Art de la guerre monétaire et économique

L’Edito du 24 Septembre / Alerte rouge : le roi était nu, le dollar-roi se rhabille par Bruno Bertez

L’Edito du 24 Septembre / Alerte rouge : le roi était nu, le dollar-roi se rhabille par Bruno Bertez

   Alerte rouge. L’interprétation que nous proposons de la situation n’est pas orthodoxe. Certains diront même qu’elle est aventureuse. Nous vous la livrons pour ce qu’elle est, une hypothèse de travail qui a le mérite de rendre compte, de façon cohérente, de ce qui est en train de se passer sur les différents marchés: changes, fonds d’Etat, CDS, spreads, refinancement des banques.

 

   Les commentaires qui ont été émis lors de l’annonce officielle de l’opération Twist sont, à notre avis, non seulement insuffisants, mais erronés

Nous-mêmes avons proposé une interprétation très simple qui consistait à dire que l’opération Twist avait pour effet de renforcer et de faciliter le financement des besoins du Trésor américain, de lui éviter la mésaventure, mieux, la catastrophe survenue aux pays européens, Nous avions en tête ce coup de tonnerre qu’a constitué la perte du triple A des Etats -Unis et nous pensions bien que l’avertissement ne resterait pas lettre morte. D’autant que le risque de rechute se précisant et se confirmant, il paraissait évident et indispensable que les autorités américaines cherchent à retrouver des marges de manœuvre : c’est-à-dire des possibilités de financement de nouvelles mesures keynésiennes  de soutien de l’emploi . 

 L’opération Twist  consiste à aplatir la courbe des taux, à vendre la partie courte pour remployer, acheter dans la partie longue. En gros, elle accepte un relèvement des taux courts sur les valeurs du Trésor pour, sans augmenter le bilan de la FED, faire baisser les taux longs c’est-à-dire faire monter le cours des fonds d’Etat. Un filet de sécurité est ainsi offert aux acheteurs de fonds d’Etat US, même mieux, on leur offre un espoir très raisonnable de plus-value.

Ce faisant, il est évident que l’on renforce leur attrait, même avec des taux bas, le rendement se complète par un espoir de plus-value: c’est  ainsi  que se confirme et se renforce le statut d’une part ,du dollar roi et, d’autre part, celui de valeur refuge des fonds d’Etat américains.

 

source Wall Street Journal

US dollar versus 50-day moving average 9/23/11

source Bespoke

En mettant la communauté spéculative internationale du côté du dollar et du côté des valeurs du Trésor, l’opération Twist marquait une rupture avec la politique antérieurement suivie. C’est cet aspect que nous considérons comme fondamental. Les événements survenus sur les marchés, non seulement depuis l’annonce officielle de l’opération Twist, mais également depuis sa préparation par les rumeurs, nous confortent dans l’analyse paradoxale que nous vous présentons.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT :

Depuis le début de la crise, la politique des responsables américains a visé à la création de liquidités et au gonflement du bilan de la Fed. Nous avons signalé en son temps que cette politique était inefficace dans la mesure où le système étant ouvert, les liquidités et les capitaux au lieu de rester aux Etats-Unis allaient inonder les marchés globaux et singulièrement les émergents. Le principal résultat de cette politique a été, on l’a constaté sur les marchés, le grand Reflation Trade, c’est à dire les grands positionnements reflationnistes. Le ReflationTrade a bénéficié aux émergents que l’on a cru découplés, aux matières premières, au pétrole, à l’énergie, et bien entendu à l’or. Pour simplifier, on peut dire que la politique américaine a été inefficace pour résoudre les problèmes américains, mais qu’elle a été favorable non seulement au reste du monde, mais aux ennemis du dollar, aux anti-dollars.

A la faveur de ce grand ReflationTrade, une position gigantesque vendeur en dollar s’est constituée. La communauté spéculative mondiale a emprunté des dollars quasi gratuits puis les a vendus pour financer des spéculations sur les émergents, sur les matières premières, etc. Le sens profond de ce mouvement est celui d’une vente à découvert de dollars. Les dollars empruntés ayant été vendus pour acheter autre chose, ils restent dus, il faut les rembourser. C’est le phénomène que l’on appelle le carry.

