Commentaire de Marché

William Eigen (JPMorgan) relativise la faillite grecque… sans exclure « un effondrement général »!

 William Eigen (JPMorgan) relativise la faillite grecque… sans exclure « un effondrement général »!

Le scénario d’une faillite de la Grèce hante les esprits, les investisseurs craignant de revivre un scénario à la Lehman Brothers. William Eigen, gestionnaire du fonds Income Opportunity chez JPMorgan Asset Management (un fonds investi en obligations), relativise: « Je n’écarte pas un tel scénario. Mais il y a 10% de chances qu’il puisse se produire », selon lui.

  « Quand nous avons eu 2008, personne n’y était préparé. La veille de la faillite de Lehman, ses actions préférentielles étaient encore entièrement valorisées, ses obligations avaient le prix d’une société parfaitement viable… Et le lendemain, tout cela valait zéro. Personne n’avait mesuré l’effet de contagion que Lehman allait déclencher », rappelle le gestionnaire. « La grande différence avec la Grèce, c’est que tout le monde connaît le montant de la dette grecque et où elle se trouve. Tout le monde connaît aussi le montant notionnel des credit default swaps sur la Grèce », ajoute-t-il.

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Pour rappel, le niveau actuel des CDS (instruments de couverture) sur la Grèce prévoit une possibilité de 90% pour que le pays fasse défaut sur sa dette d’ici trois ans. « Le marché est conscient de la faillite probable de la Grèce. Ce n’était pas le cas de Lehman » insiste le gestionnaire. « Si 2008 n’était pas arrivé, personne ne se serait penché sur le problème grec comme c’est le cas actuellement ».

Un marché Liquide

Contrairement à d’autres, William Eigen ne s’inquiète d’ailleurs pas de l’état du marché des CDS. « Le marché des CDS n’a jamais été aussi liquide! », affirme-t-il.

Point faible durant la crise, ce marché avait subi le contrecoup de la faillite d’AIG.

L’assureur américain s’était retrouvé dans l’incapacité de rembourser les nombreux CDS sur CDO (titres de dette) dont il assurait la contrepartie.

Mais William Eigen ne voit pas se réaliser le même scénario pour les CDS grecs. « La raison pour laquelle AIG a eu des problèmes repose sur le levier excessif mis en place par l’établissement. Il a vendu des CDS à n’importe qui sans mettre de cash en collatéral. Aussi, quand il s’est retrouvé à devoir rembourser ces contrats, il n’avait pas d’argent à disposition. Ici, ce n’est plus le cas. Les institutions financières ne s’engagent plus dans ce type de comportement parce qu’elles ont tiré les enseignements de 2008 », assure-t-il.

Le gestionnaire ajoute que le montant net du notionnel derrière les CDS sur la Grèce s’élève à 5 milliards de dollars. « On ne parle plus de milliers de milliards de dollars » souligne-t-il. Pour rappel, AIG avait pour 562 milliards de dollars de CDS à risque.

Risque Extrême

William Eigen avoue toute de même détenir des CDS sur l’Allemagne et l’Italie. « Ce sont des transactions prises pour couvrir mes expositions à la hausse. Elles sont là pour les protéger en cas d’effondrement général du système financier, ce que je n’espère pas ».

Le gestionnaire est notamment exposé aux obligations à haut rendement (dont le rating est inférieur à BBB-). « J’apprécie les obligations à haut rendement car elles offrent un coupon de 8% et leurs fondamentaux sont bons. Et si l’économie mondiale retombe à 0% de croissance, tout ce qui m’importe, c’est que ces obligations continuent à payer leurs coupons », explique-t-il.

Pas moins de 18% de son portefeuille sont d’ailleurs investis en obligations à haut rendement.

Mais l’essentiel de son portefeuille, c’est du cash. « Je détiens beaucoup de cash car il y a beaucoup de volatilité sur les marchés, et l’opportunité de mettre ce cash au travail est grande car le risque de voir les actifs tomber à un niveau bon marché est élevé », relève-t-il.

En ce moment, il exploite aussi des aberrations de prix sur les constructeurs immobiliers aux Etats-Unis, comme Hovnanian Enterprises.

Que tout le monde joue à la baisse. « Ils ont des primes CDS équivalents à ceux de la Grèce alors que les probabilités de faillite sont faibles à court terme ».

29 juin 2011 par Jennifer Nille/L’Echo

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