Changes et Devises

Le Bourbier Européen : Nouveau raccommodage de l’euro en attendant le suivant…

Nouveau raccommodage de l’euro en attendant le suivant

L’euro est aux soins intensifs. Le patient est affaibli par le nouvel abaissement de la note de la Grèce. Et ses médecins ne savent plus comment rassurer sa famille. En réalité, leurs objectifs sont d’ordre personnel. Ils ont de fortes chances d’être renvoyés à leurs études ces prochains mois

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Source: Mish’s Global Economic Trend Analysis

EN LIEN:

Voilà Pourquoi (et pour qui) nous allons payer la crise grecque

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 En effet, pour Angela Merkel comme pour Nicolas Sarkozy, l’objectif ultime de la politique de l’euro consiste à tenir jusqu’aux prochaines élections. Inutile de dire que cette position de faiblesse laisse des traces profondes. L’euro et l’UE ont rarement été aussi impopulaires en Europe, Angela Merkel en Allemagne et Nicolas Sarkozy en France. Chez nos voisins, l’anniversaire de l’appel du 18 juin fournira l’occasion rêvée de contempler l’absence de véritable chef d’Etat.

En Grèce, l’UE n’est plus une source capable d’abreuver le pays de ses faibles taux d’intérêt et de ses subventions. Non seulement les largesses financières se sont envolées, mais la souveraineté a de plus en plus été rongée par les technocrates bruxellois. La plus ancienne démocratie n’est pourtant pas délaissée. Les «élites» de Bruxelles, du FMI et de la BCE ont pris le pouvoir sur son bilan, donc sur sa politique.

Pourtant, un an après le plan de sauvetage de 110 milliards d’euros, présenté comme définitif, la probabilité que la Grèce parvienne à présenter un excédent budgétaire primaire suffisant (après le versement des taux d’intérêt), la seule source de redressement, est quasi nulle.

L’objectif électoral à court terme des gouvernants allemands et français les oblige à refuser cette perspective logique et à accélérer la spirale interventionniste. Impossible pour ces «socialistes de droite» de faire confiance aux forces du marché et d’accepter qu’un créancier, fût-il un Etat, puisse faire faillite.

 Leur arrogance les empêche de comprendre qu’aucun homme, même le plus brillant, ne peut diriger l’économie à sa guise. Leur environnement est totalement dominé par l’esprit keynésien et son obsession du contrôle. Mieux vaudrait, comme Friedrich von Hayek, accepter la dispersion du savoir et par conséquent la supériorité des forces spontanées du marché, véritable source de progrès à travers un processus d’essais et d’erreurs.

Mais l’UE est aux mains de dangereux docteurs en «planification sociale» sûrs de leur savoir autant que de leur pouvoir.

Comme l’affirme le Français Charles Gave sur son blog, «nous sommes en crise parce que nous avons des hommes politiques qui veulent laisser leur nom dans l’histoire (A ce propos, quelqu’un connaît-il le nom d’un homme politique suisse? Est-ce pour cela qu’il n’y a pas de crise en Suisse?)».

Sans stratégie, ni résultat probant, l’UE veut défendre l’euro. La seule vision présentée de Paris à Athènes, c’est le sauvetage ou le chaos. Triste argument au service d’une montagne de transferts financiers toujours moins transparente. L’opposition existe mais se tait. Les spéculateurs n’osent plus vendre à découvert et les agences de notations sont menacées de nouvelles réglementations à chaque abaissement de rating.

Le dernier épisode de cette perte de sens vient du «rééchelonnement de la dette grecque» pour éviter la contagion et la faillite des grandes banques européennes. Il faut trouver le moyen de prolonger les crédits sans en assumer les risques d’amortissement. Les agences de rating ne seront pas dupes.

La thèse du rééchelonnement est sans doute préférable à court terme à la sortie de la Grèce de l’euro puisqu’elle s’accompagnerait d’une perte de 100% sur les engagements des banques. Mais des réflexions sur les sources du problème ou sur la stratégie à long terme sont inexistantes, voire abandonnées.

