Changes et Devises

La crise de l’euro condamne à la triple peine les épargnants suisses

La crise de l’euro condamne à la triple peine les épargnants suisses

Les détenteurs d’actions européennes ont perdu 19% en un an. Le rebond ayant suivi le plan en faveur de la Grèce s’essouffle

Le nouveau hoquet connu mercredi par les marchés boursiers de la zone euro – Milan a dévissé de 2,8% – remet au goût du jour la double peine à laquelle sont soumis les investisseurs helvétiques depuis plus d’un an. L’effondrement de la valeur de l’euro face au franc – 16% en douze mois – ne fait en effet qu’amplifier leurs moins-values sur les marchés européens.

L’épargnant qui a misé, en juillet 2010, cent euros sur les cinquante principales sociétés de la zone euro – regroupées dans l’indice Euro­stoxx 50 – a perdu 3 euros. Epée de Damoclès de la crise grecque oblige. L’atmosphère est plombée depuis des mois par la crainte d’une réaction en chaîne faisant vaciller Lisbonne, Dublin, l’ensemble du système bancaire et in fine l’économie et la devise européenne. Tout cela avant même l’effet de change: il ne reste en effet plus que 80 francs à l’investisseur ayant misé 100 francs sur l’Eurostoxx il y a un an.

Cette double peine affecte de façon plus impitoyable les placements sur la bourse de New York: la hausse de 18% affichée en un an se transforme en une moins-value de – 10%, une fois changée en francs. Cet effet ciseau vient laminer les plus-values tirées des sociétés informatiques ou Internet. Cela alors que le Nasdaq – la bourse américaine qui leur est dédiée – retrouve son niveau de début 2001.

Reste un autre problème. La bourse de Zurich. Là, pas d’effet de change. Mais les cours des actions n’en ont pas moins décliné de 6% en un an. Ce qui incite à parler de triple peine: l’effondrement de l’euro menace la compétitivité – et les ventes dans les pays voisins – des piliers de la cote helvétique. Ce qui se répercute in fine sur le cours de leurs actions.

Face à cette conjonction de facteurs négatifs, les caisses de pension apparaissent en première ligne. Le dernier pointage réalisé auprès de celles dont les valeurs sont conservées à Credit Suisse montre que leur rendement ressort à -0,4% sur les six premiers mois de l’année. Sur l’ensemble de 2010 leur performance avait atteint 3%.

Par Pierre-Alexandre Sallier/le temps juil11

Laisser un commentaire