A la lueur de ce qui a été écrit ci-dessus, il faut réinterpréter le fameux paradigme du risk-on/risk-off. Le risk-on, c’est quand les Etats-Unis inondent le monde de liquidités, que ces liquidités servent à la spéculation internationale pour faire monter les marchés financiers, les matières premières et les anti-dollars. Le risk-on, c’est en dernière analyse, et toutes les corrélations le prouvent, la surabondance et la dévalorisation implicite du dollar.

Dans cet ordre d’idée, qu’est-ce que le risk-off? Et bien, c’est le contraire, c’est quand le dollar est moins abondant, quand les marchés financiers rebaissent, quand les matières premières chutent, quand les anti-dollars s’effondrent. Le risk-off, c’est quand le dollar est rare ou menace de le devenir. C’est quand les opérateurs en carry sont squeezés. C’est quand la communauté spéculative est obligée de se deleverager, d’annuler ses dettes, de racheter les dollars qu’elle a vendus.

source Financial Times

On comprend qu’à la faveur du risk-on, la communauté spéculative internationale et singulièrement les grandes banques aient pu emprunter des dollars gratuitement et chercher à gagner de l’argent en employant le produit de ces dollars  dans des actifs risqués comme les dettes souveraines de mauvaise qualité, les dettes subprimes. La position insensée de ces établissements consistait en dernière analyse à se trouver vendeur à découvert de dollars,  c’est à dire à parier sur sa baisse et d’un autre côté à se trouver acheteurs d’actifs de qualité douteuse, donc à parier là aussi sur le maintien du risk-on, c’est à dire sur la poursuite du mouvement de compression des spreads, c’est à dire sur le maintien de la surabondance du dollar. Spéculation insensée et extrêmement risquée qui est à l’origine, d’abord de l’inquiétude des banques en 2010 sur un éventuel resserrement -le fameux exit qui n’est pas venu – des politiques monétaires. Cette inquiétude sur un éventuel exit a provoqué un resserrement de la liquidité mondiale et c’est alors, la mer des liquidités se retirant, que l’on s’est aperçu que beaucoup se baignaient nus, c’est-à-dire étaient insolvables. La première secousse a été celle de l’Emirat d’Oman. Il est significatif que, dans la foulée, se soit déclenchée la crise grecque.

source Zerohedge

source Wall Street Journal jan2010

Le risk-on, c’est « tout va bien, tout le monde est solvable », c’est quand les liquidités sont surabondantes et que l’on s’attend à ce qu’il y en ait de plus en plus. Le risk-off, c’est quand la liquidité se restreint, quand on anticipe qu’il n’y en aura non seulement pas plus, mais de moins en moins. C’est quand les vendeurs à découvert de dollars commencent à trembler, c’est quand le deleveraging s’enclenche.

A la lueur de ces hypothèses, on comprend mieux ce qui s’est passé ces derniers jours.  Et on comprend mieux, en particulier, que les tendances financières négatives aient commencé de s’enclencher il y a quelques semaines lorsque certains initiés comme Goldman Sachs ont eu vent de l’opération qui se préparait.

source Soc Gen (Albert Edwards) 

Alors que les marchés étaient en train de se fourvoyer et d’espérer un Quantitative Easing n°3, c’est-à-dire un nouveau bond, un nouveau gonflement du bilan de la Fed, le dernier FOMC, non seulement n’a pas fourni ce Quantitative Easing n°3,  non seulement il n’a pas ouvert le robinet des liquidités, mais au contraire, selon notre analyse, il l’a fermé  pour le ROW c’est à dire pour le reste du monde.

Et c’est là l’originalité de notre analyse, à savoir que l’opération Twist, non seulement n’augmente pas les liquidités disponibles, mais au contraire restreint et va restreindre la liquidité mondiale car avec le Twist, les USA deviennent plus attirants, le dollar et des fonds d’Etat plus désirables.

