Art de la guerre monétaire et économique

L’Irlande et les banquiers: une comédie tragique par Jean-Pierre Béguelin

L’Irlande et les banquiers: une comédie tragique par Jean-Pierre Béguelin

A première vue, rien n’est plus surprenant que de comparer les égards envers l’Irlande avec le quasi-mépris dont la Grèce fait l’objet.

Pourquoi cette différence? Difficile à dire: solidarité des médias anglo-saxonne, sympathies pour des Celtes rieurs et bons buveurs, mauvais souvenirs de la Grande Famine ou des Pâques sanglantes? Possible, mais, surtout, l’Irlande souffre d’une implosion bancaire incontrôlable, alors que c’est un peu par miracle qu’il y a deux ans d’autres pays – l’Angleterre en particulier – ont évité de tomber dans le même gouffre, et ceux-ci s’en souviennent.

PLUS DE RIRES ET DE PLEURS EN SUIVANT :

Dans le fond, l’Irlande paie pour avoir trop bien suivi la philosophie communautaire du Marché unique et de l’Union monétaire.

 Depuis 30 ans maintenant, son faible impôt sur les sociétés attire des firmes étrangères friandes de main-d’œuvre locale bien formée et bon marché. La croissance économique s’accélère au début des années 2000, d’autant que son principal client – le Royaume-Uni – voit sa monnaie s’apprécier nettement face à l’euro. Libérés des risques de changes ou presque, les investissements directs inondent littéralement le pays. La libre circulation en Europe, l’anglais prédominant et le charme de Dublin incitent alors cadres et techniciens à s’y établir.

La force de la demande, la hausse parallèle des revenus et l’afflux de main-d’œuvre externe déclenchent un boom de l’immobilier, nourri en outre par le crédit abondant de banques irlandaises avides de jouer dans la cour des grands.

Puis la crise frappe trois fois coup sur coup: les subprime arrêtent l’immobilier, la dévaluation anglaise bloque les exportations et les run bancaires étouffent l’économie. Le boxeur irlandais, KO debout, est compté dans les cordes. A 8, son gouvernement jette l’éponge et les soigneurs se précipitent.

La myopie des banquiers explique cette comédie tragique. Ce n’est d’ailleurs de loin pas la première fois qu’elle met quasiment une économie à genou, du Mexique de 1982 à l’Islande de 2008 en passant par la Suède de 1992 et la Corée de 1997, pour ne citer que les cas les plus connus et les plus récents.

A chaque fois, la libéralisation des marchés, la déréglementation des opérations et la fin du contrôle des changes se sont traduites par une orgie de crédits, les banquiers tenant alors quasiment open bar, comme on le dit dans les mariages chics.

 C’est que les nouveautés compliquent ou, même, obscurcissent l’estimation des défauts probables, d’autant qu’elles s’accompagnent presque toujours d’une concurrence interbancaire accrue réduisant par trop les marges d’intérêt. C’est d’ailleurs plus ou moins ce qui s’est passé avec les banques irlandaises. Celles-ci ont cherché à acquérir des parts de marché tout en repoussant relativement bien les intrusions – oh, relativement faibles – de leurs concurrentes européennes. L’Irlande de la zone euro est ainsi devenue une île bancaire très exposée aux chocs financiers, un peu, toutes proportions gardées, comme elle le fut au choc du phylloxéra quand elle vivait essentiellement de la pomme de terre.

C’est que, lorsqu’une banque essuie des pertes importantes et coupe ses crédits, ses débiteurs sont à leur tour forcés de réduire leur production, ce qui empire la situation des autres banques, surtout dans une petite économie où tout est intimement relié. Et quand toutes les banques d’un pays sont touchées, l’économie subit alors une contraction monétaire lourde d’une grave récession. Si ce processus va jusqu’au bout, si, par exemple, la banque centrale n’intervient pas, comme ce fut le cas dans les Etats-Unis du début des années 30, seuls les billets demeurent en circulation, ce qui ne suffit évidemment pas à nourrir les transactions de l’économie, et celle-ci se retrouve vite dans une très profonde dépression.

Face à ce risque, le gouvernement de Dublin n’a pas eu d’autre choix que de sauver ses banques. Seulement, et contrairement par exemple au cas de la Suède des années 1990, l’Irlande 2010 ne peut plus battre monnaie, ce qui, vu l’importance des pertes engendrées par la crise et par le maelström qui s’en est suivi, a rendu la tentative des autorités irlandaises peu crédible aux yeux du marché, d’où l’intensification de la crise ces dernières semaines.

Il en aurait sans doute été autrement si, en Europe, union monétaire et unification bancaire étaient allées ensemble. En fait, personne ne s’est vraiment posé la question lors du Traité de Maastricht.