 La sortie de l’euro est impossible. La monnaie unique est en effet un système qui distribue les cartons jaunes à des pays qui savent qu’il n’existe pas de carton rouge, expliquait l’économiste Alfred Schüller lors des journées Hayek. Certes l’arrêt du système actuel serait douloureux. Mais, pour reprendre Charles Gave, la fin de l’euro ferait baisser les marchés des actions pendant 15 jours avant de les faire monter pendant 15 ans.

Les risques sont trop grands pour autoriser un pareil scénario. Ce serait accepter l’erreur de la construction monétaire. Et les dégâts à court terme seraient immenses: la BCE aurait non seulement 45 milliards de dettes souveraines grecques, mais aussi 90 milliards d’euros de titres de banques grecques, selon le Wall Street Journal. Des chiffres à comparer aux 10,8 milliards de fonds propres. Pour les banques européennes, une perte de 40% sur les titres grecs mangerait 1% du capital, selon Nomura. Ce serait dérisoire sauf que l’effet de contagion sur l’Irlande et le Portugal porterait la facture à 11%. Le problème deviendrait plus sérieux.

Mais les études ne portent que sur les crédits grecs détenus au bilan et laissent de côté les titres placés dans le livre de trading.

Le rééchelonnement devrait donc se concrétiser. Et les investisseurs privés devraient y participer. Il serait temps que chacun assume ses responsabilités. Les magouillages qui entourent la restructuration de la dette grecque montrent que, trois ans après Lehman Brothers, on refuse toujours les règles les plus élémentaires de l’économie de marché.

Faute d’une autre vision, les partisans de la monnaie unique, en désespoir de cause, avancent les supposés dividendes de la paix. L’euro ou la guerre? Pour Angela Merkel, l’euro est le «garant de la paix, du partenariat et de l’amitié». Même ce dernier dénominateur commun ne correspond à aucune réalité historique. Une monnaie unique n’a d’ailleurs pas empêché la guerre totale entre le nord et le sud des Etats-Unis (1861-1865). Ni leur espace économique commun. La livre sterling commune n’a pas empêché le Commonwealth d’éclater, ni le rouble l’Union soviétique, ni le dinar la Yougoslavie, ni la couronne la Tchécoslovaquie, selon Gerd Habermann, professeur à l’Université de Potsdam. L’union monétaire latine n’a elle-même nullement empêché l’éclatement de la Première Guerre mondiale.

La volonté de défendre l’euro à n’importe quel prix risque plutôt de renforcer les oppositions. Le citoyen grec a une vision de la solidarité européenne qui a perdu beaucoup de son romantisme, selon Gerd Habermann. Les citoyens allemands ou français ne supportent pas davantage ces opérations de soutien non démocratiques. A quel résultat conduirait un référendum en Allemagne ou en France sur l’aide à la Grèce? La question ne se pose pas puisque les élites européennes considèrent comme mal informées leurs populations. Dans ces conditions, comment s’étonner des votes populistes en Finlande, aux Pays-Bas et ailleurs?

Par Emmanuel Garessus/le temps juin11

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Le jeu Europe versus BCE qui peut ruiner le continent par levi-sergio mutemba

La Banque centrale européenne a donné beaucoup de liquidités sans résultat tangible. Elle se retrouve piégée.

La Banque centrale européenne (BCE) est-elle sur le point de devenir la Fed?

 La logique de la première est séquentielle. Les prix d’abord, ensuite l’emploi. Alors que la deuxième embrasse les deux critères à la fois, simultanément. Mais voilà, l’économie européenne est plongée dans un tel bourbier que la BCE se voit de plus en plus forcée d’écarquiller les deux yeux à la fois. Comme la Fed. Le statu quo sur les taux directeurs observé en juin est un revirement reflétant son dilemme. Les problèmes autour des périphériques l’empêchent de mener une politique sereine.