 C’est l’inversion du mouvement qui a pris naissance en 2008, les capitaux qui sont sortis des Etats-Unis vont y rentrer. La mer des liquidités va s’assécher. De plus en plus de gens nus vont être exposés et leur insolvabilité mise au jour. Les établissements en carry vendeurs à découvert de dollars vont devoir se racheter. Le robinet des liquidités étant fermé, le risk-on va péricliter et c’est là le trait de génie, non pas des gestionnaires américains, mais du système américain lui-même, le risk-off va se remettre en place. L’opération Twist ne se comprend bien que si on la replace dans son contexte, elle accentue le retour des capitaux aux Etats-Unis, alors que déjà ils ont tendance, en raison de la fragilisation du reste du monde, à y revenir.

Et qu’est-ce que le risk-off, si ce n’est la restauration de la prééminence du dollar, le dollar-roi rhabillé, le dollar considéré comme sans risque, refuge avec son avatar que constituent les valeurs du Trésor US.

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  source Dshort

Fondamentalement, objectivement, systémiquement, annoncer l’opération Twist alors que le monde est en pleine crise de deleveraging, en pleine crise de la dette euro, alors que le monde ne pense qu’à trouver des refuges, cela revient à dire: venez chez nous, nous vous garantissons que le dollar est solide (le bilan de la Fed reste constant) et qui mieux est, nous vous garantissons que vous ne perdrez rien sur vos valeurs du Trésor puisque nous allons en acheter pour 400 milliards de dollars, que nous allons faire monter les cours, que nous allons faire baisser les taux.

source Dshort

L’opération Twist, c’est la réaffirmation globale du statut du dollar-roi à la faveur de la crise euro et à la faveur de la disparition de l’attrait des émergents empêtrés dans une régulation impossible.

 

source Bespoke

L’opération Twist va accentuer la fuite des capitaux du reste du monde vers les Etats-Unis. Elle va accentuer les faiblesses des concurrents des Américains à savoir les Européens et les émergents.

 L’opération Twist fait remonter le roi-dollar sur son trône. Ce n’est pas un hasard si les monnaies des émergents sont en chute libre, ce n’est pas un hasard si les spreads de risque s’élargissent, ce n’est pas un hasard si les CDS sur les émergents et  sur toute l’Europe sont en forte hausse.

source scottgrannis blog

Pour le reste du monde qui a osé concurrencer le dollar et les bonds US, la roche tarpéienne est bien proche du Capitole. On n’oubliera pas au passage le rôle connivent de banques comme Goldman Sachs qui ayant parfaitement analysé tout cela, car ayant participé à la mise en place, n’a pas hésité à affaiblir les Européens et renforcer la fuite des capitaux d’Europe en chiffrant officieusement les besoins de fonds propres des banques européennes à 1 trillion.

Arx tarpeia Capitoli proxima

A noter que le roi est quand même généreux puisqu’en même temps il asphyxie ses vassaux, il leur prête des dollars par des swaps. Histoire de montrer encore mieux qui tient le cordon des liquidités, qui est le patron.

source Wall Street Journal

Les décisions US se donnent facialement comme des opérations accommodantes, destinées à soutenir la conjoncture. Il est évident, à l’analyse ci-dessus, que ce n’est pas le cas. Certes, la situation reste accommodante pour les Etats-Unis mais elle est tout sauf accommodante pour le reste du monde. Pour le ROW, elle est déflationniste.

La décision US ne fait peut-être pas partie d’une stratégie raisonnée, explicitée, mais elle fait partie d’une stratégie d’optimisation qui s’articule et se comprend comme suit:

–                   la politique monétaire elle-même, Bernanke l’a dit , ne peut plus suffire à relancer l’économie

–                   Bernanke a dit aussi que seul le fiscal pouvait encore faire quelque chose. Le fiscal c’est le déficit.

