Agences de Notation

Gros plan sur « l’effort » (sic)négocié avec les banques par Paris ou Berlin

Gros plan sur « l’effort » négocié(sic) avec les banques par Paris ou Berlin. C’est la deuxième condition devant permettre le déblocage d’un nouveau plan de sauvetage triennal en faveur d’Athènes

Alors que le premier ministre grec, Georges Papandréou, achevait, mercredi après-midi, le marathon parlementaire ayant mené à l’adoption d’un nouveau plan d’austérité, une autre réunion, se prépare à Berlin. Tout aussi cruciale. Jeudi, son Ministère des finances y recevra les principaux banquiers du pays. Afin de discuter de leur participation au sauvetage de la Grèce. Hier, le patron de Deutsche Bank, a déclaré s’attendre à «des charges importantes» selon l’option retenue.

Les autorités européennes s’étaient auparavant entendues sur un point: la participation des créanciers privés doit être «volontaire», faute, sinon, de voir Athènes catalogué en «défaut de paiement» par les agences de notation. Le schéma retenu était celui du «rollover», autrement dit, le maintien par les banques de leur exposition sur la Grèce

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La solution discutée pourrait bien ressembler à l’effort obtenu de «ses» banques par Paris dans la nuit de vendredi. D’après les détails révélés dimanche par Le Figaro, les établissements français détenteurs d’emprunts grecs arrivant à échéance d’ici à l’été 2014 accepteraient «volontairement» – le terme est essentiel – de ne pas exiger d’être remboursés immédiatement. A chacune des échéances, ces banques «reprêteront» à Athènes dans la foulée – les Anglo-Saxons parlent de «roll-over» – 70% des sommes exigibles. Ceci via la souscription de nouveaux emprunts obligataires grecs d’une durée de trente ans. Ceux-ci seraient assortis d’un taux d’intérêt limité à 5,5% – la moitié des conditions imposées actuellement par les marchés – auquel s’ajouterait un «bonus» dépendant du redémarrage de l’économie grecque. Le reste des montants dus servirait à faire fonctionner une sorte de caisse d’assurance spéciale, chargée de garantir le remboursement des nouveaux prêts.

L’obtention d’une telle participation au sauvetage de la Grèce de la part des milieux bancaires européens – qui avaient largement poussé à la mise en place de l’euro, il y a vingt ans – se résumerait à un chiffre pour la Grèce: selon les estimations courant depuis trois jours, il lui offrirait un ballon d’oxygène de 30 milliards d’euros au cours des trois années à venir. Ceci s’ajouterait aux 60 milliards du nouveau plan d’aide européen que doivent décider – peut-être la semaine prochaine – les pays européens «partenaires» de la Grèce. Au total, ces 90 milliards d’euros permettraient donc à Athènes de faire face à l’essentiel des 110 milliards dont elle aurait besoin ces trois prochaines années, selon les estimations de la banque ING. Activé cet été, ce soutien des banques de la zone euro permettrait notamment à Athènes de faire face au remboursement d’un crédit de 6,6 milliards. Et écarterait l’ombre du défaut de paiement, objet de toutes les spéculations depuis un an et demi.

Reste à savoir si les agences de notation accepteront de considérer l’éventuelle obtention, ces prochains jours, d’un tel renouvellement de leurs prêts par les banques françaises, allemandes, britanniques ou italiennes comme «volontaire». Et non comme un «défaut» qui ne dirait pas son nom.

Insistance américaine

La question est tout sauf sémantique. De la prononciation de ce verdict du «défaut» dépend l’activation de dizaines de milliards d’euros d’assurances appelés «credit default swaps» ou CDS. Ces produits dérivés avaient été contractés par les banques européennes au fil du temps, afin de ne pas tout perdre si la Grèce finissait par ne plus rembourser ses engagements. Qui devrait régler ces assurances? En grande partie les banques américaines. C’est ce que révèlent les données publiées début juin par la Banque des règlements internationaux. Peu impliquée en direct sur les prêts à la Grèce, Wall Street n’en reste pas moins exposée indirectement à un éventuel défaut de paiement du pays à hauteur de 32 milliards de dollars. En raison des CDS proposés à d’autres établissements. Six fois plus importante que celles planant sur les banques allemandes, cette menace permet de comprendre l’insistance de Washington pour ne pas laisser Athènes faire défaut: ceci forcerait ses banques à devoir rembourser en masse de telles assurances.