 Si on avait alors demandé aux experts de quelles couleurs le paysage bancaire européen allait se teinter une fois la monnaie unique créée, ils auraient sans doute répondu de faire confiance au marché. Beaucoup pensaient en effet que les plus grandes des banques universelles nationales allaient tout faire pour déborder de leurs frontières d’origine, que les plus petits établissements se spécialiseraient dans des niches locales ou spécifiques et que le système allait finalement ressembler à celui des grandes économies où quelques mastodontes bancaires dominent et auprès desquels même les petites banques déposent et se refinancent. Si cela avait été le cas en Europe, les risques privés n’auraient pas été si concentrés à l’intérieur des frontières nationales, tant et si bien qu’au niveau d’un pays, seul l’Etat aurait pu s’endetter démesurément. C’est sans doute cette évolution que les Allemands ont en tête – elle s’applique assez bien au cas grec d’ailleurs – et qui les pousse à limiter à tout prix les dettes publiques.

Malheureusement pour eux, le monde bancaire européen n’a pas suivi ce chemin. Au lieu de devenir d’emblée transnationales, les banques se sont regroupées d’abord à l’intérieur de leur propre pays, sauf peut-être celles du Benelux, à leurs risques et périls d’ailleurs. C’est que le processus naturel de concentration est venu buter sur quelques obstacles imprévus: la pression des Etats nationaux – l’Italie en particulier – pour conserver les banques dans leur giron, les affinités linguistiques des clients et, aussi à mon avis, l’absence d’une véritable capitale financière en Europe continentale. On se retrouve alors avec l’actuelle concentration des risques par pays où l’Espagne est vraisemblablement la prochaine cible. Pour pallier cela, l’Europe est en train de créer finalement les instruments nécessaires à une économie financièrement plus intégrée: une surveillance bancaire unifiée, un fonds communautaire d’entraide de dernier ressort. Mais que de malheurs pour en arriver là!

Jean-Pierre Béguelin, économiste /le temps nov10

EN COMPLEMENT : L’Irlande, ce cimetière immobilier

Jusqu’en 2007, le gouvernement, les banques et les particuliers n’avaient qu’une obsession: construire des logements. Dont les carcasses sont aujourd’hui au cœur de la crise qui mobilise un plan de sauvetage européen

Au premier abord, le lotissement de Silver Birches est plutôt propret. Les angles des murs des maisons sont en pierres apparentes, le double vitrage en bois est élégant, les jardinets sont sommaires mais entretenus. Le terrain a beau se trouver au milieu de nulle part, à quelques kilomètres de la petite ville de Longford, au centre de l’Irlande, il n’a rien de désagréable. 

Il f aut une inspection plus poussée pour révéler l’horreur du lieu: près de la moitié des maisons sont vides. A l’arrière, cachés derrière une butte, des murs à moitié construits sont laissés à l’abandon depuis que les promoteurs immobiliers ont fait faillite il y a deux ans. Silver Birches (les «bouleaux argentés») est ce que les Irlandais appellent eux-mêmes une «ville fantôme». Dans le comté de Longford, il y en a 19, pour une population de 30 000 habitants, ce qui en fait la troisième région la plus touchée d’Irlande.

Ces développements immobiliers se sont répandus dans l’Irlande pendant les années folles de 2004 à 2007. Durant cette période, les prêts des banques aux promoteurs ont quadruplé. «Elles ont continué à prêter beaucoup même en 2007, alors que les prix avaient déjà commencé à baisser», rappelle, accusateur, Fergal O’Brien, économiste à l’IBEC, l’organisation patronale. Aujour­d’hui, plus de 230 000 logements sont vacants, pour 4,5 millions d’habitants.

Les acheteurs se sont pourtant longtemps précipités, à commencer par John Killane qui a acheté sa maison à Silver Birches début 2007. Cet agent de sécurité, père de deux jeunes enfants, s’est même lourdement endetté pour rassembler les 285 000 euros nécessaires. «C’était un endroit que nous adorions. Les promoteurs nous avaient dit qu’ils allaient construire un terrain de tennis, une crèche, voire une piscine…»

C’était avant qu’ils fassent faillite. Courant 2008, à court d’argent, ils ont disparu sans laisser de traces. Et les problèmes ont commencé à se multiplier: des trous sont apparus dans le plafond, le carrelage de la salle de bains s’est décollé, sans compter les fuites qui passaient par la bouche d’aération. Le travail, fait à la va-vite, n’a pas tenu dix-huit mois.

Puis, l’an dernier, John Killane a perdu son emploi. Il ne peut désormais plus rembourser son prêt immobilier. «Je touche 385 euros d’allocations sociales par semaine, et mon prêt est de 1200 euros par mois.» Impossible cependant de revendre sa maison: elle ne vaut aujourd’hui que la moitié de ce qu’elle valait en 2007. Les prix immobiliers, après avoir triplé en six ans, se sont effondrés de 35% dans toute l’Irlande, et de 50% à Longford.

Le lotissement de Silver Birches se dégrade rapidement: personne ne l’entretient, aucune lumière publique ne fonctionne, et l’herbe n’est coupée que grâce à la bonne volonté de Josephine, l’une des rares voisines de John Killane.