–                   le déficit et l’accroissement des dettes n’est pas envisageable lorsque le risque souverain menace

–                   il faut donc lever le risque souverain et restaurer la confiance, même si c’est une confiance par défaut dans le dollar et dans les valeurs du Trésor US

–                   il faut rendre le dollar désirable donc il faut forcer les vendeurs à découvert à se racheter

–                   il faut attirer les capitaux sur les valeurs du Trésor US donc il faut garantir qu’il n’y aura pas de pertes, que non seulement les taux ne vont pas monter, mais qu’ils vont baisser.

Bref, que la rémunération du rendement faible sera bonifié par une plus-value en capital.

L’opération Twist prépare le terrain, rend possible une future action fiscale de grande envergure.

Quand ? Tout dépendra des chiffres et de la manière dont ils s’insèreront dans le calendrier électoral américain.

N’oubliez pas que tout n’est pas noir dans le paysage, cela passe inaperçu dans la crise en cours, mais le housing américain se stabilise, les indicateurs deviennent erratiques et cela, c’est le signe que la tendance négative est moins assurée, qu’elle est en train de s’inverser,

source Wall Sreet Journal

Prix  planchers pour l’immobilier US ?

Ce n’est pas un hasard non plus si la FED  va donner un coup de pouce au marché du refinancement hypothécaire, ce n’est pas un hasard si on prête à Obama de nouvelles initiatives de ce côté. Histoire d’accélérer ce qui se dessine. 

BRUNO BERTEZ Le 24 Septembre 2011

EDITO PRECEDENT : L’Edito du 22 Septembre : La confIance disparait ou comment, à partir de crises graves mais gérables, fabriquer des catastrophes mondiales! par Bruno Bertez

EN BANDE SON :

17 réponses »

  1. Analyse fort intéressante et instructive qui me rappelle étrangement celle de M. Chevallier…

  2. analyse pertinente,
    subsidiairement la politique monétaire toujours laxiste à partir d’élection moins 1 ans fait exception à la règle
    (les obamistes jouent-ils l’élection perdue ?)
    on peut dire aussi que – voulu ou non – l’aplatissement de la courbe de taux est un passage obligé avant qu’elle ne retrouve une pente normale
    le jeu est bel et bien contrariant :
    redonner de la productivité au investissements américains par une monnaie solide
    est un argument qui gagnera de plus en plus quand on voit les ravages causés par les dépendances (énergétiques, matières premières) américaines
    on pourrait résumer en disant que pendant que l’Amérique germanise sa stratégie de taux
    l’Europe américanise la sienne
    un des deux a faux
    donc il faut acheter US$

  3. Et l’annonce de crise de liquidité de Gave …même si Gave a cru que les swap allaient en gommer les effets.

  4. Monsieur Bertez,

    Bravo pour cette analyse très logique, tout ce qu’on avait pu lire à ce jour sur cette opération twist n’était pas très convaincant. Dans ce cadre, comment comprenez-vous le forcing fait par Geithner auprès des européens pour qu’ils mettent en place un Tarp?

  5. @CharlesM

    Les américains analysent les positions des Européens a la lueur de leur vision tronquée et totalement fausse de la crise de 1929 .
    Bernanke, en particulier , a la suite de Friedman pense que l’erreur des autorités monétaires a été de ne pas créer plus de monnaie et de liquidités quand la crise est intervenue, ils oublient le fait que la crise a été causée par les excès antérieurs du crédit,.

    A partir de la, tout en découle, lorsque dans son discours princeps Bernanke déclare  »plus jamais cela » il veut dire plus jamais nous ne recomettrons cette erreur de ne pas créer assez de monnaie.

    Dans cet esprit révisionniste de la crise de 1929 les américains tout a fait logiquement attribuent l’aggravation de la crise à la position des européens de refuser l’avilissement de la monnaie et donc au fameux bloc or.

    Toujours dans le même esprit le refus des allemands et donc de la BCE à aller trop loin loin dans les expériences monétaires leur fait penser à ce bloc or , l’Europe répéterait les erreurs des années 30.