Mais qui décide de l’activation de ces CDS?

Un comité de l’ISDA – l’Association internationale «des swaps et dérivés» – constitués de quinze membres, dont BNP Paribas, la Société Générale ou Deutsche Bank. Précisément les banques à qui il est demandé d’éviter à la Grèce de faire faillite.

Une autre tâche s’avère encore plus herculéenne.

 Les bailleurs de fonds qui participent au sauvetage de la Grèce exigent une discipline financière à toute épreuve. Et c’est justement là que le bât blesse. Ils demandent à la Grèce exactement le contraire de ce que toute la planète entière vient de faire pour lutter contre la crise financière. Les Etats-Unis, notamment, veulent prolonger leur politique monétaire accommodante pour faciliter l’investissement et la création d’emplois.

L’histoire montre que les programmes d’austérité que le Fonds monétaire international a prescrits à des dizaines de pays en développement durant les trois dernières décennies n’ont pas apporté la croissance. La Grèce ne fera pas exception.

Parallèlement au programme de redressement, l’économie grecque a besoin d’investissements publics et privés pour créer des emplois et donner un coup de fouet à la consommation. Le pays ne manque pas d’atouts, mais de politiques claires pour mobiliser les capitaux locaux et étrangers.

source le temps juin11

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BANQUES FRANCAISES

Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), fin décembre 2010, les banques françaises étaient exposées à hauteur de 10,3 milliards d’euros à la dette publique grecque – les trois principales (BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale) ayant les plus gros encours.

Elles sont parties de cette base pour concocter leurs propositions. Le scénario retenu prévoit qu’elles se réengagent à hauteur de 70% de leurs encours actuels. En tout, 50% de cette exposition seraient réinvestis sur des titres d’une maturité significativement rallongée, autour de trente ans. Une façon de donner un peu d’oxygène à la Grèce en repoussant franchement l’échéance des remboursements.

Le taux d’intérêt serait proche de celui que le pays acquitte à l’Union européenne et au Fonds monétaire international (FMI). Il pourrait être complété par un taux d’intérêt variable adossé à un indicateur grec, comme l’évolution du produit intérieur brut (PIB).

Le plan ne prévoit pas de garantie publique, comme le réclamaient les banques allemandes. Mais une option de «sécurité» est imaginée: les établissements financiers pourraient investir 20% des sommes dans des titres dits «zéro coupon», émis par une entité notée AAA, tel le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Avec ce type de titres, les intérêts sont thésaurisés pendant toute la durée du prêt et ne sont versés au créancier qu’à l’échéance. L’intérêt est de constituer une sorte de «cagnotte» sécurisant les nouveaux emprunts grecs.

Source le monde Juin11

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Les grandes banques allemandes obtempèrent

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé hier les banques allemandes à mettre un peu plus d’entrain à venir en aide à la Grèce, tandis que le patron de la Deutsche Bank a déclaré s’attendre à «des charges importantes» pour les instituts concernés.

«J’ai compris que vous alliez nous tendre la main mais pas volontiers», a déclaré Mme Merkel lors d’un congrès bancaire à Berlin, s’adressant directement au patron de Deutsche Bank Josef Ackermann qui l’avait précédée sur le podium. «Mais si vous voulez continuer à vivre dans un pays stable, tendez-la nous, et tendez-la nous volontiers», a-t-elle enjoint.

Auparavant, M. Ackermann avait déclaré: «Nous proposerons quelque chose, non pas parce que cela nous fait plaisir mais pour permettre (…) d’éviter une fusion nucléaire» que représenterait pour l’Europe une faillite de la Grèce.

Les principaux créanciers privés allemands de la Grèce négocient d’arrache-pied depuis la semaine dernière avec le gouvernement pour définir les contours de leur participation à un nouveau plan de sauvetage d’Athènes. Les dirigeants européens ont convenu que toute nouvelle aide devrait être assortie d’une implication du secteur privé, sur une base volontaire.