Comment expliquer la construction de ces villes fantômes?

Tout le monde y trouvait son compte. Les banques accordaient sans regarder de près des hypothèques à hauteur de 100% de la valeur des logements. Surtout, et c’est de là que vient l’essentiel de leurs pertes, elles prêtaient très facilement aux promoteurs immobiliers. «Tout le monde était devenu promoteur, se rappelle Fintan McGill, un agent immobilier local. Les dentistes, les enseignants, les infirmières: tous ont été attirés par l’argent facile, en construisant une maison pour 200 000 euros et en la revendant 350 000 juste après.»

«La mairie aussi y trouvait son compte, accuse Sheila Riley, la rédactrice en chef du quotidien local Longford Leader. A chaque permis de construire accordé, elle touchait une commission.» Quant au gouvernement, il encourageait le mouvement: pour aider les régions rurales, il accordait une exonération fiscale aux constructions dans les zones les plus reculées.

Les habitants locaux, eux, se frottaient les mains. Il suffit d’aller faire un tour au Drinking Den, un pub dans la rue principale de Long­ford, pour l’observer: ici, tout le monde a travaillé dans le bâtiment. «Je n’aimais pas l’école, raconte Michael McGuinness, jeune homme dégingandé de 23 ans, aux cheveux gominés. Quand j’ai eu 16 ans, j’ai fait une formation de menuisier et j’ai immédiatement trouvé un emploi. C’était bien payé et facile à trouver.» Son ami Michael Whittion, 26 ans, était plombier et, comme lui, n’a pas travaillé depuis 2007. Quant au barman, 34 ans, il courait les chantiers avec son frère, jusqu’à fin 2007. «Je gagnais 700 à 800 euros par semaine. Maintenant? 190 euros.»

Conséquence logique: l’explosion de la bulle immobilière touche tout le monde. Selon les calculs de Goldman Sachs, le quart des prêts immobiliers est supérieur à la valeur du logement sur lequel il est adossé; 60% à 70% des prêts aux promoteurs immobiliers sont de la même façon dans le rouge. Au total, la valeur du secteur immobilier dans l’économie irlandaise a baissé de 75% depuis son pic de 2006. Les banques, et toute l’économie irlandaise, en paient aujourd’hui le prix.

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Par Eric Albert, envoyé spécial à Longford et Dublin (Irlande)/le temps nov10

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Moi, survivant du boom irlandais

L’écrivain irlandais Julian Gough a traversé les années du Tigre celtique en ne vivant guère que d’amour et d’eau fraîche. Il est aujourd’hui installé à Berlin, et voici le récit de son existence à l’époque, lui qui était sceptique (et fauché) tandis que le reste du pays basculait dans la fièvre immobilière qui a fini par le ruiner.

Julian Gouth

En Irlande, du temps de la prospérité, il fallait vraiment travailler dur pour éviter de gagner de l’argent. J’y suis arrivé en devenant auteur de romans impopulaires. Ma moitié, elle, y est parvenue en devenant artiste. Nos amis faisaient du fric, nous faisions de l’art. C’était parfait. Après tout, un écrivain irlandais a le devoir sacré d’être en décalage complet avec son pays.

Mais passé l’an 2000, ce qui avait été un boom incontestable s’est transformé en bulle immobilière qui a fait perdre aux gens le sens des réalités. Très vite, le Irish Times s’est retrouvé affublé d’un supplément d’annonces immobilières plus épais que lui. Mes amis ont commencé à acheter des maisons toujours plus chères. La dette a explosé, mais les médias préféraient parler de prospérité.

Le seul journaliste financier irlandais à analyser clairement le phénomène fut David McWilliams. L’économiste Morgan Kelly écrivit un article étonnant où il disséquait toutes les bulles immobilières de l’histoire. L’Irlande avait fait tout ce qu’il ne fallait pas, au centuple. Le pays était totalement plumé.

EN LIEN : http://www.irishtimes.com/newspaper/opinion/2010/1108/1224282865400.html

Je l’ai envoyé à tous mes amis. Je vivais encore à Galway, dans l’ouest, alors qu’eux tous s’étaient installés à Dublin, cœur palpitant du Tigre celte.

Ils n’ont rien voulu savoir. J’avais tort. Après tout, ils ne cessaient de s’enrichir pendant que moi, j’étais chaque jour un peu plus pauvre. La nation entière s’était pris une cuite, et parler de bulle pouvait susciter des réactions agressives.

Bertie Ahern, le Premier ministre irlandais de l’époque, fit un discours télévisé où il attaqua les gens comme Kelly et McWilliams qu’il accusa de “rester sur la touche à pester et à geindre … Je ne sais pas comment les gens qui font ça ne finissent pas par se suicider.” La foule rit et applaudit.

Le champagne coulait comme de la bière

Pendant ce temps, nos amis ont commencé à avoir des enfants, et à déménager dans de plus grandes maisons. Mais ils gardaient leurs maisons précédentes. J’étais perplexe.