    Geithner défend l’idée , logique pour des anglo saxons de leverager le EFSF c’est a dire d’augmenter sa masse de manoeuvre et d’intervention en utilisant l’effet multiplicateur de l’endettement de l’EFSF auprès de la BCE, Il est pour que l’EFSF soit doté d’une licence bancaire et qu’il puisse ainsi se leverager au près de la BCE, il est pour que les européens mettent en place un gigantesque SIV a l’image de ce qui a été fait aux Etats-Unis.

    Faute d’obtenir des Européens qu’ils prennent les mêmes risques et acceptent les mêmes dérives, les responsables américains s’orientent vers le même type de position que celle qu’ils ont pris face à la Chine quand elle a refusé de réévaluer : ils continuent leur propre politique avec idée que les évolutions négatives qui s’en suivront pour les européens les mettrons au pied du mur et feront qu’un jour ou l’autre ils se rallieront.
    En ne réévaluant pas, les chinois se sont mis dans l’impasse de l’inflation, en refusant d’engager la BCE trop avant dans le traitement de la crise, les européens se mettent dans l’impasse de la fuite des capitaux , l’exode des dépôts et donc les manques de liquidités et refinancements.

    On revoit l’épisode des années 30 ou les capitaux ont déserté l’Europe à la suite des faillites bancaires autrichiennes et allemandes.

  6. La FED qui arrête d’alimenter la bulle mondiale et replace le dollar en maître…

    Du grand Bertez, qui reprend là des thèses de Mish mais il a un vrai talent pour rendre tout ça intelligible…

    Et avec des amis comme ça, on n’a pas besoin d’ennemis…

    Après avoir fait remonter la bulle, ils retirent le tapis… Mais les USA jouent vraiment un jeu très dangereux qui n’est pas sans faire penser au rapatriement des fonds américains d’Allemagne en 1930…

  7. L’opération Twist a cependant un effet pervers pour l’économie américaine. En diminuant volontairement et de façon artificielle le niveau des taux longs, la Fed met plusieurs pans de l’économie en difficulté. Les fonds de pension et les assureurs, entre autres, qui doivent, légalement et statutairement, investir dans ce genre de titres pour couvrir leurs dépenses récurrentes, ne pourront bientôt plus joindre les bouts. De nouveaux problèmes de financement surgiront alors.

    La hausse du dollar engendrée par la fuite des capitaux volatils n’est que temporaire. Cette hausse compliquera à son tour la relance conjoncturelle du pays, voire l’hypothéquera définitivement. De plus, elle attisera la guerre des devises. Il est d’ores et déjà évident que les pays formant le BRIC ne se laisseront pas faire. Le roi-dollar n’est que roi dans le monde occidental ! Tout le système bancaire occidental en dépend. Ailleurs, on le délaisse. Il y a fort à parier que les pays genre BRIC se désisteront encore plus rapidement du système occidental qu’on leur a imposé.

    Enfin, au niveau des fondamentaux, un aplatissement de l’échelle des taux d’intérêt n’est jamais bénéfique pour une économie. Un écart minimum entre le court et le long terme est requis pour inciter non seulement à l’épargne, mais tout autant à l’investissement. A la moindre panique, les taux courts risquent de dépasser les longs et les USA se retrouveront avec une courbe inversée, néfaste pour tout conjoncture ! Les plans de sauvetages antérieurs, les QE successifs (le Twist en est un nouveau camouflé) ont tous poussé l’ensemble des taux d’intérêt à la baisse. Cela n’a pourtant pas relancé la conjoncture. Pourquoi en irait-il autrement cette fois-ci ?

    L’opération ne vise qu’un gain de temps et ne résout rien, strictement rien. Le roi est totalement nu !

  8. Je partage l’avis de Discotionio.

    Que l’opération « twist » ait l’effet décrit je n’en doute pas une seconde. Qu’elle soit salvatrice pour l’économie américaine alors que le déficit de leur balance commerciale est abyssal et qu’ils ne produisent quasiment plus rien ? J’en doute fort !

