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L’automne sera agité pour les actions selon Beat Wittmann

L’automne agité pour les actions

Les clefs du succès sont de questionner en permanence les vues conventionnelles, de prendre des risques basés sur une saine analyse fondamentale et technique à la fois des marchés et des véhicules d’investissement ainsi que de gérer le risque rigoureusement

Dynapartners/Beat Wittmann :  Les douze prochains mois seront problématiques non seulement pour les actifs traditionnels mais aussi les hedge funds.

L’inévitable ne se produit jamais, ce qui est imprévu toujours, disait John Maynard Keynes Pourtant une majorité d’investisseurs continue de se rallier au consensus du risque de déflation à court terme et d’inflation à plus long terme. D’où leur préférence pour les emprunts d’Etat à rating élevé, les liquidités, les fonds obligataires à capital protégé ainsi que l’or.

Beat Wittmann, cocréateur et CEO de Dynapartners, se rallie à un tel scénario, comme il l’a expliqué mercredi à Zurich, en compagnie de Warren C. Smith, partenaire et stratège global de la firme basée à Montréal, MRB Partners. Dynapartners est une société de gestion d’investissements indépendante, avec des bureaux à Zollikon/Zurich et Genève.

PLUS DE Beat Wittmann EN SUIVANT :

Il n’y a pas encore de bulle spéculative sur les obligations, même si un tel risque existe au-delà de 2011.

 Les bons du Trésor américains et emprunts d’Etat allemands vont faire mieux que l’indice mondial des actions MSCI lors des douze prochains mois. De même l’or va-t-il battre les actions durant ce laps de temps, car il existe de fortes tendances déflationnistes dans les pays occidentaux, spécialement en Europe et aux Etats-Unis. Les gouvernements, avec l’aide des banques centrales, vont continuer de combattre ces tendances. Les taux d’intérêt ne vont ainsi pas remonter de sitôt.

Cet environnement ne sera bénéfique ni aux actions, ni aux hedge funds. A court terme, les marchés actions (notamment le S&P 500 avec un multiple de cours bénéfices de 12x) ont tort et les marchés obligataires ont raison.

 Le franc suisse, parmi les devises qui constituent une classe d’actifs, est une autre  recommandation de Dynapartners, de même que des actions de sociétés globales, qui ont un bilan solide, ainsi qu’un management et des produits de grande qualité. Des titres ciblés dans l’énergie, la technologie et les financières (dont eBay avec sa plateforme) sont aussi pris en compte. En revanche, ce qui fait aussi partie d’une approche d’investissement active et flexible, visant des rendements positifs dans un monde à taux d’intérêt zéro, les actions espagnoles sont vendues à découvert («short»). Car  l’Espagne a une constellation liquidité, solvabilité et compétitivité qui lui est défavorable.

Les clefs du succès sont de questionner en permanence les vues conventionnelles, de prendre des risques basés sur une saine analyse fondamentale et technique à la fois des marchés et des véhicules d’investissement ainsi que de gérer le risque rigoureusement. Dynapartners se définit comme un gérant d’actifs actif. Elle utilise une allocation d’actifs dynamique, top down, une sélection appliquée et une approche de gestion du risque intégrale à travers des classes d’actifs globales. Celle-ci consiste à préserver le capital tout en atténuant les périodes de baisse. Dynapartners a pour but de réaliser une performance positive, indépendante des conditions économiques, de 8-12% par an (nette des commissions) à travers tout un cycle économique dans un cadre liquide et transparent….

source agefi sep10

ENTRETIEN AVEC Beat Wittmann

La douleur passera du contribuable au créancier»

Beat Wittmann, directeur de Dynapartners, juge qu’un défaut de paiement des pays européens les plus endettés sera inévitable à terme. Le rally des obligations d’Etat de haute qualité n’est, lui, pas terminé.