L’investissement ne suit-il pas deux règles d’or ? Il faut diversifier son portefeuille, et ne pas emprunter pour spéculer ? Or, les banques irlandaises s’étaient mises à conseiller au salarié lambda de jouer à quitte ou double en contractant deux énormes hypothèques.

En Irlande, une conversation sur deux portait désormais sur l’immobilier. Les gens prenaient leur weekend pour aller acheter des appartements en Bulgarie. Dans la vitrine de notre agent immobilier local, on trouvait des publicités pour des logements au Portugal. Mais mes amis ne me parlaient plus d’immobilier, ni de bulle, et ils s’énervaient quand j’évoquais le sujet. Du reste, nous ne nous fréquentions plus tant que ça.

Peu à peu, j’ai eu la sensation d’être comme un passager de troisième classe sur le Titanic, qui a vu l’iceberg ouvrir une brèche tout le long de la coque et qui vient de courir à l’étage jusqu’à la salle de bal pour donner l’alerte … et tout le monde continue à danser pendant que le brave homme est poliment raccompagné à l’extérieur. Parce qu’à ce moment-là en Irlande, si vous n’étiez pas propriétaire et que vous ne gagniez pas d’argent, vous étiez en troisième classe.

Les loyers, les prix, la consommation de cocaïne … tout faisait des bulles qui enflaient en moussant. Un soir, dans l’hôtel de Bono, ma compagne et moi avons eu une révélation en regardant nos amis commander négligemment des bouteilles de champagne médiocre à 90 euros pièce comme ils consommaient autrefois des bières. Quelqu’un a lancé : “Bah, on n’aura qu’à partager à la fin.

Mon aimée et moi nous sommes regardés. A nous deux, nous avions dix euros, et nous avions prévu de faire durer notre eau gazeuse toute la soirée. Nous étions en retard pour le loyer. Nous avons présenté nos excuses, leur avons laissé nos dix euros, et nous sommes partis. L’Irlande était devenue une nation de propriétaires sans même s’en apercevoir. Et nous n’étions que des locataires.

L’ascension sans fin des prix de l’immobilier

J’ai terminé mon étrange roman sur l’Irlande moderne. Les méchants étaient un promoteur immobilier et un ancien Premier ministre. On peut s’en douter, aucun éditeur n’en a voulu. Ce livre était tout simplement absurde ! Les prix de l’immobilier avaient triplé en dix ans. Nous étions riches. L’histoire était finie, l’Irlande avait gagné, merci de la fermer.

Peu après avoir essuyé ses refus, nous nous sommes trouvés à court d’argent, notre fille est née et nous avons été expulsés le jour du Nouvel An 2006. Notre propriétaire, tigresse celte, était quelqu’un de charmant, mais elle avait pris une double hypothèque sur la maison pour acheter d’autres logements. Elle ne pouvait se permettre de baisser le loyer ; déjà, ce dernier était loin de suffire à couvrir l’hypothèque. Mais peu importait, puisque les prix de l’immobilier étaient voués à une ascension sans fin.

Nous avions encore quelques bons amis, même si nous ne les voyions jamais. Un couple qui travaillait dans la banque nous a trouvé une maison à Dublin dont le loyer était deux fois moindre que le prix du marché. Mais la prospérité continuait de prospérer, et bien vite, nous n’avons même plus été en mesure de payer la moitié d’un loyer irlandais.

L’amie d’un ami, à Los Angeles, nous a proposé sa maison, dans un village en France, sans loyer à payer. Nous avons émigré pour 50 cents chacun à bord de Ryanair. Nous avons pris deux sacs à dos, tout ce qu’une marmite contenait comme objets de valeur, et un ordinateur portable. En Irlande, nous avions traversé les années de misère et de chômage, mais nous n’avions pas pu survivre au boom.

La maison était minuscule, adorable, et à quatre kilomètres de la boutique la plus proche. Nous y allions avec la poussette, à travers des champs de lavande et de blé. Tandis qu’en Irlande, la prospérité atteignait son paroxysme, nous, fauchés que nous étions, nous chantions et savourions des pique-niques sous un chêne. Puis un éditeur a acheté mon livre.

Nous nous sommes déniché un foyer parmi tous les autres artistes sans le sou qui gravitent à Berlin, ville ruinée, bon marché. Un fonctionnaire a épluché nos déclarations irlandaises de revenus. Notre revenu se situait très, très en dessous du salaire minimum ; en dessous des allocations chômage. Il a sifflé et a dit : “Sie leben auf Liebe und Luft.” Vous vivez d’amour et d’eau fraîche.

