Europe

Warning !!!!! : Le Portugal acculé à demander l’aide de l’UE

Warning !!! : Le Portugal acculé à demander l’aide de l’UE

La pression des marchés s’est accentuée sur Lisbonne où les taux d’intérêt sur la dette de l’Etat s’envolent à des niveaux record. Dans un contexte international chahuté, l’intervention des Dix-Sept semble imminente

One-Year Chart for Portugal 10 Year (GSPT10YR:IND) 

Portugal taux à 10ans

PLUS DE TRAPPE A DETTES EUROPEENNE EN SUIVANT :

Le fardeau de la dette portugaise est en passe de devenir insoutenable. Lors de sa dernière émission d’obligations réussie, en janvier, le Portugal s’était financé à des taux à dix ans de 7,2%. Or l’addition n’a pas cessé de grimper. Ces derniers jours, ces mêmes taux dépassaient 7,5%, près de 4,4 points de pourcentage de plus que ceux demandé à l’Allemagne, sous la pression des événements libyens et de l’envolée des cours du pétrole, assurée de compliquer la donne budgétaire pour Lisbonne.

German Government Bonds

Vendredi, l’instabilité était encore accrue par l’élection d’un nouveau parlement en Irlande, qui se traduira par la chute du gouvernement qui a récemment instauré de sévères plans d’économies, contestés par une large partie de la population.

One-Year Chart for Ireland 10 Year (GIGB10YR:IND) 

Irlande taux à 10ans

Difficile, dès lors, de ne pas activer très vite le Fonds de secours de la zone euro (EFSF) qui, à la mi-janvier, a prêté 3,7 milliards d’euros (4,7 milliards de francs) à 5,9% à l’Irlande, pour refinancer ses banques.

 «La décision est prise dans les têtes des dirigeants portugais et de leurs interlocuteurs communautaires, affirme une source bruxelloise. Il n’y a plus d’alternative.» La décision pourrait être confirmée lors du premier sommet de l’Eurogroupe au niveau des chefs d’Etat ou de gouvernement le 11 mars à Bruxelles, ou bien lors du Conseil des ministres des Finances (Ecofin) qui suivra, les 14 et 15 mars.

Le gouvernement portugais, pour l’heure, continue officiellement d’affirmer qu’il n’aura pas besoin de recourir à l’EFSF, mettant en avant la réduction du déficit budgétaire de 31,4% en janvier par rapport à la même période de l’an dernier, grâce à une amélioration des recettes de 14,4% et à une diminution des dépenses de 2,6%. L’objectif reste de réduire ce déficit à 4,6% du produit intérieur brut (PIB) fin 2011, contre 7,3% fin 2010.

L’activation de l’EFSF est en soi facile. Le ministre allemand Wolf­gang Schaüble et son homologue française Christine Lagarde soutiennent depuis des semaines l’idée d’un plan de soutien au Portugal dont le montant total – le portefeuille de prêts sera sans doute divisé, comme pour l’Irlande, entre l’EFSF, les facilités communautaires existantes et quelques Etats membres – pourrait avoisiner les 80 milliards d’euros. On voit mal, en revanche, comment l’Eurogroupe pourrait activer ce plan sans accroître la capacité d’emprunt de l’EFSF. Le Fonds de secours peut à l’heure actuelle emprunter théoriquement jusqu’à 440 milliards d’euros garantis par les Etats membres. Mais il doit, pour conserver sa note «triple A» et être assuré de lever des capitaux à un taux optimal, limiter ses emprunts réels à 250-300 milliards.

Sauf surprise, le branle-bas de combat au secours de l’euro est donc programmé pour les jours à venir. Et sur plusieurs fronts: outre le refinancement de l’EFSF, via des garanties accrues et la possibilité pour ce dernier d’acheter directement de la dette souveraine des pays les plus vulnérables, une renégociation de la dette grecque paraît imminente.

 One-Year Chart for Greece 10 Year (GGGB10YR:IND) 

Grèce Taux 10 ans

Le premier ministre grec Georges Papandréou a entrepris cette semaine une tournée européenne pour plaider le rallongement du calendrier de remboursement des 110 milliards d’euros prêtés à Athènes en mai par l’UE et le FMI. «Nous sommes prêts, au niveau européen, à une offre globale», lui a répondu à Helsinki la cheffe du gouvernement finlandais Mari Kiviniemi. Une participation de l’EFSF est aussi envisagée pour soulager le fardeau grec. Georges Papandréou a promis que son pays rembourserait «tous les prêts».

Reste le plus gros morceau: celui de l’Espagne. C’est à Madrid que la bataille de l’euro sera ou non gagnée, reconnaissent les experts, au moment où le gouvernement Zapatero est engagé dans une dure négociation sociale prévue pour s’achever à la mi-mars.

 One-Year Chart for Spain 10 Year (GSPG10YR:IND) 

Espagne taux à 10ans

L’économie espagnole, la quatrième de la zone euro, a perdu selon McKinsey 33% de compétitivité par rapport à l’Allemagne en dix ans. Au vu de l’alourdissement de la facture énergétique, la réduction prévue du déficit budgétaire à 6% en 2011 contre 9,3% en 2010 paraît très aléatoire. L’impression généralisée est que Berlin et Paris, qui bataillent actuellement pour obtenir l’aval de l’eurozone pour leur proposition «d’un pacte de compétitivité renforcé» défendront avec vigueur le 11 mars à Bruxelles l’idée d’un paquet de mesures pour anticiper un «séisme» espagnol 

Par Richard Werly, Bruxelles/le temps 26/2/11

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