caisses de pension des grands groupes américains (indice S & P 500) n’est que de 81,7% à la fin 2009, contre 78,1% fin 2008 et 104,4% fin 2007. Seules 19 entreprises parviennent à dépasser le seuil des 100%, selon une étude de Citigroup.

La loi américaine sur les retraites (Pension provisions Act) de 2006 oblige les entreprises à transférer des capitaux dans les caisses de pension en sous-couverture. En 2008 les entreprises avaient obtenu une suspension temporaire de ces dispositions. Tel n’est plus le cas aujourd’hui.

Aucun secteur d’activité n’est épargné, mais l’énergie présente le taux de couverture le plus alarmant (71,4%). La finance s’en sort le mieux (91,7%). En effet 11 des 19 entreprises avec une couverture supérieure à 100% sont financières, à l’image de JP Morgan et Bank of America.

Taux d’intérêt trop bas

Les caisses des entreprises les plus anciennes sont le plus vulnérables. On y trouve dans l’ordre Ford, Exxon, Lockheed, General Electric et IBM.

Les taux d’intérêt et les cours des actions sont beaucoup trop bas pour que le taux de couverture s’améliore sensiblement. Si le taux d’escompte est bas, la valeur actuelle des engagements futurs des caisses de pension est d’autant plus élevée. Les analystes ont calculé qu’une hausse du taux d’escompte de 1% permettrait de réduire les engagements de 10,8% et d’améliorer le degré de couverture à 91,5%. Ce scénario est fort improbable à court terme. C’est pourquoi les distributions aux retraités risquent d’être réduites et divers contrats renégociés. L’étude cite en particulier les OPEB, lesquelles sont des «autres prestations», par exemple pour la santé.

Au Royaume-Uni, le trou est évalué à 72 milliards de livres sterling pour les 350 principales entreprises cotées (indice FTSE 350). British Airways est l’une des plus exposées, avec un déficit de la caisse de retraite équivalant à 81% de sa valeur boursière et un total des engagements correspondant à 661% de la capitalisation.

Le degré de couverture devrait s’améliorer avec le changement d’indexation des retraites. Il prévoit l’adoption d’un indice des prix à la consommation qui, en moyenne depuis 22 ans, est inférieur de 0,73% par an à l’ancien. L’adaptation pourrait réduire la valeur des passifs de 9 à 10%. Les caisses de pension sont aussi en train de renégocier certaines prestations.

Enfin, les normes comptables IAS pour les caisses de pension seront modifiées. Les propositions ont été publiées en avril, mais l’ajustement ne sera pas rendu obligatoire avant 2013.

Par Emmanuel Garessus, Zurich le temps juil10

1 réponse »

  1. En complément à cet article, voici le bilan d’allocation d’actifs des fonds mutuels US du mois de juin;

    Les fonds mutuels US ont réalisés les flux suivants au mois de juin :
    Actions : après une sortie massive en mai (-24.8 Md$, plus fort replis depuis mars 2009), les fonds mutuels ont continué de se délester en action pour -5.4 Md$. C’est sur le marché indigène (US) que les sorties restent massives à -7.1 Md$ (-19.1 Md$ en mai) et sont donc légèrement positives pour l’oversea (+2.0 Md$). Mois de mai excepté, les fonds mutuels investissent dans les actions hors USA depuis plus d’un an mais sont clairement négatifs vis-à-vis de leur marché domestique et ne donnent aucun signe de changement de stratégie.

    Obligations : le flux augmente à nouveau sur l’obligataire (+20.7 Md$) après un point bas en mai +14.5 Md$. Je rappelle qu’un flux mensuel de 20 Md$ sur ce marché avant la crise des subprimes représentait un pic rare rencontré au maximum une fois par an. Depuis 1.5 ans, il représente la norme… Le flux sur l’obligataire est ininterrompu depuis janvier 2009 et représente une somme cumulée supérieure à 524 Md$ !

    Forex : le tarissement de reflux observé en mai (-22.2 Md$) se confirme en juin (-24.2 Md$). Comme indiqué le mois passé, la montagne de cash atteint un niveau proche du sommet de la zone de fluctuation historique. On peut considérer que les fonds mutuels détiennent à nouveau un taux normal de liquidités.

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