Ils étaient condamnés mais ne le savaient pas

Un an plus tard, j’ai remporté le BBC National Short Story Award, pour une nouvelle télescopant le Fianna Fáil, le parti au pouvoir en Irlande, et Le magicien d’Oz. Les gens pensaient qu’il s’agissait d’une comédie. On m’a invité à participer au plus grand talk show d’Irlande. Une limousine surdimensionnée est venue nous chercher à l’aéroport et nous a déposés dans un hôtel cinq étoiles flambant neuf, construit grâce à des allègements fiscaux par des promoteurs partisans du Fianna Fáil.

Ce soir-là, quand on m’a demandé pourquoi j’avais quitté l’Irlande, le petit pays le plus riche d’Europe, j’ai raconté l’histoire ci-dessus. Et j’ai ajouté que le boom sur l’immobilier était factice. Que c’était comme si j’assistais au déferlement d’une étrange religion sur toute la nation, comme si les gens montraient des maisons et disaient : « Vous voyez cette maison ? Elle vaut cinq millions d’euros.” Sauf qu’elle ne les valait pas, ai-je conclu.

Et, dans le silence glacial du studio, j’ai compris qu’ici, tout le monde avait investi dans l’immobilier et prévoyait d’investir encore. Que tous avaient hypothéqué leur logement pour acheter à leurs enfants une maison qui, bientôt, ne vaudrait pratiquement rien. Ils étaient condamnés mais ne le savaient pas. Un quart de la population me fixait. Je crois que jamais je ne me suis senti aussi seul.

Il m’arrive de revenir au pays à quelques reprises dans l’année, et j’y retrouve mes amis, à chaque fois dans un restaurant de moins en moins cher. Moi, je suis toujours fauché, mais maintenant, au moins, je peux payer ma part de l’addition. Et nous ne parlons toujours pas d’immobilier. 

Julian Gough à Berlin /24 novembre 2010 The Times Londres

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Irlande/trappe à dettes : on achève bien les chevaux  

 

Les chevaux victimes de la crise irlandaise

Durant les années fastes en Irlande, des milliers de personnes ont acheté des chevaux pour afficher leur richesse. Mais avec la crise économique qui sévit aujourd’hui dans le pays, plusieurs de ces propriétaires de chevaux n’ont plus les moyens de s’en occuper. Par conséquent, environ 20.000 animaux abandonnés errent dans le pays et pourraient même mourir de faim cet hiver. Le prix d’un cheval (non pur-sang) au plus fort du boom économique irlandais atteignait facilement 4000 euros, mais qu’aujourd’hui on en trouve pour 50 euros. Voire moins selon certains témoignages…

La nouvelle met en émois les amis des bêtes. Sur le site spécialisé poneyxpress.com, une internaute lance un cri du cœur: «Je trouve ça vraiment triste. Lorsqu’il y a une crise économique, les chevaux sont dans les premiers affectés. (…) je trouve que lorsqu’on en a un, il faut s’assurer de pouvoir l’entretenir, peu importe ce qui arrive». Et de poursuivre «Est-ce de la faute des chevaux si l’économie va si mal?» Les organisations de défense des animaux se sont, elles, faites une raison. Considérant la perspective d’un hiver rigoureux sans amélioration économique à l’horizon, la Dublin Society for the Protection of Animals affirme que désormais la seule solution au problème est d’abattre les animaux livrés à leurs seules ressources.

Lisa Kemp, de la Dublin Society for the Prevention of Cruelty to Animals (DSPCA), témoigne dans le Guardian. Elle a rencontré un maigre cheval attaché à un mur dans une cour d’immeuble à Ballymum, au nord de Dublin près de l’aéroport. L’animal souffre de lésions tout autour du corps. Une petite troupe d’enfants tentaient de soigner le cheval en lui appliquant sur le corps du sucre et du vinaigre. Lisa Kemp soupçonne qu’il est atteint de la teigne. Elle explique que 14 chevaux sont morts de faim l’hiver dernier à Clondalkin, une autre banlieue de Dublin. Elle prévoit que leur nombre sera beaucoup plus élevé cette année. En 2008, la DSPCA a pourvu aux soins de 26 chevaux, en 2009, ils étaient 106, et l’organisme a déjà pris en charge 105 chevaux cette année. Dont la moitié ont dû être achevés….  

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WSJ : L’aide à l’Irlande relève de l’équilibrisme

Le plan de sauvetage dont va bénéficier l’Irlande est à double tranchant. Dans la mesure où les prêts de 80 milliards à 90 milliards d’euros accordés par l’Union européenne et le Fonds monétaire international serviront à couvrir le déficit irlandais, ses effets sont clairement positifs: le financement sera moins coûteux et viendra simplement remplacer les emprunts sur le marché des capitaux. Mais dans la mesure où les fonds octroyés serviront aussi à renflouer un système bancaire ravagé, le plan d’aide ne fera qu’empirer la situation de la dette souveraine irlandaise, et il ne sera pas facile de résoudre la quadrature du cercle.

