Inflation, inflation importée, monétarisation de la dette

Dettes, Crédits et Inflation «Muy caliente», l’Amérique du Sud

Dettes, Crédits et Inflation «Muy caliente», l’Amérique du Sud

 Bond de 55% de la Bourse au Pérou. Inflation de 30% en Argentine. Sur le plan économique, il fait chaud en Amérique du Sud. Mais c’est le Brésil surtout qui donne des sueurs.

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Les climatiseurs et les frigos sont en solde sur les sites web des détaillants brésiliens ces jours-ci, alors qu’un été torride s’installe au sud de l’équateur.

Pour attirer les clients, les commerçants ne manquent pas d’offrir diverses formules de financement – le nouveau sport préféré du pays après le football.

Le crédit augmente plus vite que le mercure au Brésil. Par exemple, le nombre de cartes de crédit en circulation, qui était de 28 millions en 2000, atteignait 154 millions au dernier décompte. Et la valeur des transactions «plastique» a été multipliée par sept, à environ 310 milliards de reais (186 milliards de dollars canadiens), selon les données officielles.

L’économie du Brésil, l’une des plus florissantes du monde, croît de près de 7% annuellement. La confiance règne dans la population, qui a pris goût à la consommation. Cependant, le gros appétit des Brésiliens alimente l’inflation, laquelle atteindra les 6% à la fin de l’année, selon Goldman Sachs.

Inquiètes, les autorités monétaires viennent donc d’annoncer des mesures sévères pour éviter une surchauffe, comme celle qui a plongé le pays en crise durant les années 90.

La banque centrale du Brésil a ainsi relevé le taux de réserves obligatoires des banques pour brider le crédit et l’inflation. La mesure provoquera le retrait du marché de 36 milliards DOLLARS US  autant d’argent qui n’aboutira pas dans les poches des emprunteurs.

La banque centrale (BC) du Brésil a annoncé vendredi le relèvement du taux de réserves obligatoires des banques pour brider le crédit et l’inflation dans le géant sud-américain dont l’économie décolle au risque d’une surchauffe. La part que les banques devront déposer auprès de la BC passera de 15 à 20% sur le long terme et de 8 à 12% pour le reste.

La mesure devrait provoquer le retrait du marché d’environ 36 milliards de dollars (27,3 milliards d’euros).

La banque centrale du Brésil avait baissé le taux de réserves obligatoires lors de la crise financière et économique de 2008, afin d’augmenter les liquidités. « L’action de la banque centrale a pour but d’aider à préserver le bon moment de croissance de l’économie en conservant un volume équilibré de crédit et en aidant à contrôler l’inflation », constate l’économiste en chef de l’agence de qualification Austin Rating, Alex Agostini.

Le Brésil devrait connaître une croissance comprise entre 7,5% et 8% en 2010, a annoncé début novembre le ministre des Finances, Guido Mantega.

Cette belle reprise est paradoxale car elle s’accompagne d’une hausse de l’inflation. Les marchés pensent que les prix augmenteront de 5,5% cette année, soit un point de plus que l’objectif officiel. « Cette mesure renforce l’engagement de contrôler l’inflation », a ajouté l’économiste.

« Au cours de la première réunion de 2011 du Comité de politique monétaire de la banque centrale, elle se verra obligée d’augmenter les taux d’intérêt » pour compléter les mesures de contrôle de l’inflation, a estimé pour sa part l’analyste Roberto Troster. 

Faillites bancaires?

Techniquement, l’endettement des Brésiliens n’est pas encore alarmant. La part du crédit dans l’économie a plus que doublé, passant de 22% du PIB en 2002 à 47% actuellement. Mais dans les pays développés, on est habitué à des taux de 100% ou même plus.

Or, c’est le rythme de croissance qui est inquiétant, car le rapport crédit/PIB au Brésil atteindra 60% d’ici trois ans, selon des experts.

Une alarme a sonné, le 10 novembre, lorsque la Banco PanAmericano, de São Paulo, a été sauvée in extremis de la faillite par une injection de fonds publics. Comme d’autres banques, PanAmericano a profité du boom du crédit, mais ses ennuis ont commencé lorsque les paiements en défaut dans son portefeuille de prêts ont atteint un taux de 20%.

Les autorités maintiennent que PanAmericano est un cas isolé, notamment parce que la banque est sous enquête pour de présumées manipulations comptables. Or, le doute s’installe.

«Ce qui est inquiétant, c’est que des millions de consommateurs affamés arrivent sur le marché sans information sur le bon usage des cartes de crédit», déplore un responsable du syndicat des employés de la banque centrale du Brésil, cité récemment par le Financial Times.

Une situation d’autant plus inquiétante que le coût du financement, offert par les commerçants, peut dépasser les 90% par an, selon l’ANEFAC, association du secteur financier.

En moyenne, les Brésiliens doivent vivre avec un taux d’intérêt de 40% sur un prêt personnel, selon la banque centrale. Preuve que le crédit au Brésil peut vite devenir une bête impossible à maîtriser.

L’Argentine brûle

Deuxième économie en importance du continent, l’Argentine présente également un bilan paradoxal en cette fin d’année.

Sortie d’une terrible crise financière qui a mis son système bancaire et son économie à genoux à la fin des années 90, l’Argentine rembourse graduellement ses dettes à l’étranger et a retrouvé le chemin de la croissance.

Mais cette renaissance se nourrit, en bonne partie, de la politique hyper expansionniste de la banque centrale, qui inonde le marché de pesos. En découle une inflation prévue de 25% cette année et de 30% en 2011, selon le Crédit Suisse. Cela est bien au-delà de la croissance économique (9% en 2010 et 5% en 2011).

Comme au Brésil, le gouvernement a promis de s’attaquer à la menace inflationniste en Argentine. Mais certains doutent de la volonté politique sur l’ensemble du continent. «Leur feuille de route n’est pas très bonne», rappelle Goldman Sachs dans un commentaire financier.

À tout le moins, le taux directeur au Brésil – déjà à 10,75% – devrait grimper de 1% en 2011, selon des experts, augmentant le coût déjà élevé du crédit. La fête tire donc à sa fin pour les consommateurs trop gourmands de Rio de Janeiro ou de São Paulo. Mieux vaut acheter ce joli frigo tout de suite.

Richard Dupaul La Presse DEC10

1 réponse »

  1. L’Espagne emprunte des milliards d’euros sur les marchés internationaux.

    Jeudi 15 décembre 2010, l’Espagne a lancé un emprunt à 10 ans, et un emprunt à 15 ans.

    Pour l’émission à 10 ans, le Trésor a émis 1,782 milliard à un taux moyen de 5,446 %, en forte hausse par rapport à celui de la dernière émission de ce type, le 18 novembre (4,615 %), mais dans la lignée de la clôture de mercredi (5,452 %).

    Pour les obligations à 15 ans, il a émis 619 millions d’euros à un taux moyen de 5,953 %, là aussi très supérieur à celui de la dernière émission (4,541 %, le 21 octobre) et similaire à la clôture de mercredi (5,984 %).

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ilfzjY1dK0Hq3-hkGBRXxN70VFPw?docId=CNG.a3a8ccbb985c268628ac60c2e09c1832.9f1

    Conclusion : plus les jours passent, plus l’Espagne emprunte à des taux d’intérêt de plus en plus élevés.

    Plus les jours passent, plus l’Espagne se surendette.

    Plus les jours passent, plus l’Espagne se rapproche du défaut de paiement.

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