Cycle Economique et Financier

Faire des économies n’est pas vulgaire. Au contraire par Jeannette Williner

Faire des économies n’est pas vulgaire. Au contraire par Jeannette Williner

S’attaquer aux déficits publics est devenu une priorité. Tout simplement parce que même un Etat ne peut emprunter indéfiniment. Cela passe d’abord par une réduction des coûts et non par une hausse des impôts.

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PLUS DE REDUCTION DES DETTES EN SUIVANT :

On ressent partout, y compris en Suisse, un malaise lorsqu’un meilleur contrôle des dépenses est envisagé. On est dans une période où le contribuable, de quelque nationalité qu’il soit, veut savoir où passe sont argent. Et le Suisse n’est pas différent des autres. Contrairement aux idées reçues, les impôts directs sont élevés et l’argent trop souvent mal géré pour ne pas dire gaspillé.

Partout dans le monde s’attaquer aux déficits publics est devenu une priorité tout simplement parce que même un Etat ne peut emprunter indéfiniment. Il semble que les gouvernements aient également compris que le chemin obligé n’était pas d’abord d’augmenter les impôts mais plutôt de contrôler les dépenses.

 Les fonctionnaires de tous les pays le supporteront-ils? C’est souhaitable car à l’examen ils sont plutôt gâtés partout et, là encore, le spécimen suisse ne fait pas exception à la règle.

 Le citoyen doit  également cesser de se poser en assisté systématique. Comment gérer une entité lorsque plus de 40% de la population est assistée d’une façon ou d’une autre (Ville de Lausanne et les exemples ne manquent pas)? L’avantage helvétique est d’être à petite échelle ce qui permet de savoir (parfois) comment on règle certains problèmes. Veut-on faire de certaines cités des camps d’allocataires? Ce n’est pas l’absence de croissance ou sa moindre importance qui crée le problème mais plutôt le fait que dans une situation d’Etat omniprésent, la croissance a du mal à se déployer après un accident de parcours qui ne peut être pris pour une révolution et appartient plutôt au mouvement normal des affaires lorsque ces dernières souffrent d’hypertrophie.

Contrairement aux idées reçues, jeter l’argent par les fenêtres n’entraîne pas une reprise plus vigoureuse, rapide ou innovante de l’économie. Ramener les dépenses en deçà des revenus laisse augurer d’un avenir allégé en matière de soucis financiers et n’implique pas nécessairement une récession. Un meilleur contrôle des dépenses publiques, voire leur réduction n’est pas non plus synonyme de pertes d’élections, tant redoutée par tous les politiciens de la planète depuis qu’ils ont pris l’habitude de faire profession de la gestion des biens publics aisée au départ et permettant toute sorte d’abus. La réduction de dépenses n’a qu’un effet dépressif immédiat en contrepartie d’un meilleur équilibre budgétaire.

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Au fil des dernières semaines, il est devenu évident que la reprise tant commentée était très artificielle. En aucune façon ce ne sont les économies programmées ou projetées qui vont mettre un terme à une croissance relevant de l’imaginaire. Les pays industrialisés sont contraints de reconnaître qu’ils doivent faire face à un chômage élevé dans un contexte de croissance quasi nulle.

 Deux camps s’affrontent, l’un en faveur de l’élargissement des dépenses publiques pour soutenir une croissance virtuelle, l’autre de l’adoption de mesures destinées à contenir l’expansion de la dette pour la réduire progressivement.

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Les deux camps ont tort et raison: tout dépend à quel pays la discussion se réfère. A la Grèce, à la Grande-Bretagne, à l’Allemagne? En aucun cas cependant la solution ne peut être unique et opérer dans une seule direction. Force est d’admettre que les dettes, au sens large et quelque soit leur origine, doivent être payées. Sans prise de position concrète et définitive sur ce point le futur est en danger et des crises successives, celles-là réellement nocives à la pérennité d’une nouvelle croissance sont incontournables. Il ne suffit pas, et ce constat est valable également pour certains cantons suisses, d’avoir des rentrées fiscales supérieures à l’intérêt de la dette mais d’établir une stratégie de remboursement de celle-ci. Pour les banques il en va de même comme pour les particuliers surendettés.

Tout le reste ne sera que discussions de prestige qui font perdre du temps car de surcroît la solution optimale est à trouver à court terme. Pour l’instant, les solutions sont multiples et ne donnent lieu qu’à des colmatages mal réussis: ambitions fiscales excessives en Grèce, réformes et ajustements fiscaux britanniques d’une ampleur inquiétante, hésitations diverses dans des entités en moins mauvaise santé comme le Japon, l’Allemagne et les Etats-Unis. Et pourtant, on ne peut pas continuer à approvisionner en liquidités des entités en faillites qu’elles soient publiques ou privées. Les taux bas sont déjà une faveur de trop : ils pénalisent l’épargnant et permettent à des moribonds de rester sous perfusion ce qui nuit à tout le filet économique en donnant l’impression de lui faire du bien.

Créer des emplois à travers une fiscalité favorable est fugace. Le balancier revient en arrière et le taux de chômage ne baisse pas alors que son coût entrave la croissance. En fait, ce chômage n’est pas la conséquence de la crise des subprimes pas plus qu’il n’augmentera drastiquement au fil d’une meilleure prise en mains des déficits. Il est pour sa partie excessive la traduction d’incertitudes qui s’amplifient de jour en jour au travers de l’économie tout entière.

 Evoquer le coût des réformes à effectuer alors que les éviter conduit à la faillite est puéril. Ce sont les mêmes qui critiquent le consommateur chinois  pour son trop grand penchant pour l’épargne. Certes voitures et produits blancs ne s’achètent pas avec légèreté dans l’Empire du Milieu. Et c’est bien normal. Le même consommateur tant attendu doit faire face à ses dépenses de santé et de retraite. Et si demain les Occidentaux se trouvaient dans la même situation n’en feraient-ils pas autant? Le plateau social n’est ni extensible ni du pour l’éternité.

Jeannette Williner Analyste indépendant aout10

BILLET PRECEDENT : Le bout du tunnel ne se profile pas par Jeannette Williner (cliquez sur le lien)

EN COMPLEMENT :  Keynes Vs. Hayek : le grand débat continue par Gerald O’Driscoll (cliquez sur le lien)

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