Art de la guerre monétaire et économique

L’or devise alternative ou quand les Etats thésaurisent leur propre production d’or

L’or devise alternative ou quand les Etats thésaurisent leur propre production d’or

L’annonce de la Banque centrale suisse signifiant qu’elle interviendrait sur les marchés des changes pour éviter que le franc suisse s’apprécie au-delà de 1,20 face à l’euro  élimine un concurrent à l’or et renforce le caractère de devise alternative du métal jaune face aux autres devises susceptibles d’être manipulées.

La liste des états souhaitant acheter leur production aurifère domestique pour augmenter le poids de l’or dans leurs réserves s’allonge avec la Roumanie et la Bolivie (après une annonce similaire de la part du Kazakhstan et du Venezuela. Les quantités produites dans ces pays ne sont pas colossales mais c’est autant de matériel qui n’atteindra pas le marché.

C’est i pour se prémunir contre la dévalorisation de leurs réserves de devises, que les Etats sont de plus en plus tentés de stocker leur production d’or, plutôt que de la vendre à l’étranger… C’est le choix qu’a officiellement fait le Venezuela, le 23 août, au lendemain du record historique du métal précieux : 1911 dollars l’once. Désormais toute la production vénézuélienne restera aux mains du gouvernement d’Hugo Chavez, et non plus seulement la moitié de l’or extrait dans le pays, comme la loi l’imposait auparavant. Les autorités de Caracas vont aussi rapatrier toutes les réserves d’or qui sont stockées dans des banques à l’étranger, soit selon elle 17 000 lingots de 441 onces (12 kilos et demi), ce qui, au prix actuel de l’or, représente la bagatelle de 11 milliards de dollars !

 Le Venezuela n’est pas le seul à faire ce choix : le Kazakhstan l’a précédé. Certes, ce sont des petits producteurs, mais la Chine aujourd’hui le premier producteur mondial de métal précieux avec 300 tonnes annuelles, conserve son or depuis plusieurs années. La Russie 5ème producteur mondial achète aussi son or, une production de 150 tonnes par an. Prises individuellement, ces opérations de stockage paraissent négligeables, mais si on les additionne et qu’on les rapporte à la production mondiale, 2000 tonnes annuelles, c’est autant d’or qui n’est plus disponible pour répondre à une demande croissante d’or physique, en Occident et surtout en Asie. L’Australie et l’Afrique du Sud, 3ème et 4ème producteurs au monde, vont-ils à leur tour stopper les ventes d’or ? Certains analystes le croient. Pourquoi continueraient-ils à le faire contre des dollars américains qui se déprécient jour après jour ?

source edram/Claire Fages rfi sep11

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