Selon le dernier projet de budget présenté par Dublin, la dette publique devrait atteindre un pic de 106% du produit intérieur brut en 2012. Ce niveau déjà élevé a obligé le gouvernement à prévoir des économies de coûts de 15 milliards d’euros l’an prochain. Or ces prévisions ne tenaient pas compte de nouvelles injections de liquidités dans les banques, qui ont déjà absorbé 35 milliards d’euros, soit 21% du PIB. Barclays Capital estime néanmoins que les principales banques irlandaises pourraient avoir besoin de 22 milliards d’euros supplémentaires pour couvrir leurs pertes éventuelles et relever à au moins 12% les ratios core Tier 1 de celles qui sont viables, un niveau qui leur permettrait d’avoir de nouveau accès au financement du secteur privé.

Si Dublin doit emprunter cet argent pour l’injecter dans ses banques, la dette publique pourrait grimper à 125% du PIB en 2013. La capacité de l’Irlande à stabiliser sa dette serait alors remise en question. Si Barclays Capital l’en juge capable, les investisseurs du marché obligataire pourraient, eux, se montrer plus sceptiques. Moody’s a prévenu lundi que les nouveaux besoins capitalistiques des banques, financés par de la dette publique, risquaient d’entraîner une dégradation de plusieurs crans de la note souveraine de l’Irlande.

Le pays doit donc trouver des moyens d’alléger la facture. Il pourrait tenter d’obliger les porteurs de titres obligataires subordonnés, dont le montant s’élève à quelque 12 milliards d’euros, à supporter une partie du fardeau.

 Certains porteurs de dette subordonnée d’Anglo Irish Bank ont accepté, sous la pression du gouvernement irlandais, d’assumer 80% des pertes liées à la restructuration de la dette de l’établissement, les ministres du pays insistant néanmoins sur le fait que la dette senior de la banque n’était pas menacée

Mais pour imposer des décotes aux détenteurs d’obligations de Bank of Ireland et d’Allied Irish Banks PLC, Dublin devrait sacrifier les actionnaires existants et renoncer à ses propres participations dans les deux banques. L’Irlande devra également évaluer l’impact d’une telle mesure sur le marché interbancaire européen en général.

A court terme, le plan de sauvetage va sans doute réussir à limiter l’effet de contagion au reste de l’Europe, mais il n’offre en aucun cas à l’Irlande la possibilité de se sortir d’affaire aisément. Il risque d’aggraver la dette publique du pays au moment où les nouveaux impôts et réductions de dépenses saperont la croissance, accentuant ainsi le risque pour l’Irlande de devoir à terme demander une restructuration de sa dette. La façon dont la zone euro se prépare à cette éventualité sera décisive pour les perspectives à long terme de l’Irlande.

Les obligations senior des banques sont aussi menacées

chart of the day, cds ireland, portugal, nov 2010

Les détenteurs d’obligations senior des banques européennes – qui bénéficient de garanties et d’un remboursement prioritaire par rapport aux porteurs de dette subordonnée – semblent à l’abri pour l’instant. Mais pour combien de temps encore?

En Allemagne, un projet de loi sur la restructuration de la dette actuellement examiné au Parlement prévoit des décotes et l’échange des obligations détenues contre des actions des sociétés concernées. Une évolution qui pourrait bien préfigurer ce qui attend ces investisseurs.

Les responsables politiques européens n’osent pas pour l’instant forcer les détenteurs d’obligations senior d’établissements bancaires à prendre en charge une partie des pertes liées à une restructuration de peur de déclencher une crise systémique, mais les créanciers subordonnés semblent une cible plus facile.

Cette différence de traitement se ressent au niveau du coût de l’assurance des emprunts des banques européennes contre le risque de défaillance. L’écart entre l’indice Markit iTraxx Europe Sub Financials – composé des contrats d’assurance des obligations subordonnées de 25 banques et assureurs – et son équivalent en dette senior a plus que doublé pour atteindre 109 points de base, soit son niveau le plus élevé depuis juin 2009.

La dette senior pourrait néanmoins ne plus être épargnée bien longtemps. Les régulateurs et les politiques souhaitent que le contribuable ne soit plus le seul à payer pour les futures crises bancaires.

 Le projet de loi allemand dispose à cet égard que les créanciers devront assumer une partie des coûts liés aux futurs sauvetages sans opérer de distinction entre créanciers senior et subordonnés, note Morgan Stanley. Et d’autres pays planchent également sur des lois similaires.

Certes, la menace n’est peut-être pas aussi explicite pour la dette senior que pour la dette subordonnée, qui est déjà en train d’être transformée pour inclure des éléments de partage des pertes, d’autant que les nouvelles normes de solvabilité devraient également rendre la dette senior plus sûre.

Mais même si la probabilité d’un partage des coûts est mince, cette éventualité va continuer d’affecter les prix. Les investisseurs vont par conséquent devoir accorder plus d’attention au risque de crédit, qui prend en compte tant la législation nationale que les fondamentaux de chaque établissement.