«Il n’y a pas encore de bulle sur le marché obligataire», considère Beat Wittmann, directeur de Dynapartners. Dans l’immédiat, le fondateur de la société, active dans le conseil aux institutionnels et la gestion de fortune pour clients fortunés, estime que les emprunts d’Etat restent une classe d’actifs intéressante compte tenu d’un environnement toujours déflationniste. Aux États-Unis, la reprise s’effectue sans réelle augmentation du nombre d’emplois et la consommation reste faible. Le nouveau plan d’investissement dans les infrastructures qui vient d’être présenté par Barack Obama n’aura aucun impact significatif sur la conjoncture américaine. De manière générale, la demande reste élevée pour les obligations d’Etat de haute qualité, en particulier chez les investisseurs institutionnels. Et si les rendements des emprunts gouvernementaux américains ont reculé à un plus bas historique, ils restent encore bien loin des niveaux atteints au Japon.

Vers des défauts de paiement

Beat Wittmann se montre en revanche très pessimiste quant aux perspectives pour les emprunts d’État européens les plus endettés comme la Grèce, l’Irlande et l’Espagne. Même si l’attention autour de ce thème est quelque peu retombée, la situation ne s’est pas pour autant améliorée dans ces pays. Ils devront assurer un service de la dette plus élevé et n’afficheront aucune croissance. Au final, «la douleur passera probablement du contribuable au créancier», anticipe Beat Wittmann qui s’exprimait lors d’une présentation aux investisseurs mercredi, à Zurich. «Pour résoudre la crise de la dette souveraine en Europe, la meilleur e solution serait un défaut de paiement réalisé de manière ordonnée », juge l’ancien directeur des produits d’investissement chez Julius Baer jusqu’en novembre 2008, avant qu’il ne fonde Dynapartners l’an dernier. Basée à Zollikon, la société se donne pour objectif de gérer des actifs allant jusqu’à 4 milliards de francs suisses d’ici fin 2010 avec une trentaine d’employés. Outre son siège zurichois, la société est aussi présente à Genève. Depuis avril, ses activités de gestion de fortune ont été regroupées dans une entité légale séparée baptisée Dynapartners Wealth Management.

Les actions espagnoles à la baisse

Dans la dernière mise à jour, l’allocation d’actifs de la société reflète l’ensemble de ces préoccupations. Son portefeuille global est composé à hauteur de 20% d’obligations d’État. La part des actions se limite à 26%, dont la moitié est consacrée aux secteurs de l’énergie (6%) et des technologies (7%). En revanche, la société mise sur une baisse des actions espagnoles avec une proportion de 4% dans son portefeuille. L’or a toujours sa place avec 16% de l’ensemble du portefeuille. Le fait que les investisseurs hésitent entre craintes déflationnistes et inflationnistes sur le long terme constitue un terrain idéal pour conduire à une hausse du métal précieux.

Marchés émergents: le meilleur est passé

Les actions, qui représentaient encore 50% de l’allocation début août, ont été réduites de moitié en l’espace d’un mois. La croissance anémique aux États-Unis finira par affecter l’évolution des bénéfices des entreprises. D’autant plus que les résultats des prochains trimestres ne profiteront plus d’un effet de base favorable comparé à l’an précédent, comme cela a été le cas durant le premier semestre. Au final, seules les actions des «global titans », des grandes multinationales bien gérées, leaders sur leur marché et financièrement solides, restent attrayantes. En Suisse, il s’agit typiquement de titres comme Nestlé, Novartis ou Roche.
En revanche, Dynapartners estime que la phase de surperformance massive des marchés émergents durant ces derniers mois est terminée. L’Asie est la seule région pour laquelle les perspectives restent positives, mais n’offre actuellement pas un point d’entrée suffisamment attrayant pour les investisseurs.

Par Yves Hulmann/ Le temps sep10

1 réponse »

  1. En complément à ce joli titre sur un automne agité pour les actions, je viens de constater que les gestionnaires de fonds mutuels US ont récemment accéléré le délestage de leur portefeuille en actions : -4.6 Md$ lors de la dernière semaine d’août et -9.5 Md$ la semaine passée ! Ce dernier retrait hebdomadaire est le plus élevé depuis le mois de mai.

    D’un point de vue boursier, en comparant le calendrier des pics de retraits massifs et l’évolution du SP500, on constate une forte corrélation entre phase baissière du marché et ces retraits. L’achèvement des retraits coïncidant avec la fin de baisse. On pourra facilement vérifier si cette observation est le fruit de mon imagination en lisant les flux publiés la semaine prochaine sur la semaine en cours qui a engendré un gros rebond. Si les retraits restent significatifs, mon constat sera invalidé.

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