Analyse Technique

L’or et l’argent, ces fausses valeurs refuges trop aimées des financiers par Serge Laedermann

L’or et l’argent, ces fausses valeurs refuges trop aimées des financiers par Serge Laedermann

La récente dégringolade de l’argent métal est le signe que la spéculation rampante a bientôt vécu. D’autres commodities vont subir le même sort.

Les marchés émergents représentent désormais 70% de la croissance mondiale, une croissance globale qui se «tasse» cette année sur les 4%. C’est un ralentissement notable par rapport à la dernière décennie, tout en considérant qu’elle demeure en dessus de la moyenne des 4 dernières. Concernant les Etats-Unis, les économistes, si gazouillants à la période des frimas, commencent à déchanter. Au lieu des 4% voire 4,5% prévus nous aurons droit à un «maigre» 3% qui symbolise à lui tout seul l’engluement des économies du monde dit «développé», étouffé par une dette comparable à une chape de plomb.

J’entends ci et là des commentaires du style «on en a marre de ces discussions sur la dette, passons à autre chose». Certes, la dette, les grecs, les portugais, tout ça c’est pesant. Cependant, relativement peu qualifié pour analyser la probabilité que le sperme de DSK atteigne le chemisier de la victime présumée, et encore moins légitimé à pronostiquer les caprices d’un énième volcan islandais apte à réduire en cendres nos velléités de repos estival, je me bornerai à rester obstinément cantonné dans mon jardin, soit la finance ou ce qu’il en reste.

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A force de dépenser sans compter, nos amis américains sont ainsi à nouveau confrontés au plafond de la dette qu’ils désirent s’octroyer tout en nous faisant croire que cela crée un problème pour eux. Rien ne les a jamais empêchés de dévaluer de manière continuelle leur dollar (à propos, vous allez finir par le croire que c’est une monnaie de singes?!). Souvenez-vous, il y a 15 ans lors d’une crise similaire sur le plafond de la dette, le House Speaker Newt Ginrich (futur présidentiable?!) proposa, ni plus ni moins, de décréter le défaut de paiement. A l’heure actuelle plus de 50% de ladite dette est détenue par les étrangers qui n’ont peut-être pas compris que si une telle mesure est inconcevable, la perte de valeur de la monnaie a pour but d’arriver à un résultat similaire.

En Europe il sera désormais difficile pour les pays en difficulté d’émettre de la dette «souveraine» sans une garantie collatérale de la Communauté. S’il a été facile pour la Grèce d’emprunter à des investisseurs persuadés alors de faire une bonne affaire, aussi incroyable que cela puisse paraître, il faudra déployer d’autres garanties pour financer ces économies en faillite. Sans compter que lorsque le tour de l’Italie et de la France viendra, il faudra bien trouver une manière de financer le budget.

Techniquement l’indice S&P 500 a bien réussi une percée, fin avril, du haut réalisé en février, un évènement majeur car cela ressemble furieusement à la sortie d’une formation de type Triangle Ascendant. L’objectif minimum d’une telle formation se situe à 1440 points, cible qui était atteignable vers la fin mai. Seulement voilà, depuis lors l’indice est revenu bien bas à l’intérieur dudit Triangle mettant sérieusement en doute cette probabilité. Tant que cet indice majeur demeure en dessus du bas d’avril (1294.70) il n’y a toutefois pas lieu de s’affoler, même si la situation est bien moins «rose» qu’il y a un mois. Cet échec est néanmoins préoccupant et signale probablement que le marché ne peut faire plus actuellement.

Sur le DJ Europe 600 l’image est, ô surprise, similaire, mais en moins bien. En effet, nous testons ces jours-ci déjà le bas du mois d’avril (272.33), dernier support  avant celui de mars (262.12). Un marché évoluant «de côté» est envisageable et mieux qu’une tendance baissière installée, c’est indiscutable, mais n’encourage certainement pas les investisseurs à prendre des risques. Actuellement nous oscillons entre douches froides et embellies sans vraiment savoir ce qui va se passer demain. Comme escompté, les sociétés sortent des résultats honnêtes (globalement) avec des perspectives qui manquent de clarté, ce qui a pour effet de faire reculer les cours 3 fois sur 4.

Beaucoup de discussions ont pour sujet les métaux précieux et commodities en général. L’or bénéficie toujours du recul du dollar et vient de repasser la barre des 1500, soulageant du même coup les «investisseurs». Il s’agit probablement d’un point de sortie. Le graphique de l’argent est plus parlant. Après une ascension fulgurante jusqu’à 48 dollars, soit près de 50% en quelques semaines (!), celui-ci s’est  écroulé encore plus vite sur le support de 33-35 dollars. Un retour à 40 est hautement probable, mais il devra être considéré comme une chance de vendre à un très bon cours. La spéculation rampante semble terminée sur l’argent, et par analogie l’or semble dans la même configuration. N’oubliez pas que l’or n’est plus «la» valeur refuge. Il s’agit d’un instrument de spéculation qui fascine toujours les foules et dont le prix actuel n’est que le fruit de placements parfois disproportionnés dans les portefeuilles. La production n’est absorbée (contrairement aux autres métaux) qu’à 50% par l’économie, le reste étant placé chez les financiers. Le retour de manivelle sera sanglant.

 Serge Laedermann Associé, GFA Geneva Financial Adviser mai11

5 réponses »

  1. il y a plus d’or-papier et de silber-papier que de physique,
    l’or @ $2,000 et le silber @ $300 : oz c’est un minimum , nous y allons!
    Buy silber, f..k the banksters!!!
    Yes You Can ! hihihihi…..!!!

  2. Pourquoi ne parlez-vous pas des multiples hausses d’appel de marge pour l’argent métal, de la part du COMEX, précédant la chute du cours ?
    Cette partie sur les métaux précieux me semble être du 2ème degré ;).

  3. oui, comme quoi, on peut être un pseudo expert « associé » et ne pas voir plus loin que le bout de son nez…j’espère que vous n’avez pas conseillé les actions ou obligations, parce que depuis  » l’effondrement »
    de l’or et de l’argent, je pense avoir plus gagné avec l’or et l’argent que je détiens qu’avec mes actions qui chutent de semaines en semaines…
    sans compter que vous avez un discours un peu contradictoire…le monde nous dites vous est dans le brouillard, la masse des dettes colossales et de l’autre côté l’or ne serait plus un refuge ?!?! votre analyse ne me parait pas très cohérente, l’or suit le chemin du dollar dans le sens inverse et donc assure un refuge, et compte tenu de l’inflation intervenue depuis 20 ans, il représente juste la valeur refuge, ni plus ni moins, d’ailleurs, quand on parle à un banquier classique, il vous dit que seulement 2 à 3 % de ses clients « jouent » l’or, CQFD, si l’or était entré dans un cycle spéculatif, tout le monde jusqu’aux petits épargnants achèterait de l’or, ce qui est loin d’être encore le cas !!!

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