Europe

La Réflexion du Jour / BCE : pire qu’en 2008 ? par Patrick Artus

La Réflexion du Jour /  BCE : pire qu’en 2008 ? par Patrick Artus

On se souvient de la hausse désastreuse des taux d’intérêt de la BCE, en 2008, juste avant la faillite de Lehman Brothers et alors que l’économie européenne et mondiale faiblissait déjà évidemment.

 Si effectivement la BCE augmente ses taux directeurs en avril, cette erreur sera encore plus grave que celle de 2008 pour de multiples raisons :

– la hausse des prix des matières premières n’entraîne pas à la hausse les coûts salariaux ; les coûts salariaux unitaires baissent dans la zone euro ; de plus, elle provoque un pic d’inflation non durable ; enfin, la politique monétaire de la zone euro n’a pas d’effet sur les prix des matières premières ;

– la situation des pays du Sud de la zone euro où les crédits sont faits à taux variables, ainsi que celle de leurs banques, est très difficile ; symétriquement, la partie de la zone euro où la situation économique est favorable est financée à taux fixe et réagit peu à la politique monétaire ;

– l’absence d’indexation des salaires nominaux sur les prix ainsi que la hausse des taux d’intérêt à long terme avec la fin du QE 2 aux Etats-Unis vont freiner de manière importante la croissance de la zone euro à partir du deuxième trimestre 2011 ;

– la confrontation entre la politique monétaire des Etats-Unis et celle de la zone euro va entraîner une appréciation de l’euro ;

– la politique budgétaire de la zone euro est restrictive : indépendamment de la politique monétaire de la BCE, le Policy-mix de la zone euro est restrictif.

Mais peut être la BCE n’a t-elle aucune capacité sérieuse d’analyse prévisionnelle.

source http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=56983

2 réponses »

  1. Il y a actuellement bien trop de liquididités, qui de doute facon ne soutiennent plus l’économie réelle depuis longtemps et vont se stériliser dans des investissements spéculatifs et improductifs genre immobilier et matière première. Alors de la même manière que la hausse des taux n’empêchera pas l’inflation importée, elle n’aura pas beaucoup d’effet sur l’économie « réelle » déjà mal en point. Par contre si elle peut tuer l’économie artificielle axée sur la spéculation du prix des actifs, ce ne sera pas un mal.

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