Art de la guerre monétaire et économique

L’or comme monnaie à part entière ?

L’or comme monnaie à part entière ?

Quand ce ne sont pas les révoltes arabes qui le font grimper, l’or maintient son cap à cause du drame au Japon, voire de l’intervention militaire en Libye. La nouvelle d’une bombe dans un bus à Jérusalem a également contribué à donner de la vigueur à l’or. Tout cela sur un fond de situation macroéconomique qui n’est pas déjà très rose !

PLUS DE GOLD EN SUIVANT :

A côté de tous ces événements de nature à pousser l’or vers des sommets, un autre élément – plus financier – joue en faveur du métal jaune : le fait que les taux d’intérêt réels soient négatifs. Le taux réel est le taux facial duquel on retire l’inflation pour avoir le vrai rendement. Autrement dit, que ce soit pour les obligations ou pour les livrets d’épargne, le rendement est bien souvent négatif.

Cela joue en faveur de l’or puisque le reproche principal que l’on pouvait faire à son encontre, c’était de ne rien rapporter. Or, comme les autres placements à taux fixes ne rapportent quasiment plus rien non plus, l’argument tombe, évidemment.

En outre, la hausse continue des matières premières, dont le pétrole et certains métaux comme le cuivre, ainsi que et la plupart des matières premières agricoles, favorise l’émergence de l’inflation et par ricochet l’or, puisque c’est le seul actif à ne pas être victime de l’inflation.

Ajoutez à cela un zeste de spéculation qui a pour but de raréfier l’offre du métal jaune et vous comprenez mieux pourquoi l’or caracole en tête de tous les placements. Au point, comme le faisait remarquer le journal économique La Tribune, que l’or est presque devenu une monnaie à part entière, dans le sens où certaines banques acceptent de prendre l’or comme dépôt collatéral en lieu et place du cash. C’est en soi une révolution.

EN LIENS : En Utah, on accepte à nouveau les pièces d’or !

US : Le retour des monnaies locales et de la « relique barbare »

L’or, chasse gardée des banques centrales ?

 En effet, en lisant une lettre d’information sur les matières premières et les devises, j’ai appris que tout Américain souhaitant acheter de l’or pourrait bientôt devoir donner son nom, sa date de naissance, son sexe, son adresse et l’empreinte digitale du vendeur aux autorités. La raison invoquée ? Protéger les acheteurs de métal jaune des escrocs.

Marc Mayor, l’auteur de cette lettre d’information, pense qu’il y a une autre raison : confisquer plus facilement notre or. Sa thèse est simple. Seul l’or rassure les investisseurs, ces temps-ci. Or, les Etats traversent une grave crise de confiance. Pour se rassurer, ils multiplient les «protections» sur l’or. Pour Marc Mayor, à terme, l’or pourrait donc bien devenir la chasse gardée des banques centrales.

L’Etat de Washington, qui est à l’origine de ces nouvelles règles sur le métal jaune, ferait ici d’une pierre deux coups : imposer des règles contraignantes aux acheteurs permettra de dissuader l’achat d’or ; pour les plus rebelles, le fichage permettra de le confisquer plus rapidement.

Pour justifier sa thèse, cet expert des matières premières constate que la banque centrale des Pays-Bas vient d’ordonner à une caisse de retraite de vendre la majorité de l’or qu’elle détient. Pourquoi ? Parce que les gérants de cette caisse de retraite ont surpondéré l’or, avec 13 % de leur allocation.

Cette stratégie a bien entendu fait gagner une fortune aux adhérents de cette caisse de retraite, mais, pour l’autorité de contrôle qu’est la banque centrale néerlandaise, cette caisse de retraite a enfreint les règles de prudence, même si cela a rapporté de l’argent aux futurs retraités !

En résumé, selon Marc Mayor, la banque centrale néerlandaise a dit : «L’or est une monnaie pour l’Etat (moi) et pour les banquiers de la planète (mes associés), mais pas pour toi (le cerf).» La thèse de Marc Mayor est que la grande confiscation ne fait que commencer. L’or est appelé à devenir tellement précieux que les autorités cherchent déjà à savoir où il se trouve et comment le capter. La confiscation a commencé aux Pays-Bas. A qui le tour demain ?

Reste à savoir quelle est la différence entre une thèse formulée sous forme de question et une simple théorie du complot. De cela, je vous laisse seuls juges !

Amid Faljaoui/Trends mars11

EN COMPLEMENT : L’OR ET BRETTON WOODS

Les récentes décisions de certaines banques centrales de reconstituer des réserves en or rappellent les accords de Bretton Woods.

Formulés en 1944, ceux-ci postulèrent une parité fixe entre les monnaies des pays développés, fondée sur l’étalon-or. Ce système, qualifié de Gold-Exchange Standard, définit les devises dans un rapport au dollar, qui lui-même est rattaché à l’or dans une proportion de 35 dollar pour une once (31 grammes).

Dans ce système, il était convenu que la convertibilité des dollars en or ne soit pas effectuée. En d’autres termes, les États-Unis exigèrent que les Banques centrales étrangères, détentrices de dollars, ne réclament pas leur conversion en or. Ce système conduisit à établir la suprématie du dollar sur l’économie mondiale, puisque la croissance et l’inflation étaient définies par ce pays.

Les accords de Bretton Woods opposèrent deux thèses et il y eu une profonde dissension sur les orientations monétaires. Les deux protagonistes en furent l’anglais Keynes et l’américain White (1892-1948), assistant du Secrétaire au Trésor des États-Unis. A la fureur de Keynes, White établit le Gold Exchange Standard, sans doute parce que les États-Unis possédaient le plus important stock d’or.

Keynes qualifiait l’étalon-or de relique barbare et réfutait les références aurifères car celles-ci conduisaient à une dominance des pays en déficit commercial, capables d’imposer leur puissance économique. Opposés à Keynes et gagnants de la guerre, les États-Unis l’emportèrent en proposant de consacrer le rôle de pivot du dollar américain et un système de change fixe fondé sur la convertibilité du dollar en or.

Keynes fut donc le perdant de Bretton Woods. Il voulait créer une monnaie relative, basé sur les prix de 30 matières premières, dont l’or. Les américains avaient, du reste, initialement imaginé une solution comparable sur base d’une devise qui se serait dénommée « l’Unitas ». Finalement, ni le Bancor ni l’Unitas ne virent le jour, et seul l’or consacra un système de parité fixe, jusqu’à l’effondrement du système, en 1971.

Avec le recul du temps, il est insensé de lier une masse monétaire à un stock aurifère.

Un étalon monétaire présente aussi l’inconvénient de contraindre excessivement les politiques monétaires et fiscales conjoncturelles.

 Pourtant, ces accords eurent le mérite de discipliner les États. Dès qu’ils furent démantelés à l’initiative des États-Unis, les États européens s’engouffrèrent dans une politique d’endettement indisciplinée, qui consista à alourdir les finances publiques pour masquer la mutation économique des années septante et quatre-vingt.

SOURCE ET REMERCIEMENTS BLOG DE BRUNO COLMANT

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