    Est-ce cela qui va augmenter leur compétitivité par rapport au reste du monde et à l’europe en particulier ? Bien sur que non !

    Alors ok, les capitaux vont affluer, le dollar va reprendre de la vigueur et après ? Nul doute que les banquiers américains en feront bon usage mais je doute fort qu’ils les utilisent pour créer des emplois aux US. Parions plutôt sur le fait qu’ils en profiteront pour racheter à bon compte des actifs étrangers, hors USA. Pendant ce temps la dette continura d’augmenter d’autant plus vite que son financement est assuré … pour quelques années de plus !

    Plus le dollar se renforcera moins il y aura de croissance et plus vite la situation déflationniste sera évidente alors que c’est d’inflation que les US ont besoin, autant pour augmenter leur compétitivité que pour limiter le poid de leur dette.

    Non vraiment, je ne vois pas en quoi les américains (je parle du peuple) peuvent se réjouir d’un tel scénario.

    Pour l’Europe, à condition qu’une solution soit trouvée aux problèmes actuels – et je pense que passer par le EFSF afin de monétiser les dettes souveraines en se substituant à la BCE en est une – c’est une opportunité à saisir.

    • Concernant l’Europe je vois maintenant une issue à court terme. Il est de plus en plus question que le FESF reprenne le rôle de la BCE pour la monétisation des dettes souveraines.

      En gros je vois les choses comme ça :

      1) Le statut de banque est accordé au FESF.

      2) Le FESF dispose d’environ 400 Milliards d’Euro de fonds propres en l’état actuel (si tous les parlements Européens valident le truc et, à ce sujet, on aura la réponse définitive de l’Allemagne le 29 qui de toute évidence devrait être ok).

      3) Sur la base de ses fonds propres et avec le principe de réserve fractionnaire, le FESF aura à sa disposition plus de 4000 Milliards d’Euro qu’il pourra utiliser pour racheter les obligations des PIGS – dans un premier temps sur le second marché pour participer au refinancements des banques ni vu ni connu puis directement sur le premier marché.

      4) Le FESF pourra utiliser ses titres (obligations d’état) pour se refinancer auprès de la BCE sans nouvelle sollicitation des états membres.

      5) Les Allemands ne pourront s’y opposer car, officiellement, la BCE reste à l’écart et ce n’est pas elle qui monétise directement (et hop plus de problèmes de statuts et autres véto d’états membres).

      Dans ce scénario (4000 Milliards € avec une réserve fractionnaire de 10) le FESF est équipé pour répondre à toutes les sollicitions de court/moyen terme, y compris de l’Espagne et de l’Italie. La force de frappe ainsi dégagée devrait calmer les marchés au moins pour un temps.

      En parallèle le défaut de la Grèce sera acté (50% – 75% ?) mais elle restera dans l’Euro parce que ça arrange tout le monde. La « pauvre » Grèce sera ainsi laissé avec moins de dettes mais, en l’état, pour l’exemple. Elle ne recevra plus aucun soutient ni de l’UE ni du FESF. Autant dire que ça ne changera rien pour eux sur le fond et qu’ils finiront, je pense, à sortir d’eux même de la zone Euro … mais pas avant quelques années.

      Conséquences :

      1) Grosse (énorme !) monétisation de la dette souveraine Européenne. La planche à billet va fumer grave !
      2) Dévaluation de l’Euro face au Dollar (très bon pour la compétitivité de l’Eurozone … et de la Suisse).
      3) La FED ne pourra rester les bras croisés au risque d’accélérer un mouvement déflationniste qui pointe déjà son nez.
      4) Et hop un QE3 dans la foulée !
      5) Le risque déflationniste à court terme est écarté mais l’inflation repart

      En attendant les dettes vont continuer à augmenter car les problèmes de fonds subsisteront. Au final ça finira par péter (hyperinflation ou défaut, au choix) mais on aura gagné quelques années.

      A vrai dire je ne vois rien d’autre que ce scénario pour éviter une catastrophe planétaire immédiate.

