Art de la guerre monétaire et économique

Philippe Dessertine : Le monde s’en va-t-en guerre (ne sait quand reviendra)…

Philippe Dessertine : Le monde s’en va-t-en guerre (ne sait quand reviendra)…

Les risques de dérive géopolitique menacent plus que jamais la planète. Tel est le postulat du professeur de finance Philippe Dessertine. «Nous n’avons pas d’autre choix que de changer de vie et se serrer la ceinture pendant un bout de temps», avance-t-il, prônant un discours pas encore vraiment accepté par les opinions publiques.

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Le risque de guerre est réel et le scénario des années 1930 n’est pas à exclure. C’est ce qu’écrit le professeur de finance Philippe Dessertine dans Le monde s’en va-t-en guerre (ne sait quand reviendra), paru aux éditions Anne Carrière. Un ouvrage dans lequel il analyse les causes et les conséquences de la crise à la lumière de l’un des sujets les plus tabous : la guerre.

Histoire d’éclairer d’un jour différent les réformes prioritaires à mettre en œuvre à l’échelle de la planète. «Parce que nous ne pourrons faire l’économie de cette réflexion si nous voulons affronter les défis mondiaux qui s’annoncent», justifie-t-il, voulant mobiliser les consciences. Une réflexion qui, si nous l’abordons de façon collective et concertée, pourrait même à son sens déboucher sur la naissance d’un monde plus juste. ENTRETIEN

Pourquoi vous êtes-vous intéressé à un sujet aussi difficile, et qui n’est d’ailleurs pas votre spécialité, que celui du risque de guerre ?

L’idée de parler au départ de ce drame possible qu’est la guerre a pour objectif de faire comprendre au lecteur que la crise a déstabilisé l’univers international, bien au-delà de la finance ou de l’économie. Beaucoup d’éléments de la crise systémique que nous vivons rappellent non seulement celle de 1929 mais aussi la déstabilisation géopolitique de la planète qui a suivi. Il faut absolument prendre en compte cette dimension, pour nous conduire à faire évoluer de manière fondamentale le modèle économique qui est le nôtre. Aussi parce que les professionnels de la finance et des marchés ne parlent jamais de diplomatie, moins encore de stratégie militaire. Ce n’est pas raisonnable.

D’accord, mais existe-t-il vraiment un risque de guerre à l’heure où nous parlons ?

Il ne s’agit nullement d’une réflexion théorique. Regardez le lancement par les Etats-Unis et la Corée du Sud de grandes manœuvres aéronavales conjointes au large de la Corée du Nord. La gestion du conflit iranien est influencée notamment par une économie israélienne affectée par la crise. Plus près de chez nous, la Grèce a été le premier pays européen à être frappé par la crise de la dette souveraine notamment parce qu’elle a le plus gros budget militaire en regard de son PIB. L’achat de deux sous-marins à l’Allemagne a contribué à déstabiliser les finances publiques de la Grèce.

Il faut bien comprendre, je le répète, que la crise et ses conséquences bouleversent les relations internationales, fondées notamment sur des équilibres en termes de richesse. Ces équilibres sont aujourd’hui rompus par la fragilité de pays aux prises à des difficultés économiques insurmontables, et par le renforcement d’autres contrées, d’autres nations. Il y a une redistribution profonde des cartes. A cela s’ajoute le bouleversement climatique, dont la gestion devient toujours plus urgente. Tout ceci alimente l’incertitude économique et le retour du protectionnisme, qui engendrent eux-mêmes une montée de plus en plus sensible des tensions militaires.

Qu’est-ce qui vous inquiète plus particulièrement dans ce risque d’explosion géopolitique ?

C’est l’absence de leadership. Un certain nombre de grands pays sont en difficulté. Dans le même temps, on ne voit pas émerger de leaders solides qui pourraient les remplacer. Je pense en particulier à la Chine, qui devient un géant économique mais qui n’a nullement un statut de leader géopolitique comme peuvent encore par exemple l’avoir les Etats-Unis. Avec comme conséquence que la communauté internationale, qui a su gérer l’urgence, ne parvient pas à mettre en place les réformes fondamentales dont la structure économique mondiale a besoin. Pourquoi ? Parce que la plupart des décideurs politiques n’ont pas encore bien perçu la gravité de la catastrophe. On le voit très bien en Europe. La France, l’un des pays les moins conscients de la réalité, est aussi celui où il est le plus difficile de faire passer des réformes. En Angleterre, par contre, la politique de David Cameron est incroyablement dure. Mais elle est acceptée par l’opinion publique britannique. Tout simplement parce que celle-ci a compris que la crise était absolument terrible et qu’il en allait de l’avenir de ses enfants.

Cette vision négative du monde est-elle nécessaire pour faire évoluer de manière fondamentale le système économique qui est le nôtre ?

Ma vision n’est pas négative. Elle est objective. Il faut regarder la réalité en face. Celle-ci est encore très préoccupante. Le dernier rapport de la Banque des règlements internationaux, la BRI, l’atteste amplement : l’économie et la finance mondiales sont encore et toujours sous perfusion.