Mme Merkel a répété cette exigence hier, la jugeant «totalement juste et importante». M. Ackermann lui-même s’est dit au nom du secteur tout entier «conscient de sa responsabilité».

«Nous sommes prêts à participer», a pour sa part déclaré Martin Blessing, le directeur de la deuxième banque allemand Commerzbank, détenue à 25% par l’Etat depuis la crise et qui a près de 3 milliards d’euros de titres de dette grecs en portefeuille. Le plan français «coince sur plusieurs points» mais est «une bonne base», a-t-il ajouté.

Les banques françaises ont proposé de réinvestir immédiatement en titres grecs 70% des sommes perçues quand Athènes leur remboursera leurs obligations arrivant à échéance. C’est «une solution parmi d’autres», avait déclaré M. Ackermann lundi.

Pour les banques allemandes qui détiennent pour environ 10 milliards d’euros d’obligations grecques, «nous parlons de charges importantes», a-t-il dit mercredi. «Cela va nous coûter des sommes conséquentes, selon le modèle que l’on retient». Les représentants du secteur doivent rencontrer jeudi en début d’après-midi le ministre des Finances Wolfgang Schäuble pour poursuivre les discussions. Les Européens veulent arriver à une solution pour Athènes d’ici dimanche, après qu’un premier obstacle, le vote du parlement grec sur un nouveau plan d’austérité, a été levé mercredi.

Parmi les aspects à prendre en compte, le directeur de la Deutsche Bank a évoqué hier le danger pour les banques de se voir «accusées d’abus de confiance, si nous disposons comme cela de nos fonds».

«Cela a l’air simple et séduisant de dire ‘prolongez-donc (vos engagements)’», a commenté M. Ackermann, «mais c’est une nouvelle catégorie d’actifs» que nous allons ainsi avoir en portefeuille, «on ne peut pas simplement faire comme si c’était la même chose».

 Source agence

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Grèce: le plan français n’est pas la solution

Le projet français de reconduction de la dette grecque a apaisé quelque peu les marchés. Certains l’ont comparé au plan Brady, qui a aidé à mettre fin à la crise de la dette en Amérique latine dans les années 1980. Le plan présente certes des aspects positifs, notamment pour les créanciers, mais il n’est pas certain qu’il aide la Grèce et il pourrait s’attirer les foudres des agences de notation.

Le projet est que les banques réinvestissent 50% de leur exposition dans des nouveaux titres grecs à 30 ans et qu’elles placent 20% dans des emprunts européens zéro coupon notés AAA, dont la valeur augmentera avec le temps, les protégeant ainsi d’un défaut grec. Ces mesures aideraient à couvrir les besoins de financement de la Grèce, que les gouvernements rechignent à combler.

Pour les créanciers, le montage présente un attrait certain: ils recouvreraient 50% de leur exposition à la dette grecque, soit peut-être davantage qu’en cas de défaut. Ils pourraient en outre faire des gains sur leurs nouveaux titres AAA et sur les emprunts grecs, particulièrement si les intérêts sont calculés en fonction de la croissance du produit intérieur brut, comme cela a été suggéré. Cependant, contrairement au plan Brady, dans lequel l’emprunteur offrait des titres garantis par des emprunts du Trésor des Etats-Unis, c’est ici au bailleur de fonds de payer pour son assurance.

Du point de vue de la Grèce, l’intérêt n’est pas évident. Le plan Brady se traduisait par une réduction de la dette. Ainsi, le plan Brady pour le Mexique proposait une option d’échange de prêts pour des titres d’une valeur de 65% du montant à rembourser. Le plan français n’allège pas la dette grecque. Plus inquiétant, les agences de notation pourraient déclarer que ce procédé constitue un défaut, ce qui remettrait en cause l’utilisation d’emprunts grecs comme garanties collatérales auprès de la Banque centrale européenne. En effet, la BCE ne peut pas se permettre de changer d’avis sur ses règles en matières de garantie collatérales sans entacher sa crédibilité.

Toutes choses prises en compte, ce plan semble n’être qu’une création de la zone euro pour intégrer la volonté de l’Allemagne que le secteur privé contribue à l’effort. Tout répit qu’il pourrait apporter ne serait que de courte durée.

Richard Barley, Wall Street Journal juin11

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