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Indicateurs avancés qui n’en sont pas par Jeannette Williner

Indicateurs avancés qui n’en sont pas par Jeannette Williner

Il est possible que l’année 2011 soit une déception. Car tout va se payer dans cette reprise financée par une croissance des crédits.

Aucune étude n’a jamais suggéré que le succès des grandes opérations de fusions-acquisitions constituait un indicateur avancé de l’évolution conjoncturelle.

PLUS DE MEFIANCE EN SUIVANT :

Pourtant, on aurait pu s’interpeller puisque constat a été fait pour 2010 du nombre d’affaires ayant échoué. Le chiffre final était pourtant plus haut que 2009 (et bien plus haut). Mais en fait les affaires transfrontalières, de celles qui frappent les esprits, étaient toujours inférieures de moité au niveau de 2007.

Deux échecs, dus aux actionnaires, ont particulièrement marqué les esprits: Prudential et Potash Corp. Ces échecs n’ont que très peu affecté les chiffres globaux. Ces derniers ont été plus marqués par des initiatives régionales, russes par exemple, sectorielles, pétrole et gaz, qui ne cessent quasiment jamais leur flot de transactions, ou encore pharmaceutiques cherchant à évoluer en fonction des défis posés par la santé de leurs patients.

 On aurait pu s’interpeller sur la raison profonde du manque d’intérêt à l’égatrd de la zone euro. Et il faut bien admettre qu’à moins d’un constat de la volonté des gouvernements européens à empoigner de façon sérieuse leur problème d’endettement, peu d’intérêt se manifestera à l’égard de leurs sociétés.

Car le vrai problème est là. Les résultats des sociétés sont bons et les patrons, assez habiles pour avoir établi un plan commercial suffisamment agressif pour réaliser leur année durant le premier semestre, auront certainement de tous les résultats. Pour des affaires plus complexes, et surtout d’une gestion plus lourde, il est possible que l’année 2011 soit une déception. Car tout va se payer dans cette reprise boursière financée par une croissance des crédits insoutenable, déclenchée pour faire obstacle à une récession (éventuelle). On peut étaler le négatif dans le temps mais il est impossible de l’effacer. Tout au plus, le nombre de victimes sera plus élevé.

D’autant plus que cet enthousiasme pour les actions voit naître des affirmations qui, à ce jour, n’ont pas été vérifiées et n’ont, à première vue, aucune raison de l’être. Les marchés émergents sont pour beaucoup les favoris et l’étaient déjà plus que le marché américain. Or, depuis 700 jours ce dernier ne cesse de monter.

 Le mouvement a ignoré tant les difficultés financières irlandaises que les récents bouleversements politiques affectant les pays arabes. Depuis le début de l’année les marchés émergents ont par contre reculé de 10% alors qu’il n’y avait pas de raison particulière. A moins que là encore il y ait matière à indicateur avancé.

En cas de recul, les pays émergents ont jusqu’à maintenant toujours été plus durement touchés. C’est assez normal: les investissements étrangers sont vite rapatriés en cas de coup dur généralisé, non nécessairement par choix, mais par nécessité. Dans le même esprit d’ailleurs, on note le soudain enthousiasme des clients privés étrangers pour le papier obligataire américain alors que les banques centrales ont réduit leurs engagements pour le second mois consécutif. Il est vrai que du côté des dettes hypothécaires tout est à nouveau très instable.

Curieusement, c’est le moment qu’une petite banque danoise a choisi pour faire faillite.