En même temps, il est encore possible de réagir. Nous sommes en 1937. La guerre n’a pas encore commencé. Mais ce n’est pas la peur qui nous fera avancer. C’est au contraire la lucidité et l’intelligence rationnelle qui peuvent être les principaux facteurs de changement.

Selon vous, quelles évolutions fortes faut-il envisager ?

L’origine de cette crise, c’est le surendettement des pays occidentaux. Le fait qu’ils ont vécu au-dessus de leurs moyens. Ils ont cru qu’ils allaient trouver leur bonheur dans une surconsommation. Mon message est très clair : on ne sortira de la crise que quand on aura accepté de renier cette approche. Lorsqu’on aura considéré que la première chose à faire est de rembourser la dette folle que nous avons contractée. Et évidemment d’en tirer un certain nombre de conséquences concrètes. A commencer par le fait que le bonheur n’est pas forcément dans la surconsommation.

Ce n’est pas tout. En plus d’être raisonnable, il faudra assumer des questions aussi graves que celles de la misère, du chômage, des ghettos, etc. Pour que ce ne soit pas les plus pauvres qui supportent les conséquences de cette rigueur budgétaire, y compris dans les pays riches. Cela signifie qu’il faut faire accepter aux classes moyennes l’idée que ce sont elles qui prendront en charge l’effort d’économies demandé. Pour y parvenir, il faut leur donner le sentiment qu’elles ne seront pas seules à payer la facture. Autrement dit que le monde financier, considéré comme le principal facteur de création de crise, soit sanctionné. A travers par exemple la taxation des banques.

A vous entendre, on pourrait penser que vous êtes partisan de la décroissance ?

Je ne suis pas partisan de la décroissance mais je considère que la décroissance est une fatalité. Aujourd’hui, nous n’avons pas le choix. Il va falloir faire avec la décroissance. Nous n’avons plus les moyens de vivre comme nous l’avons fait par le passé. J’ajoute que, comme l’Europe, les Etats-Unis vont devoir accepter la responsabilité qui est la leur. Ils vont devoir envisager, eux aussi, de rembourser leur dette publique astronomique. C’est l’un des points cruciaux du nouvel équilibre mondial à construire.

Justement, la réforme du secteur financier américain est-elle un premier pas allant dans ce sens ?

C’est un pas énorme vers la définition d’un nouveau monde. Ce que les Européens proposent en matière de régulation financière n’est en rien comparable. C’est totalement cosmétique ! Il s’agit de minuscules avancées conciliant les avantages des uns et des autres sans s’attaquer au cœur du problème. Il faut créer une très forte autorité indépendante au niveau des marchés européens. On doit aller vers un véritable abandon de souveraineté sur tous les aspects financiers de tous les grands pays d’Europe, en particulier de la France.

Paradoxalement, vous ne faites pas le procès de la mondialisation. Encore moins celui du capitalisme ni même de la finance.

Surtout pas. La mondialisation a besoin du capitalisme. Et le capitalisme a besoin de la finance. Les trois éléments sont liés les uns aux autres. Il est absolument indispensable de les garder si nous ne voulons pas basculer dans la guerre. Supprimer la mondialisation reviendrait à nous placer dans le scénario des années 1930 : celui du protectionnisme avec des Etats qui se referment sur eux-mêmes. Or, quand les pays se replient sur eux-mêmes, cela se termine toujours par la guerre. Soyons clair : non seulement je ne condamne pas la mondialisation mais je considère que c’est l’élément indispensable pour continuer à pouvoir vivre en paix. Simplement, pour que la mondialisation fonctionne, il faut que l’Occident assume le fait qu’il va devoir réduire son train de vie. Non pas pour solder le passé mais pour inventer un nouveau modèle économique.

Quel message d’optimisme avez-vous à délivrer aux chefs d’entreprise face à cet avenir qui s’annonce plutôt noir ?

Nous vivons une crise d’adolescence, celle de la mondialisation. C’est un tournant mais pas nécessairement tragique. Je pense qu’il en sortira un adulte beaucoup plus sage et qui pourra vivre plus longtemps. Plus prosaïquement, et d’un point de vue très technique, il est clair que le défi majeur des entreprises pour les années à venir aurait trait à la question des liquidités. La crise n’est pas finie mais les entreprises doivent avoir conscience qu’elles restent un élément moteur fondamental du changement. Celui-ci se fera par et avec les entreprises. L’entreprise doit considérer que c’est une entité qui devra subir des évolutions mais qu’elle en profitera aussi. Au cœur d’un système économique nouveau, sans cesse elle aura sa place.

 Il y a un certain nombre de signaux positifs, en Europe et tout particulièrement en Allemagne. Ils ont trois origines. La première, ce sont les énormes plans de relance qui ont été mis sur pied par les pays occidentaux et qui dopent la demande. La reconstitution des stocks qui avaient été vidés pendant la crise est le deuxième élément favorable. Enfin, le troisième, ce sont les bons résultats des entreprises dus à une énorme contraction des coûts.