      Seul bémol et incertitude : l’impact des CDS au défaut de la Grèce.

  9. Lundi 3 octobre 2011 :

    Economie : l’Euro rechute, les Bourses asiatiques plongent avec la Grèce.

    Les marchés financiers commencent la semaine en nette baisse, après l’admission par la Grèce qu’elle n’atteindra pas ces objectifs de réduction de dette. Ce matin, l’Euro est retombé à un nouveau plus bas niveau depuis 8 mois, à 1,3325 $ dans la nuit, avant de se reprendre un peu autour de 1,3335 $ (-0,3%) en début de matinée.

    De leur côté, les Bourses asiatiques sont en forte baisse : – 2,3% pour le Nikkei à Tokyo, – 4,9% pour le Hang Seng à Hong Kong, – 2,5% pour l’ASX-200 à Sydney. Le pétrole reperd quant à lui 1,4% à 78,10$ le baril de brut WTI, tandis que l’or rebondit légèrement de 0,6% à 1.632,60$ l’once.

    Alors que les ministres des Finances européens se réunissent à nouveau aujourd’hui lundi sur la question grecque, les investisseurs s’inquiètent à nouveau des divisions au sein de l’Europe sur la gestion de cette crise.

    Les rumeurs d’une défaillance de la Grèce sur sa dette sont revenues en force ce week-end, après les dernières informations en provenance d’Athènes, et de nouvelles déclarations du côté de l’Allemagne, où le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a exclu toute contribution supplémentaire de Berlin au FESF (Fonds européen de stabilité financière).

    De son côté, un membre influent de la coalition au pouvoir en Allemagne, le démocrate-chrétien Michael Fuchs, a aussi déclaré au journal « Rheinische Post » que la Grèce était « en faillite » et qu’il n’y aurait sans doute pas d’autre choix que d’effacer 50 % de sa dette…

    http://www.boursier.com/actualites/news/economie-l-euro-rechute-les-bourses-asiatiques-plongent-avec-la-grece-452547.html

  10. Mardi 4 octobre 2011 :

    La Bourse de Paris très déprimée sur fond de craintes d’un défaut grec.

    La Bourse de Paris restait très déprimée mardi après-midi, après une ouverture dans le rouge de Wall Street, les craintes d’un défaut de paiement grec faisant plonger le secteur bancaire, Dexia en tête.

    A 15H50 (13H50 GMT), le CAC 40 perdait 3,47 %, cédant 102,34 points à 2.824,75 points dans un volume d’échanges modeste de 1,953 milliard d’euros.

    Les investisseurs vont suivre avec attention à partir de 16H00 le discours du président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, sur les perspectives économiques. M. Bernanke s’exprimera devant la commission économique conjointe du Congrès américain.

    Les craintes d’un retour en récession restent très vives. Standard & Poor’s a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro, à 1,1 % en 2012, contre 1,5 % jusque-là.

    Le marché restait dépité par le manque d’avancées sur la Grèce lors de la rencontre lundi entre les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe).

    « Le report de la réunion exceptionnelle du 13 octobre, qui devait décider ou non de l’octroi à la Grèce de la tranche d’aide de 8 milliards d’euros, est une mauvaise nouvelle qui perturbe les marchés », soulignent les stratégistes du Crédit Mutuel-CIC.

    http://www.boursorama.com/actualites/la-bourse-de-paris-tres-deprimee-sur-fond-de-craintes-d-un-defaut-grec-4a2d52b903e7e4e545f7b19376b391fe

  11. La Bourse de Paris s’effondre depuis le 1er janvier 2011. Quelles sont les plus belles gamelles ?

    Libellé de l’action, et Variation par rapport au 1er janvier 2011 :