Certains disent qu’elle mollit. En réalité, elle est piégée. Et l’étau se resserre à mesure que la probabilité d’une croissance plus faible pour le reste de l’année augmente: en France, en Allemagne et en Italie, ce sont trois ralentissements industriels qui sont attendus.

«Pour stabiliser les dettes des périphériques, il leur faut une croissance de plus de 3% et des taux d’intérêt de 5%», calcule Jean-Paul Betbèze, chef économiste et membre du comité exécutif du Crédit Agricole à Paris. De passage à Genève la semaine dernière, à l’occasion d’un déjeuner-débat à la Chambre France-Suisse pour le Commerce & l’Industrie. «Et même alors, les niveaux de dette demeure élevés.»

Dans le cas de la Grèce, un tel rythme de croissance pour un excédent primaire de 3% ne stabiliserait la dette qu’à 1,6 fois son PIB. Dans le cas de l’Espagne, le moins malade des patients attendus aux urgences, 3% de croissance et 5% de taux d’intérêt pour un eLe jeuxcédent primaire de 1,3% stabilise sa dette à 0,8 fois le PIB. On ne parle pas du Portugal, qui se dirige également vers la faillite ceteris paribus. De même que l’Irlande.

Que doit faire la BCE? Écouter les instigateurs du Plan A? Tel Jean-Claude Juncker, chef de file des ministres des Finances des membres de la zone euro, pour qui le problème se résume à un manque de liquidités. Une fois renfloués, les périphériques pourront à nouveau se refinancer auprès des marchés des capitaux. Jean-Claude Trichet émet des réserves, craignant un gonflement ad vitam æternam des dépenses de refinancement pour tous ces pays. Alors que la Pacte pour l’euro exige une réduction de 60% de l’écart entre le ratio dette-PIB et le taux cible. Soit 1% d’économie annuelle en termes de PIB budgétaire.

La BCE n’a en outre pas nécessairement les moyens qu’on exige d’elle. En 2009, elle a acheté des covered bonds pour un montant de 60 milliards d’euros. Le programme prend fin un an plus tard presque jour pour jour. Elle rachète ensuite les bons du Trésor des pays les plus menacés. Elle en détient pour 80 milliards. Ce qui fâche Axel Weber, ex-président de la Bundesbank, qui finit par démissionner de la BCE. Celle-ci ne s’arrête pas là dans ses efforts exceptionnellement peu orthodoxes pour tirer l’Europe du marasme: elle finance pour 500 milliards d’euros les banques en manque de liquidités, dont 40 milliards pour le Portugal, 60 pour l’Espagne, 100 pour la Grèce et 130 pour l’Irlande, tandis que ses fonds propres se situent entre seulement 5 et 10 milliards d’euros…

Au vu des difficultés du système bancaire européen, elle ne peut céder aujourd’hui certains actifs pour se donner un peu d’air. Elle les conservera donc jusqu’à maturité. Tout ça pour ça: l’endettement des pays continuent de déraper. Pas plus tard qu’hier, Standard & Poor’s a cru bon de dégrader la note de la Grèce à CCC. La plus mauvaise note souveraine au monde. N’en déplaise à Jean-Claude Junker… les marchés ne semblent pas apprécier le Plan A.

S’agissant de l’euro, le ralentissement du rythme de resserrement monétaire joue contre lui. La monnaie que le clan Jean-Claude Junker comme celui de la BCE entend précisément défendre, hélas par des solutions divergentes. Le Plan B de Nouriel Roubini et Stephen Mihm, économistes et co-auteurs de Crisis Economics: a crash course in the future of finance, réside dans une restructuration et une réduction ordonnée de la dette publique et privée. De son côté, Jean-Paul Betbèze insiste sur davantage de fédéralisme fiscal. Autrement dit une stratégie de croissance commune.

source agefi juin11

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