Dans ces conditions, les créanciers senior feraient mieux de ne rien tenir pour acquis

Richard Barley, Wall Street Journal nov10

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Crise irlandaise: le tigre édenté par Claude Picher

 Un seul chiffre fait frémir: cette année, le déficit budgétaire de l’Irlande atteindra 32% du produit intérieur brut (PIB), du jamais vu dans n’importe quel pays européen depuis la création de l’euro. Toutes proportions gardées, c’est deux fois pire que la Grèce au plus creux de la vague, il y a six mois.

Déjà, le gouvernement a largement sabré les programmes sociaux et les fonctionnaires ont dû subir des compressions salariales massives. Avec un taux de chômage de 14%, la situation de plein emploi que l’île a connue au début de la décennie s’est transformée en cauchemar.

Et voici une donnée désolante: pour la première fois depuis le début des années 90, l’Irlande est redevenue une terre d’émigration: depuis un an, 65 000 Irlandais ont quitté leur pays, contre seulement 31 000 nouveaux arrivants. Quel contraste par rapport aux années grasses d’avant la crise: en 2007, le pays affichait un puissant solde migratoire positif de 68 000 personnes!

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, l’Irlande était considérée comme un modèle de développement économique. Les chiffres sont en effet magnifiques, voire mirifiques. Lors de son adhésion à l’Europe communautaire, en 1973, l’Irlande était une des régions les plus pauvres de l’Union. Il lui faudra une bonne quinzaine d’années pour mettre en place une série de mesures (fiscalité avantageuse pour les entreprises; prospection active des investissements étrangers, surtout dans les secteurs de pointe; encouragements à l’exportation) qui porteront leurs fruits à partir des années 90.

En moins de 15 ans, entre 1993 et 2007, l’Irlande va doubler la taille de son économie. À l’aube de la crise, les Irlandais pouvaient se vanter d’avoir le deuxième niveau de vie en Europe, après le Luxembourg. Impressionnante performance qui lui vaudra la flatteuse épithète de «tigre celtique».

Que s’est-il donc passé pour que le tigre se retrouve sur le plancher, exsangue sur le plan financier, étouffé sur le plan économique?

C’est, bien sûr, la faute de la crise financière qui a ébranlé la planète à l’automne 2008. Si l’Irlande a été plus durement touchée que la plupart des autres pays, c’est pour deux raisons.

Comme dans toute économie qui s’enflamme, les prix de l’immobilier ont connu une ascension vertigineuse en quelques années. Et comme c’est souvent le cas en période de bulle immobilière, les institutions financières se sont mises à prêter en misant davantage sur la valeur future des propriétés que sur la solvabilité des emprunteurs. Même dangereux scénario qu’aux États-Unis. À l’aube de la crise, les portefeuilles des banques irlandaises étaient bourrés d’hypothèques contaminées. C’était courir vers le désastre.

Il y a une deuxième raison.

À l’automne 2008, lorsque les premiers nuages noirs ont commencé à pointer à l’horizon, le gouvernement irlandais a voulu se faire rassurant en garantissant tous les titres de créance détenus par les banques. Avec le recul du temps, on peut trouver cette décision irresponsable. Il faut cependant se rappeler que le «tigre celtique» surfait encore sur ses bonnes années et que le gouvernement, sans doute de bonne foi, se croyait assez riche pour faire face aux événements. D’autre part, il ne pouvait pas laisser les banques à leur sort sans nuire considérablement aux petits épargnants et à la réputation du pays.

Lorsque la bulle (comme toutes les bulles) a éclaté, le gouvernement a dû respecter ses engagements et s’est retrouvé avec toutes les mauvaises dettes sur les bras. Contrairement à une opinion assez largement répandue, l’Irlande ne s’est pas effondrée à cause de ses politiques fiscales et budgétaires, mais à cause de la situation désespérée de ses banques.

source La Presse nov10

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Bank of Ireland cède ses tableaux

Bank of Ireland, deuxième banque d’Irlande, a entamé, lors d’une première mise aux enchères à Dublin, la vente de sa prestigieuse collection d’art qui réunit deux milliers d’oeuvres, déclenchant une vive polémique au sein de la population. 144 des 145 tableaux et sculptures proposés à la vente ont trouvé preneur, pour un montant recueilli de 1,5 million d’euros, a précisé la maison d’enchères Adam’s. La pièce la plus chère, «Clouds at Sunset», de Paul Henry, a été adjugée 66.000 euros.

Les enchères ont attiré «plus de 4000 visiteurs» lors de la présentation des oeuvres, a précisé Adam’s. L’intérêt a été tellement vif que la vente a dû être déplacée dans un lieu plus spacieux: la salle de bal d’un prestigieux hôtel du centre de Dublin.

La banque la plus ancienne d’Irlande compte ainsi se séparer de l’ensemble de sa collection, d’autres enchères devant être réalisées dès l’an prochain, a précisé Anne Mathews, la porte-parole de la banque. Bank of Ireland compte «réinvestir cet argent dans l’art» et a promis que les produits de la vente seront reversés à des organisations artistiques, a-t-elle ajouté….