    ARCELORMITTAL REG -58.83%

    SOCIETE GENERALE -55.15%

    VEOLIA ENVIRONNEMENT -52.99%

    CREDIT AGRICOLE SA -50.53%

    VALLOUREC -50.41%

    LAFARGE -48.93%

    RENAULT -48.64%

    PEUGEOT -48.43%

    CARREFOUR -45.75%

    ACCOR -43.42%

    BNP PARIBAS -42.91%

    STMICROELECTRONICS -39.82%

    ALSTOM -38.44%

    CAP GEMINI -35.61%

    SUEZ ENVIRONNEMENT COMPANY -34.24%

    SCHNEIDER ELECTRIC -31.92%

    EDF -31.05%

    SAINT GOBAIN -29.79%

    AXA -28.41%

    VIVENDI -26.16%

    BOUYGUES -25.03%

    VINCI -24.83%

    MICHELIN -24.15%

    FRANCE TELECOM -22.89%

    PPR (ex PINAULT PRINTEMPS) -21.53%

    TECHNIP -21.33%

    PUBLICIS GROUPE -20.76%

    LVMH MOET VUITTON -20.56%

    TOTAL -18.59%

    ALCATEL-LUCENT -18.03%

    GDF SUEZ -17.56%

    SAFRAN -17.17%

    PERNOD RICARD -15.46%

    L’OREAL -14.00%

    UNIBAIL-RODAMCO -12.43%

    AIR LIQUIDE -9.38%

    DANONE -3.64%

    SANOFI + 1.01%

    ESSILOR INTERNATIONAL + 8.40%

    EADS + 13.70%

    http://www.boursorama.com/bourse/actions/cours_az.phtml?cours_azToken=255cef1f01eccd2e9c849f1ee8476f2a&MARCHE=1rPCAC&validate=

  12. Bonjour,
    Analyse très intéressante.
    Quid à votre avis du cours de l’or en dollars dans tout cela? La tendance LT s’inverserait donc aussi, et nous aurions déjà atteint le plus haut du cycle à 1900?

  13. Un conseiller du FMI annonce la « débâcle bancaire dans deux ou trois semaines. »

    L’américain Robert J.Shapiro était interviewé par la BBC. Il est très alarmiste.

    « Je pense que dans deux ou trois semaines, nous assisterons à la débâcle des dettes souveraines qui entraînera une débâcle du système bancaire européen. »

    Relevée par l’excellent site ElectronLibre, c’est l’inquiétante déclaration de l’américain Robert J.Shapiro, membre d’un comité consultatif au Fonds monétaire international, à la BBC mercredi soir.

    « Je ne parle pas simplement d’une banque belge relativement petite (Dexia, ndlr), mais je parle des plus grandes banques du monde, des plus grandes banques en Allemagne, des plus grandes banques en France, qui impacteront les banques au Royaume-Uni. Cela s’étendra partout ».

    Pour les spécialistes, l’Américain entend par ces propos mettre la pression sur les autorités européennes pour qu’elles prennent des dispositions dans la crise de la dette avant qu’il ne soit trop tard.

    http://www.sudouest.fr/2011/10/07/un-conseiller-du-fmi-annonce-la-debacle-bancaire-pour-dans-deux-ou-trois-semaines-520250-5096.php

    Pour les anglophones, voici le site du FMI : on explique la biographie de Robert J. SHAPIRO, conseiller du FMI.

    Robert J. SHAPIRO is the Chairman and co-founder of Sonecon, LLC. He is a Senior Policy Fellow of the Georgetown University Center for Business and Public Policy, Chairman of the U.S. Climate Task Force, Director of the Globalization Initiative at NDN, and Director of the Axson-Johnson Foundation in Sweden. Mr. Shapiro was Under Secretary of Commerce from 1997 to 2001. Prior to that appointment, he was co-founder and Vice President of the Progressive Policy Institute and the Progressive Foundation. He was also a senior economic advisor in the presidential campaigns of Bill Clinton, Al Gore, John Kerry, and Barack Obama. Shapiro holds an M.A. and a Ph.D. from Harvard, an M.Sc. from the London School of Economics and Political Science, and an A.B. from the University of Chicago.

    http://www.imf.org/external/region/advisorygroups/members/AGWH.htm

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