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L’or a passé tous les tests par Pierre Bessard

L’or a passé tous les tests

Le lancement d’une initiative populaire pour empêcher la vente des réserves d’or de la Banque nationale  n’est pas vraiment une surprise politique dans l’environnement actuel. Il s’insère dans un débat qui a pris de l’ampleur ces trois dernières années: les fonctions traditionnelles de l’or, relégué au rang de simple métal précieux, voire de «relique barbare» pour les adeptes des bons mots de Keynes. La réalité parle pourtant une autre langue: alors que le dollar a perdu 50% de sa valeur, le cours de l’or a triplé.

Si les banques centrales n’ont jamais tenu de réserves en diamants ou en truffes blanches, ce n’est certainement pas un hasard: l’humanité se sert de l’or comme moyen de paiement et de réserve depuis 6000 ans. Ce remarquable conservateur de valeur a passé tous les tests de marché. Au contraire de son successeur Ben Bernanke, qui a comparé le métal jaune à de banales obligations du Trésor, Alan Greenspan avait la modestie de rappeler qu’en cas de crise de confiance qui réduirait la valeur de la monnaie-papier à sa valeur intrinsèque, c’est-à-dire zéro, l’or serait toujours accepté. Son importance reflète l’évolution du pouvoir d’achat des monnaies légales.

Loin de mythifier l’or ou d’en faire une doctrine totalitaire, il s’agit pour la plupart des métallistes de se prémunir simplement contre le moyen le plus sournois d’expropriation: la dévaluation monétaire.

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L’or est précisément apprécié à travers le monde parce que sa production est hors de contrôle des gouvernements. Les banques centrales peuvent élargir indéfiniment la masse monétaire, ce qu’elles ont fait récemment à un rythme inquiétant. A l’inverse, l’extraction dans de nouvelles mines n’augmente en général le stock existant que de 1,5% en moyenne historique. Comme l’ont abondamment expliqué les grands économistes libéraux du XXe siècle, à l’image de Wilhelm Röpke ou de Ludwig von Mises, la stabilité de la masse monétaire n’est pas un obstacle puisqu’elle permet une hausse de valeur unitaire reflétant les gains de productivité. Cette déflation-là n’est pas un problème pour la croissance de l’économie. Mais elle le serait indubitablement pour des gouvernements paniers percés confrontés à des dettes et à des promesses de prestations sociales non financées d’une ampleur sans précédent.

 Pierre Bessard/agefi sep11

EN COMPLEMENT : L’UDC lance une initiative sur l’or de la BNS

L’initiative «Il faut sauver l’or suisse» demande que le métal jaune représente au moins 20% des actifs de la banque et qu’il soit stocké sur territoire helvétique.

 L’UDC a lancé mardi son initiative populaire pour empêcher les ventes d’or de la Banque Nationale Suisse. Le texte demande que le métal jaune représente au moins 20% des actifs de la BNS et que ces réserves soient stockées sur territoire helvétique.

L’initiative «Il faut sauver l’or suisse» veut inscrire dans la constitution que les réserves en métal jaune de la BNS sont inaliénables. Ces réserves représentent actuellement quelque 17% des actifs, a indiqué le conseiller national zurichois Ulrich Schlüer à Berne devant les médias. «Pour garder sa marge de manœuvre, la BNS aurait besoin qu’elles atteignent un peu plus de 20%». Que la Banque nationale ait vendu plus de la moitié de ses réserves d’or au cours des dix dernières années prouve que ses dirigeants peuvent très mal juger la situation, a critiqué le conseiller national Luzi Stamm (AG). Selon lui, l’initiative de l’UDC «arrive au bon moment, car le peuple suisse commence à se rendre compte que ces ventes d’or étaient une erreur».

«La BNS a jugé ses réserves d’or «superflues» et a commencé à vendre à vil prix ce patrimoine appartenant pour une grande part aux collectivités suisses», a renchéri le conseiller national valaisan Oskar Freysinger. Cette fortune appartient au peuple et, pourtant, «on a l’impression qu’elle est devenue une masse librement manipulable par les politiques», a affirmé de son côté M. Schlüer.

Le conseiller national Lukas Reimann (SG) voit pour sa part dans les réserves d’or le fondement de la marge de manœuvre et de l’indépendance hevétique. Sa solution pour régler la crise économique liée à l’endettement des Etats: «revenir à une politique monétaire solide et fondée sur des valeurs réelles, visibles et concrètes».

Au regard du surendettement de certains pays, le comité d’initiative juge «irresponsable» que la BNS stocke une partie de ses réserves de métal jaune à l’étranger.

L’or de la BNS représente le fondement de la confiance dans la monnaie suisse, donc de la stabilité de la place financière helvétique, a insisté M. Reimann. «Les réserves d’or sont les garantes d’un avenir florissant», a conclu M Schlüer.

L’UDC a jusqu’au 20 mars 2013 pour récolter les 100’000 signatures nécessaires au dépôt de son initiative. Le délai a été publié hier dans la Feuille fédérale. –

source ats sep11

1 réponse »

  1. 20 % d’or, avec un bilan gonflé par les achats illimités d’euro, ça ne va pas être évident! Mais c’est une initiative citoyenne qui vise juste dans ce pays qui demeure la dernière démocratie d’Europe continentale; c’est pourquoi certains aimeraient tant le détruire.

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