Les résultats publiés par les entreprises en témoignent ?

Elles ont diminué leurs coûts en réduisant les emplois, et ont donc réalisé d’excellentes marges sans avoir amélioré leur chiffre d’affaires.

On a ainsi vu que jamais l’économie française n’avait perdu autant d’emplois qu’en 2009.

Cela a été vrai également aux États-Unis et en Europe, où l’on n’avait jamais vu des destructions d’emplois de cette ampleur aussi rapidement. Ceci montre que les éléments favorables à l’économie, actuellement, ne correspondent pas à une amélioration structurelle durable.

Le malade est-il toujours sous perfusion ?

En effet, les taux d’intérêt sont toujours anormalement bas. On continue d’injecter de l’argent pas cher, qui a été justement à l’origine de la crise. C’est un peu comme soigner un toxicomane en continuant à lui fournir de la drogue. En même temps, on ne peut pas supprimer ces taux d’intérêt faibles, parce que cela briserait la reprise économique.

Nous ne sommes donc pas sortis de la crise ?

Si nous le pensions, cela permettrait de nous exonérer de l’obligation absolue qu’a la France de rembourser sa dette. L’objectif français de revenir à 3 % de déficit n’est pas suffisamment ambitieux.

Ce serait socialement trop douloureux ?

C’est tout à fait faisable. L’Angleterre a un plan absolument inouï, voté par une majorité aux Communes conformément à son programme électoral et qui a débuter en septembre, et la Grèce a mis en place un plan similaire. Ces deux démocraties s’en sortent apparemment sans troubles ni émeutes. En France il est difficile de dire qu’on ne peut pas le faire, puisqu’on n’a même pas essayé ! Nous sommes paralysés par la crainte de réactions que nous n’avons pas subies. La Banque des règlements internationaux vient de publier un rapport où elle indique que les pays occidentaux ont deux problèmes à régler de façon urgente, celui des retraites et celui de la Sécurité sociale. Sinon, nous risquons d’avoir les deux problèmes en même temps, celui de faire face à la baisse de la cotation de notre signature internationale et celui de subir les mouvements sociaux engendrés par notre demi-réforme des retraites.

Vous ne semblez pas trop croire à la capacité de la France à y faire face ?

Cela dépend de la façon dont la rentrée va se faire et dont le nouveau gouvernement va se mettre en place. Nous aurons des signes qui vont se manifester selon le type de personnes qui seront mises aux commandes face à ce problème majeur qui est le remboursement de la dette.

Et au niveau mondial ?

Deux facteurs montrent que nous ne sommes pas sortis de la crise, le premier, c’est le chômage, où la France a atteint un niveau extrêmement élevé et les États-Unis encore plus. Le chômage sera sans doute la cause de l’échec probablement cuisant de Barack Obama aux prochaines élections de mi-mandat en novembre. Les chiffres officiels sont d’environ 10 %, mais en termes réels, c’est plutôt 15 à 16 %. Le second c’est l’absence de croissance, aussi bien en Europe qu’au Japon et aux États-Unis, où l’on envisage maintenant un nouveau plan de relance. Les marchés financiers sont actuellement à l’affût de n’importe quelle mauvaise nouvelle pour plonger à nouveau…

 Les médias et les politiques relaient largement l’opinion que « la finance est folle », « a perdu la tête », bref tout un lexique d’irrationalité. Doit-on accréditer cette notion d’irrationalité (que supportait Keynes) ou les agents économiques ont-ils agi de façon rationnelle au sein d’un système irrationnel? 

 J’ai un point de vue très tranché sur cette question. L’origine de la crise est totalement rationnelle et totalement politique. Elle est due à un surendettement des États occidentaux (USA en tête), notamment pour gommer les effets de la mondialisation dans les pays riches. Pour éviter de se confronter à ce problème majeur (et à leurs opinions), les politiques ont laissé se développer une finance sans contrôle, sans régulation, entraînant une création monétaire « aberrante ». Pour soutenir le fait que les économies occidentales vivent au-dessus de leurs moyens, on a tout fait pour que se crée cettedette folle  et les systèmes financiers qui l’accompagnent, avec notamment un déplacement des acteurs des banques traditionnelles vers la banque d’affaires. Ils ont été conduits à aller vers de la finance non régulée, notamment de la finance de marchés, la banque « classique » étant considérée comme beaucoup trop régulée. On peut donc parler d’irrationalité provoquée, sans régulation car l’on n’a pas voulu de régulation, cette cause expliquant l’ampleur de la crise et la bulle gigantesque. La bulle immobilière a été une providence qui semblait apporter une assurance très forte au système. Avant l’explosion …

De la part d’une partie des économistes, il y a eu un aveuglement avec l’illusion d’un nouveau paradigme où la dette serait résorbée par une croissance mondiale, aveuglement qui perdure encore aujourd’hui. Les plans de relance visant à retrouver une croissance salvatrice en sont une illustration. Ce type de pensée est d’autant plus répandu qu’il est très prisé par les politiques de tous bords. Le mythe d’une nouvelle donne (Internet, financiarisation, …) permet de s’exonérer de confronter la population aux problèmes réels et au fait douloureux qu’elle devra consommer moins.