Le gouvernement danois a depuis le 7 fevrier sur les bras une nouvelle charge financière d’environ deux milliards d’euros après la reprise par l’Etat danois de la huitème banque du pays. Les dirigeants de Amagerbanken ont expliqué que les provision passées au quatrième trimestre ont épuisé le capital de la banque. Selon eux, la cause principale de cette faillite réside dans la faillite individuelle de nombreux investisseurs immobiliers

 Il s’agit du premier cas depuis l’expiration des mesures de garantie mises en place par le gouvernement danois. Les créanciers et les déposants (au-delà de 100.00 euros) risquent de perdre jusqu’à 41% du montant concerné. Il est bien évident qu’actionnaires et détenteurs de dettes subordonnées perdent la totalité des lignes concernées. Il ne suffit donc pas que les ratios de liquidité soient en accord avec Bâle pour que tout risque soit écarté. Bien sûr ce n’est qu’une petite banque danoise mais son élimination lèse 100.00 clients. Le règlement apporté à cette affaire ne manquera pas d’être une référence pour d’éventuelles cas situations semblables qui ne manqueront pas d’arriver même si, de cas en cas et compte tenu des pays, c’est le côté politique qui pourrait l’emporter.

L’agence de notation financière Moody’s a dégradé mercredi les notes de la dette à long terme de cinq banques danoises, dont le leader Danske Bank, en invoquant la faillite la semaine dernière de l’établissement régional Amagerbanken.

 Moody’s a ainsi dégradé Danske Bank, Spar Nord Bank, FIF Erhversbank, Ringjoebing Landbobank et BankNordik, indique-t-elle dans un communiqué. Elle a annoncé également qu’elle envisageait d’abaisser encore plus les notes de Danske Bank, FIF Erhversbankn et BankNordik. 

« La faillite d’Amagerbanken a démontré à la fois la volonté et la capacité du gouvernement d’accepter que les déposants et les grands créanciers des banques danoises subissent les pertes d’une faillite, même si les banques concernées poursuivent leurs activités », a expliqué Moody’s dans un communiqué. 

Depuis le 1er octobre dernier, l’Etat danois a mis fin à sa garantie illimitée des comptes bancaires mise en place en 2008 et fixé le niveau couvert à 750.000 couronnes (environ 100.000 euros) à la charge du seul secteur bancaire. Moody’s indique avoir dégradé la note de la dette et des dépôts de cinq banques entre 1 et 2 crans et retiré la garantie de soutien systémique de l’Etat à toutes les banques au Danemark, à l’exception des quatre plus grandes.  L’agence précise en outre avoir placé sous surveillance dans la perspective d’une baisse de sa note Nordea Bank Danmark, la filiale danoise du groupe nordique Nordea, SydBank et Jyske Bank. Amagerbanken, huitième banque danoise par le volume des prêts accordés, a annoncé le 6 février au soir qu’elle avait épuisé ses liquidités en raison de prêts à haut risque dans l’immobilier, affectés par la crise financière internationale en 2008-2009, et de spéculations ruineuses sur le marché des devises. 

L’Etat danois, par le biais de la société publique « Finansiel Stabilitet », a pris depuis le contrôle de la banque, qui a poursuivi ses activités. Depuis le début de la crise, 11 petites banques et sociétés financières danoises sont passées sous le giron de cette entitée chargée de gérer et démanteler les entreprises financières en déroute.

 Là encore, il y a comme un signe avant-coureur de futurs ennuis que l’on a éliminé.

Au fonds rien n’a changé de l’autre côté de l’Atlantique: Fannie et Freddie continuent d’acheter des hypothèques aussi vite que les banques les rédigent: puisque c’est garanti, il ne faut pas se gêner. Par contre cela revient à maintenir un flot d’affaires sur le dos du contribuable ce qui n’a aucune raison d’être. Normalement, les garanties de l’Etat ne devraient pas exister. De ce fait, les clients et leur aptitude à conclure un prêt seraient mieux exaninés. Sortir progressivement Freddie et Fannie du contexte hypothécaire (à raison de 20% par an) semble une suggestion réaliste. De l’idée à la décision il y a un monde, mais cela prouve au-moins qu’il y a encore des experts réalistes.

La fin de Fannie Mae et de Freddie Mac

 Le secteur privé doit devenir la première source du financement immobilier .