EN RAPPEL :

Points faibles : Les banques constituent le principal problème du tigre celtique. La quasi-totalité du déficit public abyssal de 2010, qui représente 32% du PIB, est dû au plan d’aide aux banques.

Le secteur financier s’était développé au-delà du raisonnable en surfant sur la bulle immobilière des années 2000. La crise a tué le marché de la construction et l’immobilier. Les ménages se retrouvent en grande difficultés: leurs dettes, souvent gagées sur leur maison, atteingnent 150% de leur revenu disponible brut. «Le taux de défaut pourrait augmenter dans les mois qui viennent, ce qui pourrait fragiliser les banques et indirectement creuser le déficit de l’Etat, qui viendrait à leur secours», s’inquiète Adèle Renaux, économiste chez Natixis.

Points forts : L’Irlande est un pays très compétitif, contrairement à l’Espagne et au Portugal. L’impôt sur les sociétés, à 12,5%, reste bien inférieur à celui de ses homologues européens, compris entre 20% et 30%. La main-d’œuvre est également très bien formée. (voir graphique ci dessous)

chart of the day, eu higher education, ireland, nov 2010

Contrairement aussi aux pays de la péninsule ibérique, l’Irlande s’est spécialisée dans des industries porteuses. Grâce à la pharmacie, à la chimie ou encore à l’alimentaire, l’île affiche un excédent commercial. Les exportations devraient d’ailleurs être le principal -voire le seul- moteur de sa croissance à moyen terme. En 2011, BNP Paribas table sur une hausse de l’activité de 1,5%.

L’excédent commercial irlandais a ainsi augmenté de 2,9% en septembre, à 3,912 milliards d’euros, apportant enfin une bonne nouvelle économique à l’ex-Tigre celtique . Selon les données ajustées des variations saisonnières de l’Office central des statistiques, le CSO, les exportations ont augmenté en septembre de 2% à 7,799 milliards d’euros et les importations de 1% à 3,887 milliards d’euros. Sur les huit premiers mois de l’année, les exportations ressortent en hausse de 2% et les importations en recul également de 2% par rapport à la même période de 2009.

source le figaro nov10

EN BANDE SON  :

  

 

4 réponses »

  1. L’Irlande sera sauvée.

    L’Irlande sera sauvée par tous les contribuables européens.

    Pour sauver l’Irlande, les contribuables européens paieront 85 milliards d’euros.

    Concernant le sauvetage de l’Espagne, les économistes ne sont pas d’accord entre eux.

    Première estimation datée du 24 novembre : 500 milliards d’euros.

    Pour venir au secours de la Grèce, il a fallu débourser 110 milliards d’euros. Pour l’Irlande, le plan de soutien coûtera 80 à 90 milliards. Le cas espagnol est d’une autre dimension : « cela coûterait jusqu’à 500 milliards d’euros », a estimé cette semaine Cornelia Meyer, PDG de la société de conseil MRL Corporation, sur la chaîne américaine CNBC.

    « Juste après l’Irlande nous avons le Portugal et puis l’Espagne, et l’Espagne sera le gros poisson », a-t-elle jugé.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2010/11/24/97002-20101124FILWWW00459-l-espagne-trop-grosse-pour-etre-sauvee.php

    Une autre estimation datée du 26 novembre : 800 milliards d’euros.

    Juergen B. Donges est l’un des économistes les plus influents d’Allemagne. Juergen B. Donges est un ancien membre du groupe des Cinq Sages qui conseillent le gouvernement allemand. Il a calculé que le sauvetage de l’Espagne coûterait 800 milliards d’euros.

    « Rescatar España costaría 800.000 millones de euros »

    http://www.eleconomista.es/economia/noticias/2633763/11/10/Entrevista-con-Juergen-B-Donges-Rescatar-Espana-costaria-800000-millones-de-euros.html

    Il faudrait que les économistes se mettent d’accord.

    Combien coûterait le sauvetage de l’Espagne ?

  2. @Homo Homini Lupus : Vous êtes absolument innommable et abominable !!!

    Tellement, même, que je serais bien tentée de bousculer l’un des derniers tabous féministes qui me restent (ma sacro-sainte indépendance), et …vous épouser !

    Mais il vous faudra, avant cela, parvenir à détrôner, dans mon coeur, mon idôle absolue …Serge Brussolo.

  3. l’aide financière offerte à l’Irlande est un bon acte certes,pour éviter la fameuse contagion à d’autre pays européens,en l’occurrence,le Portugal et l’Espagne.faire des sanctions sur les pays déclencheurs de crise financière est évident,car le plan de rigueur en lui même est une sanction,mais la question que je me pose, pourquoi parlant assez sur le plan de rigueur,qui sur le terrain est assumé par les simples citoyens mieux que de focaliser la vision ou la grande sanction vers ceux qui ont été la cause de déclenchement de la crise irlandaise à savoir son secteur bancaire.

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