Y-a-t-il selon vous des coupables dans le déclenchement et la propagation de la  crise (au sens moral voire pénal)?

Il y a beaucoup de bouc-émissaires dans cette crise, la « finance folle » au premier plan, les banques, les agences de notation. Et pourtant, c’est une illusion collective voire un mensonge. On s’attaque aux instruments et non aux raisons sous-jacentes. Cette crise présente un parallèle indéniable avec la crise de 29 et la recherche de bouc-émissaires pour s’exonérer de la responsabilité collective entraîne une montée du populisme, de la stigmatisation de groupes ethniques et/ou sociaux et des extrêmes, notamment de droite. L’antisémitisme des années 30 a été une réponse à la crise de 29. Ce sont des mécanismes extrêmement dangereux. Il faut donc affronter la responsabilité collective des pays riches, celle des États mais aussi celle des citoyens. Nous sommes tous responsables à l’exception des classes pauvres qui n’ont pas ou peu accès à la (sur)consommation. C’est notre mode de consommation, excédant nos moyens, qui est en cause avant tout ainsi que nos exigences surdimensionnées vis-à-vis de l’État. Il est d’ailleurs à noter que les populations des pays émergents ne mettent pas la crise sur le dos des banquiers américains mais sur celui de l’égoïsme occidental. Les politiques ont été dans la facilité, encouragés en cela par les électeurs. Et pourtant, les opinions sont plus adultes qu’on ne le pense et sentent bien l’aberration du système. Le discours politique doit entrer dans une ère de vérité et de langage adulte vis-à-vis des citoyens.

Néanmoins, à partir du postulat de départ de continuer de vivre à crédit et de gérer la dette de façon la plus « opérationnelle » possible, de réelle dérives ont eu lieu et doivent être sanctionnées. Sur ces aspects, la mise en place volontariste de la régulation est une nécessité pour que les opinions ne puissent pas se défausser sur la finance et pour prévenir de nouvelles dérives. Ce qui fait le plus cruellement défaut, c’est l’absence de sanctions au niveau international (ou européen).

Peu après la crise, tous les dirigeants ont crié en chœur «Plus jamais ça!» et ont promis de «réguler» voire «refonder» le capitalisme. Or, on constate que l’on s’oriente vers un «business as usual». Quelle en est la raison selon vous? Poids des lobbies? Manque de solutions ou absence de consensus face  à une pluralité de solutions? Impossibilité de mettre en œuvre des solutions au niveau mondial (manque de gouvernance mondiale pour le dire simplement)?

Le G20 a permis de parler de régulation mais rien n’a avancé depuis au niveau le plus important, à savoir international. Seuls les Américains ont progressé sur le sujet, et, dans une moindre mesure, les Britanniques. L’Europe, France en tête, ou le Japon, n’ont pas bougé d’un iota. Au niveau international,il y a sans cesse eu de bonnes raisons de ne rien faire. L’avancée américaine offre un canevas possible à une régulation internationale mais, paradoxalement, ils refusent un mécanisme international. Les Européens sont eux d’accord sur tout mais n’implémentent rien, même au sein de l’UE. Il faut une commission de contrôle des marchés européens et renforcer le rôle de la BCE. Le couple franco-allemand, qui est le moteur de l’Europe, est le premier à ne pas avancer. Le problème majeur au niveau européen est celui de la souveraineté et de la sanction. C’est aux politiques de présenter les possibilités de sanctions via un organisme de régulation ou la BCE comme un bienfait et non une punition. Cela nécessite de rompre avec les trop fréquents discours présentant la « technocratie » bruxelloise comme un père fouettard. Les États et les lobbies freinent aussi la régulation car elle nécessite de rompre avec une finance débridée qui a servi les intérêts privés comme publics.

L’idée d’une agence de notation européenne fait de plus en plus son chemin parmi les politiques et observateurs. Est-elle vraiment crédible? Si elle évite certains biais, elle en crée d’autres. Quelle légitimité aurait cette agence pour noter la dette grecque?

Ou encore mieux, la dette française! Les agences de notation, c’est un problème à la fois technique et politique. Elles sont décriées mais n’ont jamais été réellement attaquées, notamment pour les supposés conflits d’intérêts. Leurs modes de fonctionnement et leurs méthodes sont transparents. Évidemment, la situation oligopolistique actuelle n’est pas tenable. Mais rappelons qu’une 4ème agence avait été créée au Canada (DBRS) et a fait faillite pendant la crise par manque d’opérations. 