Washington a lancé  une réforme attendue de longue date pour transformer le modèle américain de financement du logement qui a entraîné les Etats-Unis et le monde dans la crise.

Après plusieurs reports, le gouvernement a présenté trois pistes pour mener à bien, à long terme, ce chantier présenté comme prioritaire depuis l’arrivée au pouvoir du président Barack Obama en janvier 2009.

L’objectif premier est de mettre fin à la situation héritée de la mise sous tutelle publique des organismes de refinancement hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac en septembre 2008, qui a placé l’Etat dans la position d’assurer aujourd’hui 90% du financement des nouveaux prêts immobiliers. Le plan du gouvernement réduira le rôle de Fannie Mae et Freddie Mac et l’emprise du gouvernement sur le financement du logement», ont indiqué le département du Trésor et le département du Logement dans un communiqué.

Le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a indiqué que cela pourrait prendre «cinq à sept ans».

Pour y arriver, le gouvernement veut réduire d’au moins 10% par an le portefeuille d’investissements de Fannie Mae et Freddie Mac (c’est-à-dire les prêts qu’ils rachètent à des organismes de crédit pour leur permettre d’en financer d’autres) et créer des conditions propices à un retour du financement privé sur le marché du refinancement hypothécaire. Le credo des autorités est que le secteur privé doit «être la première source» du financement immobilier et doit «assumer le coût des pertes».

Créées à l’origine pour faciliter le marché du refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac se sont développés comme des hydres, bénéficiant de la garantie tacite du gouvernement. Ils ont alimenté la bulle immobilière des années 2000 jusqu’à se retrouver au bord de l’effondrement à l’été 2008, sous le poids d’une montagne d’actifs dévalorisés à force de racheter des prêts sans trop se soucier de la solvabilité de ceux qui les souscrivaient.

Soutenus à fonds perdus par l’Etat, leur renflouement a déjà coûté plus de 150 milliards de dollars aux contribuables américains et le plan du gouvernement ne dit rien du coût final de ce sauvetage.

Le gouvernement a présenté trois pistes de réforme, dans un rapport transmis au Congrès. Dans tous les cas, l’Etat continuerait à jouer un rôle, par l’intermédiaire de l’Agence fédérale pour le logement (FHA), dont la mission est d’aider les ménages les moins riches à devenir propriétaires.

Dans le premier cas, la FHA retrouverait un rôle réduit pour aider des niches d’emprunteurs parmi les moins riches.

Dans le deuxième cas, elle assurerait un mécanisme de garantie gouvernementale permettant au marché du financement immobilier de continuer de tourner en cas de crise.

 Dans le troisième cas, elle soutiendrait plus largement les emprunteurs «à revenus faibles et moyens». Les prêts ainsi souscrits seraient assurés par des capitaux privés, mais l’Etat fournirait une assurance complémentaire.

Alors que le taux de propriété immobilière n’en finit pas de tomber (il était officiellement de 66,5% au quatrième trimestre 2010, son plus bas niveau en douze ans), le plan du gouvernement officialise un changement idéologique majeur.

On a noté que certains producteurs d’argent en tant que sous-produit, couvrent leurs positions. Depuis leur dernière expérience avant la hausse des deux dernières années, ce genre d’opérations avait cessé: les pertes engendrées avaient été lourdes. Là encore, au moment où Barrick bat tous les records, certes à cause de l’or mais surtout du cuivre, il y a comme une alarme lointaine qui se manifeste. D’autant plus qu’au même moment certains spécialistes chuchotent qu’en 2011 l’or ne répétera pas ses exploits de 2010, pas plus que le marché des devises. Joints à ces constats, l’endettement extravagant des principales économies du moment et un ralentissement sensible de la conjoncture compte tenu des hausses de prix diverses sans contrepartie salariale constituent une constellation qui n’est pas du tout rassurante… pour l’investisseur.

Jeannette Williner Analyste indépendante Fev11

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