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Marchés : La cote fourmille d’opportunités. Cessez de parquer vos fonds à 0% par Serge Laedermann

La cote fourmille d’opportunités. Cessez de parquer vos fonds à 0% par  Serge Laedermann

Rien ne pourra faire imploser le système. C’est le message clair délivré par les Banques centrales. Il est grand temps de retourner sur les marchés.

La cassure des supports techniques majeurs, soit 262 sur le DJ Europe 600 et 1260 sur le S&P 500, n’a pas pardonné. Cette rupture était redoutée car elle impliquait des objectifs baissiers impressionnants basés sur les formations dites de Têtes & Epaules présentes sur les principaux indices boursiers. Ainsi, en brisant ces fameux 1260, le S&P 500 a activé un objectif baissier minimum situé à 1155, une marque atteinte en quatre jours à peine. Comme cela est de coutume, les actions baissent beaucoup plus vite quelles ne montent, sauf que les hausses sont nettement plus fréquentes. Bon, il est vrai qu’on a plus trop l’habitude de les voir grimper.

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 Même topo sur l’indice paneuropéen des 600 sociétés. Après trois tests du support clé situé à 262, nos abatis étaient comptés. Il est rare de voir un niveau tenir quant il a été martelé à trois reprises, et comme un plancher qui émet de sinistre craquement sous une charge trop lourde, il finit par céder. Il n’aura également fallu que quatre jours pour atteindre l’objectif de 235 points, sanction minimum calculable par tout un chacun avec quelques connaissances graphiques et sans avoir fait Harvard. Cela surprend toujours les gens quand ils découvrent la simplicité de ces formations ou «patterns» qui existent depuis la nuit des temps sur les «charts». Mais bon, continuez à jouer avec vos outils techniques de type RSI et moyennes mobiles qui ne peuvent que vous coûter de l’argent, puisque vous adorez ça!

 Lors de mon dernier séminaire au CERN dans les années 2000, devant un parterre de chercheurs qui s’étaient mis à analyser les mouvements de prix (les Chinois assis en bas à gauche, les Allemands en face et les Anglais au fond), un de ces puits de science m’avait posé la question suivante: «si vous avez des «trucs» pour gagner, pourquoi les donneriez-vous?» Désarçonnant non? Pas tellement, en fait. C’est un peu comme le piano. On peut connaître la gamme et dire que ce morceau il faut le jouer en sol majeur, car c’est évident qu’il se joue comme cela. Encore faut-il avoir de la pratique, s’entraîner et être immergé dans la musique pour en exhaler sa quintessence. Dans le business on dirait «en retirer la substantifique moelle». Avec de l’abnégation et de la technique il est possible d’avoir un rendement de 50%, voire plus si la discipline est totale et ça n’est pas surprenant. La foule réagit souvent de la même manière face à l’argent, que ce soit de manière déraisonnable en spéculant jusqu’à jouer les carnets d’épargne des enfants (spéculation rampante), ou en paniquant pour sauver les derniers bibelots de l’édifice écroulé (capitulation). Eh bien, pour espérer gagner, il faut être de l’autre côté de l’équation, et encore, on ne gagne pas toujours. La semaine dernière ce sont 7 trillons de capitalisation boursière qui sont partis en fumée.

 Que va-t’il se passer maintenant?

 Tout d’abord, une constatation, la même qu’en 2008: c’est la bourse qui mène le monde et les politiciens tiennent la laisse tant bien que mal. Mais s’ils ont de la peine à la tenir, ils ne la lâcheront pas, ça n’est simplement pas permis. C’est ainsi que nous voyons la Réserve fédérale américaine se prostituer devant les marchés en offrant des intérêts proche de zéro jusqu’en 2013, une Banque centrale européenne rachetant à tour de bras de la dette pourrie et des plans d’austérité fleurir sur moults horizons. Comme en 2008, la Bourse voulait une grande manipulation des marchés et elle a eu ce qu’elle voulait. C’est une excellente nouvelle pour les actions.

Il y a une grande différence entre la débâcle d’aujourd’hui et les précédentes. Le monde est inondé de liquidités placées à 0%, les évaluations des sociétés n’ont globalement jamais été aussi basses et la visibilité des profits est à qualifier de satisfaisante, même si ceux-ci se tassent. Plus bullish tu meurs! Il suffit de voir les cours débiles sur certains titres pour prendre conscience que les liquidités vont rejoindre inéluctablement les actions car rien d’autre ne rapporte, excepté l’or qui est un faux ami, surtout évalué en francs suisses. Nous passerons certes encore de mauvais moments, car les grands argentiers doivent encore sécuriser d’avantage le système. Par exemple en ajoutant la garantie de la BCE comme collatéral à tout emprunt, ce qui ne coûterait rien et permettrait aux pays en difficulté d’emprunter à des taux très bas. N’oublions pas qu’en dernier ressort il y a la planche à billets qui, par de savantes manœuvres comptables, peut s’avérer très acceptable. De toute manière, c’est déjà ce que font indirectement les banques centrales. Nous sommes en plein dans ce «crash horizontal» décrit dans ces mêmes colonnes il y a 3 ans, ce qui procure bien des opportunités tout de même. Quant au dollar à 70 centimes et l’euro à parité dont il est question ici depuis longtemps, cela a été bien plus vite que prévu et le bouchon a été poussé trop loin. Place à l’apaisement.

Serge Laedermann Associé, GFA Geneva Financial Adviser aout11

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