L’émergence d’une agence de notation européenne est conditionnée au fait qu’elle soit totalement apolitique. L’Union européenne peut subventionner pour aider à la création d’une ou plusieurs agences privées voire éventuellement semi-publiques. Mais la césure avec les institutions publiques doit être très claire. Une agence reliée à la BCE est concevable et même souhaitable à condition qu’il n’y ait pas de lien budgétaire. Quant à l’agence de notation chinoise  qui vient de noter les pays occidentaux, c’est le comble! Un pays qui ne joue pas les règles de l’économie de marché et notamment de la nécessaire transparence (les chinois fournissent très peu d’informations sur les entreprises et qui donne des leçons sur les agences de notation, c’est une supercherie. Les chinois peuvent se permettre d’engager ce type de rapport de forces car ils tiennent la dette américaine.

L’interdiction par l’Allemagne des ventes à découvert à nu [NDA : vente à crédit de titres que l’on ne possède pas encore] vous semble-t-elle être une piste intéressante pour aller vers plus de régulation? Comment la généraliser au niveau mondial? Pourquoi, selon vous, la France n’a-t-elle pas suivi?

C’est surtout révélateur des pratiques des banques européennes. Pour expliquer cette décision, on peut émettre l’hypothèse que quelque chose s’est passé entre les banques lors de la crise grecque, cette mesure relevant dès lors de la rétorsion. Les historiens économiques pourront peut-être trancher cette question dans quelques années. Techniquement, je ne pense pas que ce soit une bonne réponse. Plutôt que de travailler sur les opérations qui sont faites, notamment sur les CDS [NDA : outils de marché permettant de se prémunir contre un risque de défaillance, d’un Etat par exemple] et les dérivés, je suis plus favorable à un enregistrement via une chambre de compensation [NDA : organisme garant des transactions et exerçant une surveillance sur un marché]. Ces opérations ne sont pas mauvaises en soi tant que les acteurs ont la liquidité pour en assurer les conséquences. Trop d’acteurs ne présentaient pas de contreparties. Cela revient à assurer un risque sans avoir les moyens de gérer celui-ci. Le problème aussi est que les demandes pour les produits d’assurance ne viennent pas d’acteurs qui veulent réellement s’assurer mais seulement spéculer. C’est sur ces différents point que la régulation doit intervenir.

L’introduction de nouveaux produits tels que les MBS et les CDO [NDA : outils financiers complexes qui ont été à l’origine de la propagation de la crise des subprimes]  est au cœur de la crise actuelle. Est-il possible de créer une agence chargée d’évaluer l’intérêt et la non-nocivité des produits avant de les autoriser, un peu à la manière du marché pharmaceutique? Qui pourrait la gérer?

Il faut attaquer violemment le gré-à-gré [NDA : transaction entre deux parties hors d’un marché organisé] en obligeant les acteurs à plus de transparence et obliger ceux-ci à intégrer tous les actifs dans leurs bilans. Avec des sanctions à la clef, y compris pénales pour les dirigeants qui continueraient à faire du gré-à-gré opaque sur les CDS par exemple. Et ce au niveau mondial. Les outils qui ont été créés, la titrisation par exemple, ne sont pas mauvais en soi et doivent être développés. Simplement, ils doivent être transparents et strictement encadrés.

L’Europe marche sur une ligne de crête entre la falaise de la dette et celle de la rigueur entraînant la récession. Quel est le plus grand risque des deux selon vous? Comment se frayer un chemin entre les deux?

On doit rentrer dans une politique de rigueur importante tant le remboursement de la dette est devenu incontournable. Ce n’est pas juste augmenter un peu les impôts et baisser un peu les dépenses, c’est repenser notre mode de vie et de consommation sans favoriser la montée des extrêmes dans l’opinion. Nous sommes donc dans un moment-clef. On doit avoir une politique responsable, cela veut dire que cette rigueur doit être accompagnée d’une politique d’aide aux plus pauvres, notamment aux victimes de la crise dont on ne s’occupe absolument pas pour le moment. Ensuite, il faut être attentif à la classe moyenne qui va être la principale victime et donc le principal danger. Les inégalités de revenus vont devenir insupportables dans une rigueur accrue. Là encore, c’est au niveau international que l’on doit discuter de la rémunération des plus hauts revenus et de la fiscalité, sur les citoyens comme sur les entreprises (de façon notamment à ce que ces dernières ne puissent échapper aux efforts qui seront demandés à la population). Enfin, il faut repenser notre mode de consommation. La prime automobile à la casse, par exemple, est une façon de repousser ce problème au lieu de l’affronter. Les population occidentales ont créé la crise, elles doivent repenser leur mode de vie pour en sortir. Espérer une chimérique croissance, c’est remettre la machine en route et repartir vers des crises de plus en plus violentes.

Laisser «filer» l’inflation dans des proportions raisonnables (5 à 6%) peut-il être un des remèdes au problème de la dette? Est-on capable de garder l’inflation dans une fourchette acceptable ou court-on ainsi le risque de voir une inflation forte apparaître ?

