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Andreas Hofert : «La Grèce n’est pas prête de sortir de l’ornière»

Andreas Hofert :   «La Grèce n’est pas prête de sortir de l’ornière»

Selon Andreas Höfert, le chef économiste d’UBS, la BCE devrait racheter les créances pourries des Etats

PLUS DHOFERT ET DE ROUBINI EN SUIVANT :

La crise de la dette qui frappe plusieurs pays européens (Grèce, Irlande, Espagne et Portugal) est loin d’être résolue. Les nombreuses solutions prises à ce jour ne font que repousser l’issue du problème. En attendant, les créances ne disparaissent pas. Bien au contraire…

Andreas Höfert, économiste en chef d’UBS, jette un regard plutôt pessimiste sur cette partie d’Europe qui est engluée dans l’endettement. Selon lui, la Grèce n’échappera pas à un défaut de paiement. «Autant qu’elle le fasse rapidement plutôt que d’attendre deux ou trois ans lorsque sa situation se sera encore détériorée, a-t-il dit mardi à Genève. Un défaut est la seule solution viable à moyen terme. Il n’y a pas l’ombre d’un doute que tel sera le cas.»

L’austérité tue la croissance

Plus globalement, Andreas Höfert estime que la Banque centrale européenne devrait libérer ces pays de la trappe de l’endettement en rachetant les créances pourries et en les prenant sur son propre bilan. «Il ne faut pas que les banques privées subissent un haircut (perte d’une partie des créances). Sinon, pour éviter les conséquences systémiques, les Etats devront les renflouer.»

L’économiste d’UBS ne croit pas que la Grèce et les autres pays malades puissent sortir de l’ornière grâce aux programmes d’économies en cours. Selon lui, l’austérité tue la croissance. D’ailleurs, il n’exclut pas que les populations de ces pays viennent à les contester. A ce sujet, il est certain que le nouveau gouvernement irlandais mettra en cause les engagements pris par le pouvoir sortant.

Andreas Höfert jette également un regard négatif sur l’économie américaine. Il appuie ses dires sur l’avertissement lancé la semaine dernière par les agences de notation Fitch et Standard & Poors. Selon elles, les Etats-Unis ne peuvent pas continuer à faire marcher la planche à billets sans mettre de l’ordre dans leur économie.

Jim Boswell

Jim Boswell

Image: Jim Boswell

«La croissance américaine en 2011 est un feu de paille engendré par une politique monétaire laxiste, expansive et qui ignore les conséquences à long terme», a renchéri Andreas Höfert. Il craint que les Etats-Unis ne subissent un ralentissement au 2e semestre 2011.

(source le temps jan11)

PourRoubini aussi : « La BCE doit faire la même chose que la Fed »

« Si la Californie venait à faire défaut, personne n’imagine que cela mettrait en péril l’union monétaire américaine. Par contre les problèmes de dette rencontrés actuellement par la Grèce et l’Irlande pourraient, au contraire, entraîner la chute de l’euro. »

« La croissance économique de la Grèce, de l’Irlande et de l’Espagne chute et il n’y a pratiquement plus de croissance au Portugal et en Italie. Pour relancer ces pays, la BCE devrait faire ce que la Fed fait et accroître le quantité d’argent en circulation pour stimuler la croissance. »

« Dans l’intérêt de l’Europe, l’Allemagne devrait faire tout ce  qu’elle peut pour booster la croissance, chez elle et en Europe. Elle devrait donc, dans la foulée, postposer sa stratégie d’austérité. »

Roubini se dit opposé à une procédure de défaut d’un pays qui mettrait à contribution les investisseurs privés. « Prenons l’exemple de la Grèce. Sa dette sera encore à 160% de son PIB dans deux ans. Qui prêtera encore de l’argent à ce pays en 2013 s‘ ils savent qu’ils devront acter des pertes si le pays fait défaut ? La Grèce devra restructurer sa dette dans tous les cas. »

« Ce que les pays de la zone euro vont décider en 2013 est sans aucune importance. Oubliez 2013 ! Ce qui importe c’est ce qui va se passer dans les trois prochains  mois au Portugal, en Espagne, en Italie et en France. »

 Nouriel Roubini dans Der Spiegel.
interview  est disponible ici en anglais

source : Crack en Actions /echo janv11

 EN COMPLEMENT :  Selon un économiste proche de la chancelière allemande, Angela Merkel, cité par plusieurs médias, l’Allemagne pousserait pour un plan de restructuration de la dette grecque, dans le cadre de la refonte du Fonds de soutien de la zone euro actuellement à l’étude. Une information formellement démentie mercredi 19 janvier par Berlin.

L’économiste Lars Feld, qui rejoindra en mars le comité des « cinq sages » chargé de conseiller le gouvernement d’Angela Merkel, a estimé que la Grèce serait obligée de restructurer sa dette, dans un entretien au quotidien Handelsblatt à paraître jeudi. « Je ne crois pas que la Grèce pourra s’en sortir sans tailler dans sa dette », a-t-il déclaré au journal, appelant le gouvernement allemand à prendre les mesures nécessaires en amont pour se prémunir contre ce risque.

Selon le journal Die Zeit, qui parle d' »analyses internes au gouvernement » allemand, l’idée serait de permettre à la Grèce de racheter sa propre dette grâce à des fonds alloués par le Fonds européen de stabilité financière (FESF), à des taux d’intérêts plus avantageux que ceux qu’elle paie actuellement. « Le charme de cette solution : la Grèce restructure, emprunte de l’argent à de bien meilleures conditions et dispose ainsi de plus de marge pour une politique de croissance », écrit l’hebdomadaire.

source Le Monde janv11

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