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Matières premières : Le cuivre est l’indicateur avancé et la référence

Le cuivre est l’indicateur avancé et la référence

La croissance de la demande de cuivre dans les BRIC au cours de la période a fait un bond de 193% durant la dernière décennie. L’achat de cuivre est aussi financier. L’élasticité-prix a été modifiée. Les stocks ont beau augmenter, les prix restent élevés sous l’effet des fonds spéculatifs…

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Si des produits de base en vrac comme le minerai de fer et le charbon à coke, qui ne sont soumis à aucune influence spéculative, peuvent offrir une mesure précise des fondamentaux de l’offre et de la demande dans le secteur des matières premières, les métaux de base, négociés au jour le jour et objet de la spéculation des investisseurs, nous donnent en revanche des informations quotidiennes sur le comportement de ces derniers et sur les perspectives économiques mondiales.

 La demande de cuivre, en particulier, est un bon indicateur de la restructuration et du rééquilibrage entre les économies occidentales et celles des marchés émergents, notamment les pays dits «BRIC» (Brésil, Russie, Inde et Chine); mais elle annonce aussi une approche relativement nouvelle de l’investissement en matières premières comme catégorie d’actifs.

Le cuivre est le produit phare des métaux de base (aluminium, cuivre, plomb, nickel, étain et zinc).

Grand conducteur d’électricité, le cuivre est un métal indispensable à l’industrialisation et à l’urbanisation des économies émergentes. Il est utilisé dans un large éventail d’applications allant des infrastructures de base, comme les réseaux électriques, à des appareils plus ordinaires comme les machines à laver et les téléviseurs. Il couvre par conséquent une multitude de secteurs de consommation offrant un élément de mesure pertinent de la santé économique.

La demande régionale de cuivre et les cours historiquement élevés de ce métal à l’heure actuelle en disent long sur l’inversion des rôles entre économies matures et économies émergentes.

 Selon le cabinet londonien GFMS, les économies matures consommaient, en 2000, 8,94 millions de tonnes de cuivre, soit 59% de la demande mondiale de ce métal, contre 18% à peine pour les pays dits «BRIC». En 2009, les économies développées ne représentaient plus que 33% de la demande mondiale, alors que la consommation mondiale avait augmenté de 2,52 millions de tonnes (+28,2%). La croissance de la demande de cuivre dans les BRIC au cours de la période a fait un bond de 193%, portée par l’augmentation vertigineuse de la consommation chinoise (224%). Bien entendu, cette envolée dans l’ex-Empire du Milieu s’explique par la progression de l’industrialisation et de l’urbanisation sur la côte est comme à l’intérieur des terres, avec la migration des populations rurales vers les pôles urbains. Mais le basculement de la demande en faveur des BRIC tient aussi à la délocalisation des entreprises occidentales et à l’utilisation par les économies les mieux établies de produits de remplacement moins coûteux que le cuivre dans les équipements existants.

Les cours et les stocks du métal rouge sont de bons indicateurs de la croissance mondiale, mais les chiffres doivent, néanmoins, être interprétés avec le plus grand soin.

 A l’exception de la chute récente de la fin 2008 et du rebond ultérieur de 2009, les cours du cuivre ont continué à afficher une résistance remarquable, une évolution à laquelle les BRIC ne sont pas étrangers, loin de là, compte tenu de la reprise peu convaincante des économies occidentales. Cependant, cette bonne tenue s’explique aussi par d’autres facteurs, notamment la hausse de la base de coûts de production (interrompue pendant une courte période en 2009), les pénuries structurelles dans l’industrie minière et l’augmentation de la consommation mondiale qui, tout en restant modeste, est suffisamment forte dans les économies émergentes pour excéder l’offre de l’industrie minière. Comme des restrictions continuent d’entraver la production minière, le marché du concentré de cuivre (produit de la phase d’exploitation minière) reste étroit; aussi, les prix facturés par les fondeurs et affineurs au titre du traitement et de l’affinage demeurent sous pression, décourageant la production de métal raffiné. Les stocks devraient donc rester bas au vu des normes historiques, et le cours du cuivre continuer à se négocier à 7000 USD la tonne, voire plus, dans les deux prochaines années, nonobstant les fluctuations des changes.

Toutefois, le cours du cuivre ne reflète pas seulement les fondamentaux de l’offre et de la demande de ce produit de base industriel. Les matières premières constituent désormais une classe d’actifs à part entière sur le marché de l’investissement.

Les fonds spéculatifs sont présents depuis de nombreuses années sur ce marché, mais c’est surtout à la participation grandissante des fonds de pension long-only, d’une taille supérieure, que les fonds sur indices de matières premières doivent leur expansion. Selon la Commodity Futures Trading Commission (autorité de régulation des marchés de matières premières aux Etats-Unis), le total des investissements indiciels en matières premières s’établissait à 161 milliards de dollars américains au 30 juin 2010. Depuis deux ans, les niveaux de fixation des prix des matières premières comme le cuivre ont à l’évidence changé. On observe en effet une modification de l’élasticité-prix par rapport au niveau des stocks: ceux-ci ont beau augmenter, les cours restent obstinément élevés. Les montants investis par les fonds long-only, soutenant ainsi les cours, expliquent dans une large mesure cette évolution. Ces fonds ne cherchent pas seulement à diversifier leurs classes d’actifs; ils entendent aussi renforcer leur exposition à la croissance des marchés émergents et se servir des matières premières comme d’une couverture contre l’inflation (pouvant résulter des mesures de détente quantitative et de l’environnement de taux d’intérêt bas), voire même comme d’une devise de substitution dans certains cas.

Par Alex Wood  Responsable du département Analyse des ressources minières, Mirabaud Securities LLP, Londres.aout10

EN LIEN : Tendance du cuivre à long terme

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