D’une part et pour citer Jean-Claude Trichet, l’inflation, c’est comme le dentifrice, quand on commencer à le faire sortir du tube, on ne peut plus le faire rentrer. Laisser filer l’inflation c’est prendre le risque de ne plus la maîtriser. Ensuite, c’est une manière de refuser la responsabilité qui nous incombe, c’est prendre des risques géopolitiques en accroissant les tensions vis-à-vis du créancier majeur qui est la Chine. L’inflation garde un aspect séduisant par nostalgie des trente glorieuses et des emprunts immobiliers qu’on ne rembourse qu’en partie grâce à l’inflation. Mais c’est ici le pire des leurres.

La baisse de l’Euro consécutive à la crise va-t-elle doper les exportations européennes? Qui va le plus en profiter? La France n’est-elle pas mal placée pour en tirer profit (manque de « grosses » PME exportatrices, industries peu sensibles comme le luxe, faiblesse des exportations à destination des émergents, inflation importée, … ), l’arbre Airbus cachant la forêt ?

De toute façon, le surplus de croissance que cela va générer ne permettrait pas de résoudre les problèmes. Et la croissance n’est de toute façon pas la solution à tous nos problèmes. Ceci étant dit, la baisse de l’euro peut amener une dynamique des exportations mais la France est bien moins bien à même que l’Allemagne d’en tirer profit.

Croyez-vous à un scenario de reprise relativement rapide (horizon 1 à 3 ans) ou pensez-vous que la crise va connaître de nouveaux rebondissements (d’autres «Grèce», récessions dues à la rigueur, mouvements sociaux de grand ampleur, …)?

On ne peut pas parler de sortie de crise tant que les taux sont aussi bas. On est toujours aujourd’hui sous perfusion, dans une situation de croissance artificielle et molle. Le jour où on remettra les taux à un niveau normal, ce qui ne sera possible que lorsqu’on aura traité le problème de la dette publique européenne et américaine, nous verrons où nous en sommes. La sortie de crise, pour le moment, n’en parlons même pas!

Selon le Wall Street Journal, daté du 7 septembre 2010, les « stress tests » menés par l’Union européenne ont minimisé les risques pris par certaines institutions financières européennes. Les conclusions du Wall Street Journal  sont-elles inquiétantes pour les banques et donc pour l’économie ?

 Ces conclusions sont justifiées. Mais ne nous y trompons pas : les tests de solidités des banques (stress tests, NDLR) ne sont pas des mauvais outils, bien au contraire, ils sont très utiles, puisqu’ils permettent de simuler les risques extrêmes. Ce sont les banques qui ont manqué de transparence et ont écarté volontairement leur exposition aux dettes souveraines. Ce qui est à l’opposé de ce qu’exigent les stress tests.

Pourquoi ont-elles écarté ces risques extrêmes ?

Les banques ont agi sous la pression du régulateur et des Etats européens. Que veulent-ils ? Relancer la croissance. Pour cela, ils doivent redonner de la confiance aux investisseurs. Ils ont cru qu’en rendant publics les résultats des stress tests, ils allaient les rassurer. Or, c’est justement le contraire qui s’est passé. Les stress tests ne sont pas des outils de communication, mais des outils techniques. Il aurait donc fallu que les Etats communiquent non pas les résultats des stress tests, mais les moyens techniques à mettre en oeuvre pour réduire leur endettement.

Quels risques cela pose-t-il ?

Il est maintenant avéré que des pays comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Irlande vont devoir rééchelonner leurs dettes. Dès lors, cela pose deux problèmes. Le premier, un risque de pertes sèches sur différents actifs pour ses créanciers, donc les banques européennes. Le second, un risque de liquidité. Si la Grèce rembourse ses dettes plus tard, les banques pourraient de nouveau faire face à une crise de liquidité. Dès lors, elles ne pourraient plus se financer sur les marchés financiers. De nouvelles tensions risquent donc d’apparaître sur les valeurs bancaires.

Les banques doivent-elle se soumettre, comme le suggère Michel Barnier, commissaire européen chargé des services financiers, à des stress tests réguliers ?

L’idée de stress tests réguliers et coordonnés est bonne. Cela étant, Michel Barnier adopte une position franco-française. Encore une fois, les stress tests ne sont pas des outils de communication. Cela ne sert à rien de les rendre publics. Par ailleurs, les banques sont soumises en permanence à des stress tests. L’idée est de les coordonner pour tout le système bancaire, afin d’anticiper un éventuel «effet domino». Plus les stress tests seront coordonnés, plus ils redonneront structurellement confiance aux investisseurs.

Dans un entretien à La Tribune, jeudi 9 septembre, Christine Lagarde a affirmé que l’Europe n’appliquera pas les mesures de Bâle 3 « si les Américains n’en font pas autant, d’autant que leurs banques participent moins que leurs homologues européennes au financement de l’économie ».Que pensez-vous de la position de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, au sujet des mesures de Bâle III ?

