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Finances Comportementales : Le rôle des croyances dans la gestion d’actifs

Finances Comportementales : Le rôle des croyances dans la gestion d’actifs

Une étude de Towers Watson conclu que la qualité des croyances des investisseurs est une condition déterminante de leur succès.

En matière de gestion patrimoniale, il n’y a de loin pas que des certitudes rationnelles. Il y a aussi des croyances. Les gestionnaires professionnels éprouvent beaucoup de peine à admettre que leur part dans la décision d’investir est tout sauf négligeable. Towers Watson Investment Services, une division du cabinet de conseil international de souche américaine Towers Watson (siège principal à New York – 14.000 associates dans le monde) a le mérite d’avoir réfléchi à cette question. Elle vient de faire connaître ses conclusions dans la série Perspectives, sous le titre «The Importance of Beliefs – Building a Better Map».

PLUS/MOINS DE CROYANCES EN SUIVANT :

Investir (et en particulier placer de l’argent en Bourse) consiste pour l’essentiel à porter des jugements et à prendre des décisions dans le présent, en se référant au passé et en faisant face à un avenir incertain. Les gestionnaires professionnels ou occasionnels le font tous en partant de leurs croyances sur la manière dont le monde de l’investissement fonctionne. Towers Watson est convaincu que la qualité de leurs croyances est une condition déterminante de leur succès.

Pourquoi est-il utile d’avoir des croyances? Les acteurs de ce monde de l’investissement doivent au fond choisir entre deux attitudes: soit ils partent de l’hypothèse, forcément théorique, que le monde est «parfait» et complètement informé, soit ils admettent – ce qui n’est pas déraisonnable – que le futur est « inconnaissable «. Dans les deux cas, les croyances sont vitales.

Dans le premier cas, ils les utilisent comme des raccourcis dans leur processus de décision et gagnent un temps précieux. Dans le second, ne sachant pas de quoi l’avenir sera fait, ils s’en servent pour remplacer les nombreuses pièces manquantes du puzzle. On peut donc affirmer que tous les conseils de placement que prodiguent les gestionnaires se nourrissent de croyances sous-jacentes, reconnues comme telles ou non. Towers Watson va jusqu’à affirmer que les investisseurs prendront de meilleures décisions s’ils comprennent ce qu’ils doivent croire du monde pour accepter le conseil qu’ils donnent.

Généralement, les gestionnaires travaillent sur la base d’un modèle de gestion actifs/passifs (asset liability model – ALM), élaboré par des tiers, en faisant le pari qu’il contient des données indispensables et appropriées. L’ALM est donc un outil qui leur permet de gagner du temps et de l’argent. Il est en grande partie fondé sur une croyance. Qui s’appuie, il est vrai, sur des compétences professionnelles avérées. Mais comment peut-on être vraiment sûr de la qualité d’un ALM?

Pour répondre, Towers Watson décompose le processus de décision en trois parties: le contexte, les croyances et l’analyse. Les trois composantes comptent. Il importe de les améliorer sans cesse. Mais c’est en améliorant les croyances que l’on a le plus de chances de se procurer un avantage compétitif décisif. Dans un monde où l’information n’est pas parfaite, l’intérêt de mieux connaître le contexte existe, mais l’avantage que l’on peut en retirer est limité. La même chose vaut pour l’analyse. Quelle que soit la qualité de ceux qui en sont chargés (hardware et software confondus), l’impact sera également limité. Ce qui compte avant tout et qui fera la différence, selon Towers Watson, qu’il s’agisse de la manière dont seront à l’avenir corrélés actifs et passifs ou de la question de savoir si le rendement du marché reviendra au niveau des moyennes historiques, ce sont les croyances.

Pour autant, ces croyances ne sont pas d’égale valeur. Il faut distinguer entre les assertions et les démonstrations.

 Une croyance qui peut être «démontrée» comme étant raisonnable ou valide est supérieure à une croyance uniquement affirmée. Il y a des croyances «inviolables», peu nombreuses et irremplaçables, et des croyances «pratiques», existant en grand nombre et facilement substituables. Les premières doivent être préférées aux secondes. Car elles permettent en général de prendre des décisions de meilleure qualité.

Henri SCHWAMM Université de Genève mars11

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