Elle a à la fois raison et à la fois tort. Il est vrai qu’une coordination internationale est indispensable. Les Américains veulent provoquer un « chaos », en régulant leur finance sans l’aide de l’Europe. Ils ont tort. Néanmoins, il est aussi indispensable pour les banques européennes d’appliquer les mesures de Bâle III. Ne pas le faire serait la preuve que nous n’avons pas tiré les leçons du passé. Les banques doivent accepter que pour relancer la croissance, elles doivent désormais prendre moins de risques et donc disposer d’un maximum de fonds propres. On a vu quels impacts sur l’économie les prises excessives de risques ont donné.

 Sur BFM Radio, jeudi 9 septembre, Michel Pébereau a déclaré que «les «sages» de Bâle III demandent aux banques françaises de lever en six ans, ce que nous avons levé depuis l’existence de BNP Paribas (à savoir 150 milliards d’euros, NDLR)».Les banques ont-elles les moyens de doubler leur fonds propres en si peu de temps ?

 Les 150 milliards d’euros évoqués par Michel Pébereau (président du conseil d’administration de BNP Paribas, NDLR) existent sur le marché . Les investisseurs ne savent pas quoi faire de leur cash. Si les banques craignent de ne pas les trouver, ce n’est pas la responsabilité des « sages » de Bâle III, qui sont des banquiers indépendants ne cherchant qu’à solidifier le système bancaire. Cela signifie simplement que les structures des banques ne sont pas aussi saines que le laissent supposer les stress tests et rentables pour séduire les investisseurs. Pour lever des fonds, une banque doit inspirer de la confiance. Pour cela, sa structure doit être saine. A partir de là, elle peut financer la croissance.

 Il est temps de tirer les leçons du passé. Si nous ne le faisons pas, nous allons tout droit à la catastrophe, car les Etats n’auront plus les moyens de se relever d’un deuxième « Lehman Brothers ». Un bras de fer entre l’Europe et les Etats-Unis est envisageable, mais n’oublions pas qu’ils ont un avantage concurrentiel par rapport à nous. Il suffit de voir avec quelle facilité Barack Obama va trouver les 50 milliards de dollars pour relancer l’économie américaine, alors que la Grèce peine à lever 8 milliards d’euros.

source le temps/liberation/le figaro aout/sep10

Philippe Dessertine recommande chaudement aux lecteurs la lecture du 80ème rapport du BRI paru très récemment

Philippe Dessertine est agrégé en Sciences de Gestion, professeur de finance et de gestion, Directeur du Centre d’Études et de Recherches sur les Organisations et la Stratégie (CEROS) à l’Université Paris X, il dirige également l’Institut de Haute Finance du groupe IFG (IHFI). En 2009, il a été membre de la Commission du Grand Emprunt présidée par Alain Juppé et Michel Rocard. Il participe de façon régulière à l’émission « C dans l’air » sur France 5. Il a notamment publié :

« Le Monde s’en va-t-en guerre – ne sait qu’en reviendra » (2010)

« Ceci n’est pas une crise, juste la fin d’un monde »(2009)

EN COMPLEMENT : Philippe Dessertine, enseignant et vigie

Illustration: capture d’écran de cette interview vidéo réalisée par la librairie Mollat

Professeur à l’université de Nanterre, Philippe Dessertine est l’un des plus brillants analystes des ressorts de la crise. Soucieux de toucher aussi le grand public, il multiplie les interventions dans les médias, et publie des ouvrages aux titres iconoclastes.

Un passeur. » C’est ainsi qu’aime à se définir Philippe Dessertine. Un passeur et un agitateur d’idées. Car ce professeur d’économie à l’université de Nanterre est présent sur tous les fronts : chroniques dans la presse (notamment à « Libération »), émissions de radio, publication d’ouvrages à succès (« Ceci n’est pas une crise, juste la fin d’un monde », Anne Carrière, 2009), participation à la commission du grand emprunt, présidée par Alain Juppé et Michel Rocard…

Cette présence « à chaud » dans les médias pourrait sembler incompatible avec le recul nécessaire à un chercheur. Pas pour lui : « C’est le rôle d’un universitaire de réfléchir à notre société, d’en déceler les dysfonctionnements et les contradictions. Nous devons être une sorte de vigie. » Car, s’il adore enseigner – il a d’ailleurs gardé un cours avec des étudiants de première année -, Philippe Dessertine aime pardessus tout transmettre ses idées. Si possible au-delà du monde académique. « Peu à peu, je me suis aperçu que le petit cercle de l’université ne suffisait pas. Nos travaux au Ceros n’intéressaient pas. J’ai eu le sentiment qu’en parler au grand public avait du sens, que nous pouvions proposer des clefs de lecture de notre environnement. De la sorte, nos recherches sont validées par l’actualité. D’un seul coup, tout le monde parle de ce sur quoi nous planchons depuis des années. » La crise, il est vrai, lui fournit depuis trois ans amplement matière à s’exprimer. Philippe Dessertine a été l’un des premiers à pointer les « subprimes » et les dangers qu’elles faisaient courir à l’économie américaine et mondiale. Aujourd’hui, il continue de tirer la sonnette d’alarme. « Je ne suis pas pessimiste, mais réaliste. La crise est loin d’être terminée. Elle découle du surendettement de l’Occident. Pendant des décennies, nous avons vécu au-dessus de nos moyens, avec le soutien des politiques. Cela a abouti à une bulle, d’abord immobilière, puis à une montagne de dette, dont on ne sait comment venir à bout. Mais au final, il faudra bien en subir les conséquences. »

« Le risque d’une guerre »

La solution ? Elle passe d’abord par une démarche résolue d’assainissement et de sagesse budgétaire. Même si cette politique de rigueur a du mal à passer dans l’Hexagone. « Nous sommes un pays de rêveurs. Les gens ne veulent pas croire à la gravité de la crise. Nous sommes parmi les derniers à espérer une relance. » Fustigeant l’illusion d’une sortie rapide, Philippe Dessertine annonce au contraire des lendemains difficiles. « La rentrée va être rude. Il faudra un effort énorme, ou de très longue haleine, pour venir à bout de ce mur de la dette que nous avons accumulée. La réforme des retraites n’est qu’une demi-réforme. Il est possible, au reste, que la population n’accepte pas cet effort. » Il n’exclut pas, en effet, la possibilité d’une « explosion sociale » dans les mois qui viennent. « Il faut que les politiques proposent des trains de mesures complets pour accompagner les réformes, notamment en faveur des plus faibles. Il faut s’occuper de la pauvreté en même temps que de la régulation. »

Dans ce contexte, le pire danger serait, selon l’universitaire, de casser la mondialisation. « Si on le fait, alors on accepte le risque d’une guerre. Il faut la conserver, mais en instaurant des dispositifs de régulation forte. La mondialisation a profité jusqu’alors aux pays pauvres et aux pays émergents. Comment faire pour qu’elle soit acceptable aussi pour les pays riches ? »

En revanche, il est très critique à l’égard de la Chine, dont il dénonce l’opacité. Quant à l’Europe, elle lui apparaît comme un élément indispensable de ces nouvelles structures à mettre en place. « En matière de gouvernance internationale, l’Europe a été pionnière. Les pères de l’Europe avaient l’idée que la sagesse monétaire était un facteur décisif pour la paix. »

Pour autant, Philippe Dessertine n’est pas dupe de l’intérêt que lui témoignent les médias. « On me sollicite parce que j’ai un certain sens de la pédagogie, mais aussi parce que mes idées sont iconoclastes, remarque-t-il. Répondre à ces sollicitations, cela prend du temps, mais c’est aussi une de nos missions. Mais il faut le savoir : les médias, c’est comme le soleil. Cela peut éblouir et même aveugler. »

JEAN-CLAUDE LEWANDOWSKI, Les Echos aout 10

Itinéraire

Naissance en 1963.

Diplômé de l’IEP de Bordeaux, maîtrise de droit, DEA de finance, agrégation et doctorat de gestion, HDR (habilitation à diriger des recherches).

Professeur à Paris-X Nanterre (depuis 2001), où il dirige le Centre d’études et de recherches sur les organisations et la stratégie (Ceros).

Directeur de l’Institut de haute finance (IFHF).

Membre du Cercle de l’entreprise.

Membre de la commission du grand emprunt en 2009.

Principaux ouvrages  :

« Comptabilité », avec Patrick Provillard, éditions Pearson, 2004.

« Ceci n’est pas une crise, juste la fin d’un monde », éditions Anne Carrière, 2009.

« Le monde s’en va-t-en guerre (ne sait quand reviendra) », éditions Anne Carrière, 2010.

1 réponse »

  1. Mardi 28 septembre 2010 :

    L’Europe s’en va-t-en guerre : plusieurs Etats européens vont se déclarer en défaut de paiement. Dans ces Etats européens, comme dans d’autres Etats en faillite, des émeutes risquent éclater.

    Voici cinq graphiques incroyables : observez bien ces cinq graphiques.

    Si la France lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de seulement 2,614 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN10:IND

    Si l’Allemagne lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de seulement 2,246 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GDBR10:IND

    La France et l’ancienne zone mark empruntent à des taux d’intérêt très très bas.

    Mais en revanche, rien ne va plus pour le Portugal, l’Irlande et la Grèce.

    Depuis le soi-disant « plan de sauvetage » du 10 mai 2010, les taux d’intérêt du Portugal explosent.

    Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 6,512 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    De même, les taux d’intérêt de l’Irlande explosent.

    Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 6,739 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 10,807 % !

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

    Le Portugal, l’Irlande et la Grèce empruntent à des taux d’intérêt exorbitants.

    Le Portugal, l’Irlande et la Grèce foncent vers le défaut de paiement.

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